La Quinzaine nordique n°50 - 3 juillet 2013

Innovation. Trois pays nordiques (la Suède 2ème, la Finlande 6ème et le Danemark 9ème) arrivent dans le haut du classement réalisé par l’école INSEAD, l’université de Cornell et l’organisation internationale de la propriété intellectuelle (WIPO) des pays les plus innovants.

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Danemark

Conjoncture. Révisé de +0,2 % à +0,0 % la semaine dernière par l’institut statistique danois, le chiffre de la croissance au 1er trimestre 2013 confirme les faibles perspectives pour 2013. Nykredit prévoit ainsi une croissance nulle sur 2013, tandis que Danske Bank vient de réviser ses prévisions de +0,4 % à +0,1 %, un chiffre très proche de celui avancé par le Conseil des Sages (+0,2 %). Après le recul de 0,6 % constaté sur le 4ème trimestre 2012, l’économie danoise échappe de peu à une récession technique. Le débat sur l’opportunité de nouvelles mesures de soutien pourrait être relancé à la rentrée, si la croissance ne rebondissait pas au 2ème trimestre.

Chômage. En dépit de l’atonie de la croissance, Eurostat confirme la poursuite de la baisse du chômage au Danemark : après le pic de 8 % observé il y a près d’un an, le taux de chômage est désormais de 6,8 %, soit son plus bas niveau depuis quatre ans. Cette évolution tient pour partie à l’augmentation du nombre d’étudiants qui sont probablement des « chômeurs cachés ».

Environnement. La réforme de la taxation des pesticides est entrée en vigueur au 1er juillet 2013. Celle-ci s’appuie désormais sur la nocivité des principes actifs, déclinée selon trois critères (impact sur la santé des consommateurs, impact sur l’environnement, comportement environnemental). La taxation la plus lourde concerne à présent le Cruiser 350FS de Syngeta, taxé à plus de 2000€/litre.

Finlande

Chômage. En mai 2013, le taux de chômage atteint 8,5 %, soit son niveau le plus haut depuis mai 2010, proche des chiffres de 2009 au plus fort de la crise (8,9 %). Le chômage des jeunes (15-24 ans) atteint 20,9 %, un niveau record depuis avril 2010. Cette croissance continue du nombre de chômeurs depuis 7 mois confirme le ralentissement de l’économie. Toutefois, les chiffres du chômage ne se dégradent pas au même rythme que l’activité en Finlande, puisque les entreprises ont régulièrement recours au chômage temporaire afin de s’assurer de garder leurs salariés lors d’une éventuelle reprise, dans un contexte de vieillissement rapide de la population et de pénurie future de main d’œuvre qualifiée.

Nokia. L’entreprise finlandaise vient de racheter, pour 1,7 Mds€, les 50 % détenus par Siemens dans le cadre de leur co-entreprise Nokia Siemens Network. Au 2013T1, NSN était la seule branche d’activité du groupe dégageant un léger profit opérationnel. NSN représente 48 % des ventes de Nokia pour 60 % des employés (56 700). Fortement impacté par la baisse des prix dans les mobiles et incapable de rivaliser sur les Smartphones avec Samsung ou Apple (la part de marché s’étant effondrée à 5 %), le groupe amorce son changement de stratégie en privilégiant les réseaux et les équipements de télécommunication plutôt que la filière téléphone.

Islande

PIB. Après une année 2012 un peu décevante (+1,6 %, soit un point de moins que le consensus des prévisionnistes en début d’année et seulement la moitié de l’hypothèse sous-jacente au budget pour 2012), l’activité a connu un fort rebond au 1er trimestre 2013 (+4,6 % intégralement lié aux variations de stocks), même si la lecture des comptes nationaux trimestriels est rendue difficile par leur volatilité et même si un repli du PIB au 2ème trimestre 2013 est probable en correction (ou une révision à la baisse du 1er trimestre).

Endettement des ménages. La promesse-phare du nouveau gouvernement (réduire l’endettement des ménages d’environ 20 %, soit l’augmentation du principal liée à son indexation sur l’inflation entre 2007 et 2010) a fait l’objet d’une consultation auprès de plusieurs institutions dont plusieurs se montrent plutôt critiques de cette mesure anti-redistributive et au financement incertain à court terme.

