La France au Danemark
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(22 août 2008)

Revue de presse hebdomadaire (semaine du 15 au 22 août 2008)

Affaires internationales Retour à la table des matières

Géorgie/Russie – Le conflit dans le Caucase et la lenteur du retrait russe ont dominé l’actualité internationale de cette semaine, la presse y voyant des stéréotypes de la guerre froide, certains pensant qu’une nouvelle crise Est-Ouest menace. Les journaux pensent que l’accord entre Washington et Varsovie sur un bouclier antimissile ne va que contribuer à empirer les rapports déjà tendus entre la Russie et le monde occidental.

Les journaux relèvent que notamment les Etats-Unis sont sous pression et que le conflit constitue un véritable test pour les candidats à l’élection présidentielle américaine. Les journaux notent par ailleurs que l’UE est critiquée tant par les Géorgiens que par le Président polonais pour ne pas faire assez dans le conflit, qui, selon eux, est largement dominé par des intérêts pétroliers. BERL. TID. relève ainsi les propos du Président polonais, lequel pense que la position européenne est dictée par la France et l’Allemagne. Il est toutefois noté dans POL. que même l’Allemagne et la PFUE, qui ont essayé jusqu’ici d’adopter une ligne diplomatique, sont sur le point de perdre patience avec la Russie. Le journal cite ainsi Bernard Kouchner pour dire que « l’on peut commencer à douter » des intentions de Medvedev de respecter ses promesses. Le journal note aussi que le Président Sarkozy a dit qu’il convoquerait un Conseil européen extraordinaire pour discuter des rapports entre l’UE et la Russie si Medvedev continue à ne pas respecter ses engagements.

Au Danemark, la classe politique insiste dans son ensemble sur l’importance d’une solution négociée au conflit et estime que l’UE fait ce qu’elle peut.

Dans une interview accordée à POL., le ministre danois des AE, Per Stig Møller affirme que le Danemark œuvre activement avec les Etats-Unis et l’UE pour mettre fin au conflit dans le Caucase. Observant que « le Danemark est l’un des pays qui ont été les plus attentifs au conflit avec les provinces géorgiennes », il signale avoir été en contact étroit avec la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice. Le journal rappelle dans ce contexte que Per Stig Møller a effectué une visite, au début du mois de juillet, à Tbilissi et auprès des dirigeants d’Abkhazie. Le journal relève également que le Danemark promet de mettre 10 observateurs à la disposition de l’OSCE pour surveiller le cessez-le-feu en Ossétie du Sud. Dans le cadre de la réunion des ministres des AE des pays de l’OTAN, mardi à Bruxelles, le Danemark a préconisé une diminution de la coopération militaire avec la Russie et que l’OTAN fasse des promesses claires à la Géorgie ainsi qu’à l’Ukraine pour faire partie de l’Alliance lorsqu’elles seront prêtes, pour éviter « un vide dangereux en matière de politique de sécurité en Europe ». « Nous sommes obligés de souligner que ces pays sont souverains. Ils choisissent eux-mêmes le club duquel ils veulent faire partie. Je sais que c’est très difficile pour les Russes. Mais si nous n’osons pas, nous perdons nous-mêmes de notre souveraineté face aux Russes », a estimé le ministre. Il pense que le conflit aurait pu être évité si la Géorgie avait fait partie de l’OTAN. Il est également d’avis qu’aussi bien l’UE que l’OTAN doivent revoir leurs rapports avec la Russie. Interrogé sur la question de savoir si l’UE aurait dû critiquer davantage l’action russe, il estime que « l’UE a fait ce qu’elle devait », constatant que « l’UE a choisi d’essayer de résoudre le conflit, plutôt que de n’être qu’indignée ».

Selon JYL. POST., il est clair que la politique russe est dictée par un ancien Président dont la politique appartient plus au temps de la guerre froide qu’au nouvel ordre mondial.

POL. abonde dans le sens, en constatant que la Russie n’est plus dirigée par des personnes qui souhaitent avant tout de se rapprocher avec l’Occident. Et le journal d’estimer qu’une internationalisation des conflits en Ossétie du Sud et en Abkhazie est de toute première priorité.

Afghanistan/Pakistan – La mort de dix soldats français cette semaine dans des combats proches de Kaboul, dans l’assaut au sol le plus meurtrier visant les forces internationales en Afghanistan occupe une place importante. Les journaux y voient une recrudescence des talibans, qui se trouvent dans une nouvelle position de force avec la démission du Président pakistanais Musharraf, cette nouvelle situation risquant de déstabiliser encore plus la région et de renforcer davantage les talibans. Les journaux notent qu’en sa qualité de Président de l’UE, Nicolas Sarkozy est très occupé par la médiation dans le conflit géorgien, mais qu’il s’est rendu à Kaboul pour rendre hommage aux soldats morts. Ils mentionnent aussi que le Président Sarkozy a exprimé hier sa volonté de continuer l’action militaire dans le pays.

