La Quinzaine nordique n°87

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

PNGAéroports : La concurrence entre les trois principaux aéroports nordiques (Kastrup, Gardermoen et Arlanda) pourrait s’accentuer avec l’annonce du gouvernement suédois visant à conclure rapidement un accord de « preclearance » de frontière (« pré-dédouanement ») avec les Etats-Unis pour l’aéroport international de Stockholm-Arlanda. Le gouvernement souhaite augmenter les vols transatlantiques et les transits vers l’Asie afin de renforcer la position de Stockholm comme hub aérien de l’Europe du Nord. Pour l’heure, Arlanda est le 3ème aéroport de la zone avec 22,5 millions de passagers en 2014, contre environ 25 millions pour Copenhague-Kastrup (destination privilégiée des long-courriers de la compagnie aérienne Scandinave SAS et de ses partenaires) et 24 millions de passagers pour Oslo-Gardermoen (siège de Norwegian Airlines, principal concurrent nordique de SAS).

Danemark


Couronne.
La décision de la Banque Nationale Suisse du 15 janvier 2015 d’abolir son taux de change plancher et de réduire son taux d’intérêt à -0,75 % a été suivie, dès le lendemain, par des tensions sur le marché des changes danois, et de mentions dans la presse économique locale et internationale d’une éventuelle remise en cause de la parité euro/couronne danoise, en vigueur depuis 1999. La Banque Nationale Danoise (DNB) est intervenue sur le marché des changes pour 14 Mds € durant le mois de janvier, un record, et a réduit à quatre reprises son taux d’intérêt. Devant la persistance des tensions, le gouverneur de la DNB déclarait ainsi, dans une entretien accordé au FT le 6 février, juste après la dernière baisse de taux, qu’il ne voyait « aucune limite » à intervenir sur le marché.

Russie. Les entreprises danoises auraient subi une forte baisse de leurs exportations vers la Russie en 2014 (environ 30 %), les incitant à reporter leurs décisions d’investissement en Russie. La presse danoise rapporte également que les relations entre les communautés d’affaires russe et danoise se sont dégradées. Si l’industrie agroalimentaire semble la plus touchée par l’embargo russe sur les produits agroalimentaires, les autres secteurs souffrent de la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs russes et du renchérissement des produits importés en Russie. LEGO, par exemple, qui se refuse pour l’instant à tout commentaire avant la publication officielle des résultats financiers à la fin du mois de février, pourrait avoir connu une forte baisse de ses ventes en 2014 sur un marché qui comptait, pour l’entreprise, parmi les cinq marchés les plus actifs du monde en 2012.

Agrial-DLG. Lammefjords Grønt, filiale du groupe agroalimentaire danois DLG, et Florette, filiale du groupe coopératif français Agrial, ont conclu un accord en vue de former une joint-venture de leurs activités dans le secteur des légumes frais prêts à consommer début 2015. Ce partenariat ouvre des perspectives intéressantes sur les marchés danois et français aux deux groupes, qui envisageraient de coopérer dans d’autres domaines par la suite.

Finlande


Commerce extérieur.
Selon les résultats préliminaires du commerce extérieur de biens pour 2014, le solde commercial est resté déficitaire, à -1,8 Md€, mais s’est amélioré, après un déficit de -2,4 Mds€ en 2013. Si les exportations sont restées au même niveau qu’en 2013 (soit 55,8 Mds€), les importations ont baissé de 1,0 %, à 57,6 Mds€. Les échanges se sont davantage concentrés sur les pays de l’Union européenne, qui représentaient 57,7 % des exportations (contre 55,3 % en 2013) et 58,1 % des importations (contre 56,7 % en 2013). Alors que la Russie était jusqu’à présent le premier partenaire commercial de la Finlande, c’est l’Allemagne qui occupe cette place en 2014 (12 % des exportations et 13 % du total des échanges). La Russie reste cependant le premier fournisseur de la Finlande(15 % des importations) malgré un recul de 16 % sur les onze premiers mois de l’année 2014.

