La Quinzaine nordique n°36 - 5 décembre 2012

Prévisions macroéconomiques. L’OCDE a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour les pays nordiques, en prenant en compte les chiffres déjà publiés pour les 1ers trimestres pour 2012 (+0,2 % au Danemark, +0,7 % en Finlande et +1,2 % en Suède) et à la baisse pour 2013 (hors Norvège) : +1,4 % au Danemark, +1,1 % en Finlande et +1,9 % en Suède. La banque Nordea a également revu ses prévisions à la baisse et anticipe notamment une récession au Danemark sur l’ensemble de l’année 2012 (-0,5 %).

Déséquilibres macroéconomiques. Le 2nd rapport de la Commission sur les mécanismes d’alerte, publié le 28 novembre, confirme la persistance de déséquilibres macroéconomiques dans les pays nordiques (seuls les pays de l’UE – Danemark, Finlande et Suède – sont concernés par l’exercice) : pertes de parts de marché à l’export et endettements privés importants. Concernant la perte de compétitivité, la Commission pointe surtout un effet prix au Danemark (générosité des accords salariaux passés) et un effet non-prix en Finlande (crise des TIC) avec un risque d’effet-prix à venir avec la hausse des coûts salariaux unitaires, supérieure à la moyenne de la zone euro. Même si le fort ralentissement des prix immobiliers place désormais la Finlande et la Suède en-dessous du seuil d’alerte, la Commission continue d’appeler à la vigilance, surtout en Suède.

Danemark

Commerce extérieur. Le rapport sur l’internationalisation du Danemark1 de l’institut de la statistique montre une forte croissance des exportations danoises vers les marchés émergents en 2011. Le Danemark a exporté vers les BRIC, Chine en tête, pour 4,7 Mds€, auxquels il convient d’ajouter 4,1 Mds€ d’exportations de services.

Conjoncture. Eurostat a révisé à la baisse le taux de chômage constaté sur les derniers mois. Avec 7,7 % au mois d’octobre contre 7,4 % septembre, le taux demeure plus élevé que début 2012 (7,3 %). La hausse est très significative depuis la crise. Cependant, le Danemark échapperait à la récession, avec une croissance du PIB de +0,1 % au 3ème trimestre (après +0,1 % et -0,7 % aux trimestres précédents). La croissance sera dans le meilleur des cas nulle sur l’ensemble de l’année.

Vestas. Le groupe est parvenu à un accord en vue d’une ligne de crédit pour 2013 avec un groupement comprenant 9 banques privées et 2 banques publiques d’investissement. La ligne de crédit se structure autour de 250 M€ de crédit, une part renouvelable de 650 M€ auprès des créditeurs privés, 200 M€ de la BEI et 55 M€ de la Banque nordique d’Investissement. Ces crédits arrivent à échéance en janvier 2015, le crédit renouvelable pouvant être prolongé de deux ans.

Finlande

Prévisions macroéconomiques. Malgré une révision à la baisse de sa prévision de la croissance finlandaise en 2012, l’OCDE estime que le déficit public devrait avoir pratiquement disparu d’ici 2014 (-0,7 % du PIB), ce qui suppose des réformes structurelles que le gouvernement de coalition est loin d’avoir décidées à ce jour. Par ailleurs, l’OCDE pointe du doigt la dégradation de la situation extérieure et la perte de marché dans les secteurs de la sylviculture et de l’électronique.

Industrie. Le groupe métallurgique Rautaruukki a annoncé le licenciement de 250 personnes, principalement à Raahe et à Hämeenlinna. Dans un contexte de ralentissement de la production industrielle (-1,7 % au 3ème trimestre 2012), l’industrie métallurgique (+1,3 %) constituait pourtant le seul secteur industriel (avec l’énergie, +7,8 %) ayant enregistré un accroissement de production au 3ème trimestre 2012.

Islande

Revue OMC. L’examen des politiques commerciales de l’Islande par l’OMC fait ressortir une série d’entorses aux règlementations, tels les multiples retards de notification, les restrictions frappant les investissements étrangers ou les mesures protectionnistes destinées à préserver un secteur agricole en mal de compétitivité. En dépit des nombreuses critiques, l’Islande n’envisage que de remédier graduellement aux manquements et le ministère islandais des affaires étrangères, dans son communiqué de presse, présente cette revue comme une apologie de l’ouverture commerciale de l’Islande.

