La Quinzaine nordique n°96

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays nordiques

PNGCoût de la vie : Selon le consultant international MERCER, Copenhague arrive en tête du classement 2015 sur le coût de la vie pour les expatriés dans les capitales nordiques (24ème rang mondial, Paris se situant au 46ème rang), devant Oslo (38ème), Helsinki (67ème) et Stockholm (106ème). Stockholm est passé du 38ème rang en 2014 au 106ème rang cette année, principalement en raison des effets de la dépréciation de la couronne suédoise.

Groupes nordiques. Selon le site « largestcompanies.com », les cinq premières entreprises nordiques étaient en 2014 : 1/ en termes de chiffres d’affaires, le norvégien Statoil ASA (69 Mds€), suivi par le danois A.P Møller - Mærsk A/S (39 Md€) et les suédois Volvo AB (30 Md€), Ericsson AB (24 Md€) et Vattenfall AB (17 Md€) ; 2/ en termes d’effectifs, le danois ISS A/S avec 511 000 employés, suivi par les suédois Securitas AB (277 000 employés), Ericsson AB (117 000 employés), Volvo AB (95 000 employés) et H&M AB (93 000 employés).

Danemark

Gouvernement. Dirigé par Lars Løkke Rasmussen (déjà Premier Ministre entre 2009 et 2011), et composé exclusivement des libéraux, le nouveau gouvernement danois a été formé le 28 juin. Dans une équipe gouvernementale resserrée (16 ministères), expérimentée (10 anciens ministres) et plutôt masculine (11 ministres sur 16) figurent notamment, dans le domaine économique, Klaus Hjort Frederiksen (Finances), Troels Lund Poulsen (Entreprises et Croissance), Inger Støjberg (Immigration, Intégration et Logement), Lars Christian Lilleholt (Energie et Climat), Jørn Neergaard Larsen (Emploi) et Eva Kjer Hansen (Environnement et Agriculture).

Programme de gouvernement. Minoritaire au Parlement (34 sièges sur 179), le nouveau gouvernement a présenté un programme peu détaillé en prévision de la nécessité de négocier le plus largement possible chaque projet qui sera présenté au Parlement. Deux réformes majeures ont été annoncées pour le printemps 2016 : une réforme de la fiscalité visant à abaisser l’imposition sur les revenus du travail et une réforme du système de retraites, dont l’objectif est d’accroître l’épargne-retraite des personnes non-couvertes par les retraites complémentaires professionnelles. Sur les sujets européens, Lars Løkke Rasmussen entend placer le Danemark "aussi proche du noyau que possible".

Tunnel du Femern. Les financements européens accordés au projet de tunnel immergé entre l’Allemagne et le Danemark sont inférieurs aux attentes. Le programme CEF a accordé le 29 juin 589 M€ au projet pour 2016-2019, soit 540 M€ en deçà des attentes du gouvernement danois, qui comptait sur un financement à hauteur de 18 % des coûts du projet. Le nouveau ministre des Transports et Bâtiment, Hans Christian Schmidt a indiqué que le Danemark pourrait faire une nouvelle demande de financements lors du prochain cycle en 2018.

Vestas est au coeur d’un scandale médiatique lié à des actions juridiques à Aarhus et en Inde visant son ancien Directeur financier, Henrik Nørremark, démis de ses fonctions en 2012 par Vestas au motif de malversations. Henrik Nørremark déclare avoir agi sous couvert du PDG de l’époque, Ditlev Engel, dans le cadre du « projet dragon », et que les sommes incriminées auraient servi à financer l’achat d’éoliennes chinoises par un partenaire indien de Vestas, qui aurait ainsi eu la possibilité d’étudier les technologies concurrentes, déclarations que Vestas dément.

