La Quinzaine nordique n°59

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Danemark

Conjoncture. Le PIB danois a progressé de 0,4 % au 3ème trimestre 2013 d’après la première estimation de l’Office danois des statistiques, après +0,6 % au 2ème trimestre. Au total, sur les 3 premiers trimestres 2013, l’activité a crû de 0,1 % par rapport à la même période l’année précédente. La croissance serait avant tout tirée par l’investissement (+3,9 % au 3ème trimestre) et, dans une moindre mesure, par les exportations (+0,9 %) et la consommation publique (+0,6%). La consommation privée reste atone (-0,1 %). L’emploi a crû de 0,4 %, après +0,5 % au 2ème trimestre.

Secteur financier. Le ministre des Entreprises et de la Croissance, Henrik Sass Larsen, a annoncé, à l’occasion de la tenue de la conférence annuelle de l’association des banques (Finansrådet), son intention d’intervenir afin de limiter le recours aux prêts à amortissement in fine, dont l’utilisation massive (ces prêts représentent 57 % de l’encours total de prêts hypothécaires au Danemark) est de plus en plus perçue comme une menace pour la stabilité financière.

Finlande

Finances locales. Sous l’effet de la récession, les recettes fiscales des municipalités baissent en 2013, ce qui s’accentuerait en 2014 avec la réduction des dotations de l’Etat. Le déficit des municipalités serait creusé à -1,1 % PIB en 2014, contre -0,2 % PIB en 2010. La moitié des municipalités ont annoncé pour 2014 une hausse de l’impôt local sur le revenu et, une minorité d’entre elles (40 communes sur 320) sont en train de mener des négociations pour réduire leurs effectifs en 2014. L’assainissement des finances locales serait facilité par une réforme de leurs compétences en matière d’éducation et de santé, ce que le gouvernement vient de commencer à faire avec l’annonce le 29 novembre de 38 mesures destinées à économiser 1,2 Mrds € d’ici 2017.

Chine. La Chine est aujourd’hui le 4ème fournisseur et le 7ème client de la Finlande. La Finlande compte sur sa position de leader sur les CleanTech pour profiter de la nouvelle politique environnementale chinoise. En atteste la récente visite en Chine du Premier ministre finlandais, accompagné d’une délégation de représentants du secteur CleanTech. Concernant les IDE, la Finlande compte plus de 280 sociétés présentes en Chine (notamment dans l’industrie du Bois & Papier).

STX Finland. STX Finland et l’opérateur de ferry dano-germanique Scandlines ont signé mi-juillet 2013 une lettre d’intention pour la construction de deux ferries, pour un montant total estimé entre 500 et 600 M €. Mais STX n’a toujours pas réussi à financer le projet, l’équivalent de Coface en Finlande Finnvera refusant d’accroitre son exposition à STX. Ce blocage intervient lors que le carnet de commandes est limité à 2 ferries en cours de construction et qu’un site de construction (Rauma) a été fermé à l’automne.

Islande

Dette. Conformément à une promesse électorale, le Premier ministre a annoncé un plan de réduction des dettes des ménages islandais. Ce plan s’articulerait en deux leviers : une réduction du principal pour les prêts hypothécaires indexés sur l’inflation (en pratique la hausse du principal depuis 2010 serait annulée dans la limite de 4 M ISK par ménage) et des avantages fiscaux pour les ménages qui utilisent les cotisations retraites employeur pour rembourser leurs dettes hypothécaires.

Norvège

Fonds pétrolier. Le fonds pétrolier a dépassé lundi 2 décembre la barre des 5 000 Mds NOK, soit quasiment 1 M NOK par habitant, 17 ans après le premier abondement de 2 Mds NOK par le Ministère des Finances.

Telenor. L’opérateur téléphonique Telenor a obtenu fin novembre des licences pour la téléphonie mobile en Inde.

Salaires. Le comité Holden-III a rendu son rapport sur le niveau des salaires en Norvège, et prévoit une modération prochaine de la hausse des salaires dans le secteur pétrolier du fait d’une concurrence accrue entre sous-traitant. Selon l’institut statistique norvégien, l’activité pétrolière serait en partie responsable de la forte hausse du coût du travail en Norvège par rapport à ses principaux partenaires commerciaux (+35 % sur dix ans).

Suède

Conjoncture. Au 3ème trimestre, le PIB a crû de 0,1 % après -0,1 % au 2ème trimestre. L’investissement a accéléré (+1,2 % après +0,4 %) et la consommation des ménages a crû modérément (+0,3 %). En revanche les exportations ont continué de baisser (-0,8 %) malgré l’embellie en zone euro. La moindre accumulation de stocks s’est accompagnée d’une diminution des importations (-1,2 %). L’acquis de croissance pour l’ensemble de l’année 2013 s’élève à +0,7 % à l’issue du 3ème trimestre.

Epargne des ménages. En dépit de taux d’intérêt faibles, les particuliers ne cessent d’alimenter leurs comptes épargnes, dont le montant global représente actuellement 35,5 % du PIB, soit plus de 140 Md€. La demande des épargnants conjuguée à l’intensification de la concurrence dans le secteur profitent surtout aux petits établissements bancaires (Länsförsäkringar avec une pdm de 4,5 %, SBAB avec une pdm de 2,3 %, etc…). En effet, la part cumulée des quatre grandes banques locales représente désormais moins de 67% de la valeur des dépôts, contre plus de 80 % au début des années 2000. Swedbank domine le marché avec une pdm de 21,3 %, suivi de SHB (17,6 %), Nordea (15,8 %) et SEB (12 %).

Parité. Si la parité est une réalité dans le monde politique (près de 50 % des ministres du gouvernement Reinfeldt, des députés du parlement suédois et des élus locaux sont des femmes), ce n’est pas le cas dans le privé. En dépit de projets tels que « Battle of the numbers » parrainés par H&M, Ericsson, IKEA, Volvo…, la situation des femmes ne s’améliore que très lentement. Pour l’heure, seulement 15 % des membres du management supérieur des entreprises cotées à la bourse de Stockholm sont des femmes et seulement 23 % des administrateurs (loin de l’objectif de l’UE d’atteindre au moins 40 % d’ici 2017). Face à cette situation inconfortable, certains partis politiques, les Sociaux-démocrates par exemple, menacent d’introduire des mécanismes de quotas (comme en Norvège) si la situation ne s’améliore pas d’ici quelques années.

Infrastructures. L’état des infrastructures, ferroviaires notamment, est un sujet qui alimente régulièrement la presse et qui fait souvent polémique. En effet, en dépit de finances publiques saines, un bon nombre d’observateurs considèrent qu’il existe un véritable déficit d’investissements publics dans ce domaine. Cette vision est soutenue par le cabinet WSP Analys & Strategi, qui considère que la valeur de ces investissements a été réduite de plus de la moitié par rapport aux années 1960, passant d’un niveau équivalent à 4 % du PIB en moyenne à seulement 1,5 % depuis 20 ans. Ainsi, si la valeur du stock d’infrastructures représentait, selon WSP, 80 % du PIB à la fin des années 1970 elle ne représente plus qu’environ 60 % aujourd’hui.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 09/02/2015

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