La France au Danemark
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(14 août 2008)

Revue de presse hebdomadaire (semaine du 9 au 14 août 2008)

Affaires internationales Retour à la table des matières

Géorgie/Russie – La guerre en Géorgie a fait la ‘une’ des médias danois cette semaine. Ils sont généralement critiques à l’égard de la démonstration de puissance russe. Certains journaux estiment que l’agression russe doit avoir des conséquences, l’une des premières pouvant être l’annulation des JO d’hiver à Sotchi en 2014.

Les journaux pensent aussi que le conflit peut avoir des conséquences pour le monde dans son ensemble. POL. remarque par exemple qu’ « avec l’Europe au milieu, les Etats-Unis et la Russie ont entamé un bras de fer concernant l’ancienne république soviétique de Géorgie qui peut s’avérer décisif pour l’équilibre international en matière de politique de sécurité ». Le même journal reprend une analyse américaine, qui reproche aux Etats-Unis d’avoir contribué au conflit en émettant des signaux contradictoires concernant la Géorgie. Sous le titre « La Russie tire un trait dans le sable face à l’OTAN », BERL. TID. constate qu’en s’imposant militairement par rapport à la Géorgie – un proche allié des Etats-Unis – la Russie s’affirme de manière décisive et montre que le pays est de retour sur la scène mondiale. INF. remarque pour sa part que « même si la Russie apparaît aujourd’hui comme le grand vainqueur, la Géorgie peut finir comme le gagnant à plus long terme. L’intérêt renouvelé de la communauté internationale pour les conflits dans le Caucase peut aider à mettre un couvercle sur l’éternelle poudrière dans la région », pense ce journal. Il ajoute que la Géorgie peut toujours devenir membre de l’OTAN. BØ. quant à lui insiste sur la nécessité pour l’Europe de coopérer avec la Russie, l’Europe ayant besoin de la Russie tant sur le plan politique que sur le plan économique.

Sous des titres tels que « L’ours russe rugit malgré le cessez-le-feu » (BERL. TID.) et « Les forces russes continuent à terroriser » (POL.), les journaux relèvent également la fragilité du cessez-le-feu, rapportant que la situation sur le terrain demeurant confuse.

Estimant que seule une médiation extérieure permettra de mettre fin au conflit, la presse danoise salue les efforts déployés par la France en sa qualité de Président de l’UE et rend compte du succès obtenu par le Président Sarkozy, lequel a réussi à négocier un plan de paix que les deux parties ont accepté.

Les journaux relèvent également que le ministre français des AE a été applaudi par ses homologues européens, dans le cadre de la réunion des ministres européens des AE. Alors que cette réunion a été dominée par la question de savoir si l’action russe devait avoir des conséquences, la PFUE, soutenue notamment par l’Allemagne, a réussi à calmer les esprits sur ce point, écrit POL..

Concernant l’UE, les journaux notent également les hésitations et la réticence du monde occidental de se mettre à dos la Russie. POL. remarque ainsi que les grands pays de l’UE, tels que la France, l’Allemagne et l’Italie, ne sont pas intéressés par une confrontation avec la Russie, 4ème fournisseur de gaz et de pétrole de l’UE. BERL. TID. ajoute que les Etats-Unis et l’Europe ont besoin de la Russie concernant le dossier sur le programme nucléaire de l’Iran.

Condamnant les actions russes, le gouvernement danois a exhorté toutes les parties à mettre fin immédiatement aux hostilités et à s’engager dans un processus qui puisse mener à des solutions paisibles aux problèmes concernant l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en respect pour le l’intégrité territoriale de la Géorgie. Le Danemark a affirmé son plein soutien aux efforts de la PFUE et de la Présidence finlandaise de l’OSCE. Dans le cadre de la réunion des ministres européens des AE, Per Stig Møller a réaffirmé le soutien du Danemark aux efforts de médiation et a signalé que le Danemark est prêt à jouer un rôle actif, tant sur le projet d’envoyer des observateurs civils dans la région et sur une contribution au secours humanitaire. Estimant que le cessez-le feu obtenu par le Président Sarkozy « montre que l’UE peut créer des résultats de haute politique », le ministre danois est d’avis que le conflit devrait donner lieu à une réévaluation des rapports de l’UE avec la Russie. Selon Per Stig Møller, le conflit est aussi un signe indiquant qu’aussi bien l’OTAN que l’UE n’ont pas été suffisamment claires dans la discussion sur une possible adhésion de la Géorgie et de l’OTAN.

Affaires européennes Retour à la table des matières

CJCE/Politique d’immigration – L’arrêt controversé de la CJCE continue à occuper une place importante dans la presse. Les journaux s’intéressent aux conséquences de cet arrêt non seulement par rapport à la politique d’immigration danoise, mais aussi par rapport à la politique européenne du gouvernement et à la façon dont l’opinion publique perçoit l’affaire.

Les journaux se penchent avant tout sur le rôle des partis gouvernementaux concernant la directive sur la libre circulation qui est au centre de la polémique et sur la question de savoir s’ils ont sciemment dissimulé des informations. Les journaux s’accordent en outre à constater que la réunion de consultation au sein de la commission parlementaire chargée des Affaires européennes, cette semaine, n’a apporté aucune réponse concrète à la façon dont le gouvernement entend résoudre la crise, l’analyse juridique des conséquences de l’arrêt n’étant pas prête. Un sondage effectué par Gallup, montre à ce propos que 62% des Danois ne croient pas que le Premier ministre danois réussira à trouver une solution avec les autres pays de l’UE qui permettra de maintenir la politique d’immigration danoise restrictive. La porte-parole politique du parti L, Inger Støjberg, dit comprendre le scepticisme des Danois, mais souligne qu’il ne faut toutefois pas oublier que de nombreux pays, notamment la France, sont contre l’immigration illégale et que dans ce contexte, cela pourrait aider le Danemark. Les journaux retiennent toutefois que la CJCE pour rendre prochainement un arrêt dans une affaire autrichienne qui risque de rendre la mission politique du Danemark encore plus difficile.