Finlande

Transports. La ville de Tampere a annoncé le 22 juin 2015 avoir choisi un consortium constitué par trois entreprises finlandaises, VR Track, YIT et Pöyri, pour la construction d’une ligne de tramway de 23 km. Le coût estimé du projet est de 250 millions d’euros. Cette offre a été préférée à celle de l’autre demi-finaliste de l’appel d’offre, le consortium formé par Alstom avec trois sociétés finlandaises (Lemminkainen, Ramboll et Insinöörit Suunnittelu). La ville doit encore choisir le fournisseur du matériel roulant (dont le coût est estimé à 83 millions d’euros) parmi les cinq entreprises pré-sélectionnées à la mi-juin (Transtech, Vossloh, Skoda, CAF et Pesa).

Nucléaire. Fennovoima a remis le 30 juin 2015 une demande de permis de construire pour la centrale d’Hanhikivi ainsi qu’une déclaration selon laquelle au moins 60 % de l’actionnariat du consortium serait composé d’entités domiciliées dans l’Union européenne ou l’AELE. Contrairement à ce qui avait été annoncé en décembre 2014, Fortum ne participe pas au tour de table, faute, sans doute, d’être parvenu à un accord avec Gazprom sur la contrepartie de sa participation dans Fennovoima, à savoir une prise de participation au capital de la société gérant les centrales hydroélectriques du nord-est de la Russie (la participation de Fortum dans Fennovoima avait été annoncé à 15 %). A défaut, le projet présenté le 30 juin inclut la participation d’une société croate, Migrit Solarna Energija, à hauteur de 9 % du capital de Fennovoima, ce qui permet d’atteindre le seuil de 60 % d’actionnaires de l’Union européenne exigé par le gouvernement finlandais. Ramos Voima, filiale de Rosatum Overseas, détiendrait pour sa part 36 % du capital de Fennovoima. Le ministre de l’économie, Olli Rehn, a déclaré que la participation de la société croate ne lui avait été annoncée que la veille et le ministère de l’économie a adressé une demande d’information complémentaire à Fennovoima dès le 1er juillet. Selon la presse finlandaise, l’un des deux actionnaires croates de Migrit, Maxim Soloshshanskiy, qui réside à Londres, est le fils du Russe Oleg Soloshshanskiy, directeur général de l’entreprise russe de construction Inteko. Par ailleurs, la coopérative laitière Valio a annoncé qu’elle se retirait du projet. A ce jour, les actionnaires finlandais du projet sont Outokumpu, Myllyn Paras Oy, un spécialiste de l’agro-alimentaire et plusieurs sociétés locales d’électricité. Fennovoima avait jusqu’au 30 juin pour déposer cette demande de permis de construire et préciser la composition de son actionnariat, sous peine de perdre le bénéfice de l’autorisation de principe qui lui a été donnée en 2010 par le Parlement finlandais pour la construction de cette centrale. La seconde autorisation de principe qui avait délivrée en parallèle à TVO pour la construction d’un quatrième réacteur à Olkiluoto n’est quant à elle plus valide, TVO ayant renoncé, comme annoncé, à déposer une demande de permis de construire avant le 30 juin, au motif du retard pris par la construction d’OL3.

Islande

Notation. L’agence de notation Moody’s a relevé la notation attribuée à la dette du gouvernement islandais, de Baa3 à Baa2, avec une perspective stable. Moody’s fonde son appréciation sur trois éléments : l’annonce par le gouvernement islandais d’un plan de levée des contrôles de capitaux qui « réduirait les vulnérabilités externes » du pays tout en « préservant la stabilité économique et financière », les perspectives d’amélioration de la situation des finances publiques et l’amélioration du cadre de supervision financière en Islande.

