La Quinzaine nordique n°81

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Nordiques

PNGAttractivité. Le dernier classement ”doing business” de la Banque mondiale confirme l’attractivité des pays nordiques. L’étude classe le Danemark au 4ème rang mondial (et au 1er rang européen), la Norvège au 6ème, la Finlande au 9ème, la Suède au 11ème et l’Islande au 12ème. La zone nordique est un espace économiquement intégré de 26 M d’habitants qui représente un PIB de plus de 1200 Mds €, supérieur à celui de l’Espagne et équivalent à la moitié de celui de l’Allemagne, avec un croissance plus dynamique que le reste de l’Europe.

Groupes nordiques. Les trois premières entreprises nordiques sont : 1/ en termes de chiffres d’affaires le norvégien Statoil ASA (75 Mds€), suivi par le danois A.P Møller - Mærsk A/S (36 Md€) et le suédois Volvo AB (30 Md€) ; 2/ en termes de capitalisation boursière le danois Novo Nordisk A/S (75Mds€), suivi par Statoil ASA (60 Mds€) et H&M (53Mds€) ; en termes d’effectifs, le danois ISS A/S avec plus de 530 000 employés, suivi par les suédois Securitas AB (275 000 employés) et Ericsson AB (116 000 employés).

Danemark

Conjoncture. La Commission Européenne établit un scénario de reprise graduelle de la croissance au Danemark, avec une hausse du PIB de 0,8 % en 2014, de 1,7 % en 2015 et de 2 % en 2016. Le chômage poursuivrait son léger reflux, passant de 6,7 % à 6,4 % sur l’ensemble de la période. Le déficit public se creuserait à 2,3 % PIB en 2015 (puis 2 % PIB en 2016) après 1 % PIB en 2014, où il avait été réduit par l’entrée de recettes exceptionnelles.

Agriculture. Les prévisions économiques du Centre de Connaissance pour l’Agriculture sont pessimistes pour l’année 2015, en raison de l’embargo russe et des baisses de prix sur les marchés internationaux, particulièrement dans les secteurs porcin et laitier. La majorité des exploitations agricoles feront face à un résultat d’exploitation négatif, et 15% des exploitants agricoles pourraient se trouver en situation de faillite. Alors qu’une majorité des aides européennes ont déjà été utilisées, les agriculteurs danois réclament un soutien plus prononcé de la part de leur gouvernement, sous la forme d’une meilleure mobilisation des accords de libre-échange européens, et une meilleure promotion de la qualité de l’agriculture danoise.

Finlande

Union bancaire. Comme dans les autres pays de la zone euro, les banques finlandaises ont été soumises à des tests de résistance par la BCE. Les résultats publiés le 26 octobre 2014 indiquent que les trois principales banques de Finlande, Nordea Bank, Danske Bank et OP-Pohjola, qui représentent 75 % du marché en termes de dépôts, sont en bonne santé. En particulier, leurs ratios de fonds propres (Common Equity Tier 1, CET 1) resteraient très supérieurs au seuil critique de CET 1 fixé par la BCE à 5,5 % de l’actif pondéré par le risque (RWA) dans le scénario défavorable : 10,4 % pour Nordea, 12,0 % pour OP-Pohjola et 13,4 % pour Danske Bank.

Conjoncture. La Commission européenne a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la Finlande : -0,4 % en 2014 et +0,6 % en 2015 (contre +0,2 % en 2014 et +1 % en 2015 auparavant). Cette révision des rythmes de croissance (parmi les moins dynamiques des pays de la zone euro) s’explique par les conséquences économiques des tensions géopolitiques actuelles (Russie, Ukraine), notamment dans deux grands partenaires économiques de la Finlande que sont la Russie et l’Allemagne.

Islande

Conjoncture. A l’issue de son comité de politique monétaire du 5 novembre, la Banque centrale a réduit son taux directeur pour la première fois depuis deux ans, de 6 % à 5,75 %, en raison du tassement de l’inflation, sous sa cible de 2,5 % depuis neuf mois, de pressions à l’appréciation de la couronne et du ralentissement de l’activité.

Câble. Selon une étude publiée par la banque Landsbankin, le projet de câble électrique pour transporter de l’électricité d’Islande vers le Royaume-Uni pourrait être très rentable pour l’Islande à condition qu’un prix fixe suffisamment élevé soit convenu. La banque juge que la construction de nouvelles capacités de production électrique sera sans doute nécessaire pour permettre les exportations d’électricité vers le Royaume-Uni. Par ailleurs, un député de l’opposition, Ossur Skarphedinsson, a interpelé la ministre de l’Industrie et du Commerce, Ragnheidur Elin Arnadottir, pour lui reprocher le retard pris par ses services pour fournir au parlement islandais un rapport demandé il y a « 7-8 mois » pour préparer une décision au sujet du câble.

