La France au Danemark
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(27 juin 2008)

Revue de presse hebdomadaire (semaine du 21 au 27 juin 2008)

Affaires européennes Retour à la table des matières

Conseil européen / Traité de Lisbonne – Les journaux s’accordent à constater qu’alors que les dirigeants européens semblaient déterminés à poursuivre le processus de ratification du traité afin de le sauver, ils ont du mal à rebondir après le rejet du traité au référendum irlandais. La presse relève en effet que les 27 se sont montrés prudents sur la marche à suivre et que les dirigeants européens se sont donnés jusqu’à leur prochain sommet mi-octobre, pour faire le point sur l’avenir du traité.

Les journaux mettent l’accent sur le fait qu’aucune solution n’a été identifiée au Conseil européen suite au « non » irlandais, mais qu’il est important pour l’UE et le Danemark de garder le projet « en vie ». Les journaux ont relevé les commentaires optimistes du Premier ministre Anders Fogh Rasmussen, malgré le « haut degré de frustration européenne » observée pendant la réunion du Conseil européen. M. Fogh Rasmussen a estimé que « contrairement aux sommets européens qui ont eu lieu après les « non » français et hollandais, le sommet actuel n’est pas caractérisé par une atmosphère déprimée, mais par l’envie de reprendre en main le projet européen ». Ces commentaires semblent toutefois contradictoires avec les difficultés rencontrées au sommet, remarque la presse.

Les propos de Nicolas Sarkozy, qui a déclaré qu’aucun élargissement ne peut avoir lieu sans ratification, sont également relevés par la presse. POL. note que le « non » irlandais a « réveillé » les divisions entre les anciens et nouveaux Etats membres, les grands et petits pays, ainsi qu’entre les Etats membres de l’Europe de l’Est et de l’Ouest. Dans son éditorial le journal pense que « c’est probablement la dernière fois que l’Europe entière devra endurer les conséquences d’une mauvaise utilisation des référendums ». Selon BERL. TID., il sera difficile d’assurer un « oui » irlandais au traité, même après la mise en place d’éventuelles dérogations. Le gouvernement irlandais ne semble d’ailleurs pas intéressé par une reprise de la « solution danoise », remarque le journal. Une autre solution est la suppression de la réduction du nombre de Commissaires européens, mais au risque d’une renégociation du traité, jugée trop dangereuse. Le journal note que Nicolas Sarkozy s’est engagé à se rendre en Irlande le 11 juillet pour « travailler pour un « oui » irlandais », mais que ce déplacement est vu comme la volonté de la France d’augmenter la pression européenne sur l’Irlande. Au sujet de la PFUE, INF. remarque que Nicolas Sarkozy veut « mettre le turbo » sur la coopération européenne mais que la présidence française sera « gérée par un Président qui n’est pas connu pour son sens de la diplomatie ». Le journal fait le point sur les priorités de la présidence et remarque que le programme est « serré », peut-être trop ambitieux. Le ministre danois des Affaires étrangères, Per Stig Møller, a d’ailleurs mis en garde les responsables politiques européens contre une intervention en Irlande pendant la « période de réflexion » qui durera jusqu’en octobre. Dans le cadre d’une conférence sur les défis de politique étrangère du 21ème siècle, le ministre a estimé que le processus d’élargissement de l’UE doit continuer, celui-ci étant présenté comme le plus grand catalyseur de la paix et de la prospérité en Europe. Observant que la majorité des Irlandais ont voté « non » au traité parce qu’ils n’avaient pas compris le traité, JYL. POST. souligne que l’UE est tenue de respecter le vote au risque d’aliéner davantage les citoyens européens qui se sont exprimés contre le Traité de Lisbonne. Le journal insiste cependant sur le besoin d’adopter un traité qui permette d’augmenter le niveau d’efficacité de la coopération européenne.

Concernant les dérogations danoises, BERL. TID. souligne qu’il est important que le débat continue, malgré le vote irlandais. Même si aussi bien le Premier ministre danois que la présidente du parti S ont laissé entendre que la dérogation sur la défense pouvait faire l’objet d’une consultation rapidement en dépit du « non » irlandais, les experts excluent cette possibilité. Aussi bien les experts que la presse ne croient d’ailleurs en un référendum danois avant que la question irlandaise soit réglée. Au niveau politique, les partis L, S et SF préfèrent attendre de voir ce qu’il va advenir du traité avant de se décider sur un référendum sur les dérogations. Seuls le parti R souhaite un référendum en automne.

