La Quinzaine nordique n°35 - 20 novembre 2012

Prévisions macroéconomiques. Dans ses prévisions d’automne 2012, la Commission européenne a peu révisé ses anticipations de croissance pour les pays nordiques, à l’exception d’une nette révision à la baisse pour la Finlande (voir la section Finlande pour plus de détails).

SAS. Depuis une dizaine d’année, la compagnie scandinave SAS, détenue à 50 % par les Etats suédois, danois et norvégien, traverse une zone de forte turbulence financière. En contrepartie d’une nouvelle demande de facilités de financement, les Etats actionnaires et les banques partenaires ont exigé un plan de restructuration, avec la vente de filiales et la réduction des coûts de personnels. Pour autant, SAS ne devrait pas retrouver une véritable compétitivité et il s’agit ainsi davantage d’un « habillage de la mariée » pour laquelle il est désormais urgent de trouver un nouveau partenaire dans la durée, par exemple une compagnie aérienne du Golfe qui chercherait à développer ses dessertes et alimenter son propre hub aérien.

Energie. Les ministres et secrétaires d’Etat nordiques chargés de l’énergie se réunissent le 21 novembre à Copenhague pour évoquer la modernisation des réseaux et l’intégration des pays tiers. Le Commissaire européen à l’énergie, Gunther Oettinger, ouvrira la réunion.

Danemark

Budget 2013. Un accord politique est intervenu le 11 novembre entre le gouvernement et la liste Unité (extrême-gauche). Reposant sur une hypothèse de croissance de +1,7 %, le PLF 2013 contient notamment une mesure supplémentaire en faveur des demandeurs d’emploi arrivant en fin de droits au cours du 1er semestre 2013, sous la forme d’un droit à formation de six mois rémunérée à hauteur de 60 à 80 % du montant actuel de l’allocation chômage. En termes de fiscalité, la taxe sur le sucre et les graisses, introduite par le précédent gouvernement et entrée en vigueur au 1er octobre 2011, est supprimée en contrepartie d’une légère hausse de l’imposition sur les revenus du travail, via la diminution de la partie non imposable du revenu annuel et l’augmentation du taux applicable à la tranche inférieure, qui passe de 5,64 % à 5,83 %.

Banques. Danske Bank a présenté sa nouvelle stratégie à horizon 2015. L’établissement confirme la réduction drastique des coûts, entraînant la suppression de quelque 3.000 emplois sur 2012-2015 (soit plus de 10 % des effectifs totaux). L’annonce de cette stratégie a été suivie par l’émission réussie de 7 Mds DKK (900 M€) d’actions ordinaires, entraînant le réajustement de la perspective de notation S&P de « stable » à « positive ».

Conjoncture. Le Danemark se dirige vers une croissance proche de zéro en 2012. Malgré une hausse de +3 % de la production industrielle au 3ème trimestre, les indicateurs sont mal orientés : consommation des ménages atone, légère contraction des exportations (-0,1 %) et des importations (-0,3 %) et hausse de +6 % des défaillances d’entreprises sur trois mois (août-octobre).

Finlande

Prévisions macroéconomiques. La Commission a révisé en forte baisse sa prévision de croissance pour la Finlande pour 2012, à +0,1 % (après +2,7 % en 2011), seule la consommation privée s’inscrivant en positif (+1,1 %) du fait d’achats d’anticipation en amont des hausses de taxes sur les véhicules (1er trimestre 2013) et de TVA (au 1er janvier 2013). Pour 2013, la prévision de croissance est de +0,8 % malgré une progression plus faible de la consommation privée (+0,4 %) et une légère contraction de l’investissement (-0,1 %). La Commission pointe du doigt les problèmes de compétitivité de l’économie finlandaise et la restructuration de son tissu industriel et précise que cette faible croissance en 2012 pèsera sur les finances publiques, le déficit public n’étant contenu à 1,8 % du PIB (après -0,6 % en 2011) que grâce aux excédents des fonds de pension (+2,4 % du PIB).

Conjoncture. Le ralentissement de la production industrielle se confirme en septembre avec une baisse en volume (données CVS), de -0,5 % par rapport au mois précédent et de -1,7 % sur un an. Cette tendance à la baisse de la production industrielle devrait se confirmer dans les prochains mois si on en juge par l’évolution de l’indicateur avancé que constituent les nouvelles commandes à l’industrie, en forte baisse de -7,3 % en septembre sur un an.

PIB. La Finlande échappe, à ce stade, à la récession puisque sur la base des premières estimations de l’institut de la statistique, le PIB aurait légèrement progressé, de +0,3 % au 3ème trimestre 2012, après la forte contraction du trimestre précédent (-1,1 %). Si la lecture trimestrielle du PIB est rendue difficile par la volatilité des statistiques (pour rappel +0,9 % au T1), la tendance au ralentissement puis à la contraction est claire en glissement annuel.

