La Quinzaine nordique n°46 - 8 mai 2013

Prévisions macroéconomiques. A l’occasion de ses « prévisions de printemps » publiées le 3 mai, la Commission européenne a marginalement revu ses prévisions de croissance pour les pays nordiques. Elle anticipe pour 2013 une croissance limitée en Finlande (+0,3 %) et au Danemark (+0,7 %), plus dynamique en Suède (+1,5 %), en Islande (+1,8 %) et en Norvège (+2,6 %). Pour 2014, la croissance devrait connaître un rebond hétérogène dans la zone (+1,0 % en Finlande, +1,7 % au Danemark, +2,5 % en Suède, +3,0 % en Islande), hors Norvège où la croissance resterait forte (+2,5 %).

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Danemark

Finances publiques. Le Programme de convergence transmis à la Commission européenne et publié le 30 avril repose sur une hypothèse de croissance de +0,7 % en 2013. En dépit d’une conjoncture plus dégradée qu’anticipé, le déficit public a atteint comme prévu -4,1 % du PIB pour 2012, son creusement par rapport à 2011 (-2,0 %) s’expliquant par le remboursement exceptionnel de cotisations préretraite (1,5 point de PIB) et par l’accélération du programme d’investissements publics (0,6 point de PIB). Une mesure débouchant sur des recettes exceptionnelles en 2013 et 2014, contenue dans la réforme fiscale adoptée en 2012, contribuerait à ramener le déficit à -1,7 % en 2013 et -1,8 % en 2014. Cette situation ouvrirait la voie à une levée de la procédure pour déficit excessif (lancée en 2010).

Conjoncture. Les derniers indicateurs sont plutôt encourageants : -12 % de défaillances d’entreprises et -3 % de ventes forcées sur la période février-avril comparé à novembre-janvier ; production industrielle en hausse de +2 % pour janvier-mars comparé à octobre-décembre ; taux de chômage en baisse, à 7,2 % en mars.

Agroalimentaire. Commandé par le gouvernement, le rapport sur la « croissance dans les produits alimentaires » rédigé sous la présidence du PDG d’Arla Foods a été publié fin avril. Les principales mesures préconisées visent à réduire la régulation environnementale et sanitaire, jugée excessivement contraignante par rapport aux enjeux de santé publique. Le volet recherche occupe également une grande place, l’accent étant particulièrement mis sur le déficit d’image dont souffrent les industries agroalimentaires auprès des étudiants.

Finlande

Finances publiques. Soumis fin avril par le gouvernement finlandais aux autorités de Bruxelles, le nouveau programme de stabilité (2013-2017) révise à la baisse les prévisions de croissance économique avec une progression du PIB de 0,4% en 2013 contre 1,5% prévu il y a un an, et une « reprise » retardée d’un an, en 2014 (+1,6%), suivie d’une période de croissance molle, de 2015 (2,1%) à 2017 (+1,7%). L’environnement économique à la fois domestique et international (l’Europe absorbe 70% des exportations finlandaises), pèsera sur la croissance. Dans ces conditions, le solde structurel des finances publiques qui était positif lors du programme précédent (+0,8% en 2013, +0,6% en 2016), devient négatif (-0,7% en 2013, -0,5% en 2016 et en 2017). La Finlande remplit toutefois l’objectif d’un déficit structurel qui ne doit pas excéder 0,5% du PIB en 2017, prévu par le Pacte budgétaire.

IDE finlandais. L’institut de la statistique indique qu’en 2011 les entreprises finlandaises comptaient 4.600 filiales dans 119 pays, employant 585.000 personnes et réalisant un chiffre d’affaires (y compris intra-groupes) de 171 Mds€. Ces investissements sont pour l’essentiel en Europe, soit 366.000 salariés (dont 283 000 dans l’UE). La Suède est le 1er pays de destination avec 561 filiales, 71.320 salariés et 33 Mds€ de CA. La France représente 110 filiales, 12.290 salariés et 4,8 Mds€ de CA. Enfin, au plan sectoriel, l’industrie domine avec 387.000 salariés et un CA de 100 Mds€, suivi du commerce et des TIC.

