La Quinzaine nordique n°76

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Danemark

Carlsberg. Lors de la présentation des résultats semestriels, le PDG Jørgen Buhl Rasmussen, a déclaré que Carlsberg était touché par la dégradation de la situation économique et les tensions politiques en Russie et a évoqué la possible fermeture de brasseries (10 en Russie, 3 en Ukraine). En Europe de l’Est, les ventes de bière ont baissé de 11 % au 1er semestre 2014 par rapport au 1er semestre 2013 et le chiffre d’affaires a baissé de 18 %. La croissance des marchés asiatique et ouest-européen a cependant soutenu son chiffre d’affaires global (4,3 Mds €), qui a crû de 0,9%. Le cours de Carlsberg a baissé de 3,6 % à la bourse de Copenhague dans la journée du 20 août 2014, soit une baisse de près de 15 % depuis le 1er juillet 2014.

Retraite. Selon la banque centrale danoise, l’épargne-retraite des Danois a dépassé courant 2014 la barre des 3000 Mds DKK, soit 400 Mds€ ou 160 % PIB ou 75 000 euros par habitant. Ce niveau représente une hausse de +50 % par rapport à 2008, qui est liée à l’embellie boursière et à la baisse des taux d’intérêt. Pour rappel, le système de retraite danois est composé de trois grands piliers : une retraite d’Etat universelle (Folkepension), un dispositif de retraites complémentaires professionnelles (introduites au début des années 90 et gérées par des fonds de pension) et l’épargne-retraite privée.

Groenland. Le gouvernement autonome du Groenland a annoncé un déficit budgétaire d’environ 10 M € pour 2015 soit 1,2 % de son budget, lié à des investissements d’infrastructure (agrandissement de l’aéroport de Nuuk, modernisation de l’appareil industriel). Ce déficit serait résorbé d’ici 2017 grâce aux revenus attendus de la pêche, notamment de maquereaux, qui afflueraient vers les eaux territoriales groenlandaises (conséquence du réchauffement climatique). Cette annonce s’inscrit dans un débat parlementaire sur la possibilité de financer des dépenses présentes sur la base des revenus futurs issus notamment de l’extraction des terres rares.

Finlande

Russie. Les représentants du secteur agro-alimentaire estiment que leurs exportations vers la Russie (0,5 % de l’ensemble des exportations finlandaises), pourraient baisser de 75 %, réduisant leur chiffre d’affaires de plus de 400 M€ par an. Près de la moitié du choc (plus de 200 M € de baisse de CA) serait portée par la coopérative laitière Valio, qui fait 20 % de ses affaires en Russie. Le premier groupe de distribution finlandais SOK pourrait également être affecté puisque ses magasins et hôtels de Saint-Pétersbourg s’approvisionnent pour environ 30 % en produits soumis à l’embargo. Les secteurs des transports et de la logistique seraient également vulnérables.

Chômage. Face à un taux de chômage qui ne diminue pas (9,2 %), le gouvernement pourrait présenter, en même temps que son projet de budget pour 2015, une rallonge budgétaire pour 2014 de 15 M € destinée aux régions et secteurs les plus touchés. Une partie de cette somme pourrait toutefois être ensuite recouvrée auprès du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation. En effet, la région d’Oulu, particulièrement touchée par la restructuration des TIC pourrait y être éligible à hauteur d‘environ 3 M €.

Islande

Conjoncture. Lors de sa réunion du 20 août 2014, le Comité de politique monétaire a décidé de laisser les taux directeurs inchangés (6 % pour le taux au jour le jour) : les perspectives de croissance toujours dynamiques (+3,4 % en 2014 et +3,9 % en 2015) cohabitent avec un niveau d’inflation prévue plus modéré (+2,4 % en 2014 et +2,8 % en 2015 contre resp. +2,5 % et +3,1 % attendu dans la prévision du mois de mai 2014).

Banque centrale. Le mandat du gouverneur Mar Gudmundsson a été renouvelé par le Ministre des finances pour cinq ans. A la tête de la Banque centrale depuis 2009, Mar Gudmundsson a mis en oeuvre une politique réussie de désinflation et de stabilisation de la devise. Début 2014, le renouvellement de son mandat semblait être remis en question suite à plusieurs déclarations critiques de sa part vis-à-vis de la politique du gouvernent.

