La Quinzaine nordique n°94

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays nordiques

PNGConjoncture. Les nouvelles perspectives économiques publiées par l’OCDE maintiennent la Suède en tête des pays nordiques en termes de croissance en 2015 et en 2016 (+2,8 % en 2015 puis +3,0 % en 2016 après +2,3 % en 2014), suivant la dynamique en marche depuis 2013, alors que la Finlande peine à sortir de récession (+0,4 % en 2015 puis +1,3 % en 2016 après -0,1 % en 2014). La reprise s’accélère au Danemark (+1,9 % en 2015 puis +2,3 % en 2016 après +1,1 % en 2014) alors que la Norvège ralentit fortement en 2015 (+1,2 % après+2,2 % en 2014). La croissance islandaise a un profil heurté mais très dynamique en moyenne (+3,7 % en 2015 puis +2,9 % en 2016 après +1,9 % en 2014). Pour l’ensemble des pays de l’OCDE, en moyenne, l’institution prévoit une accélération graduelle de l’activité (+1,9 % en 2015 et 2,5 % en 2016 après +1,8 % en 2014).

Bien-être.
Dans le dernier rapport du consultant américain Boston Consulting Group (BCG) sur le bien-être économique dans le monde en 2015, un travail qui fait notamment écho aux conclusions du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi (2009) sur la mesure de la performance économique et du progrès social, les pays nordiques se classent parmi les pays où il fait le mieux vivre au monde. Sur 149 pays étudiés à travers différents indicateurs du développement durable (infrastructures, environnement, santé, éducation, gouvernance, société civile, inégalités de revenus, emploi, stabilité économique et niveau de revenu global), la Norvège ressort en tête du classement mondial, l’Islande occupe la 4ème place devant la Suède et la Finlande qui se partagent le 5ème rang et le Danemark ferme la marche des pays de la zone au 6ème rang.

Immobilier. Le finlandais Citycon a acheté Sektor Gruppen, le deuxième propriétaire norvégien de centres commerciaux, pour 1,47 Mds €. Citycon met ainsi la main sur 34 centres commerciaux en Norvège. Sektor Gruppen appartient à Petter Stordalen, grand propriétaire norvégien d’hôtels, à la famille Johannson, leader dans la grande distribution (NorgesGruppen), et à la famille Varner, présente dans le prêt-à-porter (Dressmann, Cubus, Bik Bok).

Danemark

Elections. La Première Ministre Helle Thorning-Schmidt a annoncé la tenue d’élections législatives le jeudi 18 juin.

Croissance. La croissance s’établit à +0,4 % au 1er trimestre 2015 (+1,7 % sur un an) selon les données provisoires de l’Office Danois des Statistiques, tirée par les exportations (+2,0 %), la consommation des ménages (+0,7 %) et la consommation publique (+0,6 %), alors que les investissements ont reculé fortement (-2,6 %).

Industrie. Le think-tank Arbejderbevægelsens Erhvervsråd, associé à la confédération syndicale LO, estime que la productivité de l’industrie danoise a augmenté de +32 % depuis la crise de 2008, bien au-delà de la moyenne européenne (11 %) et celle de ses voisins les plus proches, la Suède (+11 %), l’Allemagne (+6,2 %) et la Finlande
(-11 %), mais que ces gains de productivité se sont accompagnés d’une réduction de 21 % de l’emploi industriel.

Compétitivité. Le Danemark gagne une place au classement IMD sur la compétitivité en 2015 (8e, devant la Suède mais derrière la Norvège). Ses atouts sont la sécurité juridique et le faible niveau de corruption, tandis que ses faiblesses portent sur les difficultés à attirer des IDE, la place importante du secteur public, les impôts élevés et les durées journalières de travail limitées. Le Danemark s’illustre par la qualité de ses infrastructures (3e place), et occupe la pole position dans les solutions vertes, les dépenses d’éducation et la qualité du système universitaire. Par ailleurs, bénéficiant de l’un des meilleurs taux de motivation des employés (2e), les entreprises ont gagné en efficacité, ce qui a fait progresser le Danemark dans le classement. Steen Bocian, économiste en chef chez Danske Banke, souligne que le Danemark ne devrait pas chercher à atteindre le Top 5 des pays les plus compétitifs, car cela devrait se faire au prix de profondes réformes économiques, « qui orienteraient encore davantage le Danemark vers un très haut degré d’économie de marché et creuseraient les inégalités entre les plus riches et les pauvres. »

Finlande

Politique. Le nouveau gouvernement a été officiellement nommé le 29 mai dernier. Outre Juha Sipilä, président du parti du centre arrivé en tête des élections du 19 avril, le gouvernement comprend cinq ministres du parti du Centre, quatre ministres du parti des Vrais Finlandais et quatre ministres du parti du Rassemblement National (Kokomus), soit une équipe ministérielle resserrée de 14 personnes. Timo Soini, président du parti des Vrais Finlandais, reçoit le portefeuille des affaires étrangères. Alexander Stubb, président du parti du Rassemblement National, troisième parti de la coalition gouvernementale, prend le portefeuille des finances. M. Olli Renn (parti du centre), ancien Commissaire européen, est nommé ministre de l’économie.