Islande

Politique monétaire. Le 14 novembre 2012, la Banque centrale d’Islande a décidé de relever ses taux d’intérêt de 25 pdb, à 6,0 % pour le taux de prêt contre collatéral, même si ses prévisions de croissance (+2,5 % en 2012 et +2,9 % en 2013) et d’inflation n’ont pas été revues à la hausse et alors que le communiqué de presse indique que les perspectives se sont plutôt un peu dégradées. En réaction, plusieurs députés, la Première ministre ainsi que les représentants des confédérations salariale et patronale ont critiqué cette décision « décevante ».

Suivi FMI. Le Conseil d’administration du FMI a examiné le 12 novembre 2012 le 2ème rapport de suivi de l’Islande depuis sa sortie de programme en août 2011. Le fonds souligne tant les progrès récents (reprise confirmée, poursuite de la consolidation budgétaire, retour au financement de marché, restructuration des dettes privées) que les faiblesses résiduelles (inflation élevée, faible résorption des avoirs offshore, risque de dérapage budgétaire, secteur financier fragile). L’évolution du marché immobilier a suscité l’inquiétude, même si l’existence d’une bulle est écartée à court terme.

Norvège

Statoil. Le géant pétrolier norvégien menace de délocaliser une partie de ses activités à l’étranger en raison d’une réforme du système fiscal norvégien qui pourrait entraîner une hausse d’impôts de 2,3 Mds NOK. Jusqu’à présent, les sociétés norvégiennes pouvaient bénéficier de déductions fiscales pendant la période d’exploration à l’étranger. Selon Statoil, « sa compétitivité est en jeu ». Pour mémoire, Statoil est détenu à 67 % par l’Etat norvégien, ce qui relativise la portée de cette menace.

Chine. Les exportations norvégiennes vers la Chine sont en nette baisse en 2012 par rapport à 2011 ( 1 Md NOK sur les neuf 1ers mois) mais restent toujours au-dessus du niveau bas atteint suite à l’attribution du prix Nobel à Liu Xiabo qui avait entraîné un raidissement de la politique chinoise à l’égard de la Norvège.

APD. Le gouvernement norvégien a annoncé qu’il renonçait aux 38,5 M€ de créances restant sur la Côte-d’Ivoire. L’accord d’annulation de la dette découle de l’initiative “Heavily Indebted Poor Countries” (HIPC) conclue au sein du Club de Paris en juin 2012.

Suède

Prévisions macroéconomiques. Le 17 novembre et après de nombreuses critiques d’autres prévisionnistes, le ministre des finances, Anders Borg, a annoncé que les prévisions de croissance (surtout pour 2013, à +2,7%, soit un point de plus que la prévision de l’institut de la conjoncture KI) et de chômage (baisse en 2013 alors que la grande majorité des prévisionnistes anticipe que la hausse observée depuis début 2012 va se poursuivre) du gouvernement seraient revues à la baisse d’ici la fin de l’année.

Banques. L’agence de notation S&P a baissé la perspective de stable à négative pour les 4 grandes banques suédoises (Nordea, Handelsbanken, SEB et Swedbank) et SBAB (détenue à 100 % par l’Etat suédois). S&P met en avant la dégradation de la conjoncture. Un analyste de S&P indique que la capitalisation des banques suédoises est moins solide qu’en apparence, notamment du fait de la faible pondération associée au risque des prêts hypothécaires.

Assurance-chômage. Le ministre des finances, Anders Borg, a annoncé qu’une réforme des cotisations pour l’assurance-chômage, facultative en Suède depuis 1997, était envisagée. En effet, le retrait partiel de l’Etat du financement de l’assurance-chômage en 2008 a entraîné des hausses de cotisations. Les caisses d’assurance-chômage étant organisées par branches d’activité, ces hausses de cotisations ont été particulièrement importantes dans les secteurs où le risque de perte d’emploi est le plus important (un employé dans l’hôtellerie-restauration paye aujourd’hui 360 SEK par mois, contre 90 SEK pour un professeur d’université), ce qui a entraîné une chute de la couverture chômage.

Crise des années 1990. Il y a exactement 20 ans, le 19 novembre 1992, la couronne suédoise était mise en flottement (à la suite d’une grave crise bancaire et après une défense acharnée du peg à l’ECU qui avait porté le taux directeur de la Banque centrale à 500 % durant quelques jours) et se dépréciait rapidement de -23 %. Aujourd’hui, la Suède se félicite de la réduction de sa dette publique (moins de 40% du PIB contre 90 % à l’époque) et des réformes engagées suite à cette crise. Pour plus de détails.

Grande distribution. Le groupe néerlandais Ahold a annoncé étudier une sortie du capital de sa filiale suédoise ICA, leader de la grande distribution alimentaire dans les pays nordiques avec une part de marché de 49 % en Suède et environ 15 % en Norvège comme dans les Etats baltes. La décision devrait intervenir d’ici un an après concertation avec le partenaire local Hakon Invest qui contrôle les 40 % restant du capital.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 27/11/2012

Haut de page