La Quinzaine nordique n°66

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Danemark

Brevet européen. Le gouvernement danois, en faveur de cet accord, n’est pas parvenu à réunir une majorité des 5/6ème au parlement, et se voit ainsi dans l’obligation de tenir un référendum. Celui-ci aura lieu le 25 mai prochain, en même temps que le scrutin des élections au Parlement européen. Les derniers sondages attestent d’une majorité claire en faveur de la juridiction unifiée. 48 % de la population se déclare en sa faveur, contre 22 % s’y opposant. Il reste néanmoins 31 % d’indécis.

Finlande

PIB. En 2013, le PIB finlandais s’est contracté de 1,4 % (après -1 % en 2012). La demande interne a diminué : -0,8 % pour la consommation des ménages (après +0,3 % en 2012 et +2,8 % en 2011), en lien avec la baisse du pouvoir d’achat, et -4,6 % pour l’investissement (après -1,0 % en 2012), notamment l’investissement privé (-6,4 %). Les exportations ont stagné (+0,3 %). Néanmoins, le chômage n’a que modérément augmenté, atteignant 8,3 % fin 2013 (contre 7,9 % à fin 2012).

Entreprises. En 2013, la valeur ajoutée de l’industrie a de nouveau baissé (-2,6 % après -8,4 % en 2012) et la quasi-totalité des secteurs sont touchés : l’électronique (-2,8 % en 2013 après -38 % en 2012), la métallurgie (-5,1 % après -12 %), la chimie (-0,4 % après -12 %) et le bois-papier (-1,4 % après +1,4 %). Dans les services, le commerce baisse également (-4,1 % après -0,8 % en 2012). Au total, le profit opérationnel des entreprises non financières chute de 9 % en 2013.

Ukraine. Selon la Banque de Finlande, la crise ukrainienne pourrait couter 0,1 point de PIB à la Finlande, en raison de la dépréciation du rouble qui rend les produits finlandais moins compétitifs, réduit le pouvoir d’achat des touristes russes et affecte le bilan des entreprises implantées en Russie. Pour mémoire, la Russie est, et de loin, le 1er fournisseur de la Finlande (18 % de ses importations, dont 83 % d’énergies) et son 3ème client (10 % de ses exportations).

Islande

PIB. En 2013, le PIB islandais a crû de 3,3 % (après +1,5 % en 2012 et +2,7 % en 2011), dépassant les dernières prévisions de la banque centrale et du gouvernement. Les exportations (+5,3 %), notamment de services (+10,8 %, en lien avec le boom du secteur touristique) sont le principal moteur de la croissance en 2013 alors que la consommation des ménages et celle des administrations publiques ont crû plus modestement (resp. +1,2 % et +1,3 %). L’investissement a baissé (-3,4 %), reflétant de moindres achats d’avions et de bateaux importés.

Solde extérieur. En 2013, le solde courant s’est nettement redressé, passant de -4,7 % PIB en 2012 à +4,6 % PIB en 2013, son plus haut niveau depuis 1945. Cette amélioration reflète celle du solde commercial (de 6,1 % PIB à 7,4 % PIB) mais surtout celle de la balance des revenus (de -10,8 % PIB à -2,8 % PIB), en lien avec la baisse des paiements de dividendes et intérêts à l’étranger.

Inflation. L’inflation s’est établie à +2,1 % en février 2014 contre +4,8 % en février 2013. La baisse rapide de l’inflation tient à la modération des salaires en 2013 et favorise la crédibilité de la politique monétaire. Dans sa décision du 19 mars 2014, la banque centrale laisse son taux d’intérêt inchangé mais a annoncé qu’elle pourrait le relever dans les mois à venir pour modérer les anticipations d’inflation, toujours élevées (+3,5 % pour début 2016).

Norvège

Conjoncture. Le bureau national des statistiques (SSB) prévoit que le PIB continental croîtrait de 1,9 % en 2014 (après 2,0 % en 2013) puis de 2,4 % en 2015 et de 2,9 % en 2016. En 2014, l’investissement ralentirait nettement (+0,9 % après +4,7 % en 2013) : l’investissement résidentiel se replierait (-2,2 % après +6,4 %), en lien avec la baisse des prix immobiliers, alors que l’investissement des entreprises hors industrie pétrolière accélèrerait quelque peu (+2,1 % après +1,0 %).