Finances publiques. Les économies budgétaires soumises par la coalition gouvernementale sont actuellement discutées au Parlement. Au total, le déficit serait réduit de 6 Mds€ d’ici à 2021, dont 4-5 Mds € sur la présente législature (2015-2019), et 1,5 Md€ dès 2016. Les principales coupes portent sur l’aide publique au développement, les dépenses d’éducation, de services sociaux et de santé. Par ailleurs, le nouveau gouvernement cherche à négocier avec les partenaires sociaux un « pacte social » visant à augmenter le temps de travail par an. M. Sipilä a déclaré que faute d’un tel accord, 1,5 Md€ d’économies supplémentaires seraient nécessaires. En l’état actuel, le déficit public de la Finlande atteindrait 3,4 % PIB en 2015 et ne repasserait pas sous la barre des 3 % avant 2018. De plus, la hausse des dépenses de retraite et de santé liée au vieillissement de la population nécessiterait 4 Mds€ d’économies supplémentaires d’ici à 2021 en plus des mesures détaillées dans le projet de budget.

Conjoncture. Le PIB finlandais est toujours en recul au 1er trimestre 2015 (-0,1 %), sous l’effet de la contribution négative du commerce extérieur (baisse des exportations de -1,1 % et hausse des importations de +2,4 %) La reprise de la demande interne se poursuit : la consommation privée croît de +1 %, la consommation publique reste stable et l’investissement continue à reculer (-0,3 %). Le chômage atteint 9,6 % de la population active en avril.

Islande

Marchés publics. L’administration islandaise vient de lancer son nouveau portail répertoriant tous les appels d’offre en cours en Islande. Une grande partie de ces appels d’offre est publiée en parallèle sur le portail européen TED.

Norvège

Pétrole. Ola Borten Moe, ancien ministre du pétrole du précédent gouvernement travailliste, va créer une compagnie pétrolière avec Erik Haugane, Anton Tronstad et Knut Evensen, trois « vétérans » du secteur. La société, baptisée Okea AS, souhaiter lever entre 1 et 2 Mds de NOK de capitaux initiaux et se donne pour objectif d’apporter des solutions innovantes pour extraire des hydrocarbures de champs mineurs non exploités sur le plateau continental.

Statoil. Statoil est l’une des six compagnies pétrolières (avec Shell, Eni, Total, BP et BG Group) signataires d’une lettre envoyée aux rédactions européennes exhortant les autorités du monde entier à parvenir à un accord significatif lors de la COP21. Les six sociétés réaffirment par la même occasion leur conviction que les mesures à prendre devront « reconnaître le rôle déterminant que le gaz et le prix de la tonne de CO2 auront à jouer pour contribuer à alimenter la demande mondiale en énergie d’une manière plus durable ».

Transport ferroviaire. Le gouvernement a présenté le 12 mai 2015 un Livre Blanc sur la réforme du secteur ferroviaire. La réforme, encore floue dans ses détails, sépare la construction et l’entretien des infrastructures de la gestion du réseau et ouvre la voie à des délégations de service public pour des « paquets » de lignes, la compagnie nationale NSB perdant son monopole. Les trains, actuellement propriété de NSB, devraient être mis à disposition des compagnies.

Transport aérien.
Air France va mettre un terme à sa liaison directe Stavanger-Paris à partir du 30 octobre. La liaison avait été lancée en mars 2013 avec deux vols quotidiens. La baisse d’activité dans le secteur pétrolier réduit la rentabilité de cette ligne, utilisée notamment par les employés de Total, qui a son siège norvégien à Stavanger.

UE. Le commissaire européen à l’Énergie et au Climat, Miguel Arias Cañete, s’est rendu en Norvège pour une visite de deux jours dans le cadre du dialogue Énergie annuel entre l’UE et la Norvège. Il a rencontré les ministres de l’Énergie et du Pétrole, de l’Environnement, et des Affaires Européennes, avant de visiter la plate-forme gazière Troll A et une centrale hydroélectrique. Le commissaire a déclaré que la Norvège était un partenaire clef pour l’UE dans son effort de diversification énergétique.

Allocations familiales. Le parti conservateur au pouvoir a engagé un débat national sur l’avenir des allocations familiales, dont le montant n’a pas évolué depuis 1996 et a perdu de sa pertinence (115 €/mois par enfant). Certains représentants politiques ont proposé de supprimer les allocations et d’offrir à la place la gratuité des jardins d’enfants et des activités éducatives après l’école, d’autres ont évoqué la possibilité de les supprimer seulement pour les ménages plus aisés et d’utiliser les marges dégagées pour renforcer l’aide aux ménages les plus modestes.

