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(11 mars 2009)

Aperçu et conclusions du congrès scientifique de Copenhague (10-12 mars 2009)

L’Université de Copenhague a organisé en mars 2009 avec l’International Alliance of Research Universities un important congrès scientifique, intitulé "Climate change : global risks, challenges and decisions". Ce congrès, qui a rassemblé plus de 2.000 participants, s’est décliné en 6 thèmes principaux et 58 sessions. Près de 1.600 abstracts ont été déposés, parmi lesquels ont été sélectionnés 600 conférenciers issus de plus de 70 pays.

La synthèse du congrès en français est en ligne : http://climatecongress.ku.dk/pdf/Synthesis_Report_-_French_-_ISBN.pdf/

1- Objectifs et positionnement vis-à-vis du GIEC Retour à la table des matières

Le congrès se plaçait dans la perspective de la COP 15 qui se tiendra en décembre 2009 à Copenhague. Il se proposait de fournir aux délégués les données scientifiques les plus récentes sur l’ensemble des problèmes qu’ils auront à aborder, et de s’assurer de leur accès à l’état actuel des connaissances sur le changement climatique. L’équipe organisatrice reconnaît le 4ème rapport du GIEC comme ’’unique et évidente base de départ’’ pour les négociations de la COP 15. Celui-ci est cependant paru en 2007 sur la base de données datant au mieux de 2005.

2- Résultats Retour à la table des matières

Deux documents vont ainsi être publiés :

  • Une synthèse d’une trentaine de pages a été publiée au mois de juin 2009, reprenant les principales conclusions du congrès et destinée aux décideurs politiques et au grand public. Le premier ministre danois en poste au moment de la conférence s’est engagé à transmettre ce document a l’ensemble des délègues de la cop15.

http://climatecongress.ku.dk/pdf/Synthesis_Report_-_French_-_ISBN.pdf/

  • Un document de recherche académique, publie en 2010 après évaluation scientifique par un comité de lecture.

On notera notamment les messages suivants, soulignant tous l’urgence du problème :

Message principal Nº 1 :

Tendances climatiques
Des observations récentes montrent que les émissions de gaz à effet de serre et de nombreux aspects du climat se rapprochent de la limite supérieure de la fourchette de prévisions du GIEC. Beaucoup d’indicateurs climatiques clés évoluent déjà au-delà des modèles de variabilité naturelle dans lesquels la société et l’économie contemporaines se sont développées et épanouies. Ces indicateurs comprennent la température moyenne en surface à l’échelle mondiale, la montée du niveau de la mer, la température océanique mondiale, l’étendue glaciaire marine arctique, l’acidification océanique et les phénomènes climatiques extrêmes. Avec des émissions inchangées, de nombreuses tendances climatiques s’accéléreront probablement, conduisant à un risque croissant de modifications climatiques abruptes ou irréversibles.

Message principal Nº 2 :

Perturbations sociales et environnementales
La communauté scientifique fournit de nombreuses informations pour alimenter les débats sur les « changements climatiques dangereux ». Des observations récentes montrent que les sociétés et les écosystèmes sont très vulnérables aux changements climatiques les plus modestes, avec les pays et communautés pauvres, les services écosystèmiques et la biodiversité particulièrement en danger. Les augmentations de température au-dessus de 2˚C seront difficiles à supporter pour les sociétés contemporaines, et sont susceptibles de provoquer des perturbations sociétales et environnementales durant le reste de ce siècle et au-delà.

Message principal Nº 3 :

Stratégie à long terme : Objectifs mondiaux et planification
Une atténuation rapide, soutenue et efficace basée sur une action coordonnée, mondiale et régionale est nécessaire, pour éviter des « changements climatiques dangereux », quelle que soit la définition qui leur est donnée. Des objectifs plus faibles pour 2020 augmentent le risque d’impacts sérieux, y compris le dépassement de points de basculement, et rendent la tâche d’atteindre les objectifs de 2050 d’autant plus difficile et coûteuse. Fixer un prix à long terme crédible pour le carbone et l’adoption de politiques visant à promouvoir les économies d’énergie et les technologies faibles en carbone sont indispensables à une atténuation efficace.