Contrôles. Les Autorités islandaises ont diffusé de nouveaux éléments précisant le calendrier de levée des contrôles de capitaux. Les structures de défaisance des anciennes banques devront faire valider par les Autorités islandaises des « composition agreements » incluant des « contributions à la stabilité » garantissant la stabilité des comptes externes islandais (en pratique une immobilisation d’actifs de l’ordre de 900 Mds ISK soit 45 % PIB) d’ici fin 2015, faute de quoi une taxe pour la stabilité serait appliquée mi-avril 2016 pour un montant de 39 % de la valeur des actifs de ces banques (au 31/12/2015), et devrait être perçue avant le 31 août 2016 par l’Autorité fiscale islandaise. S’agissant des « ISK offshore », les actifs liquides en devise islandaise détenus par des investisseurs non-résidents, qui représentent 300 Mds ISK (15 % PIB) et seraient pour l’essentiel détenus par une dizaines d’investisseurs institutionnels étrangers, la Banque centrale islandaise mènerait des enchères à l’automne 2015 pour les convertir, dans leur intégralité, soit en devises étrangères, soit en titres islandais de maturités longues (20 ans) ; pour la conception des mécanismes d’enchères, les Autorités islandaises font appel à M. Paul Klemperer de l’Université d’Oxford, qui a également conseillé la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre ; en dernier ressort, les créanciers qui ne participeraient pas à ces enchères verraient leurs actifs placés dans des comptes bloqués non rémunérés. Les fonds de pensions islandais auraient la possibilité, dès 2015, de bénéficier d’exemption sur les contrôles de capitaux pour 10 Mds ISK par an, soit environ 25 % de leurs recettes annuelles. Le gouvernement islandais a fait l’annonce d’un texte législatif pour la session d’automne du parlement, qui exempterait les particuliers de contrôles de changes sur un certain nombre d’opérations financières : retraits de devises étrangères, investissement dans des instruments financiers libellés en devises étrangères, prêts à des non-résidents, investissement dans des actifs immobiliers situés à l’étranger…etc.

Norvège

Elkem. La société norvégienne Elkem, qui figure parmi les leaders mondiaux pour le silicium et les alliages spéciaux pour l’industrie de la fonderie, et la française BlueStar Silicones International (BSI) ont annoncé leur fusion, sous la forme d’un rachat par Elkem de toutes les actions de BSI. Les deux entreprises collaboraient déjà au sein de la chaîne de valeur silicone depuis 2012. La nouvelle entité aura un CA de 1,6 Mds € (14 Mds NOK), tandis que le PDG d’Elkem continuera à diriger le groupe avec une équipe de direction composée de membres de BSI et d’Elkem et un siège social à Oslo. Le nom d’Elkem et toutes les marques commerciales vont rester inchangés.

Taux directeur. Norges Bank, la banque centrale de Norvège, a annoncé le 18 juin une baisse de son taux directeur de 1,25 % à 1,0 %, soit le plus faible taux directeur jamais enregistré en Norvège. La dernière baisse remontait au 11 décembre 2014.

Uber. La police norvégienne et le Ministère des transports ont déclaré que les activités de l’entreprise Uber étaient illégales en Norvège dans l’état actuel des réglementations. De son côté, Carl Edvard Endresen, directeur de Uber en Norvège, assure que l’activité de l’entreprise est tout à fait légale. La jurisprudence récente semble aller dans son sens puisque deux chauffeurs d’un service similaire nommé Haxi, accusés de transport illégal de personne à Stavanger, ont été acquittés.

Chômage. Plusieurs sociétés pétrolières ont annoncé des suppressions d’emploi depuis le début 2015, portant les suppressions d’emploi dans le secteur à 22 000 depuis le début de la baisse des cours du brent il y a un an. Ceci représente 0,8 % de la population active (2,7 M). Le taux de chômage se situe actuellement (avril 2015) à 4,2 %.

Taux d’emploi. Pour la première fois depuis plusieurs dizaines d’années, le taux d’emploi des 15-64 ans en Norvège est moins élevé qu’en Suède, mais le taux de chômage reste plus faible (4,2 % contre 7,7 % en Suède).

