La Quinzaine nordique n°45 - 24 avril 2013

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Prévisions macroéconomiques. A l’occasion de son World Economic Outlook d’avril, le FMI a revu ses prévisions de croissance à la baisse pour les pays nordiques (sauf la Norvège) pour 2013 (+0,8 % au Danemark, +0,5 % en Finlande, +1,0 % en Suède, +1,9 % en Islande) et 2014 (+1,3 % au Danemark, +1,2 % en Finlande, +2,2 % en Suède, +2,1 % en Islande).

Déséquilibres macroéconomiques. Dans le cadre de la procédure européenne relative aux déséquilibres macroéconomiques excessifs (mise en place par le 6-Pack), les pays nordiques membres de l’UE (Danemark, Finlande et Suède) ont fait l’objet d’une analyse approfondie par la Commission, au titre de l’importante dette de leur secteur privé et de leurs pertes de parts de marché à l’export. La Norvège et l’Islande, non membres de l’UE, présentent des déséquilibres macroéconomiques similaires.

Danemark

Plan croissance. Les principaux partis sont parvenus à un accord sur le premier volet du Plan de croissance (« Vækstplan I »), qui inclut le principe d’une réforme de l’allocation étudiante et de l’aide sociale (kontanthjælp). La première est diminuée de -11 %, les conditions d’octroi de l’aide sociale étant durcies, avec réduction des montants dans certains cas et renforcement des sanctions des bénéficiaires refusant des offres de formation ou d’emploi. Les économies générées (400 M€ par an d’ici 2020) contribueraient notamment à financer l’abaissement de 25 % à 22 % du taux de l’IS sur 2014-2016. L’accord comporte également des réductions de taxes dans l’hôtellerie et sur les sodas et les bières (108 M€) et réintroduit les aides aux emplois à domicile et à l’artisanat (boligjobordingen) supprimées fin 2012 (pour 216 M€), en étendant le dispositif aux résidences secondaires. Les négociations se poursuivent sur les autres éléments du Plan croissance.

Déséquilibres macroéconomiques. Dans le cadre de la procédure européenne relative aux déséquilibres macroéconomiques excessifs, le Danemark a fait l’objet d’une analyse approfondie par la Commission. La dette du secteur privé se réduit, mais à un rythme lent, et la dette des ménages atteignait encore 286 % du RDB en 2011. De plus, les prêts à amortissement in fine et à taux variable représentent respectivement 56 % et 68 % de l’encours fin 2012. La Commission relie le 2nd déséquilibre analysé, la perte de parts de marché à l’export (-16,9 %), à la hausse constante des salaires lors de la dernière décennie. Ces deux défis appellent selon la Commission une « réponse de politique économique ».

Finlande

Conjoncture. La contraction de la production nationale s’accentue en janvier, soit 2,3 % sur un an, après -1,7 % en décembre et un recul depuis mai 2012. La production industrielle chute de -6 % en février sur un an. Plus inquiétant encore, la forte baisse des nouvelles commandes passées à l’industrie se poursuit en février, soit -9,7 % sur un an. Ce contexte difficile explique sans doute la modération salariale qui caractérise désormais le secteur manufacturier, soit une chute de 4,2 % des salaires sur décembre-février, par rapport à il y a un an. En revanche, d’après les enquêtes de conjoncture, l’activité pourrait connaître un léger mieux dans les prochains mois.

Déséquilibres macroéconomiques. La Finlande affiche une forte diminution (-22,9 %) de sa part dans les exportations mondiales entre 2007 et 2011, ainsi qu’une hausse de ses coûts salariaux unitaires sur 3 ans (+9,1 %). La perte de compétitivité du pays est liée à la fois la restructuration de son appareil industriel (TIC, bois-papier), la difficulté de trouver de nouveaux relais de croissance (faible traduction de la R&D en produits marchands) et à des accords salariaux trop généreux par le passé. La Finlande est aussi en situation de déséquilibre interne mais de manière moins préoccupante, du moins dans l’immédiat, au regard de son endettement privé soit 179 % du PIB (pour une moyenne européenne de 160 %), dont une dette des ménages, essentiellement immobilière, de 120 % du RDB (contre 65 % en 2000). Une poursuite de cet endettement serait d’autant plus inquiétante que la quasi-totalité de la dette immobilière est à taux variable.

