La Quinzaine nordique n°90

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

PNGLicornes. Selon l’étude « Nordic Exit Analysis 2015 » publiée par la holding financière suédoise Creandum, au cours des 10 dernières années, environ 10 % des startup du monde valorisées plus de 1 Md USD (les « licornes ») au moment de leur première valorisation (entrée en bourse ou rachat par un autre acteur) étaient d’origine nordique. Au total, le montant global des transactions du secteur des TIC pour la zone nordique a atteint un niveau record de 110 Mds SEK (près de 12 Mds€) en 2014, avec notamment l’introduction à la bourse de New York du producteur suédois de jeux en ligne King (Candy Crush), le rachat par Microsoft de l’entreprise suédoise Mojang (Minecraft) et l’introduction du danois JustEat à la Bourse de Londres. La tendance semble se poursuivre en 2015 avec l’offre de rachat par Canon du suédois Axis (caméras et surveillance en ligne) et la reprise de l’entreprise Aspiro (aujourd’hui sous contrôle de capitaux norvégiens), éditrice des sites de streaming musical Tidal et Wimp, par le chanteur américain Jay-Z. Plusieurs acteurs suédois pourraient envisager de préparer leur exit prochainement dont Spotify (streaming musical), Soundcloud (plateforme de distribution audio en ligne), Klarna et/ou Izettle (paiements en ligne) et Avito (annonces gratuites en ligne, leader en Russie, au Maroc, etc…).

Danemark

TTIP. Après la publication d’une analyse sur les conséquences économiques et politiques du TTIP en Suède par deux think tanks suédois, Cogito et Katalys, le parlementaire socialiste danois Holger K. Nielsen, membre de la commission des affaires européennes et ancien ministre des Affaires Etrangères, a demandé au Ministre du Commerce Extérieur et du Développement, Mogens Jensen, d’entreprendre une étude comparable au Danemark. « Au lieu de dire simplement hallelujah au TTIP, comme le ministre du Commerce Extérieur le fait, le gouvernement danois doit prendre des dispositions pour que soit menée une analyse indépendante, afin que nous puissions avoir une vision plus critique de l’accord et des évaluations plus précises de ses conséquences pour le Danemark et l’économie danoise, mais également une évaluation des conséquences politiques. Il y a besoin d’une meilleure base de connaissances pour appuyer les discussions au parlement que celle que nous avons à l’heure actuelle. », explique Holger K. Nielsen.

e-administration. L’accélération de la digitalisation du secteur public à l’horizon 2020 devrait permettre d’économiser entre 2 et 5 Mds DKK. Un plan sur quatre ans devrait être présenté prochainement par l’agence pour la digitalisation du ministère des finances. Bjarne Corydon, le ministre des finances, compare cette nouvelle initiative à un « œuf Kinder », contenant une « triple bonne surprise » : plus d’efficacité, de meilleures expériences pour les usagers, particuliers et entreprises, et un transfert de connaissances vers le secteur privé.

Finlande

Conjoncture. Dans ses dernières prévisions parues le 2 avril, le gouvernement a, une nouvelle fois, revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2015. Anticipée en décembre 2014 à +0,9 %, la croissance pour 2015 est désormais prévue à +0,5 %. Cette dégradation s’explique essentiellement par des anticipations d’exportations plus faibles que prévu (+1,5 % contre +3,3 % prévu en décembre 2014) et un recul attendu de l’investissement privé ( 1,0 % contre +1,0 %). Par ailleurs, le gouvernement a très légèrement relevé ses prévisions de croissance pour 2016, de +1,3 % à +1,4 %, confirmant son diagnostic d’une sortie de récession.

Finances publiques. Le 31 mars, le déficit public de la Finlande pour 2014 a été révisé à -3,2 % du PIB (-3,4 % auparavant). Par rapport à 2013, le déficit s’est creusé de 1,3 Mds € (0,6 % du PIB), dont 173 M€ pour le gouvernement central, 279M € pour les collectivités locales, et 584 M€ pour les fonds de sécurité sociale, qui connaissent leur premier déficit depuis 2009 (à l’exception du fonds de pension public qui reste excédentaire), sous l’effet d’une hausse des dépenses liées à l’assurance-chômage. Pour mémoire, dans son programme de stabilité diffusé au printemps 2014, la Finlande prévoyait un déficit public de -2,0 % du PIB pour 2014. Pour 2015, le gouvernement prévoit désormais une quasi-stabilisation du déficit public, à -3,4 % du PIB.

AAA. Le 22 mars, Fitch a dégradé les perspectives de la notation de la Finlande de « stables » à « négatives », tout en maintenant le AAA. Standard et Poor’s a dégradé la notation souveraine finlandaise en octobre 2014 de AAA à AA+ (perspectives stables) alors que Moody’s a jusqu’à présent maintenu le AAA avec des perspectives stables.