Concernant la place du Danemark dans l’UE, les journaux remarquent que la discussion de l’été a eu un impact sur la façon dont les Danois voient l’UE et la participation du Danemark à l’Union. Dans un sondage effectué par Catinét Research pour le compte de l’agence Ritzau, il ressort par exemple que le nombre de personnes en faveur de la suppression de la dérogation JAI a fortement baissé, avec 30,1% pour, 39,4% contre et 30,5 n’ayant pas pris position. Un autre sondage établi que les électeurs sont majoritairement (57,4%) opposés à l’idée que l’UE puisse décider de la politique d’immigration du Danemark, seul un tiers des personnes interrogées se disant d’accord avec l’arrêt de la CJCE. Dans un sondage effectué par Gallup pour le compte de BERL. TID, dans laquelle une large majorité des électeurs (61%) estiment que la ministre danoise de l’Intégration a mal géré l’affaire, il ressort que ce n’est pas seulement la réputation de la ministre qui a souffert, 37% des électeurs se disant à présent plus sceptiques à l’égard de l’UE, 60% soutenant la politique d’immigration restrictive du Danemark.

Tant que le sort du Traité de Lisbonne n’est pas tiré au clair, il n’est pas d’actualité de consulter les électeurs danois sur le maintien ou non des dérogations danoises, rappellent les journaux danois.

L’affaire a également donné lieu à des commentaires sur la scène de politique intérieure. Tandis que le débat avait fortement opposé le parti L et le PPD, la semaine dernière, ces deux partis semblent de nouveau « être en bons termes ». Dans le cadre de l’université d’été du parti L, le week-end dernier, le président du groupe parlementaire du PPD, Kristian Thulesen Dahl, interrogé sur les menaces formulées par le PPD, a précisé qu’il n’était pas question de renverser le gouvernement. Notant que le PPD et le parti S se sont également rapprochés un peu l’un de l’autre sur la question de la CJCE, JYL. POST. pense qu’« une réconciliation est en perspective ». Selon BERL. TID., il n’a été question que d’une crise diplomatique entre les deux partis. Le ‘couple’ sait qu’il est dans son intérêt « de recoller les morceaux ». « L’interaction entre le gouvernement L/C et le PPD a crée une sécurité et une stabilité, qui a été décisive pour Fogh en tant que Premier ministre tout comme elle a donné au PPD une position politique unique dont le parti a su tirer profit avec grand talent », écrit ainsi le journal, se disant persuadé qu’en dépit du ton dur ces derniers temps, la coopération harmonieuse entre L/C et PPD va reprendre.

Un sondage effectué pour le compte de JYL. POST. signale que la majorité composée de L, C et PPD n’est pas a priori menacée, celle-ci recueillant 51,1%.

En dépit de cette affaire, les électeurs pensent d’ailleurs toujours que le Premier ministre danois est le meilleur garant (22,4%) de la politique d’immigration danoise. Dans un sondage, ils disent toutefois faire davantage confiance au président du parti SF, Villy Søvndal (18,4%), et à la présidente du PPD, Pia Kjærsgaard, qu’à la présidente du parti S, Helle Thorning-Schmidt, pour assumer la responsabilité de ce domaine.

Danemark Retour à la table des matières

Vie politique – L’été politique tire sur sa fin et les partis commencent à s’activer, si l’on ne tient pas compte de la très grande mobilisation des partis sur l’avenir de la politique d’immigration du Danemark, remarquent les journaux. Ils relèvent ainsi l’intention de la NA de ‘se réinventer’ et de renforcer son profil libéral en élaborant un tout nouveau programme politique. Concernant la NA, les journaux rapportent que Jørgen Poulsen, qui avait été exclu du groupe parlementaire de la NA avant l’été, a décidé de se joindre au parti R, ce qui amène à 10 le nombre de sièges de ce parti.

Concernant la politique d’immigration, les dirigeants politiques semblent empressé de venir en aide au chef de gouvernement pour sortir de la crise, remarquent par ailleurs les journaux. Dans INF., la leader du parti R, Margrethe Vestager est d’avis que la récente tempête politique déclenchée par l’arrêt de la CJCE est hors proportion et constitue une pure manœuvre de diversion. Saluant toutefois que l’arrêt soit étudié de plus près, dans la mesure où « ce n’est dans l’intérêt de personne que l’on pense hors de l’Europe que ceci est un accès à l’immigration illégale », Margrethe Vestager lance un appel pour un large accord politique sur une politique d’immigration efficace.

En prolongation du débat sur la politique d’immigration, les partis S et SF présentent aujourd’hui, dans le cadre de l’université d’été du parti S, un plan d’intégration en 14 points, indiquent les journaux. Ils retiennent notamment que même si le parti SF maintient son opposition à la règle des 24 ans et au critère d’attachement en matière de regroupement familial, il ne demandera pas de nouvelles règles sous un gouvernement social-démocrate. En contrepartie, le parti S aurait fait une ‘concession historique’, voyant le parti SF comme un partenaire égal, relève la presse.

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