Norvège

Budget. Le parti libéral (Venstre), l’un des deux partis minoritaires de la coalition de gouvernement, a publié ses propositions d’ajustements du budget qu’il défendra lors des négociations qui mèneront au vote du budget 2015, au plus tard le 20 novembre. Ces ajustements représenteraient au total 14,8 Mds NOK d’économies budgétaires et recettes supplémentaires (dont 9,8 Mds NOK viendraient d’un durcissement de la fiscalité verte) et 11,8 Mds NOK de mesures de soutien à l’économie et l’action du gouvernement (dont 3,4 Mds NOK pour l’environnement) ; le solde de 3 Mds NOK réduirait le déficit à financer par le Fonds pétrolier. Pour rappel, le premier projet de budget prévoyait 8,3 Mds de NOK de réductions fiscales, dont 4,2 Mds NOK de réduction de l’ISF, et un déficit de 174,2 Mds NOK. Dans un contexte de moindre soutien populaire au gouvernement, l’enjeu de ces négociations budgétaires est important.

Change. Dans un contexte de baisse des prix pétroliers, la NOK a atteint le 4 novembre 2014 son taux le plus bas face à l’euro depuis septembre 2009, avec une baisse marquée également face au dollar et à la livre sterling.

Suède

Déflation. Le 28 octobre 2014, la Riksbank a réduit son taux d’intérêt principal à 0 % à l’issue de sa réunion de politique monétaire et a également revu à la baisse sa trajectoire de taux d’intérêt : la première hausse de taux n’aurait pas lieu avant mi-2016 (contre fin 2015 précédemment). Alors que l’activité et la demande interne sont relativement dynamiques, ce nouvel assouplissement est destiné à stimuler l’inflation après la surprise négative pour le chiffre de septembre publié mi-octobre. La couronne s’est dépréciée de 1 % face à l’euro juste après la décision (elle s’était dépréciée de 1,5 % après la publication de l’inflation de septembre le 15 octobre).

Défense. Après l’annulation de la commande de Gripen par la Suisse, SAAB finalise la vente de 36 avions de chasse JAS Gripen NG (Next Generation) au Brésil pour 39,9 Mds de SEK (4,3Mds€) avec à la clef une coopération industrielle bilatérale sur 10 ans comprenant notamment des transferts de technologie, le développement commun de la version biplace du Grippent NG ainsi qu’un volet « offset » dont les détails n’ont pas été dévoilés à ce stade. Selon la presse, SAAB concentre désormais ses efforts pour tenter de remporter un futur contrat avec ses avions SeaGripen pour le prochain porte-avions brésilien qui devra remplacer le Sao Paulo d’ici quelques années.

R&D. Les 20 plus grandes entreprises suédoises ont augmenté leurs dépenses en R&D de 5,7 % en 2013 par rapport à 2012, pour un montant total de 80 Mds SEK (8,7 Mds €). A titre de comparaison, les dépenses en R&D des 1 000 plus grandes entreprises mondiales n’ont augmenté que de 1,4 % sur la même période. Ericsson représenterait à lui seul 45 % de la R&D suédoise. La Suède compte pour 6 % des dépenses de R&D en Europe.

Vattenfall. Le groupe énergétique suédois Vattenfall a enregistré pour le troisième trimestre une lourde perte nette de 2 Md€ avec des dépréciations sur cette période de 2,5 Md€, principalement dans les énergies fossiles. La dépréciation totale des actifs du groupe s’élève actuellement à environ 10 Md€. La perte la plus significative provient du rachat du néerlandais Nuon en 2009, dont la valeur est d’ores et déjà dépréciée de 60% alors que Vattenfall n’a pas encore payé la totalité du prix de rachat (5,7 Md€ sur les 10 Md€). Sont également en cause les dépréciations, à hauteur de 700 M€, des centrales au lignite allemandes, qui représentent une grande partie de l’électricité du groupe. Selon le nouveau PDG Magnus Hall, Vattenfall réagit en mettant en œuvre des « mesures additionnelles d’amélioration de sa rentabilité et de réduction des coûts et va continuer à céder des actifs qui ne correspondent pas au cœur de métier du groupe ».

« LuxLeak ». La presse suédoise a fait écho aux révélations de l’ICIJ sur l’optimisation fiscale de grandes multinationales européennes, qui concerneraient notamment Ikéa et plusieurs groupes financiers suédois. A ce stade, la ministre des finances a souligné l’importance de prendre des mesures plus fermes contre les pratiques d’évasion fiscales.

***
Copyright
Tous droits de reproduction réservés, sauf autorisation expresse du Service Économique (adresser les demandes à pierre-alexandre.miquel@dgtresor.gouv.fr). Crédit photo : Thibault Lambert.

Clause de non-responsabilité
Le Service Économique s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication.

Directeur de la publication  : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Olivier Redoulès (SER Stockholm)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (Simone Le Ray, Marine Artz, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Cyrille Karamitsos), Oslo (Christian Fatras, Emmanuel Frételliere, Nicolas Redon), et du Service Economique Régional de Stockholm (Frédéric Lemaitre, Olivier Redoulès).

Dernière modification : 18/01/2015

Haut de page