La Quinzaine nordique n°62

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Danemark

OCDE. L’OCDE, dans son rapport consacré au Danemark publié le 20 janvier, inscrit des prévisions de croissance proches de celles des autorités pour les deux années à venir (+1,6 % en 2014 et +1,9 % en 2015). En matière de réformes structurelles, les principales zones de progrès identifiées par l’OCDE concernent le rééquilibrage de l’économie (avec notamment la question de l’endettement des ménages et de la place du secteur immobilier), la compétitivité (soutenir l’innovation et la productivité) et la mobilisation de la main d’œuvre qualifiée.

Groenland. Début janvier, la Première Ministre Helle Thorning-Schmidt et son homologue groenlandaise Aleqa Hammond ont lancé un cycle de négociations qui doit aboutir d’ici fin 2014 à une plus grande autonomie du Groenland pour exploiter ses ressources d’uranium.

Finlande

Prêts hypothécaires. En ligne avec les recommandations de la Banque de Finlande et du FMI, la Fédération des Services Financiers finlandais préconise un plafonnement des crédits immobiliers à 90 % du montant de l’acquisition (Loan-to-Value). Afin de ne pas pénaliser les primo-accédant, le plafond devrait être fixé à 95 % dans leur cas. En Finlande, le Loan-to-Value moyen est estimé entre 90 % et 100 % et l’essentiel des crédits immobiliers sont à taux variables.

Bouquet énergétique. Depuis deux décennies, les pouvoirs publics ont favorisé la production d’énergies renouvelables (ER), le pays disposant d’importantes ressources, dans le bois notamment. La part des ER dans le bouquet énergétique est passée de 18 % en 1990 à plus de 30 % en 2012 alors que la part des énergies fossiles est passée de 56 % en 1990 à 42 % en 2012 (soit 24 % de pétrole, 10 % de charbon et 8 % de gaz naturel). La part du nucléaire, 18 % aujourd’hui et stable depuis 1990, devrait s’accroitre significativement (trois réacteurs en cours de construction ou à l’étude). Dans le cadre du Paquet Energie & Climat 20-20-20, la Finlande cible un objectif ambitieux de 38 % d’ER dans sa consommation énergétique à horizon 2020, grâce au recours à la biomasse notamment.

Islande

Budget. Le budget 2014 a été voté fin décembre, il prévoit un léger surplus de 0,9 Mds ISK (0,1 % PIB). La principale nouveauté par rapport au projet de budget présenté en octobre 2013 est le plan de réduction de dette des ménages, financé par une hausse de la taxe appliquée aux banques (de 0,041 % a 0,37 % de l’actif). La dette publique continuerait de diminuer et retomberait à 80 % PIB fin 2014. En outre, le gouvernement devrait présenter prochainement au Parlement un projet de loi pour renforcer le cadre budgétaire en Islande, avec la mise en place d’une règle d’or et la création d’un conseil indépendant qui donnerait son avis sur les orientations budgétaires et les prévisions.

Salaires. Les salaires régis par la nouvelle convention collective augmenteraient de 2,8 % au 1er janvier 2014, soit un peu davantage que la cible d’inflation de la banque centrale (2,5 %) mais moins que l’inflation qu’elle attend pour 2014 (3,2 % en glissement annuel au 4ème trimestre 2014). Cette modération salariale s’inscrit dans un effort concerté en faveur d’une modération de l’inflation, avec un engagement des acteurs publics et privés à contenir les taxes et les marges. Toutefois, le succès de cette convention, résultat d’un consensus fragile, et plus généralement de l’effort de désinflation pourrait être compromis par plusieurs facteurs : 1/ une hausse plancher fixée à 8000 ISK (50 € par mois) et un soutien supplémentaire aux bas salaires (1750 ISK soit 11 € par mois), conduisant à une hausse de 4,6 % des plus bas salaires, qui risque de se propager de proche en proche à l’ensemble des salaires ; 2/ le fait que, selon les représentants des employés, certaines entreprises augmenteraient déjà leurs prix plus vite qu’annoncé ; 3/ les mesures budgétaires de soutien à la demande des ménages : baisse des impôts pour les revenus modestes et réduction de la dette privée, qui vont soutenir l’inflation, alors que la production est proche de son potentiel.

Norvège

Capgemini. Capgemini (services de développement et de maintenance des infrastructures informatiques) a signé un important contrat avec l’énergéticien Statoil portant sur la refonte de son portefeuille IT d’outils et applications d’affaires, avec une durée potentielle de dix ans.

Corruption. Yara, leader mondial des engrais minéraux, devra payer une amende de 295 M NOK (35 M €) pour plusieurs affaires de corruption. Après avoir mis au jour des paiements douteux en Libye juste avant la création d’une joint-venture dans ce pays, Yara a commandé en 2011 une enquête externe élargie à l’ensemble de ses activités à l’étranger. Cette enquête, qui a conduit la Brigade financière norvégienne à ouvrir des investigations pour « corruption grave » en Suisse et en Inde, a mis à jour l’existence de pots-de-vin pour atteignant 12 M USD durant la période 2004-2009.

Boycott du foie gras. Les chaines de distribution Meny, Ultra, Centra grocery stores, Jacobs et CC Mat, toutes contrôlées par NorgesGruppen (33 % de part de marché), ont décidé de cesser la vente de foie gras, sous les pressions de groupes de défense des animaux.

EEE. Les négociations entre les pays de l’AELE et l’UE sur les fonds de cohésion pour la période 2014-2019 commenceront le 22 janvier. L’UE souhaiterait que la Norvège augmente sa contribution et la Norvège n’y est pas favorable. Pour la période 2009-2014, la Norvège, le Liechtenstein et l’Islande ont débloqué 14 Mds NOK (1,7 Mds €), dont 97 % pour la Norvège.

Suède

Réforme fiscale. 20 ans après la réforme du début des années 1990, la fiscalité suédoise présente des lacunes : nombreuses niches fiscales et écart important entre taxations du travail et du capital. Dans une tribune commune, onze décideurs et experts (dont deux anciens ministres des finances) proposent les pistes de réformes suivantes : allègement de la taxation du travail, uniformisation de la TVA, rétablissement de l’impôt foncier, réduction des impôts sur les SNF et hausse de la fiscalité des services financiers, clarification de la communication sur l’utilisation des recettes fiscales.

Vattenfall. Mi-janvier, l’énergéticien public Vattenfall, toujours détenu à 100 % par l’État suédois, a vendu ses parts majoritaires dans l’entreprise gérant le réseau électrique d’Hambourg Stromnetz Hamburg GmbH. Le bénéfice lié à cette cession est estimé à 300 M€. En revanche, le désinvestissement de Vattenfall en Pologne avec la vente de ses parts dans l’entreprise ENEA (19 %) acquises chèrement pour 320 M€ en 2008, a généré une perte nette de 275 M€. Le groupe cherche, par ailleurs, à vendre une partie de son parc éolien maritime d’Ormonde.

Transports. Swedavia, le gestionnaire public des principaux aéroports suédois, a décidé d’investir 13 Mds de SEK (1,5 Mds €) au cours des trois prochaines décennies, dont la moitié au cours des 10 ans à venir, afin de développer la capacité et d’augmenter le nombre de vols au départ et à destination de l’aéroport international Stockholm-Arlanda, qui a accueilli 21 millions de passagers en 2013.

Secteur financier. La FSA a retiré leurs licences aux institutions Exchange Finans et Festival International.

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Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor. 

Dernière modification : 09/02/2015

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