Islande

Accord de libre-échange avec la Chine. La Première ministre islandaise, Jóhanna Sigurdardóttir, s’est rendue avec le ministre des affaires étrangères à Pékin, du 15 au 18 avril, pour signer un accord de libre-échange qui lèvera la presque totalité des droits de douane entre les deux États dès son entrée en vigueur prévue début 2014. L’accord s’accompagne d’une « déclaration » prônant le renforcement du dialogue et de la coopération en matière de droits de l’Homme.

Prévisions macroéconomiques. L’institut de la statistique (et de la conjoncture) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013 (+1,9 %, en ligne avec d’autres prévisions récentes) et 2014 (+2,7 %, très en-dessous de la dernière prévision de la Banque centrale). L’institut anticipe notamment que la faiblesse de l’investissement se poursuivra.

Norvège

Transports. Le nouveau Plan national des transports (PNT) a été présenté le 12 avril 2013 par le Premier ministre, Jens Stoltenberg, et la ministre des transports, Marit Arnstad. Il doit couvrir la période 2014 à 2023 et présente un budget en forte expansion (+50 %). Sur un total de 508 Mds NOK, 60 % sera consacré à la route et 1/3 au ferroviaire. Même s’il s’agit d’un cadre « glissant », révisé tous les quatre ans, il permet de lancer des projets et de connaître les axes prioritaires. Pour assurer le financement à long terme des projets, le Parlement votera désormais, en même temps que l’adoption du projet, l’intégralité du budget qui lui sera consacré. A noter que le secteur aéroportuaire est autofinancé et ne figure donc pas dans ce plan.

Transport aérien. Finnair a annoncé la vente de ses parts de Norwegian (4,69 %) le 22 avril pour un montant de 54 M€ et un bénéfice de 34 M€. Finnair était le 3ème plus gros actionnaire mais n’avait jamais obtenu un poste au conseil d’administration de Norwegian. Par ailleurs, les activités respectives de Finnair et de Norwegian devenaient de plus en plus concurrentes en Finlande et à destination de l’Asie. Suite à cette vente, le cours de l’action Norwegian a crû de +5,5 %, à 260,6 NOK.

Suède

Politique monétaire. Le 17 avril, la Banque centrale a décidé de laisser son taux directeur inchangé, à 1,0 %, mais a de nouveau revu à la baisse sa trajectoire indicative. Le taux directeur resterait ainsi à 1,0 % jusqu’à l’été 2014. Cet assouplissement des perspectives de la politique monétaire ne tient pas une dégradation de la conjoncture (la Banque centrale a même revu sa prévision de croissance un peu à la hausse pour 2013, à +1,4 %) mais à la faiblesse observée et anticipée de l’inflation (+1,0 % en 2013 hors charges des intérêts d’emprunt). Fidèles à leur habitude, les sous-gouverneurs Karolina Ekholm et Lars E. O. Svensson, favorables à une baisse du taux directeur, ont voté contre cette décision.

Politique budgétaire. Le 15 avril, le ministre des finances, Anders Borg, a présenté au Parlement le projet de loi de programmation pluriannuelle des finances publiques (dit budget « de printemps ») pour 2013-2016. Il revoit notamment à la baisse sa prévision de croissance pour 2014 (+2,2 %%, en ligne avec l’institut de la conjoncture et en-dessous du consensus forecast et des institutions internationales) et laisse jouer les stabilisateurs automatiques, dégradant le solde public (-1,6 % du PIB en 2013, -1,0 % en 2014 ; retour à l’équilibre en 2015, comme prévu en LFI 2013). En termes de mesures, ce budget offre une relance budgétaire très limitée (3 Mds SEK dont 1 Md SEK en 2013, hors redéploiement de crédits, soit environ 0,02 % du PIB) mais annonce une marge de manœuvre supplémentaire qui fera l’objet de propositions en PLF 2014.

Déséquilibres macroéconomiques. La Suède fait l’objet d’un suivi approfondi au titre du fort excédent courant, des pertes de parts de marché, de l’inflation immobilière (même si cet indicateur est en 2011 inférieur au seuil d’alerte) et de dette privée. La Commission estime que ces déséquilibres comportent un risque faible (stabilisation en cours du marché immobilier, endettement privé jugé soutenable, tant pour les entreprises que pour les ménages) mais suggèrent plusieurs mesures (réduction progressive de la déductibilité des intérêts d’emprunt, exigences d’amortissement, libéralisation du marché locatif, flexibilisation de l’offre de logements).

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Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité des ambassades de France dans les pays nordiques ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 25/04/2013

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