La Quinzaine nordique n°71

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Danemark

Conjoncture. Le redémarrage de l’économie danoise monte en puissance. Le PIB aurait progressé de +0,9 % au 1er trimestre 2014 par rapport au 4ème trimestre 2013 (et de +1,4 % par rapport au 1er trimestre 2013), sous l’effet de la hausse de la consommation privée (+2,0 %) et des investissements (+3,5 %). L’emploi repart également au 1er trimestre (+7700, soit +0,3 % par rapport au 4ème trimestre 2013). Le taux de chômage brut calculé sur base administrative (y.c. les personnes en activation) poursuit son reflux et s’établit à 5% en avril 2014 contre 5,9 % en avril 2013. Le taux de chômage au sens du BIT (enquête emploi) baisse également (6,5% en avril 2014 contre 7,0 % un an plus tôt).

Finlande

Réformes. La Commission Européenne estime que la Finlande atteindra les objectifs de son programme en termes de croissance et de finances publiques. La dette publique devrait dépasser le seuil des 60% du PIB, en 2015, mais la Commission juge que le pays n’est pas concerné par une procédure pour déficit excessif puisque ce dérapage s’explique par des effets cycliques et par sa participation aux plans d’aides européens. Les principales recommandations faites à la Finlande sont : 1/ ralentir la dette publique ; 2/ mettre en place les réformes annoncées ; 3/ augmenter le taux d’emploi, notamment chez les séniors ; 4/ renforcer la concurrence ; 5/ diversifier sa base industrielle.

Tourisme. Le nombre de nuits passées par des touristes étrangers en Finlande a crû de +1 % en 2013, à 6 M de nuits. La Russie apporte, de loin, le principal contingent de touristes avec près de 1/3 du nombre total de nuitées, en hausse de +7,5 % en 2013). La plus forte croissance provient du continent asiatique (+17 %), en cohérence avec les efforts de Finnair (compagnie aérienne) et de Finavia (opérateur de l’aéroport) pour faire d’Helsinki un « hub » vers l’Asie.

Innovation. Les investissements en Venture Capital ont représenté, en 2013, 0,07 % du PIB, un niveau bien supérieur à la moyenne européenne (0,024 %), faisant de la Finlande le pays européen le plus actif en termes d’investissements dans les start-ups. A côté d’investisseurs étrangers (notamment britanniques, russes et asiatiques), le Finnish Investment Industry est le principal acteur domestique dans le secteur (900 M € d’actifs sous gestion, investis dans 515 entreprises). A noter que le gouvernement finance le FII et lui propose des feuilles de route en termes d’investissement (notamment dans le secteur des Clean Tech).

Islande

FMI. A la suite de leur 4ème mission de suivi post-programme, les Services du FMI estiment que la situation économique s’est bien améliorée et que les perspectives sont très positives, avec un rythme de croissance de moyen terme proche de 3 % par an. Néanmoins, ils identifient plusieurs facteurs de vulnérabilité pour l’Islande : 1/ les contrôles de capitaux continuent de freiner l’économie mais leur levée reste un défi ; 2/ la réforme annoncée de la Banque centrale doit veiller à préserver sa crédibilité ; 3/ le plan de réduction de la dette des ménages pose des risques budgétaires à moyen terme ; 4/ la supervision financière doit être renforcée ; 5/ l’Islande reste très vulnérable à la situation économique et financière globale ; 6/ le cadre de négociation tripartite des salaires doit évoluer pour réduire le risque inflationniste.

Norvège

Transports. Le nombre de passagers pour le transport aérien est en hausse (+4,7 % entre le premier semestre 2013 et le premier semestre 2014), tant pour les vols internationaux que domestiques, alors que SAS et Norwegian, notamment, ont fortement accru leur offre sur les liaisons domestiques. Dans le rail, le nombre de passagers-kilomètres a augmenté de +7,3 % tandis que le transport de marchandises (tonnes-kilomètres) a baissé, en raison de la baisse de la distance parcourue, compensée en partie seulement par la hausse du tonnage (bois notamment).

Balance des paiements. L’excédent de la balance des paiements a dépassé 14 Mrds€ (117 Mrds NOK) au 1er trimestre 2014, en hausse de 36 % par rapport au 1er trimestre 2013. Sans surprise, la balance commerciale représente l’essentiel de cet excédent (12,5 Mrds €). Sur la même période, la Norvège a investi pour 190 Mrds NOK à l’étranger, dont 72 Mrds NOK en investissement de portefeuille, contre 54 Mrds NOK d’investissements étrangers en Norvège.