Pétrole. Le 3 décembre, l’agence de l’énergie a conclu le 2ème appel d’offres pour les chantiers de prospection pétrolière offshore dans la « région du Dragon » (au nord-est de l’Islande). Deux licences ont été accordées pour lesquelles l’Etat norvégien a indiqué qu’il prendrait part à hauteur de 25% du financement via l’entreprise publique Petoro.

Norvège

Hydrocarbures. Statoil a annoncé le 20 novembre la signature d’un important accord de livraison de gaz naturel avec la compagnie pétrolière allemande Wintershall (filiale du groupe BASF) sur une durée de 10 ans. Il prévoit la fourniture de 45 milliards de m³ de gaz vers l’Allemagne et vers d’autres marchés d’Europe du Nord. Le gaz sera acheminé à travers le réseau de gazoducs déjà existant qui relie le plateau continental norvégien au nord de l’Allemagne. La Norvège est actuellement le 2ème fournisseur de gaz de l’Allemagne, avec une part de marché d’environ 25 %.

Banques. Dans son rapport de stabilité financière du 2nd semestre 2012, la Banque centrale indique une amélioration de la situation du système bancaire norvégien : large accès au financement, coûts d’emprunt en baisse et bénéfices solides, grâce notamment à la forte croissance norvégienne. La Banque centrale estime cependant que le fort endettement des ménages norvégiens appelle des exigences supplémentaires en capital pour les grandes banques.

Total. Selon la direction du pétrole, Total a découvert au large de la Norvège un gisement de pétrole qui contiendrait entre 25 et 75 millions de barils de pétrole récupérables. Baptisé "Garantiana", le prospect se trouve dans les eaux norvégiennes de la mer du Nord, à environ 30 km au nord-est de Visund, un champ d’hydrocarbures déjà en exploitation.

Quotas de CO2. La Norvège achète depuis 2008 des quotas de CO2 à des usines ou projets dans des pays en développement. La réforme structurelle du système communautaire d’échange de quotas d’émission va conduire en 2013 à rayer du registre certaines entreprises dont les activités sont jugées trop faiblement bénéfiques en matière de rejets de CO2, dont les 10 plus importants fournisseurs de quotas de la Norvège. De nombreuses grandes entreprises norvégiennes, dont Statoil, vont donc devoir trouver de nouveaux débouchés pour prétendre pouvoir maintenir leur niveau d’émissions.

Suède

PIB 2012T3. Contre toute attente, le PIB suédois a de nouveau progressé au 3ème trimestre 2012 (+0,5 % en variation trimestrielle, après +0,7 %). Pour autant, si la Suède aura été globalement
Ambassade de France au Danemark - Service Économique de COPENHAGUE
épargnée en 2012 (croissance un peu inférieure à +1,0 % en moyenne annuelle), tous les indicateurs conjoncturels confirment un ralentissement marqué. Face à ce creux conjoncturel, le gouvernement a déjà proposé un effort de relance de 0,7 point de PIB en PLF 2013 (essentiellement via la baisse de l’IS) et la pression monte sur la Banque centrale pour assouplir sa politique monétaire.

Union bancaire. Après avoir proposé un « changement technique de traité » au Conseil Ecofin de novembre, le ministre des finances, Anders Borg, s’est montré très critique du projet européen de supervision bancaire, notamment parce qu’il n’offre pas la possibilité aux pays hors-euro de participer sans perdre en souveraineté. Le 4 décembre, avant d’entrer en réunion d’un nouveau Conseil Ecofin, Anders Borg a atténué ses critiques et estimé un compromis possible.

Immobilier. A l’issue d’un vaste travail de calibration avec les banques en vue de rehausser le niveau constaté de pondération du risque des prêts immobiliers (de l’ordre de 5 à 7 % actuellement), le superviseur financier (FI) a mis en consultation le 26 novembre un projet d’introduction d’un plancher de 15 % pour cette pondération, avec implication en termes d’exigences en capital dans le cadre du Pilier 2, avec entrée en vigueur dans le cadre de l’évaluation banque par banque des exigences Pilier 2.

Stibor. En lien avec les évolutions de son homologue britannique (Libor, objet d’un récent scandale), la revue du Stibor (taux d’intérêt correspondant aux prêts interbancaires et utilisé comme référence pour de nombreux contrats) va conduire à clarifier et rendre publiques les règles de calcul, à rendre la fédération suédoise des banques responsable du fonctionnement et à durcir les incitations pour les banques à renseigner correctement les taux transmis.



Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 20/12/2012

Haut de page