La Quinzaine nordique n°69

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Danemark

Conjoncture. Au 1er trimestre 2014, l’économie danoise se redresserait après le recul de 0,5 % du PIB enregistré au 4ème trimestre 2013. Après +1,9 % en janvier et +0,5 % en février, l’indice de production industrielle a progressé de 4,7 % en mars, se rapprochant désormais de son niveau d’avant-crise. Le nombre de défaillances d’entreprise a baissé de 7 % sur un an en avril 2014. Le chômage brut (qui inclut les personnes en activation) poursuit également sa décrue, à 5,1 % en mars.

Energie. Henrik Poulsen, directeur général de Dong Energy, critique l’incertitude politique autour du plan énergie danois 2012-2020, en particulier concernant les projets de parcs éoliens offshores, après les interrogations soulevées par l’opposition. Cela étant, il estime que la stabilité financière de l’entreprise est préservée par la bonne tenue de l’activité résultant des projets anglais et allemands.

Finlande

Politique budgétaire. A -2,4 % PIB, le déficit public est plus important que prévu dans le programme de stabilité d’avril 2013 (-1,9 % PIB). Le nouveau programme de stabilité prévoit une stabilisation du déficit public en 2014 et une nette amélioration en 2015 (-1,4 % PIB) grâce à un effort de consolidation de 0,8 % PIB et à une croissance plus dynamique. Les ajustements budgétaires annoncés, soit 2,3 Mds €, devraient permettre de satisfaire à son Objectif de Moyen Terme (OMT), à savoir un déficit structurel inférieur à 0,5 % du PIB, à partir de 2015. La dette publique finlandaise atteindrait 61 % du PIB dès 2015 et continuerait d’augmenter jusqu’en 2017. En 2018, la dette publique est attendue à 61,3 % du PIB, soit 4,8 pts de plus que dans le précédent programme.

TTIP. La Finlande est globalement en faveur du partenariat transatlantique, le pays pouvant largement tirer profit de cet accord. L’ouverture des marchés publics américains est l’avantage le plus flagrant du traité pour les finlandais, les entreprises domestiques pouvant bénéficier d’un surcroit d’activité (infrastructure, énergie, santé…). Sur la protection des investisseurs (ISDS), les finlandais cherchent à contenir les intérêts offensifs américains afin de s’assurer du droit à réguler des états européens. En outre, le TTIP stimulerait, à terme, un partenariat énergétique entre l’UE et les Etats-Unis, notamment concernant le gaz liquéfié LNG et, de fait, renforcerait le pouvoir de négociation des pays de l’UE (et notamment de la Finlande) vis-à-vis de la Russie.

Islande

Tourisme. L’activité touristique a continué à croître au 1er trimestre 2014, avec une hausse de +18 % des nuitées de non-résidents et de +27,8 % des montants payés à l’aide de cartes de débit ou de crédits étrangères. Au 2ème trimestre, le tourisme est menacé par l’annonce de plusieurs actions syndicales par le personnel d’Icelandair courant mai 2014, qui pourraient entraîner des annulations.

Croissance. Selon la Commission Européenne, la croissance devrait rester proche de +3 % en 2014 et 2015, soutenue par le tourisme et la demande interne (consommation, construction résidentielle et pour le secteur du tourisme et investissements ponctuels). Le dynamisme de la demande interne pourrait freiner l’ajustement du solde extérieur et soutenir l’inflation, compliquant la levée des contrôles de capitaux.

UE. Un rapport de l’Université d’Islande, commandé conjointement par la confédération syndicale ASI, l’organisation patronale SI et la Chambre de commerce islandaise et publié le 7 avril conclut que les négociations d’adhésion étaient bien avancées, que des solutions répondant aux spécificités de l’Islande dans l’agriculture et la pêche sont possibles dans le cadre de la reprise de l’acquis, et que la levée du contrôle des changes sera très difficile sans l’entrée dans l’UE et l’adoption de l’euro. Les partis de gouvernement ont estimé que le rapport péchait par excès d’optimisme. Le rapport a contribué à alimenter l’opposition, au parlement, au retrait formel de la candidature que le gouvernement cherche à faire voter.

