La Quinzaine nordique n°67

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Danemark

Commission productivité. La commission mise en place en 2012 afin d’éclairer les raisons du décrochage observé en termes de productivité au cours de la période 1995-2010 a publié son rapport final le 31 mars. Les 25 recommandations phares de la commission sont réparties en trois chapitres dédiés au renforcement de la concurrence, du système éducatif et de l’efficacité du secteur public. Ce rapport final devrait donner lieu à l’adoption d’initiatives ciblées par les autorités danoises au cours des prochaines semaines.

Reprise de la société Nets par deux fonds américains. Jusqu’ici aux mains du secteur bancaire danois et norvégien, la compagnie Nets, qui intervient sur l’ensemble de la zone nordique et qui gère au Danemark les infrastructures de paiement tels que la Dankort (carte de paiement) ou encore NemID (achats et déclarations en ligne), a été cédée le 24 mars à deux fonds de capitaux américains et à ATP pour un montant de près de 2,3 milliards d’euros. Ses deux plus grands actionnaires, Nordea (20%) et Danske Bank (17%) perçoivent respectivement 470 et 390 millions d’euros grâce à cette opération. Le groupe français Atos était également sur les rangs pour une éventuelle reprise, mais semble avoir été écarté en raison d’une offre insuffisante (2 milliards d’euros).

Introduction en bourse de OW Bunker. Deuxième entreprise danoise en termes de chiffre d’affaires (près de 12 milliards d’euros), OW Bunker, spécialisée dans la distribution de combustibles pour le secteur du transport maritime, a été introduite en bourse le 28 mars. L’entreprise est détenue depuis 2007 par le fonds de capital suédois Altor.

Finlande

TTIP. Le ministre des affaires étrangères et du commerce extérieur, Alexander Stubb, se rendra à Washington les 7-9 avril prochains pour parler de l’ALE UE/USA. Il rencontrera notamment l’USTR Michael Froman et son adjoint, le chef négociateur Daniel Mullaney, ainsi que des représentants des syndicats américains. Il sera accompagné, entre autres, par le président de la Confédération des entreprises finlandaises, Jyri Häkämies, le Président de l’Union centrale des agriculteurs, Juha Marttila, et par des représentants de l’Organisation centrale des syndicats finlandais.

Cadrage budgétaire. Le gouvernement finlandais a annoncé un plan de consolidation budgétaire pour la période 2015-2017 d’un montant de 2,3 Mrds € (1,2% PIB), dont 1,6 Mrd € en 2015. L’effort de consolidation budgétaire serait principalement porté par les ménages, même si le durcissement de la fiscalité verte toucherait également les entreprises. Une enveloppe de 300 M€ (0,2 % PIB) devrait ponctuellement soutenir des initiatives industrielles. Selon ces annonces, le niveau de dépenses publiques du gouvernement central devrait reculer, en termes réels, de 0,5% par an d’ici 2018. Quant aux recettes budgétaires, elles sont prévues en hausse de 3,3% par an.

Changements politiques. Ce compromis budgétaire s’est fait au prix d’un affaiblissement de la coalition gouvernementale puisque l’Alliance de gauche a quitté le gouvernement, en raison du coût d’ajustement porté par les classes moyennes. Même si la coalition gouvernementale, composée dorénavant de 5 partis, reste nettement majoritaire au Parlement avec 112 sièges sur 200, elle est désormais très vulnérable à la possible défection des Verts en vue des décisions relatives au projet nucléaire de Fennovoima, à venir courant de l’automne 2014.

Notation AAA. Selon Fitch, l’Etat finlandais conserve son AAA, ainsi qu’une perspective stable sur sa dette souveraine. L’agence invoque des indicateurs de gouvernance bien supérieurs à ceux des autres pays AAA et une gestion saine des finances publiques. En outre, l’agence salue le programme de réformes annoncées par le gouvernement à l’automne 2013, qu’elle juge nécessaire.

Marché du travail. En 2013, le chômage a touché 8,2% de la population active finlandaise (7,7% en 2012). Parmi les jeunes de 15-24 ans, le taux de chômage s’élève à 19,9% (19%). En dépit de la baisse de la population active constatée ces dernières années, le taux d’emploi se dégrade en 2013 à 68,5% (69%). La baisse du nombre d’employés a notamment été prononcée dans les services de santé et sociaux (dans le secteur privé) ainsi que dans l’industrie. D’un point de vue sectoriel, la baisse est significative dans le secteur privé alors que les effectifs du secteur public, qui concentre 27% de l’emploi finlandais, sont restés stables.

Islande

ISK Offshore. Les actifs liquides en ISK détenus par les non résidents se sont réduits à 327 Mds ISK fin 2013 (soit 2 Mds€ ou 20 % PIB) contre 565 Mds ISK en octobre 2008, notamment grâce aux mécanismes de conversion mis en place par la banque centrale en mars 2011. Ces actifs sont composés pour 54 % de bons du trésor, 42 % de dépôts bancaires et 4 % d’obligations du Housing Financing Fund.

Banques. Lors de l’Assemblée annuelle de la banque centrale, le Ministre des finances Bjarni Benediktsson a souligné que la liquidation des anciennes banques durait depuis plus de cinq ans et qu’en l’absence d’accord entre les créanciers, l’option de la banqueroute devait être envisagée.

Norvège

Hausse du nombre de faillites. Les faillites d’enseignes dans la vente de détail ont augmenté de 30% en 2013. Virke, la fédération du secteur, qui regroupe 17 000 entreprises et 220 000 employés, remarque une légère baisse du nombre d’employés dans le secteur vente de détail, et s’attend à une année 2014 au mieux au niveau de 2013. Selon une enquête menée par Virke auprès de 1 500 membres, la solution préconisée serait de pouvoir recourir plus facilement aux emplois temporaires.