Chantier naval. Le chantier naval Meyer Turku a annoncé le 27 mars qu’il construira deux navires de croisière de nouvelle génération dans le cadre d’une commande de Carnival Corporation, premier opérateur de croisière mondial. Ces navires devront être livrés entre 2019 et 2022. Par ailleurs, ce même chantier naval a signé, il y a un mois, un contrat de 230 M € avec le Tallink Grupp pour la construction d’un ferry rapide à propulsion hybride (carburant et GNL). La livraison est attendue pour début 2017.

Islande

Banque centrale. Lors de l’Assemblée générale annuelle de la Banque centrale d’Islande, le ministre des finances et le gouverneur de la Banque ont évoqué les principaux défis pour le développement économique de l’Islande dont la levée du contrôle des capitaux, pour laquelle des « décisions majeures » sont annoncées pour l’année 2015 qualifiée de « year of action », la stabilisation de l’inflation, qui pourrait être remise en cause par les hausses salariales « extrêmement importantes » demandées par certains partenaires, et le renforcement du secteur financier pour le préparer à l’ouverture aux flux de capitaux internationaux. Le ministre des finances a également évoqué les réformes institutionnelles en cours, dont la mise en place d’une loi budgétaire organique d’ici l’été et la création d’un conseil des gouverneurs qui superviserait la banque centrale et dont le gouverneur deviendrait le porte-parole, ce qui réduirait son autorité qualifiée d’« inhabituelle et unique au monde » par le ministre des finances.

Norvège

Salaires. Selon des chiffres provisoires publiés par le bureau des statistiques (SSB), le salaire brut moyen pour les résidents de 17 ans et plus en Norvège a été de 57 200 € en 2014 (soit 4 765 € par mois). L’augmentation des salaires a été plus modérée l’an dernier (3,4 %) qu’en 2012 et 2013 (4 à 4,5 %).

Marché du travail. Le gouvernement minoritaire conservateur a adopté le 25 mars une loi libéralisant le marché du travail. La réforme sur laquelle sont tombés d’accord les partis de la coalition autorise l’emploi en CDD sans condition pour une période de 12 mois (possible jusqu’à présent uniquement dans certains cas bien délimités) et flexibilise le recours aux heures supplémentaires.

North Sea Network. Les opérateurs de réseaux électriques norvégiens et britanniques ont signé le 26 mars un accord de copropriété permettant le lancement des travaux pour la construction du « North Sea Network » (NSN), le premier câble d’interconnexion électrique entre la Scandinavie et le Royaume-Uni. D’une capacité de transmission de 1400 MW, le câble sera le plus long câble électrique sous-marin au monde avec une longueur de 730 km. Le coût du projet atteindrait 1,5 à 2 Mds €, pour une entrée en service prévue pour 2021. Cette interconnexion fait partie des projets d’intérêt commun retenus par la Commission et recevra à ce titre 31,3 M€ de financements européens pour la partie conception et études techniques du projet. Les détails de l’attribution des contrats par les gestionnaires de réseau Statnett (NO) et National Grid (UK) n’ont en revanche pas encore été communiqués. Contrairement au câble d’interconnexion avec l’Allemagne (voir QN n°88), le câble NSN transmettra de l’électricité quasi exclusivement dans le sens Norvège vers Royaume-Uni, permettant aux producteurs d’électricité norvégiens d’accroître leurs revenus.

Allemagne. La Norvège a dépassé en janvier la Russie comme premier fournisseur de gaz de l’Allemagne. Avec 31 TWh, les exportations norvégiennes de gaz vers ce pays ont augmenté de 51 % par rapport à janvier 2014, alors que les importations de gaz russe y étaient en baisse de 33 % à 26,7 TWh.

Arctique. 52,2 TWh de gaz naturel liquéfié ont été produits à partir du champ Snøhvit en Mer de Barents, soit la production la plus élevée depuis l’entrée en production du champ en 2007. Au total, 74,6 TWh, soit l’équivalent de 7% de la production norvégienne, provient de champs situés au-delà du cercle polaire arctique, et ce chiffre devrait encore augmenter à l’entrée en production du champ Aasta Hansteen en 2017. En revanche, sur l’année 2014, les exportations de gaz norvégien transporté à travers son réseau de pipelines vers l’Europe ont légèrement baissé (1010 TWh, c.à.d. 101 Mrds m3, contre 1025 TWh en 2013).

Climat. La mairie d’Oslo a donné consigne au fonds de pension de la ville de revendre ses participations dans des sociétés du secteur de l’extraction du charbon et de la production d’électricité à partir de ce combustible fossile. La décision fait suite à une initiative politique du parti de gauche Venstre, et constitue une première pour une capitale. Ce désengagement représente au total près de 5 M€ d’actions, mais ne concerne que les sociétés dont plus de 50 % des revenus proviennent de l’extraction ou la combustion du charbon.

Suède

AIIB. Magdalena Andersson, ministre des Finances, a annoncé que la Suède souhaitait devenir un membre fondateur et participer au développement de la banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB), pilotée par la Chine.