Norvège

FrP. Le Parti du Progrès a tenu du 3 au 4 mai son premier congrès annuel depuis qu’il est au gouvernement. Siv Jensen, ministre des finances et n°2 du gouvernement, a été réélue à la tête du parti. Elle a annoncé une réduction de moitié au moins du nombre de pays destinataires de la politique d’aide au développement, une baisse des tarifs des péages et une concentration du secteur des sociétés de péages, et une réforme du système de subventions agricoles.

Agriculture. La ministre de l’agriculture, Mme Sylvie Listhaug – Parti du progrès – propose une réforme du système de subventions agricoles en Norvège où le soutien aux producteurs atteint 63 % des recettes agricoles brutes, contre 18,6 % en moyenne au sein de l’OCDE, mais elle pourrait se retrouver isolée lors des prochaines négociations entre l’État et le secteur agricole, les deux partenaires minoritaires de la coalition étant opposés à tout changement du système des quotas laitiers et des coopératives agricoles. Par ailleurs, Mme Listhaug a annoncé une libéralisation relative de la production de volaille. Actuellement, la grande majorité des agriculteurs n’a pas le droit de produire plus de 140 000 poulets par an. Cette limite sera doublée à 280 000, afin de leur permettre d’accroître leurs revenus.

Electricité. Le réseau électrique norvégien est exploité par 152 sociétés qui ont en moyenne 17 000 clients. Le ministre de l’énergie, Tord Lien, souhaite voir un certain nombre de ces sociétés fusionner pour faire baisser la facture des particuliers et tout en augmentant les investissements, estimant notamment que 50 à 70 Mrds de NOK doivent être investis pour mettre à niveau le réseau de distribution d’ici 5 à 10 ans. Un rapport d’experts rendu public le 6 mai 2014 préconise également ces fusions, tout en proposant d’étendre à tous les opérateurs du réseau l’obligation de ne pas être contrôlés par un consortium également actif dans la production d’électricité. Jusqu’à présent cette obligation ne s’applique qu’aux opérateurs ayant plus de 100 000 clients.

Suède

TTIP. Un sondage d’opinion de l’institut SIFO indique que 6 suédois sur 10 sont favorables à la poursuite des négociations en vue du traité de libre-échange transatlantique, 2 sur 10 y sont opposés et 2 sur 10 n’ont pas d’avis. Les électeurs les plus favorables aux négociations sont ceux des partis Social Démocrate, Modéré et Suédois Démocrate (extrême droite). Les électeurs les plus sceptiques sont ceux du Parti de Gauche et du parti Vert. A noter que trois des neuf têtes de listes aux élections européennes se déclarent « critiques », notamment au sujet de l’ISDS et au sujet de la transposition de certaines législations en vigueur aux Etats-Unis (environnement...)

Banques. Le 8 mai 2014, le superviseur financier FI a annoncé une proposition de durcissement des exigences en fonds propres des banques avec 1/ pour les quatre banques systémiques, la constitution d’un matelas systémique de 3 % en CET 1 à partir du 1er janvier 2015, et de 2 % supplémentaire en CET 1 également mais en pilier II ; 2/ la mise en place des matelas contracycliques – dont le montant reste à définir – et 3/ le relèvement du poids appliqué aux prêts hypothécaires dans le RWA de 15 % à 25 %. Ces mesures font l’objet d’une consultation jusqu’à fin juin et devraient entrer en vigueur à l’automne.

Dette. La banque centrale a publié une analyse de l’endettement des ménages sur la base de nouvelles micro-données couvrant 4 millions de ménages qui montre que les ménages qui ont des dettes le sont en moyenne à hauteur de 263 % de leur revenu (et de 313 % du revenu pour les ménages qui ont contracté des prêts hypothécaires) et que les ménages les plus endettés sont aussi ceux qui ont des revenus en deçà du revenu médian.

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Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 09/02/2015

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