Menaces de grève. Les négociations salariales entre les représentants de certains syndicats étiquetés LO et les représentants des employeurs dans l’industrie « exposée » (Norsk Industri) ont été particulièrement tendues cette année. Outre le sujet de l’augmentation salariale, les syndicats souhaitaient introduire une clause sur les retraites, plus de congés pour les travailleurs seniors ou encore certaines flexibilités pour les jeunes parents. Le médiateur d’État a abouti in extremis à un compromis mercredi 2 avril, évitant des grèves qui auraient été inédites depuis 1996 dans ce secteur.

Câble Nordlink. Le temps presse pour le futur câble électrique Nordlink, devant relier pour la première fois la Norvège et l’Allemagne. Les ministres allemand et norvégien de l’Énergie se sont rencontrés à Berlin le 28 mars pour discuter du projet, qui nécessite 12 à 16 milliards de NOK d’investissements pour une capacité de 1 400 MW. Pour tenir l’objectif d’une inauguration en 2018, l’Allemagne rappelle que la Norvège devra d’ici septembre octroyer à Statnett la concession pour opérer le câble, tandis que la Norvège attend encore de savoir si les producteurs norvégiens d’électricité auront accès par ce câble au marché allemand de capacité.

Marine Harvest – risque d’amende. La Commission européenne menace la société norvégienne Marine Harvest, plus grand éleveur de saumon du monde, d’une amende d’un montant maximum de 10% du chiffre d’affaires de 2013, soit environ 230 millions d’euros. La société est accusée d’avoir racheté un concurrent, Morpol, avant d’avoir obtenu l’approbation de la commission.

Suède

L’attitude des Suédois à l’égard de l’Union européenne, plus positive que négative. Selon l’institut d’opinion SIFO, l’Union européenne ne soulève pas l’enthousiasme des Suédois, bien que l’image du marché unique reste, dans l’ensemble, plus positive que négative. Selon l’’enquête de SIFO, une majorité des personnes interrogées pense que l’adhésion du pays en 1995 a contribué à une baisse générale des prix dans les secteurs de l’électronique grand public (56% sont de cet avis), de la téléphonie mobile (52%) et, dans une moindre, mesure dans le secteur agroalimentaire (44%). En revanche, les prix du secteur de l’énergie/électricité auraient, quant à eux, connu une évolution à la hausse (42% sont de cet avis). De manière plus générale, l’entrée dans l’UE aurait également eu un impact positif sur le nombre d’emplois en Suède (38 % sont de cet avis, alors que 24% pensent le contraire). Enfin, pour ce qui est des quatre libertés dans l’Union, il ressort clairement que les Suédois privilégient la libre circulation des personnes, devant la libre circulation des marchandises, des services et enfin celle des capitaux.

TTIP. Jonas Sjöstedt, le leader du parti de Gauche en Suède (ex parti communiste) souhaite que les mécanismes de résolution des litiges investisseurs/Etat soient exclus de l’accord transatlantique. Pour la gauche de la gauche suédoise, il serait anormal que des entreprises privées puissent engager des poursuites contre un Etat. Jonas Sjöstedt rappelle l’exemple de Vattenfall et de son action en justice contre l’Etat allemand, lorsque le pays a décidé de fermer ses centrales nucléaires suite à l’accident de Fukushima. Il est à noter que les sondages accréditent le parti de Gauche de 7% des voix aux prochaines élections générales de septembre 2014, et que celui-ci serait un potentiel allié du gouvernement en cas d’alternance.

Défense. Renault Trucks Défense, filiale du groupe suédois Volvo AB, suspend temporairement son partenariat avec le russe Uralvagonzavod (UVZ) suite à la crise en Ukraine. Le partenariat en question portait sur le développement d’un véhicule blindé (Atom) de 32 tonnes et destiné à remplacer les BTR-80. Selon la presse suédoise, la valeur du contrat serait de plus de 60 Mds SEK (6,75 Mds €) pour 2000 véhicules.

Le site français de streaming Deezer compte se développer en Suède. Deezer vient d’annoncer la signature d’un partenariat exclusif avec l’opérateur de téléphonie mobile Tre (« 3 »), détenu par Investor AB (sphère Wallenberg) et le groupe diversifié hongkongais Hutchison Whampoa Ltd (HWL), qui devrait lui permettre de venir concurrencer le suédois « Spotify » sur son propre terrain.

Recherche et développement. Selon l’Office suédois de la statistique, le Suède serait actuellement le pays de l’OCDE dans lequel la part des investissements privés en R&D, en pourcentage du PIB, aurait connu la plus forte baisse au cours de la dernière décennie. En 2001, les dépenses en R&D s’élevaient à hauteur de 4% du PIB, dont 3% financé par le secteur privé. En 2011, les dépenses privées en R&D ne représentaient plus que 2% du PIB, les dépenses publiques en R&D restant stables à 1% du PIB.

Inflation. L’inflation s’est maintenue à un niveau bas en février (-0,2 % pour le CPI, +0,1 % pour l’HCPI). L’agence de la conjoncture KI prévoit que l’inflation mesurée par le CPIF (hors coût du crédit), ne devrait pas remonter à sa cible (2,0 %) avant fin 2017 et déclare qu’une baisse des taux serait appropriée. De son côté, Per Jansson, vice-gouverneur de la Riksbank, a déclaré que les risques liés à l’endettement des ménages demeuraient.

Fiscalité. L’agence KI estime qu’une hausse des prélèvements obligatoires de 1,5 à 2 pts PIB serait nécessaire pour maintenir le niveau de services publics en Suède à long terme. A court terme, un durcissement de la politique budgétaire serait nécessaire pour ramener le solde public à sa cible.

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Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 09/02/2015

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