La Quinzaine nordique n°74

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Danemark

Conjoncture. La croissance au 2ème trimestre 2014 s’annonce un peu moins dynamique qu’au 1er trimestre, quand elle avait atteint +0,8 %. L’acquis de production industrielle pour le 2ème trimestre à l’issue du mois de mai s’établit à -0,1 % après la baisse de -2,8 % de la production industrielle entre avril et mai. Cela étant, les indicateurs de demande sont encourageants : l’acquis d’exportations en biens s’établit à +2,8 % pour le 2ème trimestre à l’issue du mois de mai et l’indice de confiance des ménages progresse quant à lui pour le cinquième mois consécutif, évoluant désormais au-dessus de son niveau d’avant-crise.

Gaz de schiste. Selon un sondage de Wilke-Jyllands Posten, 51,9 % des danois seraient favorables (25 % contre et 23,1 % indécis) à faire du gaz de schiste une ressource d’énergie pour le futur si les résultats du forage au nord du Jylland (cf. QN n° 73, réserves estimées à 189 Mds m3, projet conduit par Total) s’avèrent positifs. Le Ministre de l’Energie, du Climat et de l’Habitat, Rasmus Helveg Petersen a néanmoins réaffirmé l’ambition du Gouvernement d’un Danemark sans énergies fossiles à l’horizon 2030.

Finlande

Conjoncture. Les indicateurs de demande sont à la hausse, laissant augurer une amélioration de la situation conjoncturelle. De janvier à mai 2014, les commandes adressées à l’industrie finlandaise ont crû de 3,8 % en variation annuelle et la valeur des exportations est en hausse de 8 % en mai 2014 par rapport à mai 2013.

Chantier naval. Le chantier naval d’Helsinki (Arctech Helsinki Shipyard), possédé à parts égales par le russe United Shipbuilding Corporation (USC) et le coréen STX, a obtenu la commande de trois navires brise-glace pour une valeur de 300 M €. Cette commande de la société d’Etat russe Sovcomflot était prévue dans l’accord d’entrée au capital d’USC en décembre 2010 et pourrait favoriser la candidature d’un repreneur pour les parts de STX.

CleanTech. Les entreprises du secteur européen de la biomasse ont engagé un partenariat avec la Commission Européenne afin d’augmenter le nombre de centrales pilotes et de renforcer la R&D dans ce domaine. Plusieurs entreprises (Kemira, Stora Enso, etc.) et universités finlandaises (Turku, Oulu, etc.) feront partie des 60 à 70 membres de ce cluster qui s’engagera à investir 3 Mds € sur 7 ans, à parts égales avec la Commission.

Islande

Conjoncture. L’Institut statistique islandais prévoit une croissance de +3,1 % en 2014 et de +3,4 % en 2015, principalement tirée par la demande interne, avec une forte hausse de la consommation des ménages (+3,9 % en 2014 puis + 3,7 % en 2015) et surtout de l‘investissement, celui des entreprises (+18,3 % puis + 17,1 %) comme celui des ménages (+24,1 % puis +20,3 %). Les importations augmenteraient plus rapidement que les exportations, et l’excédent commercial diminuerait graduellement (5,6 % PIB en 2014 puis 4,6 % PIB en 2015 après 7,4 % en 2013). Retombée à 2,5 % en 2014, l’inflation remonterait à +3,4 % en 2015, soutenue par le dynamisme de la demande interne et par la hausse des salaires (+5,2 % en 2014 et +6,1 % en 2015).

FMI. Tout en prenant acte de l’amélioration de la situation économique (croissance, l’inflation et dette), le FMI a souligné quatre priorités politiques :1/ la mise à jour engagée par le gouvernement de la stratégie de levée des contrôles de capitaux doit rechercher une solution ordonnée qui préserve la stabilité de l’économie domestique ; 2/ la banque centrale a obtenu des résultats encourageants dans la modération de l’inflation et il est important de préserver son indépendance ; 3/ le projet de loi budgétaire organique va dans le bon sens mais un effort budgétaire est nécessaire pour dégager des marges de manœuvre permettant d‘augmenter l’investissement public et/ou de faire face à des imprévus ; 4/ le secteur bancaire est stabilisé, mais les ratio prudentiels doivent être préservés et la supervision doit être renforcée pour préparer la levée des contrôles de capitaux.

Norvège

Secteur financier. Le principal sujet évoqué entre Siv Jensen, Ministre des Finances, et Michel Barnier lors de sa venue à Oslo le 21 juillet 2014 concernait la possibilité que la Norvège participe au mécanisme européen de supervision financière, qui implique des transferts de souveraineté que la constitution norvégienne n’autorise pas. Selon Finans Norge, principale organisation du secteur financier norvégien, le secteur financier norvégien pourrait être confronté à des coûts de transaction plus élevés s’il restait à l’écart.

