La Quinzaine nordique n°72

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Danemark

LCR. Selon des représentants du Ministère des finances danois, la Commission européenne devrait repousser sa décision sur la mise en oeuvre des règles de liquidité bancaire prévues par les accords de Bâle III, initialement attendue avant le 30 juin 2014, pour prendre le temps nécessaire pour l’adapter au cas spécifique du Danemark – la décision pourrait intervenir en juillet ou plus tard dans l’année. Alors que l’application stricte des règles de Bâle III conduirait à considérer les titres hypothécaires danois de niveau 2, limitant leur part dans les matelas de liquidité des banques à 40 %, les discussions en cours porteraient sur un relèvement de ce plafond à 70 %, sous certaines conditions (liquidité, taille du marché). Le Danemark, qui héberge le plus grand marché de covered bond au monde, rapporté au nombre d’habitants, mène depuis plus de trois ans un lobbying intense en faveur d’un aménagement des règles de Bâle III, dont l’application pourrait affecter son système financier.

Finlande

Nouveau gouvernement. Le 23 juin 2014, le gouvernement du nouveau Premier Ministre, Alexander Stubb, a officiellement pris ses fonctions. Il s’inscrit dans la continuité de l’administration de Jyrki Katainen puisqu’il s’appuie sur la même coalition de partis (sociaux-démocrates, verts, chrétiens-démocrates, conservateurs, parti suédois) et procède seulement à quatre nouvelles nominations : Lenita Toivakka est nommé au Affaires Européennes et au Commerce Extérieur ; Petteri Oripo devient Ministre de l’Agriculture ; Laura Röty est nommé Ministre des Affaires Sanitaires et Sociales ; Paula Risikko récupère le portefeuille des Transports et des Municipalités.

Conjoncture. Le gouvernement finlandais a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2014, de +0,5 % à +0,2 %. Toutefois, il maintient ses prévisions pour 2015 à +1,4 %. Dans un contexte de consommation privée atone (+0,4 % en 2014), de baisse de l’investissement privé (-2,9 %) et de hausse du chômage (à 8,5 % en 2014), le nouveau gouvernement vient d’acter un plan de relance de 1,1 Md € (0,6 % du PIB). Ce plan, qui s’ajoute à l’enveloppe de 600 M € déjà votée en mars dernier, s’articule essentiellement autour de mesures en faveur du pouvoir d’achat des ménages à faibles revenus et d’investissements publics.

Islande

ISK. Les minutes de la réunion du Comité de politique monétaire de la Banque centrale qui s’est tenue le 11 juin 2014 mettent à jour des interventions importantes sur le marché des changes : la Banque centrale a acheté pour environ 42 M € de devises, soit 0,4 % PIB, entre la réunion du 21 mai et celle du 11 juin, alors que le taux de change est resté inchangé. Sur un an, la couronne s’est apprécié de 2 % environ malgré des interventions régulières sur le marché des changes. Le Comité a décidé de reprendre ses achats réguliers de devises mais pourrait les réévaluer au cours des mois à venir.

Norvège

Privatisations. A l’occasion de la publication d’un livre-blanc sur l’État actionnaire, le gouvernement a annoncé son intention de désengager l’Etat entièrement de certaines entreprises, dont Flytoget (train express reliant Oslo à son aéroport), Cermaq (aquaculture) et SAS (transport aérien). L’Etat réduirait également sa participation dans le capital de Telenor (télécommunication) et Kongsberg Gruppen (technologie et armement) mais conserverait ses 67 % dans Statoil. Les ventes prévues rapporteraient plus de 53 Mds NOK à l’Etat (environ 6,5 Mds €), dont 42 Mds NOK pour Telenor.

Commerce. Le parlement norvégien a donné son accord au gouvernement pour ratifier l’accord de libre-échange entre la Colombie et les pays de l’AELE, ainsi qu’un accord agricole bilatéral. La Colombie devient donc le 36ème pays concerné par un accord de libre-échange (hors UE). Cet accord a été critiqué en Norvège pour ne pas contenir suffisamment de dispositions contraignantes relatives aux droits des travailleurs. Le commerce bilatéral entre les deux pays a atteint 96 M€ en 2013, dont 27 M€ d’exportations norvégiennes (engrais et machines essentiellement). Des négociations sont également en cours entre l’AELE et la Turquie pour élargir aux services l’accord de libre-échange portant sur le commerce de biens qui date de 1991. La Norvège est optimiste, les positions des différentes parties étant semble-t-il conciliables.