Suède

Croissance. Le PIB a stagné au 1er trimestre 2014 (-0,1 % par rapport au 4ème trimestre 2013), après une croissance exceptionnellement forte au 4ème trimestre 2013 (+1,7 %).

Stabilité financière. Le 2nd Conseil de Stabilité Financière qui s’est réuni le 23 mai 2014 a révélé les divergences d’appréciation sur le risque posé par la dette hypothécaire. Alors que la Banque centrale souhaite un renforcement des matelas contracycliques (à 2,5 % contre environ 1 % proposé par le FSA quelques jours auparavant) ainsi qu’un durcissement des critères d’octroi de crédit et un renforcement des exigences de liquidités, l’Agence Nationale de la Dette doute que la dette des ménages représente une menace pour la stabilité financière.

Investissements. Le gouvernement suédois a annoncé son intention d’investir 800 M SEK (88 M€) supplémentaires dans le campus de Södertälje (à 30 km au sud-est de Stockholm) au cours des 10 prochaines années, ce qui porte l’enveloppe totale à 1,6 Mrd SEK (176 M€). Les investissements annoncés visent à doubler le nombre de places (de 600 à 1200 étudiants) dans les différents programmes du campus local de l’Institut Royal Technologique (KTH), de stimuler la recherche industrielle et la production, et d’améliorer la structure logistique de la ville où sont implantées notamment les entreprises Scania et AstraZeneca.

ESS. La France a donné son accord pour financer 8 % (1,3 Md de SEK, soit 145 M€) des coûts de construction du futur site scientifique européen ESS (European Spallation Source) qui sera installé à Lund dans le sud de la Suède. Ce site de recherche pluridisciplinaire dans le domaine des matériaux et des sciences de la vie sera en principe inauguré en 2019 et pleinement opérationnel à compter de 2025 ; il accueillera alors entre 2 000 et 3 000 chercheurs tous les ans répartis sur 22 stations d’expérimentation. Le projet ESS est actuellement financé à plus de 70% (Suède 35%, Danemark 12,5 %, Royaume-Uni 10 %, France 8 %, Espagne 5 % et la Norvège 2,5 %). La contribution de l’Allemagne devrait être officialisée cet été et les travaux de construction par l’entreprise suédoise Skanska commenceront en septembre 2014.

Facebook. Facebook devrait installer à Luleå l’un des plus grands centres de données (le premier du groupe hors USA, 25.000 m2 de locaux, coût total de 157 M€). Outre des conditions climatiques favorables et la proximité avec les grands barrages électriques, cet investissement devrait bénéficier (loi en cours) du taux réduit de la taxe sur l’électricité dont bénéficient déjà les électro-intensifs traditionnels (papetiers, métallurgistes, etc.) soit 0,5 €/MWh (contre 21,5 €/MWh actuellement).

Rosatom. Le chargement à des fin de test d’assemblages de combustibles russes (Rosatom/TVEL) dans le réacteur Ringhals 3 est prévu durant l’été 2014. Après 5 ans dans le réacteur, une évaluation du combustible sera effectuée et pourrait, toutes choses égales par ailleurs, conduire Vattenfall à signer un contrat de fourniture, permettant à la Russie de devenir pour la première fois un fournisseur de centrales nucléaires d’Europe de l’ouest. Des cadres des partis d’opposition (Socio-démocrates et Verts), et du parti centriste membre de la coalition au pouvoir se sont opposés publiquement à ce projet notamment pour des raisons de sécurité énergétique.

Vattenfall. Le 7 mai, l’énergéticien public Vattenfall a annoncé que M. Magnus Hall, ancien directeur général du géant papetier Holmen et actuel président des consortiums d’électrointensifs Industrikraft et Basel, remplacera M. Öystein Löseth à la tête du groupe à partir d’octobre 2014. A l’annonce de sa nomination, M. Hall a déclaré qu’il « s’agissait maintenant d’analyser sérieusement les investissements potentiels dans de nouveaux réacteurs » nucléaires en Suède.

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Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor. 

Dernière modification : 09/02/2015

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