La Quinzaine nordique n°86

Pays Nordiques

PNGBocuse d’or. Une fois de plus les chefs nordiques occupent le podium du plus prestigieux concours de la gastronomie mondiale. Pour la cinquième fois depuis la création du concours par Paul Bocuse en 1987, c’est un chef norvégien qui remporte le Bocuse d’or (Orjan Johannessen), devant l’Américain Philip Tessier (Bocuse d’argent). L’un des grands favoris, le Suédois Tommy Myllymäki (Bocuse d’argent déjà en 2011 et Bocuse d’or Europe en 2014) a, pour sa part, reçu le Bocuse de Bronze. Le prix de la « meilleure viande » a été attribué à la Finlande, qui était, par ailleurs, 4ème du classement général (le Danemark 6ème et l’Islande 8ème). Pour mémoire, la France a remporté 7 Bocuse d’or depuis 1987 et les pays nordiques ont occupé au moins une des marches du podium depuis 1991.

Danemark

Grèce. Le gouvernement danois s’est montré discret sur l’issue des élections grecques. La seule réaction officielle provient du ministre de l’Economie et de l’Intérieur, Morten Østergaard, qui estime que la Grèce ne saurait déroger à ses obligations, tout en souhaitant que la Grèce demeure dans la zone euro.

Russie. L’industrie laitière a été fortement touchée par l’embargo russe de l’été dernier. Même si la coopérative laitière Arla avait très vite réorienté ses ventes vers les marchés asiatiques et licencié des salariés de l’une de ses usines danoises, la direction de l’entreprise relativisait jusqu’à présent les conséquences de l’embargo. En effet, Arla dispose d’une usine en Russie lui permettant d’alimenter le marché local. Mais la pénurie de matières premières disponibles en Russie freine la production de cette usine, ce qui se traduirait par un manque à gagner en Russie de 135 M € pour 2014 et 2015. Arla déclare toutefois rester confiante dans le marché russe.

Investissement. Selon un sondage de la Confédération des industries danoises, Dansk Industri, la majorité des entreprises danoises déclarent envisager d’investir davantage en 2015 qu’en 2014, ce qu’elle interprète comme un bon signe pour l’économie, qui devrait connaître une croissance plus soutenue en 2015. En outre, les PME seraient plus optimistes pour la reprise des ventes et de l’emploi que les grandes entreprises.

Eolien. La part de l’éolien dans la consommation électrique du Danemark a encore augmenté en 2014 pour atteindre 39,1 % contre 32,7 % en 2013, en partie grâce à l’installation de turbines plus efficaces et l’inauguration du parc éolien offshore d’Anholt fin 2013. Le ministre de l’énergie et du climat se dit très confiant quant à l’objectif de porter à 50 % la consommation d’électricité provenant de source éolienne en 2020. Par ailleurs, le groupe danois Vestas, qui était en difficulté ces dernières années, est devenu plus compétitif et enregistre un grand nombre de prises de commandes en 2014, lui permettant de passer devant son concurrent Siemens.

Finlande

Grèce. Dans un communiqué publié lundi, le premier ministre Alexander Stubb félicite le parti Syriza pour sa victoire aux élections législatives tout en appelant le nouveau gouvernement grec à respecter les engagements précédemment pris par le pays vis-à-vis des autres pays de la zone euro. Stubb se déclare ouvert à la possibilité d’étendre le programme d’ajustement de la Grèce de quelques mois mais rejette toute forme d’annulation de la dette.

Budget. Le Conseil pour l’évaluation des politiques économiques (Economic Policy Council), créé en mars 2014 afin de fournir une évaluation indépendante des politiques économiques, a publié son premier rapport le 13 janvier dernier. Ce rapport évalue notamment les politiques budgétaires de la législature 2011-2015 et l’effet attendu de la réforme des retraites. Sa principale recommandation est de ne pas resserrer davantage la politique budgétaire sur les années 2015 et 2016, dans la mesure où la croissance devrait rester faible et où un effort d’ajustement important est déjà prévu pour 2015. Le Conseil est par ailleurs d’avis que la hausse actuelle du chômage est principalement due à des facteurs conjoncturels et non structurels. Pour preuve, le chômage de long terme n’a pas évolué et les écarts entre régions sont restés stables. Le Conseil estime enfin que tout effort d’ajustement supplémentaire devrait être repoussé aux années 2017-2018, lorsque les perspectives de croissance se redresseront.

Chômage. En décembre 2014, le nombre de chômeurs s’élevait à 232 000 (128 000 hommes et 104 000 femmes), en hausse de 27 000 personnes par rapport à 2013. Le taux de chômage était ainsi de 8,8 %, alors qu’il n’était que de 7,9 % un an auparavant.