La démission du Président Pervez Musharraf a donné lieu à de nombreux commentaires dans la presse, qui observe dans son ensemble que le monde craint à présent un vide et craint que le changement au pouvoir ne renforce les talibans qui opèrent depuis le Pakistan. Commentant « L’exit de Musharraf », BERL. TID. y voit un signal positif selon lequel le Pakistan souhaite une démocratie qui n’est pas uniquement basée sur la puissance du régime militaire. Le journal reconnaît toutefois que c’est une voie difficile, le régime militaire étant aussi le garant pour que les forces extrêmes n’arrivent pas au pouvoir. Mais c’est une voie nécessaire, même si elle est lourde, selon le journal. Le même journal ajoute qu’une lourde responsabilité repose maintenant sur les partis politiques qui l’ont évincé. Et le journal de se poser la question de savoir s’ils sont en mesure de créer la stabilité, de combattre l’islamisme militant et de résoudre les problèmes économiques du Pakistan. JYL. POST. se dit certain que le départ de Musharraf va déclencher un nouvel espoir au Pakistan, avec enfin en perspective que le Pakistan devienne un Etat démocratique. Le journal déplore qu’encore une fois le sort du pays soit entre les mains de l’armée. POL. observe que c’est la fin de neuf ans de régime militaire, mais que la stabilité est loin d’être assurée dans la puissance nucléaire la plus fragile au monde, ce qui peut avoir des conséquences au-delà des frontières du Pakistan. Le même journal se demande dans un éditorial s’il s’agit d’une victoire pour la démocratie ou pour les talibans ? S’agit-il d’une victoire pour le souhait de davantage de démocratie ou au contraire d’un échec dans la guerre des Etats-Unis contre le terrorisme, dont le Danemark fait partie ? Le journal constate que les dilemmes au Pakistan sont en aucune façon théoriques. Sans une coopération étroite avec le Pakistan, il est difficile de voir comment la stabilisation de l’Afghanistan, l’objectif stratégique de première priorité de l’OTAN et des Etats-Unis, va jamais réussir. INF. relève à la ‘une’ que le départ de Musharraf est à l’avantage des talibans.

Affaires européennes Retour à la table des matières

Avenir de l’Europe – L’intérêt pour le sort du Traité de Lisbonne ainsi que celui des dérogations a repris cette semaine. D’abord avec une interview du ministre danois des AE, Per Stig Møller, dans BERL. TID., dans laquelle il dit croire en une solution rapide au ‘problème irlandais’. A son avis, une déclaration par laquelle l’UE garantit qu’elle n’interférera pas dans des questions liées à l’avortement ou à la défense pourrait convaincre les Irlandais à accepter le Traité de Lisbonne. Il pense ainsi que le projet européen sera « remis sur les rails » dans le courant de l’année prochaine.

Même si les référendums sur les dérogations danoises n’ont pas lieu à l’automne comme prévu, le Premier ministre danois, interrogé par BØ., maintient de son côté que les Danois seront consultés avant les prochaines élections législatives. « Les dérogations danoises sont de plus en plus gênantes pour les intérêts danois. C’est pourquoi le gouvernement est toujours d’avis que la population doit avoir l’occasion de prendre position sur les dérogations durant cette période électorale. Le report par les Irlandais du processus relatif au Traité de Lisbonne complique un peu la tâche au niveau du calendrier, mais cela ne change pas le fait qu’elles doivent, à mon avis, être soumises à un vote », a déclaré Anders Fogh Rasmussen au journal. A son avis, il est trop tôt de dire s’il est possible de résoudre le ‘nœud irlandais’ par des séries de déclarations, comme l’a laissé entendre son ministre des AE. Concernant le Traité de Lisbonne, plusieurs journaux mentionnent par ailleurs que le gouvernement danois a jusqu’au 24 septembre pour répondre à une assignation donnée par un groupe de Danois contre le Premier ministre et le ministre des AE. Le groupe considére comme anticonstitutionnel le fait que le Traité de Lisbonne ne fasse pas l’objet d’un référendum au Danemark. Un procès pourrait s’ouvrir à l’automne devant le tribunal de grande instance de la Région Est (Østre Landsret), remarquent les journaux.

