La Quinzaine nordique n°65

JPEG

Danemark

Banques. Jyske Bank, 3ème établissement bancaire intervenant au Danemark, a annoncé fin février son intention de racheter BRFkredit, le 4ème établissement de crédit hypothécaire du pays, pour un montant de près d’un milliard d’euros.

Croissance. Le PIB danois a reculé de 0,5 % au 4ème trimestre 2013, du fait d’une baisse des exportations (-0,1 %), de la consommation privée (-1,3 %) et des investissements (-2,3 %). Sur l’ensemble de l’année 2013, le PIB a néanmoins progressé de +0,4 %, après -0,4 % en 2012.

Prévisions. La Commission prévoit une croissance de 1,7% au Danemark en 2014, tirée par l’investissement (+2,7 %) et les exportations (+3,0 %), ainsi que par la consommation privée (+1,4 %). Malgré la reprise, le chômage stagnerait (6,9 %) et l’emploi croîtrait peu (+0,5 %).

Finlande

Crédit. En 2013, le stock total de crédits a progressé au même rythme qu’en 2012 (+6,7 % après +6,9 %). Les crédits aux ménages ont fortement ralenti (+1,6 % après +4,8 % à fin 2012), notamment les prêts immobiliers (+ 2,3 % après +5,6 %), les montants des nouveaux prêts au logement étant au plus bas depuis 10 ans. En revanche, les crédits aux sociétés non financières accélèrent (+6,1 % après +4,8 % en 2012), notamment ceux aux sociétés immobilières (+13 % en 2013).

Prévisions. La Commission européenne a revu ses prévisions de croissance à la baisse :-1,5 % pour 2013 et +0,2 % en 2014. La consommation privée (-1,0 % puis -0,2 %) est pénalisée par la modération des salaires et par la hausse du chômage (8,4 % de la population active). L’investissement baisse fortement (-4,4 % puis -1,0 %), en lien avec la faiblesse des débouchés des entreprises. La reprise des exportations (+3,4 % en 2014) permet un retour de la croissance au second semestre 2014. Le déficit public se maintiendrait (2,5 % PIB en 2014) et la dette publique atteindrait 60,4 % PIB en 2014.

Commerce. Le solde commercial s’est redressé en 2013 (-2,3 Mds € après -2,6 Mds € en 2012), sous l’effet d’une contraction plus forte des importations (-2,3 %, à 58,2 Mds €) que des exportations (-1,7 %, à 55,9 Mds €). Les bonnes performances à l’exportation des produits forestiers (sauf pour le papier) et chimiques, ne permettent pas de compenser la chute des produits électroniques, des biens d’équipement (machines notamment) et des biens intermédiaires. La baisse des importations touche les biens manufacturés, les machines et les minerais (hors énergie). Les échanges avec l’UE se renforcent (y.c. ceux avec la France), alors que le commerce avec la Russie et la Chine se réduit.

Islande

Institutions. Le Ministre des finances a notifié au Gouverneur de la Banque centrale que son poste serait mis en concurrence à la fin de son mandat en août 2014 et a annoncé une réforme de la gouvernance de la Banque centrale. Cette double annonce, qui intervient après plusieurs prises de positions critiques du Gouverneur à l’égard de la politique du Gouvernement, soulève la question de l’indépendance de la Banque centrale garantie par la réforme de 2009.

PEN. Fin 2013, la Position Extérieure Nette (PEN) de l’Islande vis à vis du reste du monde était de -421 % PIB (-623 % PIB au passif et 263 % PIB à l’actif). La prise en compte des liquidations en cours, avec la dépréciation d’une partie des créances étrangères, conduit à estimer une PEN sous-jacente de -53 % PIB, après -65 % PIB fin 2012.

