La Quinzaine nordique n°47 - 22 mai 2013

Modèle nordique. Un récent rapport de l’ONG Save the Children place les pays nordiques en tête (Finlande n°1, Suède n°2, Norvège n°3, Islande n°4 et Danemark n°6) pour le bien-être des bébés et des mères au moment de la naissance.

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Danemark

Commerce avec le Brésil. La ministre du commerce extérieur est en visite au Brésil pour promouvoir les exportations danoises, notamment dans les secteurs pharmacie et santé. Malgré une forte croissance des exportations l’an dernier, le Brésil ne représentait que 1 % des exportations danoises de marchandises en 2012. Le Danemark a récemment multiplié les efforts vers ce pays dans le cadre de sa stratégie export vers les pays à forte croissance et souhaite renforcer le partenariat bilatéral par l’ouverture prochaine d’un centre danois d’innovation à Sao Paulo.

Groenland. Le nouveau gouvernement du territoire, élu il y a un mois, a présenté une nouvelle stratégie minière. Outre la renégociation de la loi sur les projets à grande échelle, dans un sens plus favorable aux syndicats, le gouvernement envisage de lever la « tolérance zéro » pour l’extraction d’uranium, qui entrave plusieurs projets de mines de terres rares. La fiscalité des entreprises minières devrait également évoluer, avec l’introduction de redevances compensées par une baisse de l’impôt sur les sociétés.

Finlande

Notation. Fitch Ratings a maintenu le 3 mai sa notation de la Finlande en se fondant « sur la solidité des finances publiques du pays malgré les contraintes liées au vieillissement de la population, sur une gouvernance forte, un service de la dette impeccable, un revenu élevé par habitant, une position d’investissement international nette positive ». Pour autant, la croissance reste faible et fragile dans le contexte européen actuel (projection de la Commission : +0,3 % en 2013 et +1 % en 2014) et les réformes structurelles (retraites, marché du travail, amélioration de la compétitivité) restent à mettre en œuvre, en vue de réduire une dépense publique sur PIB très élevée (58 % prévu en 2014 selon Fitch).

Salaires. Au 1er trimestre, les salaires, tous secteurs compris, ont vu leur progression ralentir à +1,1 % en glissement annuel, contre +2,1 % au trimestre précédent. Il s’agit du rythme de croissance des salaires le plus faible depuis début 2010. Toutefois, le secteur des services sociaux et de santé continue d’enregistrer une forte hausse (+5,9 %) alors que le secteur industriel voit une baisse forte pour le troisième trimestre consécutif (-2,2 % après -1 % et -2,3 %). Enfin, on assiste à un ralentissement de la progression des salaires dans le secteur public (+1 % contre +2,5 % au 2012T4).

Environnement. Les données préliminaires de 2012 relatives aux émissions de CO2 sur le territoire finlandais, font état d’une baisse significative de 8,3% sur un an soit 5,7 M de tonnes de CO2. De fait, les émissions de CO2 représentaient 61,4 M de tonnes de dioxyde de carbone en 2012 contre 67 M en 2011, soit le niveau le plus faible enregistré depuis 1990. Il s’agit de la deuxième année consécutive de baisse, l’année 2011 ayant déjà connue une chute importante des émissions de 10,1%. Au niveau sectoriel, les plus fortes baisses sont imputables à l’industrie (-10,5% sur un an) et à l’énergie (-9,2%), ce dernier secteur représentant 79% des émissions totales. La chute concernant le secteur énergétique s’explique à la fois par une réduction de la consommation de charbon et de tourbes, et par une hausse de l’électricité importée. Le ralentissement de l’activité économique, en 2012, ayant également contribué à la diminution globale des émissions.

Islande

Politique monétaire. Le 15 mai, la Banque centrale a revu ses prévisions de croissance à la baisse pour 2013 (+1,8 %) et 2014 (+3,0 %), et a décidé de laisser ses taux directeurs inchangés, à 6 % pour son principal taux (prêt à 7 jours contre collatéral). L’inflation (+3,3 % en avril) et les anticipations de marché (+4 % à un et deux ans) se sont un peu normalisé, même si elles restent supérieures à la cible de la Banque centrale (+2,5 %).

Bourse. Le 8 mai, la bourse de Reykjavik (gérée par Nasdaq OMX) a vu une nouvelle introduction avec la petite compagnie d’assurance TM, portant le nombre d’entreprises islandaises cotées à 7. La crise financière de 2008 avait vu l’effondrement du marché avec la disparition de la quasi-totalité des cotations.