Parlement européen – Le fait que le parti L a présenté cette semaine deux de ses candidats pour les élections européennes, Jens Rohde, candidat tête de liste, et Morten Løkkegaard, retient l’attention des journaux. Aussi bien POL. que Kristeligt Dagblad voit dans le Parlement européen une institution européenne importante avec une influence croissante, raison pour laquelle le Danemark doit présenter des candidats responsables. POL. critique ainsi dans un éditorial que les partis ne présentent pas de meilleurs candidats. Selon le journal, le Danemark a besoin de représentants politiques avec de l’expérience et l’Europe a besoin de meilleurs hommes et femmes politiques. Kristeligt Dagblad déplore en outre le fait que le taux de participation aux élections européennes soit généralement bas, le Parlement européen constituant le forum européen de « démocratie directe ». Les journaux mentionnent pas ailleurs que le Parlement tiendra sa session de rentrée, initialement prévue le 1er septembre à Strasbourg, à Bruxelles à la suite de l’effondrement d’une partie du faux plafond de Strasbourg.

Danemark Retour à la table des matières

Vie politique – La scène politique danoise cette semaine a été marquée par le rapprochement entre les partis S et SF. Le plan d’intégration présenté par ces partis à la fin de la semaine dernière a en effet donné lieu à de nombreux commentaires, celui-ci étant vu comme un accord historique et symbolique. Le plan, qui implique notamment ‘l’acceptation’ par le parti SF des actuelles règles relatives au regroupement familial, enlève un obstacle essentiel à une éventuelle future coopération gouvernementale entre les deux partis, s’accordent à constater les journaux. Alors que les désaccords persistants en matière de politique d’immigration sont souvent présentés comme la principale raison de l’échec électoral des partis de gauche et centre-gauche en 2001, en 2005, puis en 2007, les partis S et SF espèrent neutraliser la politique d’immigration dans le cadre d’une prochaine campagne électorale, notent les journaux. Ils pensent d’ailleurs que le plan pourrait aider l’opposition à empêcher le gouvernement de droite de réussir encore une fois de jouer sur la peur des Danois en matière de politique d’immigration.

S’intéressant de façon générale aux nouveaux tons émanant du parti SF, les journaux relèvent également le souhait affiché par ce parti d’être considérée comme un parti « financièrement responsable ». Le parti a en effet signalé d’ores et déjà son intention de voter pour le budget 2009, alors qu’il a toujours voté contre. Les journaux y voient encore une initiative pour s’affirmer comme un parti à même de participer à un gouvernement.

Les journaux estiment que les partis se « rencontrent à mi-chemin ». Ils se demandent toutefois s’ils peuvent aller jusqu’au bout. Certains pensent qu’il ne s’agit que d’un « flirt estival » et qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Le fait que le parti R mise pour sa part sur une ascension en faisant cavalier seul dans l’opposition, au lieu de négocier une plate-forme électorale avec S et SF est également relevé par la presse. JYL. POST. estime par exemple que même si le gouvernement est un peu marqué par la fatigue, le Premier ministre n’ayant pas eu son retour de vacances triomphal habituel, il n’est aucunement menacé devant l’actuelle opposition faible.

Economie – A l’approche de la présentation du projet de Loi de Finances pour 2009, mardi prochain, les journaux consacrent une place importante aux questions économiques et à la situation actuelle au Danemark. Dans une interview accordée à BØ, le Premier ministre danois dit ne pas croire en la récession. Il pense que les futures réformes contribueront à remettre le Danemark sur la voie de la croissance. A son avis, les résultats des réformes ambitieuses à venir par rapport au marché du travail et les réformes fiscales permettront en effet de maintenir les dix prochaines années la croissance au même niveau que les dix dernières années. Il rejette ainsi les pronostics sombres des experts. BERL. TID. abonde dans le même sens. Contrairement à ce que tout le monde croit, le Danemark n’est pas touché par une récession et les entreprises ne sont pas en train de couler, écrit ce journal. Le journal relève ainsi que les résultats pour le premier semestre de 2008 du secteur économique témoignent d’une économie saine et de l’envie de faire des investissements nouveaux. Cela vaut encore plus pour les entreprises qui ont su réduire leur consommation d’énergie, ajoute le journal.

L’idée du gouvernement de réintroduire l’épargne forcée au profit de la retraite (1% du salaire) dans le cadre du projet de Loi de Finances donne lieu à des discussions, note également la presse. Elle remarque qu’elle ne recueillerait pas la majorité, le PPD et la parti S se prononçant contre. Le patronat de l’industrie DI s’étonne pour sa part des priorités du gouvernement dans le futur budget.

Selon POL., les déclarations du Premier ministre sur la solidité de l’économie danoise l’obligeront à mettre en œuvre discrètement les réformes sur le marché du travail. Si soudainement, il se met à ‘crier au feu’ et à introduire une série d’ajustements désagréables, il sera considéré comme non crédible. Une éventuelle réforme du système des allocations chômage, même si elle ne résout pas les problèmes, permet d’illustrer que le gouvernement peut agir.

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