La Quinzaine nordique n°41 - 20 février 2013

JPEG

Danemark

Conjoncture. Si la croissance du 4ème trimestre 2012 n’est pas encore connue, les indicateurs conjoncturels ont pour la plupart évolué défavorablement sur la fin d’année (recul de -3 % de la production industrielle), confirmant l’hypothèse d’une récession plus marquée en 2012 qu’anticipé par le gouvernement (-0,4 %).

Politique énergétique. Le plan énergie 2012-2020, voté en mars 2012 par la quasi-totalité des partis au Parlement danois et prévoyant une indépendance totale du Danemark des énergies fossiles à l’horizon 2050, est entouré d’incertitudes. Les projections sur les prix des quotas de CO2, publiées en janvier 2013, indiquent un prix nul vers 2020 alors que le plan énergie prévoit, pour assurer la rentabilité des investissements prévus (dont deux parcs éoliens offshore), un prix de la tonne de CO2 d’environ 19€ en 2013 et plus de 28€ en 2020. L’opposition réclame une renégociation du plan.

Commerce extérieur. Avec une faible croissance des exportations de marchandises (+2,6 %) et des importations en nette hausse (+5,6 %), l’excédent commercial s’est contracté en 2012, à +9,5 Mds€. Les exportations danoises demeurent néanmoins dynamiques dans la pharmacie et l’agroalimentaire. L’année 2012 est également marquée par le renforcement des échanges du Danemark avec les Etats-Unis et la Chine.

Finlande

Impôt sur les sociétés. La confédération patronale EK propose de faire passer le taux de l’IS de 24,5 % à 15 %, soit une aide aux entreprises de 2,2 Mds€. Ces moindres recettes (1,1 % du PIB) seraient, selon EK, en partie compensées par le renforcement de l’attractivité du territoire (investissements additionnels et créations d’emplois). Cette mesure fait écho à la baisse du taux de l’IS en Suède (à 22 % depuis le 1er janvier 2013), souvent citée en exemple par le patronat et les partis de droite. Les sociaux-démocrates, membres de la coalition gouvernementale, ne s’opposent pas à une baisse mais plus limitée. En revanche, le débat se focalise sur le taux nominal, en oubliant la question de l’assiette.

PIB. Selon les estimations provisoires de l’institut de la statistique, le PIB se serait contracté de -0,5 % au 4ème trimestre 2012, ce qui confirmerait l’installation de la Finlande en récession après -1,1 % et 0,1 % respectivement aux 2ème et 3ème trimestres. Au total, la croissance pourrait être de -0,2/-0,3 % en 2012, contre une prévision du gouvernement de -0,1 %. Surtout, la prévision pour 2013 (+0,5 %) pourrait se révéler trop optimiste.

Energie. Selon le syndicat des industries énergétiques, la Finlande a consommé 85,2 TWh d’électricité en 2012, soit une hausse de +1,1 % par rapport à 2011 mais une stabilité sur données corrigées des effets de température. De fait, la consommation d’électricité du secteur industriel a chuté de -4 %, reflétant la contraction de l’activité. La production d’électricité (67 TWh) provient à hauteur de 33 % du nucléaire, 24 % de l’hydraulique, 15 % de la biomasse, 10 % du charbon, 9 % du gaz naturel, tandis que l’éolien ne représentait que 1 %.

Islande

Prêts indexés. L’abolition des prêts indexés (sur les prix) est prônée par la plupart des partis (à l’exception des sociaux-démocrates), mais sans en évaluer l’impact pour les créanciers. Les prêts indexés constituent une grande part des prêts qui ont été accordés aux ménages avant la crise (aujourd’hui, 92 % des nouveaux prêts immobiliers aux ménages ne sont plus indexés) et qui ont conduit à une forte augmentation de leur endettement avec l’effondrement de la couronne islandaise (-60 %) et l’essor conséquent de l’inflation (jusqu’à +18,6 % en janvier 2009 et encore aujourd’hui supérieure à +4 % malgré le contrôle des mouvements de capitaux qui assure une quasi-stabilité du change). Des experts estiment qu’ils contreviendraient à la réglementation communautaire. D’autres soulignent que revenir sur l’indexation du stock de prêts, une mesure déjà au programme de tous les partis en 2009, serait impossible en raison du coût d’une telle mesure pour les organismes prêteurs.

Adhésion UE. Selon un sondage collecté début février, 63 % des Islandais interrogés sont contre une adhésion à l’UE (et 24 % s’expriment pour). Pour mémoire, les négociations d’adhésion ont été « ralenties » jusqu’aux élections législatives du 27 avril, à la demande du gouvernement islandais : les négociations continuent sur les seuls chapitres ouverts.

