La Quinzaine nordique n°49 - 20 juin 2013

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Danemark

Conjoncture. Les derniers indicateurs économiques suggèrent une stabilisation de l’économie danoise, sans perspective de réelle reprise à court terme : +0,8 % pour l’indice de la production industrielle et +1,7 % d’exportations de marchandises entre mars et avril ; l’excédent de la balance courante atteint des records sur un an (près de 6 % du PIB) révélant la faiblesse de la demande intérieure ; seule évolution positive, les prix des appartements (+8 %) et des maisons (+1,9 %) ont augmenté sur un an (moyenne nationale).

Accord annuel entre Etat et communes. L’Etat a conclu avec l’Association des Communes (KL), le 13 juin, un accord portant sur le budget des communes pour 2014. La mesure phare est la mise en œuvre à l’été 2014 d’une réforme de l’école publique, qui prévoit notamment un allongement des rythmes scolaires et l’introduction de l’anglais dès la première année à l’école primaire.

SIFIs. Le dernier rapport de stabilité financière de la Banque centrale, paru le 12 juin 2013, indique que les recommandations du Comité sur les SIFIs au Danemark devraient être mises en œuvre « aussi vite que possible ». Pour mémoire, un « Comité SIFIs » avait rendu ses conclusions le 14 mars dernier, identifiant 6 banques systémiques au Danemark : Danske Bank, Nykredit, Nordea Bank Danmark, Jyske Bank, BRFkredit et Sydbank. Ce comité a émis une série de recommandations actuellement en discussion au Parlement danois.

Seuil de pauvreté. La ministre des Affaires Sociales a confirmé, le 7 juin, l’introduction inédite d’un seuil de pauvreté au Danemark. Une personne vivant seule sera désormais considérée comme pauvre si son revenu disponible a été inférieur à 13.800€ par an au cours des trois dernières années. Le montant est porté à près de 21.000€ pour les personnes vivant en couple. Sur la base de ces critères, le Danemark compterait 42 200 pauvres.

Finlande

Prévisions macroéconomiques. La Banque centrale prévoit une contraction du PIB de -0,8 % en 2013 et une croissance faible en 2014 (+0,7 %) et 2015 (+1,4 %). La consommation privée, qui jusqu’ici avait stimulé l’activité (+1,6 % en 2012), est attendue en 2013 en baisse de -0,9 % et l’investissement privé devrait poursuivre sa chute (-3,6 %, après -3,4 % en 2012). Le niveau d’investissement rapporté au PIB devrait atteindre en 2013 son niveau le plus faible depuis 1993 (autours de 16 % du PIB) pesant ainsi sur la croissance potentielle de l’économie finlandaise, évaluée par la Banque de Finlande à seulement +1,4 % (+3 % avant-crise). Ces prévisions remettent en cause la trajectoire des finances publiques avec un déficit de l’Etat et des municipalités de 4,5 % du PIB en 2013 et 4,3 % en 2014. Le ratio de dette publique sur PIB devrait continuer d’augmenter, à 56,9 % fin 2013 et 59,8 % fin 2014.

Conjoncture. L’évolution du chiffre d’affaire dans l’ensemble des secteurs confirme le ralentissement de l’activité. Contrairement au T1 2012, la grande majorité des secteurs de l’économie finlandaise font face à un recul de leur activité aussi bien en volume qu’en valeur. Ainsi, au T1 2013, les ventes, en valeur, du commerce dans son ensemble chutent de 7,5. L’industrie manufacturière et les mines chutent respectivement de -5,9% et -3,7%, le secteur métallurgique étant particulièrement touché avec un recul de 9,7%. En outre, les statistiques sur les nouvelles commandes (indicateur avancé) ne sont guère plus rassurantes. En effet, au T1 2013 les nouvelles commandes dans l’industrie manufacturière ont chuté de 8%, la bonne performance dans l’industrie papier (+6,4%) étant compensée par le recul simultané du secteur du métal (-13%) et celui de la chimie (-5,5%).

