La France au Danemark
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(5 septembre 2008)

Revue de presse hebdomadaire (semaine du 30 août au 5 septembre 2008)

L’actualité danoise cette semaine est placée sous le signe de la confusion qui règne au sujet de la politique d’immigration, le gouvernement, accusé de manipulation et de maladresse, faisant face à une véritable crise de confiance. A l’occasion du sommet extraordinaire, l’actualité européenne a été dominée par crise géorgienne et les tensions entre la Russie et le monde occidental. Sur la scène internationale, la décision ‘surprenante’ et peut-être ‘dangereuse’ de John McCain de choisir comme colistière Sarah Palin, et les nombreux détails ‘embarrassants’ sur son passé ont fait couler beaucoup d’encre dans la presse, qui a accordé une très large couverture à la convention des Républicains. Concernant la France, la visite du Président Nicolas Sarkozy en Syrie fait l’objet de quelques commentaires. Sur le plan des relations extérieures, le feu vert donné par le Folketing au traité entre le Danemark et l’Allemagne pour la construction d’un pont reliant les deux pays sur le Belt de Fehmarn donne lieu à de nombreux commentaires. Les journaux sont généralement positifs, constatant qu’un pont est au profit du réseau routier et ferroviaire au Danemark. Avec la parution cette semaine de livres sur l’action du Danemark à la fois en Irak et en Afghanistan, les journaux s’intéressent aussi à l’engagement danois contre le terrorisme et à la question de savoir si les soldats danois sont suffisamment bien formés.

Danemark Retour à la table des matières

Politique d’immigration – Les titres de la presse se sont concentrés sur la ministre de l’Intégration, qui a été la cible de vives critiques de tous les côtés, comptant à présent aussi le PPD et le parti C. Elle est en effet vue par certains comme un personnage colérique et condescendant qui ne connaît pas bien ses dossiers. BERL. TID. remarque par exemple que la raison pour laquelle le Premier ministre ne s’en est pas encore débarrassé, c’est qu’il n’a personne pour reprendre ce portefeuille délicat. Dans son éditorial, INF. estime que toute cette affaire et la façon dont elle est traitée n’est pas digne d’un ministre. Il ne lui reste plus qu’à se conformer à la directive européenne et à donner des lignes directrices claires à ses services, autrement elle doit démissionner.

Alors que la ministre de l’Intégration, Birthe Rønn Hornbech, est « en guerre » avec ses propres services sur la conception juridique dans l’affaire sur les conséquences des règles européennes, le Premier ministre a essayé de calmer les esprits. En promettant que les interprétations divergentes de Mme Rønn Hornbech et de ses services allaient être tirées au clair, Anders Fogh Rasmussen a essayé de minimiser les désaccords. Dans la tentative d’écarter les doutes qui persistent sur les conséquences de l’arrêt Metock pour la politique danoise et sur les efforts déployés du côté danois pour trouver une solution, il a également maintenu que la politique d’immigration danoise est plus stable que jamais et que les nouvelles règles ne changent rien. Il a aussi affirmé être en contact avec la Commission européenne. Il a promis qu’une solution allait être trouvée et a signalé que les règles danoises restrictives allaient être maintenues. Les journaux notent que le gouvernement envisage plusieurs voies : un renforcement des règles nationales ou un amendement de la directive européenne.

La presse relève toutefois que la crédibilité du Premier ministre souffre de plus en plus dans cette affaire. La révélation de l’existence d’une note interne du mois d’août, dans laquelle les juristes danois avaient signalé au gouvernement que la politique d’immigration danoise est en crise et que les conséquences de l’arrêt de la CJCE sont beaucoup plus importantes que n’a voulu l’admettre jusqu’ici le gouvernement, augmente en effet la pression sur le Premier ministre.

La presse doute de plus en plus de la possibilité pour le gouvernement de parvenir à une solution au niveau européen. Même si le président de la Commission européenne a manifesté, selon Anders Fogh Rasmussen sa compréhension pour les points de vue danois, la Commission européenne aurait déjà signalé que la solution se trouve à Copenhague et non à Bruxelles, notent les journaux. POL. note que la PFUE a accepté que la question figure à l’ordre du jour du prochain Conseil Justice et Affaires intérieures les 25 et 26 septembre, ce dont se félicite le gouvernement, estimant que c’est un signal positif qui montre que l’Europe est à l’écoute.

BERL. TID. relève par ailleurs que le gouvernement va vraisemblablement présenter sa proposition de solution dès la semaine prochaine, dans l’objectif notamment de faire revenir le PPD à la table de négociations sur le budget pour 2009.

L’affaire a déjà eu des conséquences, tant pour le Premier ministre que pour la ministre de l’Intégration, qui chutent dans les sondages. Elle a aussi un impact sur la position des Danois par rapport à la dérogation Justice et Affaires intérieures, le nombre de personnes s’opposant à sa suppression étant passé de 35% à 41% en un mois.