Salaires. Les négociations salariales entre le patronat et les principaux syndicats ont débuté le 10 mars et devraient conduire à une modération des revalorisations salariales dans un contexte de perte de compétitivité de la production norvégienne hors hydrocarbures : les hausses évoquées sont de l’ordre de +3,5 %, contre environ +4 % au cours des deux dernières années.

Quotas. Après plusieurs mois de négociations, la Norvège, les îles Féroé et l’Union Européenne sont parvenues à un accord sur les quotas de maquereaux (l’Islande n’est pas partie à l’accord). A l’origine du litige, la migration des stocks plus au Nord, dans les eaux féringiennes et islandaises, avait permis aux pays d’accroître leurs prises au-delà des quotas agréés, et l’UE avait engagé des sanctions. Pour les cinq années à venir, les quotas annuels totaux atteignent 611 000 tonnes pour l’UE, 156 000 tonnes pour les Féroé et 279 000 tonnes pour la Norvège.

Gaz. Si la part du gaz norvégien dans la consommation de l’UE a augmenté en 2013 (de 22 % à 23 %) selon les chiffres d’Eurogas, le pays est cependant repassé derrière la Russie (27 %). La Norvège était devenue pour la première fois, en 2012, le premier fournisseur de gaz de l’UE.

Suède

Ré-industrialisation. Stefan Löfven, à la tête du parti Social-Démocrate, s’est déclaré en faveur d’un plan de ré-industrialisation de la Suède, où la part de l’industrie manufacturière a baissé de 20 % PIB en 2000 à 15 % PIB aujourd’hui. En cas de victoire du parti social-démocrate aux élections générales de septembre 2014, un objectif de part de la production manufacturière dans le PIB pourrait être défini et un service dédié à l’accompagnement des entreprises qui relocaliseraient leur activité en Suède ainsi qu’au financement des nouveaux investissements (robotique) serait créé et placé sous l’autorité directe du service du Premier Ministre.

Friends Arena. Lagardère Unlimited Stadium Solutions a signé une lettre d’intention pour reprendre l’exploitation du stade Friends Arena situé à Solna au plus tard le 1er janvier 2015. Le Friends Arena, comportant 50 000 places, est mitoyen du centre commercial Mall of Scandinavia (250 boutiques, l’un des plus importants centres commerciaux d’Europe) en cours de construction par Unibail-Rodamco, et qui sera inauguré en 2015.

Kockums. Saab a débauché les huit principaux cadres de la branche sous-marins de Kockums (contrôlé par l’allemand ThyssenKrupp depuis 2005) et 200 autres employés de Kockums ont déjà candidaté à l’embauche. La démarche de Saab bénéficie du soutien de l’agence publique de l’armement FMV, qui a alloué un budget de 25 M SEK (2,8 M €) pour étudier la capacité de Saab à développer la nouvelle génération de sous-marins A26, suite au désaccord avec ThyssenKrupp sur la stratégie de développement. Saab rechercherait un partenaire hors Suède pour la construction des futurs sous-marins.

Yves Rocher. Yves Rocher projette d’étendre son réseau de vente en région nordique à 100 boutiques (dont la moitié en Suède) d’ici 2020, contre 19 aujourd’hui.

Keolis. Keolis va acheter 195 bus (norme Euro 6) à MAN pour son activité dans la ville de Stockholm ; ils seront livrés à partir d’août 2014.

ESS. Le Royaume-Uni accepte de contribuer à hauteur de 10 % du financement du futur site scientifique ESS (European Spallation Source) situé à Lund. Le projet est déjà financé à 80 % (Suède : 35 %, Danemark : 15 %, Norvège : 15 %, Espagne : 5 % Royaume-Uni : 10%). Les contributions de l’Allemagne et de la France sont en cours de négociations.

Volvo. La presse suédoise s’est émue que Renault Trucks, filiale du Groupe Volvo, ait signé un partenariat pour développer un VBCI avec l’équipementier public russe UVZ, conduisant le CEO de Volvo, Olof Persson, à minimiser officiellement l’importance du contrat.

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Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 09/02/2015

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