Message principal Nº 4 :

Dimensions d’équité
Le changement climatique a et aura des effets importants de différenciation sur les gens dans et entre pays et régions, sur cette génération et celles à venir, et sur les sociétés humaines et le monde naturel. Un filet de sécurité d’adaptation bien financé et efficace est nécessaire pour les personnes les moins capables de supporter les impacts des changements climatiques, et des stratégies équitables d’atténuation sont nécessaires pour protéger les pauvres et les plus vulnérables. S’attaquer aux changements climatiques devrait être considéré comme intégral aux objectifs plus élargis de dynamisation du développement socio-économique et de l’équité à travers le monde.

Message principal Nº 5 :

L’inaction est inexcusable
La société possède déjà beaucoup d’outils et d’approches – économiques, technologiques, comportementaux, et de gestion – pour agir efficacement face au défi que pose le changement climatique. Si ces outils ne sont pas vigoureusement et largement mis en place, l’adaptation aux changements climatiques inévitables et la transformation sociétale nécessaires pour décarboniser les économies ne seront pas réalisées. Un vaste éventail d’avantages découlera d’efforts concentrés pour aboutir à une adaptation et à une atténuation efficaces et rapides. Ceux-ci comprennent la croissance de l’emploi dans le secteur de l’énergie durable ; des réductions des coûts de santé, sociaux et environnementaux des changements climatiques ; et la réparation des écosystèmes ainsi que la revitalisation des services en provenance de l’écosystème.

Message principal Nº 6 :

Relever le défi
Pour que la transformation sociétale exigée pour faire face aux changements climatiques se réalise, un certain nombre de restrictions importantes doivent être surmontées et les opportunités critiques saisies. Celles-ci comprennent la réduction de l’inertie dans les systèmes sociaux et économiques ; profiter d’un désir croissant du public que les gouvernements agissent vis à vis du changement climatique ; la réduction des activités qui augmentent les émissions de gaz à effet de serre et réduisent la capacité de résilience (par exemple, les subventions) ; et permettre le passage de gouvernances inefficaces et institutions faibles à des directions innovantes que ce soit pour les gouvernements, le secteur privé ou la société civile. Relier les changements climatiques aux problèmes plus larges de consommation et de production, ainsi qu’aux questions des droits de l’homme et des valeurs démocratiques est crucial

3- Impact médiatique Retour à la table des matières

Le congrès a bénéficié ici d’une visibilité médiatique exceptionnelle. Les sessions d’ouverture et de clôture ont mobilisé de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le premier ministre danois en poste Anders Fogh Rassmussen ainsi que trois de ses ministres, le président du GIEC Rajendra Pachauri ou encore lord Nicholas Stern. De nombreux media danois et internationaux ont couvert l’événement. La France s’est placée au 5ème rang des pays contributeurs d’abstracts. Sa visibilité a été renforcée par la présence de Jean Jouzel, climatologue et glaciologue français, médaille d’or du CNRS et vice-président du groupe 1 du GIEC. Outre sa participation au congrès, il a donné deux conférences à Copenhague et une interview a la presse danoise.

4- extraits d’interventions Retour à la table des matières

Connie Hedegaard, ministre danois du climat et de l’énergie, a déclaré que la crise économique ne constituait pas une excuse pour retarder l’action mais constituait au contraire une opportunité pour remodeler l’économie et bâtir une "croissance verte" source d’emplois.

Stefan Rahmstorf, professeur à l’Institut de recherche des impacts climatiques à Potsdam, a affirmé que l’élévation du niveau des mers (qui a focalise une partie de la première session) avait été sous-estimée par le GIEC (dont le rapport ne tient pas compte de la fonte des calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland). Selon lui, l’élévation du niveau des mers sera comprise dans une fourchette de 75cm a 190 cm d’ici 2100. Il a également rappelé (en accord avec le GIEC) que cette élévation se poursuivra lors des prochains siècles quelles que soient les mesures prises, du fait de l’inertie du comportement océanique. Il estime que l’on peut donc déjà anticiper une hausse de plusieurs mètres dans les siècles à venir.

L’économiste britannique Nicholas Stern a assure que les conséquences économiques de l’inaction face au réchauffement de la planète étaient sous-estimées, indiquant que les prévisions de son rapport de 2006 étaient en fait en deçà de la réalité. Selon lui, il faudrait consacrer l’équivalent de 1 à 2% du PIB mondial par an à la lutte contre le réchauffement pour éviter une catastrophe économique et écologique.

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