Suède

Croissance. L’institut de conjoncture KI a réduit à la baisse ses prévisions de croissance pour 2014, à +2,2 % contre + 2,6 % auparavant, en raison d’exportations moins dynamiques qu’attendu ; la demande interne serait le principal moteur de la croissance en 2014, notamment la consommation des ménages (+2,3 %) mais aussi l’investissement, avec une hausse de 17 % de l’investissement logement. Parallèlement, KI a réduit sa prévision d’inflation (-0,1 % pour le CPI) et a relevé sa prévision de chômage (8,1 %) et de déficit public (2,1 %PIB). Au même moment, les services du FMI ont également révisé à la baisse leurs prévisions de croissance, mais de manière plus modérée : +2,6 % en 2014 et +2,7 % en 2015 (contre respectivement 2,8 % et 2,6 % auparavant).

Immobilier. Les services du FMI estiment que l’endettement des ménages (plus de 170 % des RDB) constitue un risque majeur et s’interrogent sur l’émergence d’une éventuelle « bulle immobilière » en raison de la hausse continue des prix depuis 1994. Ils émettent plusieurs préconisations pour modérer la demande de logement : fixer une durée maximale d’amortissement pour les nouveaux crédits hypothécaires, établir un ratio-plafond entre les crédits alloués et les revenus des ménages, réduire le taux d’emprunt de 85 à 75% de la valeur d’un bien foncier, diminuer les déductions fiscales généreuses liées aux crédits de manière générale et réintroduire une sorte d’impôt foncier réformé. Pour augmenter l’offre de logements, la Commission sur la crise du logement Bokriskommitten appelle à une réduction de la taxe sur les plus-values immobilières et à une réforme du marché locatif. A court terme, la hausse des prix immobiliers se poursuit : selon l’institut Maeklarstatistik, les prix des appartements ont cru de 9 % sur un an en mai 2014, et ceux des maisons ont crû de 7 % ; selon un sondage, une majorité de ménages s’attend à une poursuite de la hausse des prix immobiliers, et cette proportion a même augmenté au cours des mois précédents.

Attractivité. Les ministres Annie Loof et Peter Norman ont réuni 13 patrons dont Marcus Wallenberg (SEB), Leif Johansson (AstraZeneca), Anders Nyren (Industrivärden) ou encore Carl Bennet, pour réfléchir à l’avenir du modèle capitalistique suédois dans un environnement mondialisé. Le communiqué de presse du gouvernement fait notamment allusion aux affaires Scania / Volkswagen, Pharamacia / Pfizer et AstraZeneca / Pfizer.

Politique monétaire. La Commission des finances du Parlement suédois a annoncé avoir confié à Mervin King, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, et Marvin Goodfriend, universitaire américain, une mission d’évaluation du travail de la Riksbank sur la période 2010-2014, dont les conclusions sont attendues pour fin 2015. L’évaluation portera sur les résultats de la Riksbank (focus sur la dette, baisse de l’inflation sous sa cible) et sur son cadre (prévisions d’inflation et régime de cible d’inflation). Cette mission d’évaluation intervient dans un contexte de vives critiques à l’égard de la Riksbank depuis début 2014, en lien avec la baisse de l’inflation très en deçà de sa cible. La faiblesse de l’inflation, à nouveau négative au mois de mai (-0,2 % en glissement annuel), laisse attendre une baisse des taux à l’issue de la réunion de politique monétaire du 3 juillet 2014.

Prélèvements obligatoires. La pression fiscale a progressivement été ramenée de 51,5 % du PIB en 2000 (niveau le plus élevé de l’OCDE), à 48,9 % en 2005 puis à 45,4 % en 2010 et enfin à 44,5 % en 2013. La Suède ne figure désormais plus sur le « podium » des pays avec les PO les plus élevés de l’UE. Ce résultat s’explique aussi bien par la baisse de l’IS (de 28 % en 2000 à 22 % aujourd’hui) que de l’IR (5 baisses consécutives depuis 2006), alors que le taux d’impôt des revenus du capital (30 %) comme le taux de TVA ordinaire (25 %) restent inchangés durant cette même période.

Veolia. La filiale suédoise de Veolia Transport a connu un conflit social, localisé au niveau de son activité sur la concession ferroviaire d’Öresundstågen (75 000 usagers quotidiens), qui inclut la liaison entre le Danemark à la Suède, avec plusieurs actions de grève à partir du 2 juin 2014. D’abord limité localement, le conflit a pris progressivement une dimension nationale, et a même menacé le fonctionnement du réseau de transport à Stockholm à partir du 20 juin, du fait d’actions de « solidarité » au sein de la confédération syndicale SACO. La levée du conflit s’est faite au prix de concessions importantes de Veolia au bénéfice de ses employés.

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Dernière modification : 09/02/2015

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