Accompagnement des chômeurs. L’opposition s’oppose à la proposition du parlementaire Stefan Heggelund (Høyre) d’avoir recours à des agences de recrutement pour accélérer le retour à l’emploi des chômeurs, aux côtés de l’agence nationale pour l’emploi NAV.

Evasion fiscale. La société Transocean, basée en Suisse et spécialisée dans l’exploitation de plateformes pétrolières, ainsi que trois de ses conseillers fiscaux, ont été acquittés par le tribunal d’Oslo dans la plus grande affaire de fraude fiscale de l’histoire de la Norvège. Ils étaient accusés par Økokrim (l’Autorité nationale d’enquête et de poursuite des délits économiques et environnementaux) de fraude pour plus de 800 M € (7 Mrds NOK). Le tribunal a jugé que toutes les manœuvres effectuées par Transocean pour échapper à l’impôt étaient légales. Økokrim, condamnée à payer 41 M NOK de dommages et intérêts, a fait appel du jugement.

Suède

Politique monétaire. La faiblesse de l’inflation, à nouveau négative au mois de mai 2014 (-0,2 % en glissement annuel), a conduit la banque centrale à abaisser son taux directeur de 0,75 % à 0,25 % lors de sa décision de politique monétaire du 3 juillet 2014 (la précédente baisse avait eu lieu le 17 décembre 2013, de 1 % à 0,75 %). La banque centrale a également révisé à la baisse ses prévisions de taux repo et d’inflation jusqu’en 2015 : le taux repo resterait à son niveau de 0,25 % jusqu’au 3ème trimestre 2015 et l’inflation ne retrouverait pas sa cible de 2 % avant début 2016. Selon l’enquête Prospera conduite avant la décision de politique monétaire, les anticipations d’inflation des opérateurs du marché monétaire sont inférieures à la cible d’inflation de la banque centrale (elles se situent à +1,8 % par an à horizon 5 ans).

Change. Suite à la décision de politique monétaire de la Riksbank du 3 juillet 2014, la couronne suédoise s’est dépréciée, atteignant à 9,31 SEK/€ et à 6,84 SEK/US$ le 4 juillet 2014. La couronne s’est quelque peu appréciée depuis face à l’euro et se situe à 9,22 SEK/€ et à 6,85 SEK/US$ le 24 juillet 2014. Au total, la couronne s’est dépréciée de 1,1 % face à l’euro et de 2,2 % face au dollar depuis le 24 juin 2014, et de 8,0 % face à l’euro et de 6,2 % face au dollar depuis le 24 juillet 2013.

Infrastructures. Mercredi 2 juillet 2014, en amont des élections générales de septembre 2014, les quatre partis de l’Alliance gouvernementale ont présenté un grand paquet d’investissement en infrastructures « Sverigebygget » (410 Mds SEK soit 45 Mds € sur 20 ans) qui comporterait notamment trois grands projets 1/ le développement de nouvelles lignes principales pour les trains à grande vitesse (15 Mds €), 2/ extension du métro à Stockholm et d’autres projets d’infrastructures et transports en commun dans les grandes villes (7,7 Mds €) et 3/ sous réserve d’accord avec le Danemark, un tunnel entre Helsingborg et Helsingør. En outre, ce paquet serait adossé à un volet logement, avec la construction estimée de 100 000 nouveaux logements par les communes.

Vattenfall. Vattenfall a annoncé le 22 juillet 2014 que le coût de construction de sa centrale à charbon de Moorburg en Allemagne (capacité de 1 650 MW d’électricité et 650 MWth de chaleur) augmenterait de 50 %, pour atteindre 3,0 Mds€ au total, en raison de nouvelles exigences de la ville d’Hambourg sur les contraintes d’utilisation du fleuve Elbe pour alimenter le système de refroidissement de la centrale. La presse suédoise qualifie le projet de « fiasco tant sur le plan financier, que pour l’environnement », car la centrale émettra plus de 9 millions de CO2eq. par an, ce qui correspondrait à presque 20 % des émissions totales suédoises. Cette nouvelle perspective de perte financière (Vattenfall a porté plainte contre les autorités allemandes) sur un projet à l’international, alourdit les pertes déjà enregistrées en 2013 (5,6 Mds€ de dépréciations d’actifs, notamment liées au rachat de Nuon aux Pays-bas), qui ont conduit Vattenfall à ne pas verser de dividendes à l’Etat-actionnaire.

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Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel
Revu par : Olivier Redoulès (SER Stockholm)
Service Economique Régional de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (Michel Lallemand, Marine Artz, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Cyrille Karamitsos), Oslo (Christian Fatras, Emmanuel Fretelliere, Nicolas Redon), et du Service Economique Régional de Stockholm (Julien Grosjean, Olivier Redoulès).

Dernière modification : 09/02/2015

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