Islande

Elections. A l’issue des élections législatives du 27 avril, le gouvernement sortant (sociaux-démocrates et gauches-verts) est largement battu, avec 16 sièges (sur un total de 63 et contre 34 en 2009) tandis que le parti du progrès (centre-droit) gagne 19 sièges (contre 9 en 2009) et devrait former prochainement un gouvernement avec le parti de l’indépendance (19 sièges contre 16 en 2009). Le programme économique de ce gouvernement devrait être axé sur des baisses d’impôt (IR sur la 1ère tranche, suppression de l’ISF), une politique plus favorable aux IDE et à des privatisations (Landsvirkjun, l’énergéticien public, et Landsbankinn, la 1ère banque) et des réductions de dettes hypothécaires pour les ménages gagées par une décote sur les créanciers des « anciennes » banques mises en faillite.

Norvège

Fiscalité. Dans son budget révisé pour 2013, présenté au Parlement le 7 mai, le gouvernement propose une réduction du taux de l’IS, de 28 à 27 %. Cependant, les taux des taxes spéciales sur l’extraction du pétrole et sur les centrales hydroélectriques seront augmentés d’un point (à 51 % et 31 % respectivement), laissant le taux d’imposition cumulé inchangé pour les entreprises concernées par la taxe spéciale. Le projet prévoit également une augmentation du crédit d’impôt pour la R&D et l’introduction d’un amortissement accéléré la première année pour les machines industrielles.

Transport aérien. La compagnie aérienne scandinave SAS a vendu le 3 mai 80 % des parts de Widerøe à un consortium constitué de Fjord1 (compagnie de ferries), Torghatten (compagnie de transports opérant des ferries, des bateaux express et des cars) et le comté de Nordland. Pour l’instant, SAS conserve 20 % des parts de Widerøe mais souhaite les vendre d’ici 2016 (pour un montant total estimé à 300 M€). La vente de Widerøe était l’une des conditions du gouvernement norvégien à son aide à SAS.

Bois-papier. Le 29 avril, le gouvernement a présenté un paquet de soutien à l’industrie forestière et papetière de près de 33 M€ et une dotation supplémentaire de 66 M€ à Investinor spécialement pour ce secteur. Loin de régler le problème de faible compétitivité de cette activité, ce paquet doit tout de même encourager l’industrie à développer, à terme, des produits rentables et qui ont un potentiel commercial à travers notamment un accent mis sur la R&D.

Voitures électriques. Selon les immatriculations de véhicules neufs d’avril 2013, une voiture électrique arrive, pour la 1ère fois, en 2ème position des modèles vendus sur le marché norvégien. La Nissan Leaf s’est en effet écoulée à 455 exemplaires, soit 3,5 % du total des ventes contre 2,4 % un an plus tôt. L’organisation Grønn bil se félicite de ces chiffres et s’attend à voir prochainement un modèle électrique arriver en tête des ventes, notamment avec l’arrivée sur le marché d’un nouveau modèle Tesla et du 1er modèle BMW. Au rythme actuel, le nombre de voitures électriques en circulation en Norvège pourrait atteindre 50.000 en 2016.

Suède

Finances publiques. Les documents transmis par la Suède à la Commission dans le cadre du semestre européen (programme de convergence et programme national de réformes) ne contiennent aucune information nouvelle et reprennent les éléments du budget « de printemps » présenté le 15 avril (cf. QN n°45) et, surtout, les réformes votées en LFI 2013, en particulier la baisse du taux de l’IS.

Austérité vs croissance. En réaction à la contestation de l’article de Rogoff et Reinhart (qui estimaient que la croissance du PIB était moindre lorsque la dette publique dépassait 90 % du PIB), le ministre des finances, Anders Borg, comme la porte-parole des sociaux-démocrates pour les questions économiques, Magdalena Andersson, ont estimé que l’objectif suédois d’un excédent public de +1 % du PIB ne devait pas être remis en question. Pour autant, la Suède utilise les marges budgétaires disponibles pour soutenir l’activité : le budget pour 2013 a ainsi vu un effort de relance de 0,7 point de PIB et le gouvernement a annoncé que le PLF 2014 offrirait un nouveau soutien budgétaire.

Libre-échange UE-US. La ministre du commerce extérieur, Ewa Björling, a rappelé que les liens économiques avec les États-Unis (présence de filiales et exportations) représentent 300.000 emplois en Suède (soit 6,4 % de l’emploi total), un chiffre dont elle estime qu’il augmenterait fortement suite à la signature d’un accord de libre-échange entre l’UE et les États-Unis (dont la négociation devrait commencer prochainement). La ministre critique donc les réticences à cet accord, visant explicitement la France.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 08/05/2013

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