Norvège

Parité. L’institut statistique SSB a publié de nouveaux indicateurs d’inégalités des sexes. En Norvège, 31,6 % des femmes font des études supérieures contre 26 % des hommes, mais les deux-tiers des dirigeants d’entreprises sont des hommes et le revenu moyen des hommes est supérieur de 50 % à celui des femmes (470 000 NOK/an soit 60 000 € contre 313 000 NOK/an pour les femmes). En outre, 34,5 % des femmes travaillent à temps partiel contre seulement 13,7 % des hommes. Enfin, les femmes représentent 70,7 % des effectifs de la fonction publique mais seulement 36,5 % des employés du secteur privé.

Inflation. Entre juillet 2013 et juillet 2014, les prix à la consommation ont crû de 2,2 %, soit moins que l’objectif de 2,5 % de la banque centrale, malgré le dynamisme des prix des produits alimentaires (+3,4 %).

Revenus fiscaux pétroliers. Sur les sept premiers mois de 2014, l’État a perçu 13,5 Mds NOK de recettes fiscales en moins que durant la même période 2013. Les recettes fiscales provenant de l’exploitation d’hydrocarbures ont diminué de 24,7 Mds NOK (soit près de -21%) du fait de la baisse de la production de gaz et de la hausse des déductions fiscales appliquées aux compagnies pétrolières pour les investissements récents. La baisse de la rente pétrolière a été quelque peu compensée par la hausse des recettes de l’imposition des ménages (+10 Mds NOK).


Grève des professeurs
. Une grève des professeurs perturbe la rentrée des classes depuis le 18 août. Le nombre de professeurs en grève atteindra 7 700 le 21 août, perturbant la scolarité d’environ 65 000 élèves. Le principal syndicat de professeurs, Utdanningsforbundet, avait signé le 26 mai dernier un nouvel accord salarial avec l’organisation KS qui représente les communes, mais au cours de l’été 73 % des 93 000 membres d’Utdanningsforbundet ont voté contre cet accord, se joignant à trois autres syndicats non signataires. Le principal point de discorde est l’obligation pour les professeurs d’être présents à l’école 7,5 heures par jour alors qu’une plus grande liberté leur était laissée auparavant. Le Premier Ministre Erna Solberg a déclaré qu’il était trop tôt pour le gouvernement intervienne dans ce conflit. Les écoles de la commune d’Oslo ne sont pas concernées par cette grève car les salaires des professeurs y sont fixés par un accord séparé.

Croissance. Selon l’institut statistique SSB, le PIB "continental" (hors production d’hydrocarbures et transport maritime) a augmenté de 1,2 % au deuxième trimestre 2014, au-dessus des prévisions qui tablaient sur moins de +1 %. L’accélération par rapport au premier trimestre (+0,5 %) résulte du dynamisme de la production industrielle et d’électricité et de la stabilisation des investissements dans le secteur pétrolier, après deux trimestres de baisse.

Suède

Riksbank. Les gouverneurs Ingves, af Jochnick, et Flodén ont déclaré séparément qu’une politique monétaire "très accommodante" est "nécessaire" pour ramener l’inflation à sa cible de 2 %. L’endettement des ménages, qu’ils continuent de percevoir comme une "menace pour la stabilité" de l’économie, doit selon eux faire l’objet de mesures ambitieuses de politiques macroprudentielles et fiscales.

Transports. SJ, l’opérateur ferroviaire historique suédois, a réalisé un bénéfice d’exploitation en forte hausse au deuxième trimestre 2014 (257 M SEK soit 28 M€ contre 101 M SEK soit 11 M€ en 2013 sur la même période). Grâce à ces résultats positifs, SJ a annoncé une diminution de ses prix sur ses lignes à grande vitesse.

Nucléaire. A trois semaines des élections législatives, l’Alliance gouvernementale de centre-droit s’est prononcée en faveur du projet de construction du réacteur nucléaire de recherche de génération IV (refroidissement au plomb), nommé ELECTRA (European Lead Cooled Training Reactor) à proximité de la centrale nucléaire d’Oskarshamn. Le coût total du projet est estimé à 165 M€ environ en incluant le financement de nouveaux laboratoires de recherche dans les universités suédoises. ELECTRA pourrait devenir le premier réacteur nucléaire au monde refroidi au plomb pur (sûreté accrue par rapport aux réacteurs commerciaux). L’opposition est divisée sur le projet, car les Verts s’opposent fermement à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires (recherche inclus), et souhaiterait même fermer deux réacteurs commerciaux d’ici 2018.

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Dernière modification : 09/02/2015

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