Norvège

NSB. La compagnie nationale des chemins de fer norvégienne NSB a présenté fin février ses résultats 2013. Le nombre de passagers a augmenté de 7,3 %, à 60,5 millions, en dépit de fermetures de lignes dues à des inondations en mai 2013. De même, les bus opérés par NSB via la société Nettbuss ont vu leur fréquentation augmenter de 3 %, avec 137 millions de trajets effectués. Le CA de NSB a progressé de 25 % à 1,46 Mds NOK (180 M€), pour un résultat avant impôts de 1,28 Mds NOK (871 MNOK en 2012). L’activité bus est cependant peu rentable, malgré un CA en hausse. NSB a investi 1,2 Mds NOK (150 M€) dans de nouveaux trains en 2013, et devrait faire de même en 2014.

Fonds pétrolier. En 2013, le fonds pétrolier a cru de 1222 Mds NOK (150 M€) pour atteindre 5038 Mds NOK (610 Mds€). Cette croissance résulte du retour sur placement (692 Mds NOK), notamment des investissements en actions (61,7 % du portefeuille total en fin d’année et +26,3 % sur 12 mois), d’un très fort gain de change de (291 Mds de NOK) suite à la dépréciation de la NOK en 2013 et d’un abondement du fonds par l’État de (239 Mds NOK).

Suède

Croissance. La croissance de 2013 (+1,5 %) a surpris par son dynamisme (consensus à +1,0 %) et tient à une nette accélération de l’économie au 4ème trimestre 2013 (+1,7 %). En 2014, les exportations se redresseraient (+2,8 % après -0,9 %), dans le sillage de la reprise en zone euro, avec un effet d’entraînement sur l’investissement des entreprises (+4,7 % après -1,3 %). La consommation accélèrerait, soutenue par les gains de pourvoir d’achat ; déjà les immatriculations pour le mois de février 2014 sont en hausse de 18,3 % par rapport en février 2013. En outre, l’investissement résidentiel augmenterait fortement, comme l’annonce la hausse des mises en chantier en 2013 (+36 %) et notamment au quatrième trimestre (+79 % par rapport à 2012), où elles ont atteint leur plus haut niveau depuis 20 ans. Au total, la croissance pourrait dépasser +3,0 % en 2014.

Scania. L’offre de rachat de Scania par le groupe Volkswagen, déjà premier actionnaire avec 59% du capital et 89% des droits de vote du constructeur suédois, suscite de fortes inquiétudes en Suède sur ses conséquences à moyen terme sur l’activité de l’usine de Scania à Södertälje (9 300 emplois) au profit des usines de MAN à Munich, détenues également par Volkswagen.

Kockums. ThyssenKrupp, propriétaire du chantier naval suédois Kockums depuis 1999 (baptisé ThyssenKrupp Marine Systems AB depuis peu), est en désaccord avec l’agence de l’armement FMV sur le financement de la R&D pour une nouvelle génération de sous-marins A26 et sur l’attribution des contrats, jugée trop souvent favorable aux chantiers allemands. Saab AB aurait été contacté par FMV pour évaluer sa possibilité de se substituer à TKMS pour développer l’A26.

Supergrid. Le 4 février 2014, le couplage par les prix des régions nordiques, Europe de l’Ouest (CWE) et Royaume-Uni est devenu opérationnel (projet North West Europe). Une zone de prix unique (marché day-ahead) dans la zone est créée. Les congestions du réseau de transport entre la zone nordique et CWE limitent pour l’instant la convergence du prix de gros sur l’ensemble de la zone NWE. Sur le moyen terme, ce couplage pourrait cependant générer une hausse du prix spot sur la bourse nordique Nord Pool.

Fortum. Le groupe Fortum envisage de vendre son réseau électrique en Suède (903 000 abonnés) et en Norvège (103 000 abonnés) en 2015. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 1,7 Md€ en 2013, en baisse de 11 % par rapport à 2012, en raison essentiellement de la contraction de sa production hydroélectrique (18,1 TWh en 2013 contre 25,2 TWh en 2012). Le groupe pourrait continuer à envisager la construction d’un troisième réacteur nucléaire sur le site de Lovisa s’il devient techniquement possible de vendre la chaleur produite (cogénération).

Commerce. Anna Stellinger a été nommée DG de l’Agence Kommerskollegium en charge du commerce extérieur, du marché intérieur et de la politique commerciale, succédant à Lena Johansson.

***
Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 09/02/2015

Haut de page