La Quinzaine nordique n°44 - 10 avril 2013

Conjoncture. Les enquêtes de conjoncture, qui avaient fortement baissé dans les pays nordiques à partir du 2ème trimestre 2012, sont reparties légèrement à la hausse fin 2012 et début 2013. Pour autant, en dehors de la Norvège, la croissance devrait rester limitée en 2013, bien que supérieure à la moyenne de la zone euro.

JPEG

Danemark

PIB. Le PIB a été révisé à la hausse et n’aurait ainsi baissé que de -0,7 % au 4ème trimestre 2012, contre -0,9 % annoncé précédemment. Le recul du PIB sur l’ensemble de l’année 2012 est de -0,5 % (contre -0,6 % annoncé précédemment).

Déficit et dette public. Déficit de -4 % du PIB en 2012 contre -1,8 % en 2011. La limite des 3 % est dépassée du fait du remboursement des cotisations de préretraite, qui équivaut à 1,6 point de PIB. La dette publique a en revanche baissé, de 46,4 % en 2011 à 45,8 % en 2012 La dette publique a pour autant baissé, de 46,4 % en 2011 à 45,8 % en 2012, l’Etat ayant puisé sur la réserve accumulée en 2008 (ressource non prise en compte dans le calcul du déficit maastrichtien mais qui vient bien réduire l’augmentation de dette publique).

Conjoncture. Après une mauvaise fin d’année 2012, la croissance danoise s’annonce au mieux faible sur le 1er trimestre 2013 : les exportations se maintiennent sur les trois derniers mois (+0,2 %) tirées par les exportations hors UE (+3 %), l’indice de production industrielle, en baisse en février (-4,9 %), reste légèrement positif sur les trois derniers mois (+0,7 %). Dans une conjoncture toujours très fragile, le taux de chômage reste stable, à 7,4 % depuis décembre.

Politique énergétique. Comme prévu dans le plan énergie 2012-2020, le gouvernement a présenté au début du mois d’avril son plan pour le développement des « smart grids » au Danemark. Celui-ci repose particulièrement sur l’installation de compteurs horaires qui, combinés avec des tarifs variables en fonction de la disponibilité de l’électricité, permettront une plus grande flexibilité de la consommation. En revanche, le volet financement fait encore débat.

Finlande

Confiance des consommateurs. Depuis le début de l’année, l’indice confectionné par Statistics Finland traduit une amélioration de la confiance des consommateurs, puisqu’il est passé de 3,5 (fin 2012), à 4,5 (janvier), 9,6 (février) et 10,2 (mars), et ce même s’il reste en deçà de sa moyenne de long terme (12,5). Les perspectives pour l’économie finlandaise à 12 mois appréciées par les consommateurs, qui étaient négatives à la fin 2012 (-11,2), redeviennent légèrement positives (3,5 en février et en mars). L’appréciation du chômage reste toutefois fortement négative (-17,8), mais un peu moins qu’à la fin 2012 (-28,1).

Prévisions macroéconomiques. Par rapport aux prévisions d’automne dernier, le ministère des finances a fortement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013, à +0,4 % (Commission +0,3 %), contre + 1 % auparavant. Alors que la consommation privée progresse faiblement (+0,6 %) et que l’investissement chuterait (-2,6 %), c’est surtout la croissance de la consommation du secteur public (+1,9 %) qui pourrait éviter à la Finlande, une seconde année de récession en 2013 (-0,2 % en 2012).

Islande

Contrôle des mouvements de capitaux. Au terme de la loi islandaise, les accords de conciliation (composition agreement) des banques mises en faillite doivent être validés par la Banque centrale et le superviseur financier. Conscients que cette validation ne serait accordée que si le risque sur la balance des paiements islandaise était contenu, les créanciers de Glitnir et Kaupthing ont créé le « groupe ISK » (Krona group) en février 2013 pour négocier la cession avec décote de leurs actifs domestiques (correspondant pour moitié aux actions détenues dans les nouvelles banques respectives). Selon la presse islandaise, les fonds de pension islandais auraient indiqué être des repreneurs potentiels avec une décote de 30 à 50 %. L’opposition (parti de l’indépendance et parti du progrès) a insisté pour qu’aucun accord ne soit signé avant les élections (27 avril).

Elections. Surfant sur son opposition intransigeante à tout accord Icesave et ses promesses de désendettement des ménages (sans toutefois les chiffrer), le Parti du Progrès (centriste) se détache nettement dans les sondages. Les partis de la coalition de gauche au pouvoir seraient durement sanctionnés.

Chine. La Première ministre islandaise se rend en Chine du 15 au 18 avril pour signer un accord de libre-échange, dont la négociation, entamée il y a six ans, s’est accélérée après la visite du chef du gouvernement chinois en Islande en juillet 2012.

