La Quinzaine nordique n°60

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Danemark

Conjoncture. Le gouvernement danois vient de publier ses dernières prévisions. La croissance pour 2013 est révisée en légère hausse (+0,4 % contre +0,2 %) et l’activité accélèrerait en 2014 (+1,6 %) puis en 2015 (+1,9 %). Le déficit public, de 3,9 % en 2012, serait ramené à 0,2 % en 2013, cette baisse rapide traduisant surtout des niveaux exceptionnels de dépenses en 2012 puis de recettes en 2013 ; le déficit public serait de 1,2 % PIB en 2014. La dette publique retomberait à 43,9 % PIB en 2013 et à 42,6 % PIB en 2014 (contre 45,4 % PIB en 2012). L’inflation serait limitée à 0,8 % en 2013 puis à 1,2 % en 2014.

Commerce extérieur. Les échanges de biens et de services sont en hausse sur les neuf premiers mois de 2013, avec une hausse des importations (+2,1 %) et des exportations (+1,5 %). En 2013, les exportations danoises ont dépassé leur niveau d’avant-crise.
Environnement. Afin de renforcer la force de frappe à l’exportation du secteur du traitement des eaux usées, la ministre de l’environnement, Ida Auken, propose un plan de fusion des entreprises du secteur, qui comporte plus de 3000 entreprises publiques ou semi-publiques.

Infrastructures. Le financement des futurs investissements publics dans les trains à grande vitesse au Danemark pourrait être mis à mal par l’évolution des prix pétroliers. Ce financement devrait provenir d’un fond public alimenté par des recettes de l’imposition des entreprises pétrolières opérant en Mer du Nord. Or la baisse projetée de ces revenus fiscaux implique un manque à gagner estimé à entre 400 et 800 M euros.

Finlande

Conjoncture. La Banque centrale prévoit une nouvelle nette contraction de l’activité en 2013 (-1 %, après -0,8 % en 2012), du fait de la baisse de la demande intérieure : consommation privée (-0,5 %) et investissement privé (-1,8 %), des exportations (-1,7 %) et d’un déstockage important (-3 pts de contribution à la croissance), en partie compensé par la baisse des importations (-7,3 %). Pour 2014, le PIB croîtrait modérément (+0,6 %), sous l’hypothèse d’une reprise des exportations (+1,7 %).

Finances publiques. Les prévisions économiques de la Banque centrale, sensiblement plus pessimistes que celles contenues dans le cadrage budgétaire 2014 (croissance nominale du PIB de +2 % en 2014 contre +3,6 % dans le PLF du gouvernement), laissent attendre une dégradation plus marquée qu’annoncé de la dette publique (62,4 % PIB en 2014 contre 60,7 % PIB prévu par le gouvernement, et 64,2 % PIB en 2015 contre 62 % PIB prévu).

TIC. La Commission Ministérielle de Politique Economique présidée par le ministre de l’Economie et qui vise à promouvoir l’attractivité du pays, a donné le 11 décembre son feu vert à la construction d’une ligne sous-marine de câble fibre optique reliant la Finlande à l’Allemagne. Ce projet offrirait une alternative au câble actuel unique reliant la Finlande au Danemark. Ce projet s’inscrit dans une stratégie visant à faire de la Finlande un « hub » entre l’Asie et l’Europe.

Islande

Tourisme. Au troisième trimestre 2013, le nombre de visiteurs étrangers qui ont emprunté l’aéroport de Reykjavik (329 000, soit plus que la population islandaise) a crû de 12 % par rapport au troisième trimestre 2012. Cette hausse illustre la montée en puissance du secteur du tourisme, qui deviendrait en 2013 le premier secteur générateur de devises étrangères, devant la pèche et la production d’aluminium. Au troisième trimestre, le solde de la balance commerciale des services s’élève à 46 Mds ISK (soit environ 2,7 % du PIB annuel), en hausse de 11 Mds ISK (soit 0,6 % PIB annuel), contribuant significativement au redressement du solde courant islandais (2,4 % PIB en 2012).