Suède

PIB. La croissance du PIB suédois, en volume, a atteint +0,4 % au 1er trimestre 2015 par rapport au 4ème trimestre 2014 et +2,5 % en glissement annuel, par rapport au 1ème trimestre 2014. Les principales composantes de la demande ont stagné : la consommation des ménages et celle du secteur public ont crû de +0,1 % alors que l’investissement s’est contracté de -0,1 %. En dépit d’une baisse des exportations (-0,7 %) entre le dernier trimestre 2014 et le 1er trimestre 2015, le solde du commerce extérieur continue à contribuer positivement à la croissance du pays en raison d’une baisse plus significative des importations (-1,5 %). L’acquis de croissance pour l’année 2015 s’élève, à l’issue du 1er trimestre, à +1,5 %.

Finances publiques. Jens Henriksson, CEO de Folksam, première compagnie d’assurances du pays, va présider la Commission qui va étudier l’impact d’une éventuelle modification de la règle d’or budgétaire nationale, d’un objectif d’excédent de 1 % PIB en moyenne sur la durée du cycle économique, à un objectif d’équilibre. Un rapport d’étape est attendu pour avril 2016 et le rapport définitif devrait être présenté avant octobre 2016. La presse se fait régulièrement l’écho de prises de positions contrastées sur une telle réforme, dans un contexte où les prévisions budgétaires ont tendance à repousser systématiquement le retour à l’équilibre.

Dédouanement. La Suède figure parmi les 9 pays (10 aéroports) retenus pour la mise en place d’un accord de « preclearence » de frontière (prédédouanement) avec les Etats-Unis d’ici 12 à 18 mois. C’est l’aéroport international de Stockholm-Arlanda qui bénéficiera de ce statut comme c’est d’ailleurs le cas également pour aéroport d’Oslo dans la zone des pays nordiques. Cette initiative gouvernementale est, par ailleurs, fortement soutenue par le monde des affaires suédois à travers « Connect Sweden », une association qui cherche à développer le nombre de liaisons aériennes internationales (cf http://www.connectsweden.se/en/ ).

Volvo AB. Le deuxième constructeur de poids-lourds au monde avec ses filiales Volvo, Renault Trucks et Mack, a vendu, en deux temps (en mars et en juin 2015), l’intégralité de ses participations dans le constructeur indien Eicher Motors Limited (EML) pour au total environ 530 M€ (plus de 8 % du capital). Volvo AB avait acheté ces titres en 2008 dans la cadre de la création d’une structure commune entre les deux groupes, baptisé VE Commercial Vehicles (VECV), pour un montant de seulement 25 M€, selon le quotidien économique DI.

DS/PSA. DS, la marque de prestige du groupe PSA, ouvre un concept store chez le concessionnaire Hedin Bil à Akalla dans la banlieue nord de la capitale. Arnaud Duchemin, directeur de la marque en Suède et au Danemark espère vendre 600 véhicules en Suède dès cette année.

Capio
. Le groupe de santé suédois Capio, détenu par la société de capital investissements Nordic Capital, aurait mandaté JP Morgan et SEB pour préparer son introduction à la Nasdaq OMX Stockholm dès l’été 2015. La France est le 2ème marché pour ce groupe et l’un des plus rentables (marge de près de 8%, contre 4% en Suède). Capio France compte au total 5 200 salariés (42% du groupe) et 1 400 praticiens libéraux pour un chiffre d’affaires en France d’environ 530 M€ (4,9 Mds SEK). La filiale française assure la gestion de 8 hôpitaux d’urgence, 12 hôpitaux locaux et trois cliniques spécialisées (dialyse, réadaptation et psychiatrie) dans une dizaine de régions et reste ainsi l’un des plus importants acteurs de l’hospitalisation privée.

Team Sweden. Le ministre de l’Economie Mikael Damberg a annoncé, le 20 mai 2015, juste avant son déplacement au Brésil, la création de « Team Sweden », « marque de fabrique » visant à réunir tous les acteurs publics du soutien à l’export. Team Sweden devra notamment unifier l’action de soutien à l’export des pouvoirs publics et valoriser autant que possible tous les leviers disponibles, notamment les déplacements ministériels à l’étranger. « Team Sweden » place les Ambassades suédoises au centre du dispositif de soutien, dans une logique de « diplomatie économique ». Mikael Damberg devrait, à la suite de cette réorganisation, présenter les grands axes de la nouvelle stratégie suédoise de soutien à l’exportation durant l’été.

****
Copyright
Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation expresse du Service Économique (adresser les demandes à pierre-alexandre.miquel@dgtresor.gouv.fr).

Clause de non-responsabilité

Le Service Économique s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication.
Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Olivier Redoulès (SER Stockholm)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (Marine Artz, Jasmine Crozier, Michel Lallemand, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Cyrille Karamitsos), Oslo (Christian Fatras, Emmanuel Frételliere, Nicolas Redon), et du Service Economique Régional de Stockholm (Frédéric Lemaitre, Olivier Redoulès).

Dernière modification : 08/06/2015

Haut de page