Islande

FMI. Le 14 juin, FMI a conclu sa 3ème revue post-programme de l’Islande, soulignant le besoin de mesures complémentaires de consolidation budgétaire pour atteindre les objectifs fixés (excédent public en 2014) et, surtout, l’absence de marges. Le programme de l’alliance gouvernementale prévoit à l’inverse d’alléger la fiscalité (IS, cotisations sociales, taxe sur les pêcheries) et d’augmenter la dépense publique en faveur de l’éducation.

Norvège

Certificats verts. Les communes norvégiennes et l’Etat, qui sont propriétaires des ressources utilisées pour l’hydroélectricité, doivent une partie de leurs revenus aux concessions et aux barrages à travers différents impôts. Du fait de la mise en place des certificats verts et de l’augmentation de la production électrique, les prix sont très bas et les retombées fiscales moindres. Pour Torstein Bye de SSB et Eirik S. Amundsen de l’université de Bergen, l’Etat et les communes pourraient perdre de 13 à 20 milliards de NOK de revenus par an.

Energies renouvelables. Le ministre norvégien du Pétrole et de l’Énergie, Ola Borten Moe (parti du Centre), s’est prononcé publiquement pour l’arrêt pur et simple des subventions aux EnR dans les pays de l’Union Européenne, en présence de Connie Hedegaard, la commissaire au climat de l’UE. Selon le Ministre, une technologie comme l’éolien existe depuis trop longtemps pour qu’elle puisse bénéficier de subventions d’État, qui devraient plutôt profiter au développement de nouvelles technologies comme la capture et le stockage de CO2.

Suède

Retraite. Le 31 mai, Stefan Engström a rendu public son rapport sur le volet par capitalisation du régime de retraite de base (dit « PPM »), 3ème et dernier élément de la revue du système de retraite suédois (après les rapports sur l’âge et sur les fonds de réserve). Il estime que le bon rendement de PPM (+3,5 % en moyenne depuis 15 ans malgré l’explosion de la bulle internet et la crise financière récente) prouve son utilité. Il relève 3 problèmes, déjà identifiés par de nombreux observateurs : la forte dispersion des rendements individuels (à cotisations et revenus égaux, la pension peut varier d’un facteur 5), le nombre de fonds (800) et les coûts trop élevés. Il propose enfin 2 solutions alternatives : élargir la place du fonds par défaut (AP7) ou limiter le nombre de fonds à 10.

Prévisions macroéconomiques. L’institut de la conjoncture (KI) a revu un peu à la hausse ses prévisions de croissance pour la Suède en 2013 (+1,5 %) et 2014 (+2,5 %), prenant en compte les bons chiffres du 1er trimestre 2013 (+0,6 % de croissance trimestrielle) et l’amélioration des enquêtes de conjoncture. Par ailleurs, l’institut a rappelé son appréciation d’une absence de risque immobilier important et son chef-économiste, Jesper Hansson, a même rejeté l’idée (avancée notamment par la Banque centrale) d’un niveau critique d’endettement des ménages. KI souligne néanmoins que si les prix immobiliers baissaient fortement (comme certains économistes l’anticipent), l’impact sur la consommation des ménages et, partant, sur la conjoncture serait important.

Participations de l’Etat. L’Etat suédois ramène sa participation dans la banque Nordea de 13, 4 % à 7,0 % à travers un placement institutionnel accéléré, et dont le produit brut de placement représente 2,25 Mds€. Ce montant, qui inclut une décote de près de 5 % par rapport au cours de clôture du 18 juin, sera entièrement affecté à la réduction de la dette publique.

SAS. La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie pour s’assurer que le soutien financier apporté par les États danois et suédois à la compagnie aérienne scandinave SAS (dont les deux États sont, avec la Norvège, co-actionnaires) était en conformité avec le droit communautaire en matière d’aides d’État.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 20/06/2013

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