La proposition de la présidente du parti S, Helle Thorning-Schmidt, de supprimer les référendums sur les traités européens a d’ailleurs suscité d’importantes critiques des partis SF, LU et PPD, qui qualifient sa proposition d’« arrogante », d’« imbécile » et de « bonne à jeter ». JYL. POST. observe également que le vote irlandais a eu un impact sur la classe politique danoise qui ne se pose dorénavant plus la question de savoir quand le Premier ministre quittera la politique danoise, mais s’il est probable qu’il la quitte. L’alternance de générations risque de prendre plus de temps, remarque le journal.

Défense – Les propositions du Livre Blanc sur la défense présentées par M. Sarkozy la semaine dernière ont donné lieu à de nouvelles appréciations. La présidente de la Commission des Affaires étrangères, Gitte Lillelund Bech (L), applaudit en effet dans BERL. TID. la réforme de la défense française annoncée par Nicolas Sarkozy. Elle note que « La France est devenue un acteur important sur la scène politique internationale » et qu’il est bien que la France souhaite redevenir un « membre à part entière » de l’OTAN, tout en travaillant à la croissance du rôle militaire de l’UE. Elle encourage le Danemark à suivre l’exemple français et à supprimer la dérogation sur la défense.

Climat/Energie – BERL. TID. constate que le Premier ministre danois a « remis Sarkozy en place » en rejetant la proposition française de baisser les impôts sur l’énergie. Anders Fogh Rasmussen propose à la place de diminuer la dépendance européenne sur le pétrole et de renforcer la politique d’énergie renouvelable. Il note en outre qu’il est satisfait de l’importance qu’accordera la PFUE à la politique du climat et de l’énergie. Le journal remarque qu’il est « paradoxal » que la France et le Danemark soient devenus de « si bons amis » à cause de leur volonté de mettre l’accent sur la politique climatique européenne. BERL TID remarque dans un éditorial que les régimes d’aides ne constituent pas une solution aux problèmes de la hausse des prix du pétrole et qu’il « faut laisser fonctionner les forces du marché », tout en investissant davantage dans la technologie de l’énergie renouvelable. En matière de climat, BERL. TID. relève par ailleurs que la ministre danoise du Climat, Mme Connie Hedegaard, a désigné des attachés climatiques dans les cinq pays les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre - Etats-Unis, Russie, Inde, Brésil et Afrique du Sud. « Les attachés climatiques seront nos yeux et nos oreilles dans le monde. En tant qu’hôte de la conférence climatique à Copenhague en 2009, il est important de connaître l’évolution du débat climatique dans le monde et il va sans dire que cela est beaucoup plus facile lorsque l’on est physiquement sur place », observe la ministre.

Danemark Retour à la table des matières

NA – La Nouvelle Alliance, crée il y a un an et en qui les journaux avaient fondé beaucoup d’espoir pour mettre fin à la politique des blocs, défraye encore une fois la chronique. Le fait que l’ancien secrétaire général de la Croix Rouge danoise, Jørgen Poulsen, se soit exprimé à l’encontre du con-fondateur du parti, Anders Samuelsen, en se disant pour l’adhésion du Danemark à l’euro a donné lieu à de nombreuses spéculations sur son avenir au sein du parti. Ses propos ont fini par lui valoir son exclusion du groupe parlementaire, Jørgen Poulsen étant à présent non-inscrit au Folketing. Selon BERL. TID., le parti n’a plus « aucune chance » après l’exclusion de Jørgen Poulsen, et il faudrait « un miracle » pour raviver le parti qui est un « fiasco monumental » et « une parenthèse dans l’histoire politique danoise ». POL. et JYL. POST. notent la « fin tragicomique » du parti, tandis que BØ. estime que le parti a une meilleure chance de survie avec seulement deux députés qui s’accordent sur la politique du parti, qu’avec un troisième député qui crée la « confusion » dans le parti. Les partis S et R laissent leurs portes « entrouvertes » à Jørgen Poulsen, remarque la presse.

France Retour à la table des matières

- BERL. TID. consacre un long article au « Rêve d’un Grand Paris », observant que le Président Nicolas Sarkozy souhaite déjà s’ériger un monument : Un Grand Paris, qui pourra en principe s’étendre jusqu’au Havre. Et le journal de s’intéresser aux projets ambitieux et visionnaires de Nicolas Sarkozy.
- Sous le titre « Sarkozy resserre sa prise sur les médias », le même journal rend compte de la polémique provoquée par son annonce d’une réforme prévoyant la nomination du patron de la télévision publique par le gouvernement.

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