Grèce. Mercredi 7 février, le Parlement a débattu la motion de censure déposée par les Vrais Finlandais (extrême droite) sur la gestion par le gouvernement de la crise de l’euro et de la crise grecque. Selon le Ministre des finances, Antti Rinne, un effacement de la dette grecque est d’autant moins justifié que la soutenabilité de la dette de Grèce est sans doute meilleure qu’elle ne l’était perçue. Le Premier ministre Alexander Stubb a déclaré que la Finlande serait prête à évoquer les détails du programme d’aide, à condition que le gouvernement grec fasse la preuve de son engagement dans le redressement de l’économie du pays. M. Rinne a rappelé que la Finlande avait, en 2010, directement prêté 1 Md€ à la Grèce puis avait participé au plan de sauvetage de la Grèce via le FESF avec une contribution s’élevant à 2,3 Mds€, soit 1,92 % du total des sommes versées par le FSEF à la Grèce en 2012 et 2013. Il a fait valoir que la Finlande avait exigé des garanties s’élevant à 40 % du total de sa contribution, et qu’à ce titre, 930 M€ avaient été déposés en 2012 et 2013 sur des comptes bancaires et placés en titres de dette publique. La somme des intérêts cumulés sur ces placements s’élève au 31/12/2014 à 12,2 M€. Le ministre a expliqué que dans l’hypothèse où la Grèce ferait défaut, la Finlande récupèrerait au moins cette garantie.

Marchés publics. Alors que HSL, autorité des transports de la région d’Helsinki, avait initialement annoncé qu’elle lancerait en 2016 un appel d’offres international pour ouvrir à la concurrence les services de transport ferroviaires de la banlieue d’Helsinki à compter de 2018, elle a publié le 11 février un communiqué annonçant qu’elle négociait avec la société nationale des transports ferroviaires VR un nouveau contrat sur la période 2016-2021, repoussant de trois ans le lancement d’un appel d’offres. VR offrirait sur la durée du contrat une ristourne de plus de 30 M€, économie qui, selon HSL, équivaut à celle qui était attendue d’une mise en concurrence. Cette décision intervient quelque semaines après la confirmation par le Conseil municipal de la ville d’Helsinki de la décision de la régie municipale des transports d’Helsinki, HKL (voir QN n°85), de renoncer à l’automatisation du métro de l’agglomération d’Helsinki et de mettre fin au contrat signé sur ce projet avec Siemens en septembre 2008. Un nouvel appel d’offres pour l’automatisation du métro serait lancé d’ici 5 à 10 ans.

Islande


Banques.
Le Conseil d’Administration de la structure de défaisance de l’ancienne banque Glitnir aurait signé une lettre d’intention avec un groupe d’investisseurs étrangers pour préparer la vente de sa part de 95 % au capital de la nouvelle banque Islandsbanki, pour un montant de près de 1 Md €.

Changes. La Banque centrale islandaise a opéré la 21ème et dernière enchère destinée à résorber l’excédent d’actifs liquides libellés en ISK et détenus par des investisseurs non-résidents, et donc susceptibles de quitter le pays en cas d’ouverture du compte de capital. Au total, depuis sa mise en place en 2012, le programme d’enchères a permis l’échange de l’équivalent de 1 Md € ou 11 % PIB, réduisant la masse des actifs liquides « impatients » de 25 % PIB fin 2011 à 15 % PIB fin 2014.

Promens.
Le fabricant de matières plastiques Promens envisagerait de déplacer son siège social hors d’Islande en raison des difficultés liées au maintien des contrôles de capitaux.