Norvège

Distribution alimentaire. Suite aux recommandations de l’autorité de la concurrence (Konkurransetilsynet), Norgesgruppen et ICA Norge ont décidé de repousser du 1er avril au 30 septembre 2013 la mise en œuvre de l’accord de distribution conclu entre les deux sociétés en janvier. L’autorité craint que cet accord n’entraîne une trop grande concentration : ICA contrôle 15 % et Norgesgruppen 36 % de la grande distribution alimentaire par l’intermédiaire de nombreux distributeurs (Joker, Meny, Kiwi, Spar, Deli de Luca…). Norgesgruppen est également très présent en amont, en contrôlant, par exemple, 45 % de Bama, le principal importateur de fruits et légumes.

IDE norvégien. SSB, l’institut norvégien de la statistique, a publié le 3 avril une étude selon laquelle 3.228 entreprises étrangères sont sous contrôle norvégien fin 2011, avec un niveau d’emploi de 251.000 personnes et des revenus de 1.046 Mds NOK. 72 % des entreprises contrôlées étaient situées en Europe avec 59 % des revenus et 60 % de l’emploi. Le principal pays était la Suède avec 700 entreprises, 175 Mds NOK de revenus et 43.000 employés. Le secteur d’activité principal était l’industrie avec 930 entreprises. Par rapport à 2010, l’augmentation des revenus a été de 167 milliards de NOK et l’augmentation de l’emploi de 12 000 personnes. Le secteur qui a connu la plus grosse croissance des revenus est l’industrie minière.

Dette privée. L’indicateur C2 (évolution de la dette des ménages et entreprises non financières essentiellement) a progressé de +6,3 % entre février 2012 et février 2013. Le rythme de progression sur 12 mois était de +6,9 % en septembre 2012. Si l’augmentation de la dette des entreprises a ralenti (de +6,7 % à +4,2 %), la dette des ménages accélère, à +7,2 % sur 12 mois. Avec 2.400 Mds NOK, la dette domestique des ménages représentait 195 % de leur RDB fin 2012.

Suède

Salaires. Le 2 avril, les partenaires sociaux de l’industrie sont parvenus à un accord salarial triennal à compter du 1er avril 2013, avec une revalorisation totale de +6,8 % sur la période. Conformément à la règle (non écrite) renouvelée en 1997 avec l’Industriavtalet, cette revalorisation va servir de référence aux négociations salariales dans les autres secteurs, moins exposés à la concurrence internationale. Certains représentants du patronat (notamment le président d’Industrivärden, la holding de participations de la famille Lundberg) comme des syndicats (le président de l’organisation des électriciens) ont critiqué cet accord, le jugeant trop ou pas assez généreux. A l’inverse, le ministre des finances, Anders Borg, et les présidents des grandes fédérations syndicales (Unionen, IF Metall) se sont déclaré très satisfaits de l’accord.

Retraites. Cent ans après l’introduction du 1er système de retraite universel en Suède (avec un âge d’ouverture des droits à 67 ans alors que l’espérance de vie n’était que de 59 ans), la commission sur l’âge de la retraite (Pensionsåldersutredningen) a remis son rapport. Parmi les 50 suggestions de réformes, le rapport propose d’augmenter l’âge d’ouverture des droits (61 ans) et l’âge maximal (67 ans) et d’introduire un nouveau concept (riktålder ou âge recommandé), qui correspond aujourd’hui à l’âge d’ouverture des droits au minimum vieillesse (65 ans). Cet âge recommandé serait indexé sur les gains d’espérance de vie. Ce rapport, comme ceux remis récemment sur le volet par capitalisation du régime de base et sur les fonds de réserve des retraites (AP-fonds), servira de documentation au groupe parlementaire de suivi de la réforme des retraites (Pensionsgruppen) qui regroupe les 5 partis ayant soutenu la réforme de 1994 (les 4 partis de la majorité actuelle et les sociaux-démocrates).

Immobilier. Selon une enquête mensuelle commandée par la banque SEB, 72 % des personnes interrogées en avril 2013 amortissent une partie de leur prêt hypothécaire contre 64 % il y a un an. Il s’agit du plus haut niveau observé depuis l’automne 2007.

Politique monétaire. Le 3 avril, le professeur Lars Calmfors, ancien président du Conseil de politique budgétaire (intermédiaire entre le HCFP et le CAE français), a publié une tribune appelant le Parlement à s’emparer du débat sur les objectifs de la politique monétaire. Calmfors estime, comme Assar Lindbeck (cf. QN n°41), que la cible d’inflation à 2 % a été efficace mais n’est aujourd’hui plus pertinente.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 10/04/2013

Haut de page