La Quinzaine nordique n°48 - 6 juin 2013

Recommandations de la Commission. La Commission européenne a publié le 29 mai les projets de recommandations de politique économique que le Conseil de l’UE examinera courant juin, en vue d’une adoption et d’un envoi aux capitales à l’été. La Norvège et l’Islande, non membres de l’UE, ne sont pas concernées par cet exercice. Les recommandations pour le Danemark, la Finlande et la Suède, se concentrent notamment sur l’importante dette de leur secteur privé.)]

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Danemark

Croissance. Le PIB danois a enregistré une faible croissance de +0,2% au 1er trimestre 2013 (chiffre temporaire, avec une marge d’incertitude de +/- 0,5 pt). Sur un an, il évolue toujours négativement (-0,8%), ce qui laisse supposer que les prévisions du Gouvernement, récemment ramenées à 0,5% sur l’ensemble de l’année 2013, restent optimistes.

Faillite de Better Place. La filiale danoise du groupe s’est déclarée en faillite fin mai 2013, en même temps que la maison-mère israélienne. Le projet, fondé sur une collaboration entre Renault, qui livrait la Fluence Z.E., et dans lequel l’énergéticien danois DONG a investi, reposait sur la mise en place d’une infrastructure de changement rapide de batterie à l’échelle d’un pays.

Politique commerciale. Les cinq ministres du commerce extérieur, des entreprises et de la croissance, des affaires européennes, du développement et de l’agriculture ont lancé conjointement le 31 mai la nouvelle stratégie de politique commerciale danoise. Promouvant un libre échange équitable, la stratégie mise sur les nouveaux accords de libre-échange au sein de l’UE et la lutte contre le protectionnisme dans le cadre de l’OMC, notamment la libéralisation du commerce de biens et services environnementaux.

Finlande

Chômage. Le taux de chômage a atteint 8,8% en avril 2013 contre 8,4% en avril 2012. Le taux de chômage des 15-24 ans, qui a atteint 19,9% en mars 2013, est à son niveau le plus haut depuis octobre 2011, après 9 mois consécutifs de hausse. Ce chiffre reste toutefois inférieur à ceux constatés pour la zone euro (24%) et l’UE-27 (23,5%). De fait, le gouvernement Katainen a décidé de renforcer, à partir du 1er janvier 2013, le dispositif « Garantie Jeunes », instauré en 2005, qui vise à ce que toute personne de moins de 25 ans, ou tout jeune diplômé de moins de 30 ans, se voit proposer dans les trois mois suivant son inscription au chômage, un travail, un stage, une formation ou un atelier professionnel.

Crédits. La croissance du crédit aux ménages a ralenti au premier trimestre 2013, avec une hausse de 4,15% sur un an, soit le plus faible niveau de croissance annuelle depuis le début des années 2000. C’est notamment le crédit à la consommation qui a fléchi (+1,8% au T1 2013 contre +3,5% au T4 2012) et, dans une moindre mesure, le crédit immobilier.

Islande

Nouveau gouvernement. Le Parti du Progrès (PP) et le Parti de l’Indépendance (PI) ont formé un gouvernement de centre droit le 24 mai. Constitué de neuf ministres, dont quatre pour le PP, y compris le Premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson, et cinq pour le PI, la re-création de deux portefeuilles séparés (pour la pêche et l’agriculture d’une part, l’industrie et le commerce de l’autre) reflètent la priorité donnée par le nouvel exécutif à ces secteurs et à la reprise de l’investissement, notamment dans la grande industrie. En outre, la suppression d’un ministère autonome de l’environnement signale une moindre précaution dans ce domaine. La plateforme de gouvernement définit, sans annoncer de mesure précise, les priorités de l’action gouvernementale : réduction de l’endettement des ménages, rigueur budgétaire (mais assortie d’une correction de la progressivité de l’impôt introduite par le précédent gouvernement), gel de la candidature à l’UE (dans l’attente d’un référendum - à une date non spécifiée – sur la poursuite des négociations). Seules quelques décisions emblématiques seront prises dès cet été : suppression de la hausse sur la redevance de pêche et de la TVA sur le tourisme. Les modalités de la baisse de la dette des particuliers, notamment, sont renvoyées à un comité.

Contrôle des changes. Le nouveau Premier ministre a annoncé, le 28 mai, qu’un plan de sortie du contrôle des changes serait adopté en septembre. Le ministre des Finances et de l’Economie, Bjarni Benediktsson, également président du PI, a précisé que le gouvernement ne pouvait envisager la levée du contrôle avant de connaître les intentions des créanciers étrangers (sur la vente des actifs des anciennes banques islandaises), opinion partagée par le Gouverneur de la Banque centrale islandaise, Mar Gudmundsson. S’agissant du maintien de la couronne islandaise à long terme, M. Benediktsson a estimé que les autorités islandaises devraient sans doute maintenir indéfiniment certaines restrictions pour pouvoir gérer la monnaie islandaise.

Norvège

Telenor/Bangladesh. L’opérateur téléphonique norvégien, à travers sa filiale locale Grameenphone, est devenu l’an dernier le plus important contributeur d’impôt sur les sociétés du Bangladesh. Il a été à l’origine de 5% des recettes fiscales du pays. Depuis 1996, l’opérateur a versé 22,8 Mrds de NOK d’impôts à l’État bengali, soit l’équivalent de 200 années de l’aide au développement que la Norvège verse chaque année au pays.

Taux d’épargne. Les ménages norvégiens ont épargné 105 Mrds de NOK en 2012, soit 18 Mrds de plus que l’année précédente. La tendance s’est poursuivie à la hausse en 2013 puisque sur les premiers mois de l’année le taux d’épargne était de 8,7% contre 8,5% en moyenne en 2012. Cette hausse se traduit souvent par des remboursements accélérés de prêts. Si la confiance des ménages dans l’économie norvégienne n’est pas entamée, c’est surtout le discours des politiques insistant sur le fait que la Norvège n’est pas un îlot isolé qui pousse les foyers à épargner davantage.

Monétique. Le Norvégien moyen de plus de 15 ans a utilisé sa carte bancaire au moins une fois par jour en 2012, en augmentation de 60% sur 5 ans et 300% depuis l’an 2000. Le montant moyen payé était de 455 NOK. Selon la banque centrale norvégienne, seule l’Islande a enregistré plus de transactions par cartes et par personne en 2011. Depuis l’an 2000, l’utilisation des cartes à l’étranger a été multipliée par 8.

Suède

Croissance. Avec +0,6% en évolution trimestrielle et +1,7% en glissement annuel, contre respectivement +0,3% et +1,3% anticipés, la croissance du PIB a à nouveau surpris à la hausse au T1. Cette forte progression tient essentiellement à la très bonne tenue de la consommation des ménages (+0,9% en évolution trimestrielle), comme au trimestre précédent, tandis que l’investissement (-2,8%) comme les échanges extérieurs (-1,4% pour les exportations et -1,7% pour les importations) sont en net repli.

Revue annuelle par le FMI. A l’issue de son examen annuel du pays, le FMI a souligné le ralentissement conjoncturel que traverse la Suède et l’existence de certains facteurs de risque, notamment liés au niveau d’endettement élevé des ménages suédois (170% de leur revenu disponible brut). Le FMI appelle à renforcer encore les mesures visant à préserver la stabilité financière (amortissement des prêts, durcissement des exigences pesant sur les banques, réflexion à relancer sur la déductibilité des intérêts d’emprunt etc.).

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 05/06/2013

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