Norvège


Endettement.
Selon une enquête menée par Finanstilsynet (Autorité Norvégienne de Supervision Financière), 46 % des emprunteurs âgés de moins de 35 ans ont pu contracter en 2014 un prêt immobilier correspondant à plus de 85 % de la valeur du bien dont ils faisaient l’acquisition, malgré la directive de Finanstilsynet recommandant au minimum 15 % d’apport. Dans 28 % des cas, les banques ont même accordé un prêt de plus de 85 % de la valeur du bien sans le conditionner à d’autres formes de garantie ou caution. L’endettement des moins de 35 ans est à son plus haut niveau historique, et atteint désormais 4 fois le revenu disponible.

Climat. Le parlement norvégien a officiellement adopté le 6 février un objectif de réduction de ses émissions de 40% en 2030, s’alignant ainsi sur l’objectif de l’UE hors ETS. Pour mémoire, l’objectif de l’UE combine une réduction de 43% des quotas ETS et, pour les secteurs et émissions hors ETS, un objectif de réduction d’émissions entre 0 et 40% selon le PIB/habitant de chaque pays. Le pays entamera des négociations avec l’UE dès 2016 pour définir quelle proportion de l’objectif sera atteinte en Norvège ou grâce aux mécanismes de flexibilité en UE. L’opposition accuse le gouvernement de vouloir cacher sa volonté d’atteindre l’objectif de réduction quasiment exclusivement grâce aux mécanismes de flexibilité en UE..

Statoil. Le nouveau PDG de la compagnie pétrolière, Eldar Sætre, a présenté le 6 février les derniers résultats trimestriels 2014. La récente chute des prix du pétrole a lourdement affecté les bénéfices, en baisse de 36 % au T4 2014 par rapport au T4 2013 (26,9 Mds NOK contre 42,3 Mds NOK un an plus tôt). En outre, le résultat après impôt au T4 2014 s’est contracté à 4,3 Mds NOK, contre 11 Mds NOK au T4 2013. L’entreprise entend réduire de 10 % en 2015 ses investissements sur de nouveaux champs, tout en maintenant inchangé le niveau d’investissement sur les champs matures.

Grand contrat. Le premier des cinq grands contrats de la ligne ferroviaire à grande vitesse Oslo-Ski a été attribué le 5 février 2015 à l’entreprise italienne Societa’ Italiana per Condotte d’Acqua S.p.A (Condotte). Aucune entreprise française n’avait été présélectionnée pour le contrat de 1,2 Md NOK (140 M€). Vinci est en lice pour le percement du tunnel principal, un contrat de plus d’1 Md €, qui sera attribué en mars-avril 2015.

Télécommunications. L’autorité norvégienne de la concurrence a autorisé sous conditions le 5 février 2015 la vente par l’opérateur suédois Tele2 de sa filiale mobile norvégienne Tele2 Norge à son concurrent suédois TeliaSonera, déjà présent en Norvège (22,9 % de PdM) (voir QN 73). TeliaSonera s’est engagé à conclure un accord d’itinérance avec son concurrent ICE et à lui vendre son réseau pour éviter une trop grande concentration du secteur (le leader Telenor a une PdM de 49,7 %, et Tele2 de 18,6 %). De même, ICE va reprendre la majeure partie des activités de Network Norway, la filiale professionnelle de Tele2. Le montant total de l’accord est de 4,5 Mds NOK (483 M€).

Suède

Politique monétaire. Pour accélérer le retour de l’inflation vers sa cible, la Riksbank a opéré une nouvelle expansion monétaire ce jeudi 12 février. La Riksbank a réduit son taux repo de 0,0 % à -0,1 %, et abaissé la trajectoire de taux futurs en cohérence, et elle a annoncé l’achat prochain d’obligations publiques pour 10 Mds SEK. La Riksbank s’est déclarée prête à prendre de nouvelles mesures de baisse de taux, d’achats d’obligations publiques, ou même de prêts aux entreprises, et a annoncé que des mesures pourraient intervenir en dehors du calendrier habituel des réunions de politique monétaire si les développements conjoncturels l’exigeaient.