Croissance. L’activité sur les trois premiers trimestres 2013 a crû de 3,1 % par rapport à la même période de 2012, soutenue par des exportations dynamiques (+ 4,2 %), notamment du tourisme. En revanche, la dette des ménages (119 % PIB au 2ème trimestre 2013) continue de peser sur leur consommation (+1,3 %) et l’investissement baisse (-7,1 %), sous l’effet de facteurs temporaires. Les importations ont diminué (-1,9 %), en lien avec la faiblesse de l’investissement.

Norvège

Statoil. La compagnie pétrolière norvégienne a annoncé avec ses partenaires un nouvel investissement de 28 Mds USD pour le champ gazier de Shah-Deniz en Azerbaïdjan et le prolongement du gazoduc SCPX (à travers l’Azerbaïdjan et la Géorgie). Statoil détient 15,5 % de parts dans le consortium, et sa contribution au projet représente 4,3 Mds USD. Cette annonce accompagne celle d’un désengagement partiel de Statoil, qui a vendu 40 % de ses parts.

Norwegian. Les Dreamliners de la compagnie pourraient être interdits de vol car leur enregistrement en Irlande a été rejeté en raison de dossiers incomplets et que la dispense de licence de l’autorité de l’aviation civile norvégienne expire bientôt. La compagnie aérienne à bas coût Norwegian souhaite enregistrer ses Dreamliners en Irlande pour pouvoir employer du personnel de cabine étranger.

Pouvoir d’achat. Selon le cabinet GfK, la Norvège et les pays nordiques bénéficient des niveaux de pouvoir d’achat par habitant les plus élevés d’Europe. Par rapport à un niveau moyen fixé à 100 en Europe, la Norvège se situe à 246 (2ème derrière la Suisse), la Suède à 168 (5ème), le Danemark à 164 (7ème) et la Finlande 151 (10ème) ; à titre de comparaison l’Allemagne se situe à 160 (8ème) et la France à 152 (9ème). Selon l’institut national des statistiques norvégien, la Norvège dispose du plus important volume de consommation par habitant en Europe, 37 % plus élevé que la moyenne des pays de l’UE.

Suède


Conjoncture.
L’institut de conjoncture suédois a publié ses prévisions économiques à l’horizon 2018. En 2013, le PIB aurait crû au même rythme qu’en 2012 (+1,0 % après +0,9 % en 2012, non-cjo), grâce au dynamisme de la consommation des ménages (+1,9 %) et de la consommation publique (+1,2 %), alors que l’investissement et les exportations se sont contractés (resp. -0,9 % et -1,4 %). En 2014, l’activité accélèrerait nettement (+2,5 %), tirée par la reprise de l’investissement (+5,4 %) et dans une moindre mesure des exportations (+2,7 %), la consommation privée accélérant dans la foulée (+3,0 %). La demande interne resterait le principal contributeur à la croissance en 2014 (+3,3 pts de pc PIB) alors que la contribution du commerce extérieur serait négative (-0,6 pts).

Politique monétaire. La Banque centrale a baissé ses taux directeurs de 25 pdb à 0,75 %, et devrait laisser ce niveau inchangé jusqu’à début 2015. Au cours des derniers mois, la Banque centrale a successivement maintenu ses taux d’intérêt inchangés à 1 % malgré la faiblesse de l’activité et de l’inflation, pour freiner l’endettement des ménages, une politique largement critiquée par certains représentants politiques. La Banque centrale justifie sa décision par la révision à la baisse de ses prévisions d’inflation, qui resterait inférieure à 1 % pour une grande partie de l’année 2014.

Finances publiques.
L’agence publique ESV, qui audite les comptes publics, estime que le déficit public atteindra 2,3 % PIB en 2014 (après 1,4 % PIB en 2013) soit son niveau le plus élevé depuis 2000. L’agence estime également que le solde public restera déficitaire jusqu’à 2016. Cette prévision de déficit est plus pessimiste que celle du gouvernement (1,5 % PIB en 2014) alors même qu’une mesure de baisse d’impôt inscrite dans le budget 2014 n’est pas prise en compte ici. En outre, ESV constate que la règle d’un surplus budgétaire de 1 % PIB en moyenne sur la durée du cycle ne pourra pas être respectée sans mesure discrétionnaire appropriée.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 09/02/2015

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