Notation. L’agence de notation Moody’s a relevé la perspective de l’Islande de négative à stable, relevant l’impact de la décision de la Cour de justice de l’AELE (cf. QN n°40) mais aussi les bonnes nouvelles pour l’économie islandaise sur les 12 derniers mois, notamment en termes de finances publiques (excédent public primaire en 2012 et global en 2013, loi organique sur le budget attendue cette année et créant un meilleur cadre pour les finances publiques). La notation reste en revanche inchangée, à Baa3.

Norvège

Emploi. Selon NAV, l’agence chargée notamment des prestations sociales, la Norvège devrait afficher cette année 100.000 créations nettes d’emplois et autant en 2014, contre 58.000 en 2012. Le chômage devrait baisser à 2,4 % en 2013 et les besoins de main d’œuvre se font ressentir avant tout dans les secteurs de la santé, des services sociaux, des hydrocarbures et du bâtiment. Le chômage des immigrés atteignait encore 6 % en novembre 2012.

Russie. La Russie représente actuellement le 5ème marché à l’export pour l’industrie pétrolière offshore norvégienne et le chiffre d’affaires avec la Russie devrait atteindre près d’1 Md€ en 2013, soit 25 % des importations russes dans le domaine. La plupart de ces livraisons concerneront les projets au large des îles Sakhalin, mais la Norvège se montre aussi intéressée par les projets en Mer de Kara (mer bordière de l’océan Arctique) et en Mer Caspienne.

Suède

Déflation ? L’inflation, au sens du glissement annuel de l’indice des prix à la consommation (IPC), était de 0,0 % en janvier 2013. L’indice était même en recul (-0,8 %) par rapport au mois précédent. Ce faible niveau de l’inflation suédoise tient essentiellement à la baisse des taux d’intérêt. En effet, l’IPC inclut les charges d’intérêts des emprunts immobiliers qui sont affectées même à court terme par les taux d’intérêt puisqu’une part importante de l’endettement des ménages est à taux variable. En neutralisant cet effet (indice KPIF), l’inflation était de +1,0 % en janvier 2013. En 2010, l’OCDE avait recommandé à la Riksbank de changer d’indicateur pour le suivi de la politique monétaire, par exemple en retenant l’indice harmonisé (IPCH) qui est d’ailleurs l’indicateur de référence pour la BCE.

Reprise de site. Le consortium suédois Acturum a annoncé la reprise, pour un montant non communiqué, du site de recherche anciennement propriété d’Astra Zeneca à Södertälje (au sud de Stockholm). La société pharmaceutique, fleuron de l’industrie suédoise, avait annoncé la fermeture de son site en février 2012, en lien avec la suppression dans le monde de près de 1.200 emplois du groupe. Les 130.000 m² de Södertälje deviennent officiellement Biovation Park Telge, cluster technologique consacré aux sciences médicales et biomédicales.

ICA. Le groupe néerlandais Ahold a cédé sa participation de 60 % du capital dans la 1ère chaîne de distribution alimentaire nordique ICA à l’autre actionnaire, Hakon Invest (qui détenait les 40 % restants), pour environ 2,3 Mds€. Hakon Invest, coté à la bourse de Stockholm, prendra le nom d’ICA-Gruppen et la société d’investissement suédoise Industrivärden rentre dans son capital (10 %). Les actionnaires gérants des magasins contrôleront 51,3 % du groupe dont la capitalisation boursière dépassera, une fois la transaction achevée, la barre des 4 Mds€ (CA de 11 Mds€ et avec une pdm de 49 % dans la distribution alimentaire en Suède et avec une présence en Norvège et dans les trois pays baltes).

Energie. Début février, l’énergéticien finlandais Fortum a annoncé recentrer ses activités autour des segments de la production électrique sobre en carbone et de la cogénération à haute efficience énergétique. Il envisage donc envisage de vendre son réseau électrique dans la zone nordique (1,6 million de clients, valeur estimée à 3,8 Mds€). Selon le DG de Fortum, Tapio Kuula, des fonds de pension seraient intéressés.

Commission Lindbeck. La Commission Lindbeck (à certains égards comparable à la Commission Attali) a fêté les 20 ans de la publication de ses 113 recommandations de politique économique (en grande partie suivies) au cours d’un séminaire organisé par le think tank FORES. Interrogés sur les recommandations qu’ils donneraient aujourd’hui, les membres de cette commission ont estimé que les objectifs de la politique budgétaire (excédent public) comme de la politique monétaire (ciblage d’inflation) devraient être actualisés. Par ailleurs, ils ont souligné deux faiblesses bien identifiées en Suède : le marché du travail (et l’intégration des immigrants) et le marché locatif.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 21/02/2013

Haut de page