Commerce extérieur. Le gouvernement suédois présentera ce printemps sa nouvelle stratégie export qui comprend notamment une liste de 26 pays prioritaires (seulement 2 pays de l’UE, l’Allemagne et le Royaume-Uni, respectivement 1er et 4ème partenaire commercial de la Suède) d’ici l’horizon 2020 regroupés dans quatre catégories. La 1ère catégorie de pays cibles, la plus vaste, comprend des économies importantes à taux de croissance élevé et avec des barrières commerciales contraignantes (Algérie, Angola, Arabie Saoudite, Chine, Egypte, Indonésie, Kazakhstan, Nigeria Philippines, Thaïlande et Turquie). La 2ème catégorie vise des économies importantes à croissance élevée, mais avec des entraves commerciales moins marquées (Colombie, Emirats Arabes, Israël, Malaisie, Mexique, Corée du Sud et Qatar). La 3ème catégorie comprend des économies importantes à taux de croissance modéré et avec des barrières commerciales élevées (Brésil, Afrique du Sud et Ukraine). La 4ème catégorie regroupe des marchés importants qui figurent déjà parmi les principaux partenaires commerciaux mais dont le potentiel de croissance absolue en valeur reste important (Allemagne, Etats-Unis, Japon et Royaume-Uni).

Eltel. Le consultant en infrastructures électriques et de télécommunication Eltel, filiale de BNP Paribas et de la société de capital investissement 3i, a été introduit à la Bourse de Stockholm le 6 février 2015 avec une valorisation indicative de l’ordre de l’ordre de 450 M€ (4,3 Mds de SEK). A cette occasion, BNP Paribas a ramené sa participation de 30 % à 7,6 % du capital d’Eltel et devient le 4ème actionnaire du groupe après l’introduction. L’autre actionnaire historique 3i, a pour sa part, réduit sa participation de 70 % à 20 % du capital. Parmi les nouveaux actionnaires on note Zeres Capital (prise de contrôle de 10,5 % du capital d’Eltel), le 4ème Fonds suédois de réserve de retraite – 4e AP-fonden (8,5 %) ainsi que Swedbank Robur (6 %). Les conseillers financiers responsables de cette introduction étaient BNP Paribas, Morgan Stanley et le finlandais Pohjola. Eltel était à l’origine une division de l’électricien finlandais Fortum ;son chiffre d’affaires global atteint aujourd’hui 1,2 Md€ (dont 30 % en Suède et 20 % en Finlande) et il compte 8 500 employés. Parmi ses plus importants clients on note l’allemand E.ON, mais aussi les groupes nordiques Vattenfall, Fortum, Telenor et TeliaSonera.

Auto. En 2014, 304 000 immatriculations de véhicules neufs ont été enregistrées en Suède, soit une hausse de 12,7 % par rapport à 2013. La part de marché cumulée des constructeurs français était de 9,1 % en 2014 (8,8 % en 2013), dont 4,8 % (4,3 %) pour Renault, 2,4 % (2,7 %) pour Peugeot et 1,9 % (1,8 %) pour Citroën. Les trois premiers constructeurs présents sont le groupe Volkswagen (26,7 % de part de marché), Volvo (20,2 %) et Toyota (6,7 %).

Ericsson. Ericsson vient de signer un accord avec la Chinese Academy of Information and Communications Technology (CAICT) pour accélérer le développement de la 5ème génération de standards pour la téléphonie mobile qui serait commercialisable à l’horizon 2020.

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Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Olivier Redoulès (SER Stockholm)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague ( Marine Artz, Jasmine Crozier, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Cyrille Karamitsos), Oslo (Christian Fatras, Emmanuel Frételliere, Nicolas Redon), et du Service Economique Régional de Stockholm (Eléonore Gautier, Frédéric Lemaitre, Olivier Redoulès, Adrien Delanoë).

Dernière modification : 17/02/2015

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