Nucléaire. La Russie a accordé 2,3 Mrds € de financement provenant du fonds souverain russe pour le projet de réacteur nucléaire Hanhikivi 1, dans le Nord de la Finlande. Ce financement, étalé sur trois ans, prendra principalement la forme de prêts garantis par les agences nationales de crédit export. De fait, Rosatom, société russe d’Etat en charge de la construction de la centrale, détient 34 % du projet, et la Russie estime que ce projet pourrait apporter 5,2 Mrds € au budget de l’Etat russe sur toute la durée du projet.

Islande

Banques. Selon la presse, la structure de défaisance de Glitnir serait sur le point de trouver un accord avec des investisseurs hongkongais en vue de la vente de sa participation (95 %) dans la banque Islandsbanki, sous réserve d’un avis favorable du gouvernement islandais à cet accord. Par ailleurs, le gouvernement islandais pourrait vendre une partie de ses participations (15 % du capital en 2015 puis 15 % en 2016) dans la banque Landsbankinn, suite à l’accord de rééchelonnement de la dette conclu fin 2014 avec la structure de défaisance de la banque.

Contrôles.
Le ministre des finances a annoncé qu’une stratégie pour lever les contrôles de capitaux serait formulée dans les prochains mois. L’agence Standard & Poor’s estime que la levée des contrôles prendrait plusieurs années.

Pétrole. Statoil a indiqué que la baisse des prix pétroliers pourrait conduire à suspendre l’exploration pétrolière dans la zone des "Dragons", en Atlantique nord, partagée par l’Islande et la Norvège.

Norvège

Green bonds. La bourse d’Oslo est devenue le 29 janvier la première au monde à lancer une liste de cotations dédiée exclusivement aux obligations vertes. À son inauguration, 5 obligations d’une valeur totale de 3 Mrds NOK étaient listées sur cette bourse de valeurs, conçue pour augmenter la visibilité des obligations vertes. 2014 a été une année record pour ces obligations, avec 36, 6 Mrds$ émis dans le monde, soit plus du triple de 2013.

Véhicules électriques. L’entreprise norvégienne Zaptec va porter une technologie développée pour le pétrole dans le domaine des véhicules électriques. La société a conclu un accord pour fournir à la Renault Zoé des raccords de recharges avec transformateurs de tension intégrés. Malgré les problèmes de recharge, la Zoé connaît depuis quelques mois de très bonnes ventes qui expliquent en grande partie la progression de 83,7 % des ventes de Renault en 2014. Cette nouvelle technologie pourrait permettre de faire décoller les ventes de la filiale française.

Marine Harvest. Marine Harvest, 1er producteur mondial de saumon, va fusionner ses activités chiliennes avec celles AquaChile, 2ème producteur du pays, et la nouvelle entité va contrôler 21 % de la production chilienne de saumon. Selon les termes de l’accord, Marine Harvest aura la possibilité de devenir actionnaire majoritaire de AquaChile à partir de 2016. Cette fusion est la plus importante acquisition de Marine Harvest à l’étranger depuis 10 ans.

Chômage.
Le taux de chômage des ingénieurs en sortie d’école est remonté à son niveau élevé d’après la crise financière de 2009, selon une enquête de Tekna menée auprès des ingénieurs diplômés au printemps 2014. Six mois après l’obtention de leur diplôme, 13 % des nouveaux ingénieurs étaient toujours sans emploi, contre seulement 7 % un an plus tôt. En proportion, les ingénieurs n’ont jamais été aussi peu nombreux à trouver un emploi dans leur spécialisation au cours des dix dernières années (56 %). En revanche, le taux de chômage pour l’ensemble de la population active reste modeste, à 3,7 % pour le quatrième trimestre 2014.

Électricité. La Norvège a atteint un nouveau record de production électrique le 23 janvier entre 10 et 11h avec un pic à 26 634 MW. C’est l’entrée en service fin décembre d’un nouveau câble d’interconnexion électrique de 700 MW avec le Danemark qui a permis cette production élevée. 4 223 MWh ont pu être exportés lors de cette heure record.

Suède

Grèce. Interrogé à la télévision suédoise sur le résultat des élections en Grèce, Stefan Löfven a déclaré qu’il fallait respecter le choix exprimé de façon libre et démocratique par le peuple grec. Magdalena Andersson, ministre des finances, reste à ce stade prudente sur les conséquences économiques de la victoire de Syriza en Grèce et n’a pas pris position au sujet d’une possible restructuration de la dette grecque, question qui selon elle concerne surtout les ministres des finances de la zone euro.