Aluminium. Dans un communiqué, l’entreprise d’aluminium Rio Tinto Alcan annonce avoir revu à la baisse son projet d’augmentation de la production à l’usine de Straumsvík (sud-ouest), qui passera de 190 milles tonnes par an à 205 milles tonnes, soit un accroissement de +8 % au lieu de +20 %. L’entreprise invoque des coûts imprévus, ainsi que la nécessité d’investir dans les mines au niveau mondial. Selon certains analystes, l’électricité disponible pourrait servir à l’usine de Helguvik (Century - Nordural), en cours de construction à l’extrême sud-ouest du pays.

Norvège

Pétrole. Sur demande de la Commission européenne, l’autorité de supervision de l’AELE (ASE) a procédé le 14 mai à une inspection surprise au siège social de Statoil, avec l’assistance de l’autorité norvégienne de la concurrence. Statoil est soupçonné d’avoir violé le processus de fixation des prix de l’indice Platts MOC (l’un des principaux fournisseurs mondiaux d’informations sur l’énergie, les produits pétrochimiques et les métaux). Statoil pourrait s’être entendu sur les prix avec BP et Shell, eux-mêmes également perquisitionnés. Ces violations pourraient avoir eu cours depuis 2002. Statoil, qui s’est engagé à coopérer avec l’ASE, risque jusqu’à 9 Mds€ d’amende, soit 10 % de son CA 2012.

Pétrole. Le français Technip a remporté auprès de Statoil un contrat d’ingénierie, de fourniture des équipements, de construction et d’installation pour le développement du champ Norne, situé en mer de Norvège à une profondeur d’environ 380 mètres. Les risers seront fabriqués par FlexiFrance, l’usine du groupe au Trait (Seine maritime). L’installation en mer fera appel au « Normand Progress », navire de la flotte de Technip spécialisé dans la pose de conduites flexibles.

Construction. Le secteur de la construction se porte bien en Norvège avec une hausse de +4 % sur un an au 1er trimestre 2013. Le principal moteur est le secteur des travaux publics (+7,2 %) qui est en nette progression depuis 2011 (cf. graphique ci-dessous).

Suède

Finances publiques. Dans son rapport annuel publié le 15 mai, le Conseil d’analyse économique suédois (Finanspolitiska Rådet) a félicité le gouvernement (et plus particulièrement son ministre des finances, Anders Borg) pour sa bonne gestion des finances publiques. Contrairement à de nombreux universitaires critiques, le Conseil estime que l’objectif suédois d’excédent public de +1 % du PIB doit être conservé… mais qu’une analyse de sa pertinence et de son remplacement possible doit être conduite.

Austérité vs croissance. En amont du Conseil Ecofin du 14 mai, le ministre des finances, Anders Borg, a appelé l’UE à un assouplissement de la politique budgétaire (en privilégiant les baisses d’impôt et les dépenses de formation) pour soutenir la faible croissance. Il a ainsi soutenu le report dans le temps de la consolidation, mais aussi appelé à une politique de relance pour les Etats membres disposant de marges, comme par exemple la Suède. Pour autant, le ministre a estimé que l’effort de réformes structurelles devait se poursuivre.

Immobilier. Le Conseil d’analyse économique suédois estime que les prix sur le marché immobilier suédois sont surévalués d’environ 15-20 %. De son côté, la banque allemande Commerzbank a placé la Suède (et la Finlande) au sommet des pays européens qui risquent un « crack » immobilier et anticipe une correction prochaine. Alors que les taux d’intérêt (directeurs comme immobiliers) sont à des plus bas historiques et que la construction de nouveaux logements dans les grandes agglomérations reste inférieure à l’augmentation de population, les perspectives de court terme restent pourtant plutôt inflationnistes, comme en témoignent par ailleurs les anticipations des ménages (par exemple dans l’enquête de la banque SEB). Pour limiter le risque pour la stabilité financière, le superviseur suédois (FI) a introduit le 21 mai un plancher (en pilier 2) de 15 % pour la pondération du risque lié aux crédits hypothécaires.

Politique monétaire. En remplacement de Lars E. O. Svensson et Barbro Wickman-Parak, le Conseil de surveillance de la Riksbank a nommé aujourd’hui comme sous-gouverneurs Cecilia Skingsley, cheffe-économiste de Swedbank, et Martin Flodén, professeur d’économie à l’université de Stockholm. En amont de la réunion du Conseil en avril, Cecilia Skingsley estimait une baisse des taux directeurs pertinente.


Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 23/05/2013

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