Pétrole. En lien avec l’entreprise islandaise Eykon Energy ehf, la compagnie pétrolière chinoise CNOCC (n°3 de l’exploitation des hydrocarbures en Chine avec près de 100.000 employés) a déposé une demande de licence d’exploration et d’extraction dans la zone du Dragon (au nord de l’Islande). C’est la 1ère fois, et de loin, qu’une entreprise de cette taille dépose un tel dossier.

OCDE. Dans sa revue EDR de l’Islande publiée le 27 juin, l’OCDE s’inquiète, comme l’avait fait le FMI (cf. QN n°49), d’un risque d’essoufflement de la consolidation budgétaire et recommande en particulier de réduire les dépenses dans l’éducation et de contrôler davantage la dépense de santé.

Norvège

Accord de libre-échange US-UE. Si l’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne ne devrait pas voir le jour avant 2014, la Norvège s’interroge déjà sur ses conséquences, au même titre que les autres pays de l’A.E.L.E et le Canada. Selon une étude de l’institut allemand IFO et de la fondation Bertelsmann, l’accord de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne entraînerait la perte de 11.500 emplois en Norvège si ses partenaires européens pouvaient commercer avec les États-Unis dans des conditions plus avantageuses qu’avec elle. La classe politique norvégienne s’interroge donc sur l’opportunité d’engager une discussion avec l’UE en amont, en parallèle ou après l’entrée en vigueur de l’accord. Le ministre de l’économie, Trond Giske, a déclaré que si la Suisse, et dans une moindre mesure l’Islande et le Liechtenstein, ne souhaitaient pas s’unir à la Norvège pour de futures négociations, le pays devrait mener ses propres négociations.

Statoil. La compagnie pétrolière norvégienne a révélé en juin son intention d’investir 63 Mds€ en Norvège et dans le monde d’ici à 2016. L’un des investissements les plus stratégiques sera la construction d’un nouveau gaz-pipe entre l’important champ d’Aasta Hansteen et Nyhamna, près de Kristiansund. Le mois de juin a également vu l’annonce de la signature de plusieurs accords entre Statoil et la compagnie russe Rosneft. Statoil fait partie des sept sociétés étrangères avec lesquelles Rosneft s’est allié. Les contrats signés prévoient des collaborations dans le cadre de prospections d’hydrocarbures en mers de Barents (joint-venture) et d’Okhotsk (1/3 Statoil – 2/3 Rosneft), ainsi que l’exploitation du gaz de schiste dans la région prometteuse de l’oblast de Samara (49 % pour Statoil).

Taux de change. La NOK s’est récemment dépréciée (cf. graphique en annexe 2), franchissant même le 24 juin la barre des 8 NOK/€ pour la 1ère fois depuis décembre 2010. Le ralentissement de la croissance norvégienne, l’annonce du maintien du taux de la Banque centrale à 1,5 % à moyen terme et le tassement du prix du Brent (lié à la fois au ralentissement de l’économie chinoise et à la nouvelle donne énergétique mondiale) sont susceptibles d’expliquer cette dépréciation. Les analystes de la DNB s’attendent à une correction à brève échéance et un retour vers 7,70 NOK/€, si la Banque centrale baisse son taux directeur.

Suède


Almedalen.
Du 30 juin au 7 juillet, toute la Suède (partis politiques, think tanks, monde des affaires…) se réunit, comme chaque année, pour la semaine d’Almedalen sur l’île de Gotland. Cette année, l’emploi, l’éducation et la santé sont au cœur des discours et, selon les enquêtes d’opinion, des attentes des Suédois.

Apprentissage. La Commission européenne a confirmé le 3 juillet la compatibilité du dispositif suédois d’apprentissage avec le droit communautaire (aides d’État). Cette mesure, similaire à des dispositifs existants dans d’autres Etats membres, consiste en un crédit d’impôt au profit de l’employeur et une subvention au coût de formation pour les jeunes (15-24 ans) en apprentissage.

Politique monétaire. En ligne avec les anticipations du marché, la Banque centrale a décidé le 3 juillet de laisser son taux directeur (à 1,0 %) et sa trajectoire prévisionnelle de taux (taux inchangé jusqu’au 2nd semestre 2014) inchangés. Malgré le fléchissement récent de la couronne (cf. graphique en annexe 2), plusieurs industriels et hommes politiques (notamment Johnny Alvarsson, DG d’Indutrade, Sverker Martin-Löf, président d’Industrivärden, et l’ancien Premier ministre Göran Persson) continuent d’insister sur l’importance de limiter l’appréciation du change.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 03/07/2013

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