La Quinzaine nordique n°42 - 6 mars 2013

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Prévisions macroéconomiques. Le 22 février, la Commission européenne a publié ses prévisions d’hiver 2013. Pour les pays nordiques, elle revoit marginalement à la baisse ses prévisions de croissance pour 2013 (+1,1 % au Danemark, +0,3 % en Finlande, +2,6 % en Norvège, +1,3 % en Suède, +2,0 % en Islande) et confirment pour 2014 ses prévisions d’une reprise modérée au Danemark (+1,7 %) et en Finlande (+1,2 %), plus dynamique en Norvège (+2,5 %), en Suède (+2,7 %) et en Islande (+2,7 %).

PIB. Le 4ème trimestre 2012 voit à nouveau une hétérogénéité des rythmes de croissance en zone nordique avec, d’un côté la Norvège (+0,4 % par rapport au trimestre précédent) et – dans une moindre mesure – la Suède (+0,0 %) qui affichent une croissance résiliente soutenue notamment par la consommation, de l’autre la Finlande (-0,5 %) et le Danemark (-0,9 %) qui sont en récession en moyenne sur 2012.

Danemark

Plan croissance. Le gouvernement danois a présenté le 26 février un plan intitulé « plan croissance DK », qui vise essentiellement à renforcer la compétitivité des entreprises danoises et l’attractivité du pays. La mesure phare de ce plan est l’abaissement graduel du taux d’imposition sur les sociétés de 25 % à 22 % (à raison d’un point par an sur la période 2014-2016). La réduction à 22 % de l’IS en Suède et au Royaume-Uni (2014), ainsi que les discussions menées actuellement en Allemagne, en Norvège et en Finlande sur le même sujet ont contraint les autorités danoises à s’aligner. La dernière baisse de l’IS remontait à 2007. Complétée par une série d’allègements fiscaux en direction des entreprises, cette mesure est financée par la réforme de deux dispositifs spécifiques, l’allocation étudiante et l’aide sociale.

Chômage. Taux de chômage (BIT) de 7,4 % au mois de janvier 2013, comme sur les 6 derniers mois (source Eurostat). Ce chiffre indique une décrue par rapport au pic constaté en mai-juin 2012 (7,9 %).

Finlande

Finances publiques. Le déficit public (au sens de Maastricht) ressort à -2,3 % du PIB contre un objectif en loi de finances initiale de -0,8 % du PIB, corrigé à -1,7 % à l’automne 2012. Le déficit de l’Etat central et des municipalités s’élève à -4,9 % du PIB (contre -3,7 % en LFI, corrigé à -4 % à l’automne). Ce déficit est en partie compensé par l’excédent des fonds de pension, lui-même moindre que prévu, à +2,4 % du PIB contre +3 % initialement prévu. Cette dérive des finances publiques traduit pour partie une contre-performance en termes de croissance en 2012 (-0,2 % contre une hypothèse de +1,8 %). La dette publique ressort fin 2012 à 53 % du PIB contre 49 % fin 2011.

Dépenses publiques de R&D. Le gouvernement devrait allouer 2 Mds€ au financement de la R&D en 2013, comme en 2012 (2,05 Mds€). Près de la moitié de ces crédits sont portés par l’éducation (984 M€), dont 575 M€ par les universités. Le ministère de l’économie et de l’emploi y consacrera 688 M€, essentiellement au travers du TEKES (agence de financement de l’innovation). Précisons toutefois que l’essentiel du financement de la R&D en Finlande est assuré par le secteur privé, à 4,9 Mds€ en 2012, montant à peu près constant depuis 2008 malgré le repli de Nokia. Au total, les dépenses de R&D représentent 3,7 % du PIB, ce chiffre ayant été maintenu depuis 2008 malgré la crise.

Islande

« Modèle » islandais. Dans un entretien au Financial Times, le gouverneur de la Banque centrale, Már Gudmundsson, rejette le concept d’un « modèle islandais » de résolution de crise bancaire systémique et d’ajustement de la compétitivité par le change. D’une part le contribuable islandais a chèrement payé le coût de la crise bancaire (via la recapitalisation des « nouvelles » banques domestiques et de la Banque centrale) avec une augmentation de dette publique d’environ 36 points de PIB, d’autre part la forte dépréciation du change (-60 %) a entraîné une augmentation durable de l’inflation (avec un pic à +18,6 % en janvier 2009 et encore à +4,8 % début 2013) et donc une érosion du pouvoir d’achat des ménages islandais. Il semble important d’ajouter que l’Islande est une toute petite économie (avec un PIB de 10 Mds€ soit 1/20ème de la Grèce) dont le défaut sur l’extérieur n’emportait pas de conséquences systémiques pour d’autres pays (effet domino).

Norvège

Pétrole. Selon la direction norvégienne du pétrole (NPD), la zone du sud-est de la mer de Barents (près de la ligne de partage avec la Russie), qui s’étend sur 44 000 km², contiendrait environ 300 millions de m³ standards d’équivalent pétrole, soit 8 à 10 fois plus que le gisement Goliat (prochain gisement en mer de Barents à entrer en phase d’exploitation). Environ 15 % de ces réserves seraient du pétrole et le reste du gaz. Les 1ères licences norvégiennes dans cette partie de la Mer de Barents seront attribuées en 2015. Au total, les eaux norvégiennes – y compris la zone entourant l’île Jan Mayen (au nord-est de l’Islande) – renfermeraient 18,7 milliards de barils équivalent pétrole.

Fonds pétrolier. Apres avoir atteint 2.000 Mds NOK en 2008 et 3.000 Mds en 2011, le fonds souverain norvégien a franchi le seuil des 4.000 Mds NOK (soit 535 Mds€ et 150 % du PIB norvégien) fin février 2013. Par ailleurs, le Fonds a continué en février sa stratégie de diversification vers l’immobilier, en achetant des bureaux à New York, Boston et Washington D.C. pour un montant de 1.2 Mds US$. Il s’agit de la 1ère acquisition immobilière du Fonds hors Europe.

Suède

Conjoncture. Au-delà de la bonne surprise des chiffres du 4ème trimestre 2012 (croissance du PIB nulle alors que le consensus attendait -0,8 %), les perspectives semblent plus favorables début 2013 : l’indicateur PMI pour la Suède comme les enquêtes de l’institut de la conjoncture sont repartis à la hausse ces trois derniers mois. De même, la confiance des ménages est en hausse.

Immobilier. Les autorités suédoises pointent de plus en plus le risque de surchauffe immobilière et le niveau trop élevé de l’endettement des ménages (environ 170 % de leur revenu disponible). Ainsi, le directeur-général de la FSA, Martin Andersson, a rappelé (dans un entretien accordé à Bloomberg le 18 février) la possibilité d’introduire des exigences d’amortissement ou un plancher de RWA sur les prêts hypothécaires. Le ministre des finances, Anders Borg, a estimé que le ratio d’endettement des ménages « ne devait plus augmenter » tandis que le gouverneur de la Banque centrale, Stefan Ingves, a indiqué un seuil maximal de 200 %.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 06/03/2013

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