Norwegian. La compagnie low-cost Norwegian a annoncé l’ouverture de lignes directes entre des aéroports américains (Baltimore/Washington, New York JFK et Boston) et les Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique). Ces vols, prévus à partir de début décembre pour une durée de 4 mois, permettront à la fois le maintien en rotation d’avions habituellement laissés au repos faute de voyageurs pendant l’hiver, mais aussi de lancer les premières lignes « américaines » de la compagnie grâce au statut administratif européen des Antilles françaises, dans l’attente d’une licence de vol américaine. Norwegian prévoit 3 vols hebdomadaires vers chaque île depuis New York et 2 depuis Boston et Baltimore.

Engie. La filiale norvégienne d’Engie, GDF SUEZ E&P Norge, va changer de directeur au 1er août 2015. Cédric Osterrieth, qui était jusqu’à présent CFO de la division Exploration & Production sera le nouveau directeur, tandis que l’actuelle directrice, Maria Moræus Hanssen, viendra rejoindre l’équipe de dirigeants appelés à travailler sur le nouveau « Projet d’Entreprise » du groupe, à Paris.

Suède

30 000 Suédois seraient domiciliés en France. Selon l’Association des suédois dans le monde (”Svenskar i Världen”), 660 000 Suédois sont domiciliés à l’étranger (résident plus de 6 mois dans l’année dans un pays), soit 7 % de la population du pays : 150 000 sont domiciliés aux Etats-Unis, 90 000 en Norvège comme au Royaume-Uni et en Espagne. 30 000 personnes en France, 23 000 en Allemagne et 20 000 en Thailande. A noter que seulement 15 000 Suédois seraient domiciliés en Finlande ou au Danemark.

Londs pétrolier norvégien : le premier fonds souverain au monde est très présent à la Bourse de Stockholm (Nasdaq OMX Stockholm) et dispose désormais d’un portefeuille d’une valeur de plus de 11 Mds € (plus de 140 participations), soit plus que l’Etat suédois (deux participations, à savoir SAS et TeliaSonera, pour une valorisation de moins de 9 Mds €). Les principaux investissements (en valeur) du Fond norvégien en Suède concernent : AstraZeneca (1,5 Md €), Volvo (1,4 Md €), SCA (1 Md €), ABB (0,8 Md €) et Stora Enso (0,6 Md €). En termes de participation, le fond contrôle désormais 8,2 % du capital de StoraEnso (bois-papier), 5,6 % de SCA (bois-papier, avec focus sur les produits d’hygiène), 5,6 % de Boliden (industrie minière) et 5,5% de Volvo (poids-lourd avec notamment la filiale française Renault Trucks, ex RVI).

Almedalen 2015 : Le semaine politique d’Almedalen (almedalsveckan.info/1091) sur l’île de Gotland, créée en 1968 par l’ancien Premier ministre Olof Palme, connait depuis une quinzaine d’années un succès remarquable avec une forte hausse du nombre d’événements organisés (3 500 au total cette année), devenant peu à peu un moment incontournable pour la classe politique, les ONG, la presse et le monde des affaires. Plusieurs grands groupes (Swedbank, Nordea, Vattenfall, TeliaSonera, Telenor, EON, Fortum…) sont représentés. Chaque jour est, en principe, réservé à un parti politique pour éviter les effets de chevauchement.

Change. La Riksbank a annoncé le 2 juillet 2015 une expansion de sa politique monétaire avec une baisse des taux d’intérêt de -0,25 % à -0,35 % et un renforcement des mesures non-conventionnelles, malgré l’amélioration des perspectives de croissance et d’inflation, en raison d’incertitudes sur l’environnement international et de l’appréciation de la couronne depuis la décision d’avril ; la couronne s’est dépréciée de 1,5 % face à l’euro.

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Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Olivier Redoulès (SER Stockholm)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (Marine Artz, Jasmine Crozier, Michel Lallemand, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Cyrille Karamitsos), Oslo (Christian Fatras, Emmanuel Frételliere, Nicolas Redon), et du Service Economique Régional de Stockholm (Frédéric Lemaitre, Olivier Redoulès).

Dernière modification : 07/07/2015

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