Budget. Les finances publiques se dégradent plus que prévu en raison de la révision à la baisse des prévisions économiques tant pour 2015 que pour 2016, mais aussi en raison du gonflement des dépenses liées à la défense, à l’immigration ainsi qu’aux allocations sociales/maladies. Ainsi, le déficit des finances publiques atteindrait, selon les dernières projections de l’agence de gestion et d’audit financier ESV (Ekonomistyrningsverket), 81 Mds de SEK en 2015 (-2 % du PIB) et 56 Mds de SEK en 2016 (-1,3 % du PIB). La Suède s’éloigne ainsi de son objectif national d’afficher un excédent de 1 % sur « la durée du cycle économique ».

Fusions-acquisitions. La banque SEB conserve le premier rang des conseillers en fusions et acquisitions en Suède en 2014 avec 12 transactions d’une valorisation globale de 14,4 Mds€ (rachat de Scania par Volkswagen, de Ge Appliances par Electrolux…) devant Deutsche Bank (5 transactions d’un montant de 13,1 Mds€) et Goldman Sachs (6 transactions d’un montant de 11,5 Mds€). A noter que la banque d’affaires franco-britannique Rothschild & Cie occupe, quant à elle, la 5ème place (10 transactions d’un montant global de près de 9,3 Mds€), derrière l’américain Morgan Stanley (3 transactions d’un montant global de plus de 9,3 Mds€). Le classement des conseillers juridiques est dominé par des cabinets locaux Mannheimer Swartling (76 transactions d’un montant global de 18,1 Md€) et Vinge (79 transactions d’un montant de 13,1 Mds€) suivi par Linklaters (14 transactions d’un montant de 11,3 Mds€).

Bourse de Stockholm. Le nouveau marché « First North » de la place financière de Stockholm domine largement la cotation de start-ups et d’entreprises de tailles réduites sur les listes de NASDAQ OMX dans les pays nordiques avec au total 149 entreprises cotées fin 2014, contre seulement 12 à Helsinki et 10 à Copenhague.

Eolien. La production d’énergie éolienne a atteint un niveau record de 11,5 TWh en 2014. Par ailleurs, l’Agence suédoise de l’Energie, à la demande du gouvernement, étudie la possibilité d’introduire une subvention spécifique à l’éolien offshore, ce qui aboutirait à une expansion considérable du parc. En octobre 2014, il y avait 91 éoliennes offshore contre 2 900 éoliennes terrestres en raison de la différence de coût des projets, selon les statistiques de l’Agence suédoise de l’énergie éolienne.

Productivité. Ces deux dernières semaines, le débat économique s’est focalisé sur le ralentissement de la productivité en Suède. Tout a commencé avec la présentation à la presse des prévisions économiques du gouvernement le 19 janvier 2015 : la ministre des finances Magdalena Andersson a souligné que la croissance annuelle de la productivité (PIB en prix constant par habitant) a été légèrement négative sur la période 2007-2014 alors qu’elle était proche de 3 % sur la période avant crise, et elle a insisté sur le mouvement de désindustrialisation qui a touché la Suède ces dernières années. Une semaine plus tard, la confédération des entreprises Svenskt Näringsliv et la confédération des syndicats ouvriers LO (dont le Premier ministre Stefan Löfven est issu, dans la branche métallurgie) ont chacun publié, en parallèle, un rapport à ce sujet. LO estime que le ralentissement de la productivité depuis 2007 se traduit par un manque à gagner de 94 000 SEK (env. 10 000 euros) par habitant en 2014 en Suède et préconise une réforme de la fiscalité plus favorable à l’investissement productif, une amélioration de l’éducation secondaire et une relance par la demande, en Suède mais aussi au niveau européen. De son côté, Svenskt Näringsliv estime que les remèdes passent par un renforcement de la concurrence dans l’économie et par une meilleure qualification des travaillés, et réclame une baisse du taux d’IR marginal (aujourd’hui à 57 %). La présidente de Svenskt Närgingsliv, Carola Lemne, s’est appuyée sur la faible croissance de la productivité pour défendre une modération des salaires, dans un contexte où la faiblesse de l’inflation, très inférieure à sa cible depuis plusieurs années, a conduit à des hausses des salaires réels supérieures à la croissance de la productivité du travail et donc à des pertes de compétitivité des entreprises suédoises.

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Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Olivier Redoulès (SER Stockholm)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague ( Marine Artz, Jasmine Crozier, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Cyrille Karamitsos), Oslo (Christian Fatras, Emmanuel Frételliere, Nicolas Redon), et du Service Economique Régional de Stockholm (Eléonore Gautier, Frédéric Lemaitre, Olivier Redoulès).

Dernière modification : 02/02/2015

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