Encore une fois, le rédacteur en chef de POL., Tøger Seidenfaden, insiste sur le fait qu’il ne reste qu’une issue possible à toute cette affaire – que les responsables politiques voient les réalités en face et qu’une majorité se mette d’accord sur une nouvelle politique d’immigration.

Affaires européennes Retour à la table des matières

Sommet européen – A l’occasion du sommet extraordinaire consacré à la crise dans le Caucase, la presse danoise s’est interrogée sur la question de savoir si les pays de l’UE étaient en mesure de se faire valoir dans le conflit. POL. remarque ainsi que même si l’UE voulait « punir » la Russie, cela paraît difficile. Le journal note que les dirigeants européens se trouvent dans un dilemme : l’UE est la seule puissance au monde à pouvoir véritablement punir la Russie avec des instruments non-militaires, l’Europe s’inscrivant pour plus de la moitié des exportations russes, mais cela risque de se retourner contre elle, son secteur économique et son secteur énergétique. BERL. TID. abonde dans le même sens en remarquant que l’UE « n’a que sa colère pour menacer la Russie ». JYL. POST. reconnaît que le Président Sarkozy en sa qualité de président de l’UE n’a pas la tâche facile.

Relevant dans leur ensemble que la Russie détient tous les atouts, les journaux relèvent ainsi que l’UE a donné jusqu’à la semaine prochaine à la Russie pour respecter le plan de paix. Ils notent que le Président Sarkozy se rendra de nouveau à Moscou et à Tbilissi.

Du côté danois, le ministre danois des AE, Per Stig Møller, présenté par BERL.TID. comme l’un des critiques les plus sévères de l’action russe, souligne que les rapports avec la Russie ne peuvent pas continuer comme si de rien n’était. Il insiste sur l’importance d’une position européenne commune. Il estime également important de signaler aux Russes que l’UE ne se laisse pas intimider, préconisant un renforcement de la coopération avec les anciens pays de l’Union soviétique, tels que la Géorgie, mais aussi l’Ukraine et la Moldavie. Dans le même journal, l’ensemble des partis danois se dit généralement contre l’idée de sanctions et encourage une solution diplomatique. Selon le Premier ministre danois, l’UE a envoyé un signal fort, concret et unanime. Il a estimé que des sanctions étaient seulement justifiées si elles avaient de l’effet. Il a signalé par ailleurs que l’UE allait à présent renforcer sa politique de voisinage. Interrogés par Gallup pour le compte de BERL.TID., les électeurs danois disent « ne pas avoir peur de l’ours russe » - 61% soutiennent l’introduction de sanctions si la Russie ne retire pas ses troupes et 58% sont généralement pour une orientation sévère à l’égard de la Russie. Les Danois ne croient toutefois pas en un conflit armé entre la Russie et l’OTAN ou à une nouvelle guerre froide, ajoute le journal.

POL. insiste dans un éditorial sur la nécessité de déterminer la vérité sur la guerre en Géorgie. L’ancien rédacteur en chef du journal, Herbert Pundik, estime par ailleurs que l’UE doit freiner l’influence russe. L’UE ne doit pas se contenter de penser et agir sur la défensive, constate ce dernier, soulignant qu’elle doit au contraire fixer une stratégie tenant compte du fait que la Russie devient expansive et va sans doute essayer de profiter de la vague anti-américaine qui déferle depuis longtemps sur le monde arabe. Pundik insiste sur le fait que l’UE doit se proposer comme une alternative à la Russie dans le monde arabe.

France Retour à la table des matières

Syrie – Constatant que le Président Nicolas Sarkozy effectue ces jours-ci une visite en Syrie, JYL. POST. remarque que cette visite peut frayer le chemin de la Syrie pour sortir de l’isolement international. Selon le journal, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une victoire pour le Président syrien Bashar Assad, mais le Président Sarkozy a lui aussi ses motifs. Alors que Sarkozy souhaite que la France occupe un rôle plus central au Proche-Orient, les avis sont toutefois partagés sur les raisons pour lesquelles il visite la Syrie maintenant, poursuit le journal. Certains pensent que c’est en partie pour récompenser le Président syrien d’être venu au sommet méditerranéen de juillet. D’autres croient que c’est pour honorer les approches diplomatiques de la Syrie à l’ordre du jour occidental. Le journal continue en constatant que le Président syrien a également un agenda par rapport à cette visite, tant sur le plan de la politique intérieure que vis-à-vis des autres pays arabes, dans la mesure où il montrera qu’en dépit de l’isolement américain et des liens étroits entre la Syrie et l’Iran, le pays est toujours un facteur de puissance dans la région. De façon générale, il y a de nombreuses théories, également qu’il s’agit d’un ‘coup monté’ entre la France et les Etats-Unis. A court terme, il n’y a aucun doute que les noms des gagnants sont Assad et Sarkozy, termine le journal. L’analyse d’INF. arrive aux même conclusions : les participants au sommet à Damas ont chacun leur ordre du jour : la Syrie souhaite la réhabilitation et la France a l’ambition de jouer un rôle principal au niveau international.

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