OCDE. Après une croissance de +2,1 % constatée en 2014, l’OCDE table sur une progression du PIB de +2,9 % en 2015 puis de +3 % en 2016. Selon le dernier rapport de l’OCDE présenté à Stockholm par M. Angel Gurria le 30 mars, les principaux défis que la Suède va devoir relever sont la persistance d’un niveau de chômage élevé en dépit d’une croissance dynamique, la dégradation des performances de l’enseignement secondaire, le ralentissement de la productivité industrielle et la montée des inégalités de revenus dans la population suédoise.

Finances publiques. Selon l’agence de la gestion financière ESV, sous tutelle du ministère suédois des Finances, le déficit des finances publiques atteindra -1,7 % PIB en 2015 et -1,5 % PIB en 2016, à comparer avec l’objectif inscrit dans la règle d’or nationale d’un excédent budgétaire de +1 % PIB sur un cycle.

Modernisation de la carte administrative. M. Ardalan Shekarabi, ministre suédois de la gestion et de la fonction publique ainsi que des collectivités locales (communes et comtés), va réactiver le débat sur la modernisation de la carte administrative du pays et la concentration du nombre de comtés (aujourd’hui 21, en comptant l’île de Gotland). Une majorité des comtés compte une population comprise entre 200 000 et 300 000 habitants seulement et le gouvernement va sans doute chercher à capitaliser sur les effets de taille et harmoniser la qualité des services publics (services de santé et de transports, tourisme, culture…). Une décision est attendue d’ici décembre 2017 et en cas d’adoption par le Parlement, la Suède pourrait se doter d’une nouvelle carte administrative régionale à compter du 1er janvier 2019.

AXA. Selon Andrea Rossi, Directeur général d’Axa Investment Managers et membre du Comité Exécutif du groupe, AXA souhaite renforcer sa présence à Stockholm pour devenir l’un des 10 premiers gestionnaires étrangers d’actifs présents en Suède d’ici 2020.

Swedbank. Robur, la société de gestion d’actifs de la banque suédoise Swedbank, va devoir faire face à une action de groupe (« Class action ») orchestrée par l’Association suédoise des petits porteurs (Aktiespararna) à laquelle adhèrent, d’ores et déjà, plus de 3 000 clients de la banque et qui pourrait concerner près de 1 million de clients. Les plaignants constatent que la banque leur a facturé des frais de gestion active de placement financier, et jugent que les performances des SICAVs en question correspondent plutôt à une gestion passive car elles ne feraient guère plus que reproduire celles d’un indice sectoriel (« closet tracker funds ») sur une période de dix années. Les dédommagements exigés pourraient atteindre jusqu’à 7 Mds SEK (750M€) et un éventuel verdict favorable aux plaignants risque d’inspirer d’autres clients de banque, en Suède ou dans d’autres pays de l’UE, d’avoir recours à ce type d’action juridique.

Grande distribution. Le danois Netto, filiale de Dansk Supermarked, et l’allemand Lidl (plutôt positionnés sur le hard discount), comptent accélérer leur rythme d’expansion en Suède afin de tenter de gonfler leur part de marché cumulée, de 6% aujourd’hui à près de 10% en 6 ans. Pour ce faire, Netto compte augmenter le nombre d’enseignes (environ 160 aujourd’hui) au rythme de 10 à 15 nouveaux commerces par an, et un peu moins dans le cas de Lidl (également environ 160 enseignes actuellement). A noter, que d’un point de vue géographique, la quasi-intégralité de l’expansion se fera dans le tiers sud du pays (jusqu’à Uppsala) qui concentre les 2/3 de la population du pays. Rappelons, que le marché suédois est dominé par ICA (pdm 51% avec ses 1 300 enseignes) devant la coopérative Coop (pdm 21%) et Axfood (pdm 16%) avec ses enseignes Hemköp et Willys.

Musique. Le Ministre de l’économie (entreprises, commerce et innovation) Mikael Damberg a remis le 18ème Music Export Price 2014 à l’auteur, compositeur et producteur de musique Max Martin, de son vrai nom Martin Sandberg, pour ses nombreux succès (il a reçu le Grammy du « Producteur de l’année » en 2014). Max Martin a également reçu du Ministre le Prix spécial pour la musique, pour sa contribution à l’épanouissement de l’industrie musicale suédoise et à la promotion de l’image de la Suède dans le monde. Avec 19 titres arrivés premiers au classement du Billboard américain, Max Martin est le troisième plus grand compositeur de l’histoire de ce classement derrière Paul McCartney et John Lennon. En outre, une mention pour « réalisations d’une importance particulière à l’internationalisation de la musique suédoise » a été décernée à Spotify.

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Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Olivier Redoulès (SER Stockholm)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (Marine Artz, Jasmine Crozier, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Cyrille Karamitsos), Oslo (Christian Fatras, Emmanuel Frételliere, Nicolas Redon), et du Service Economique Régional de Stockholm (Eléonore Gautier, Frédéric Lemaitre, Olivier Redoulès).

Dernière modification : 14/04/2015

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