La Quinzaine nordique n°34 - 6 novembre 2012

Conjoncture. Après un 1er semestre 2012 de croissance hétérogène dans la zone nordique, les enquêtes de conjoncture suggèrent un ralentissement quasi-généralisé au 2nd semestre. Les pays nordiques devraient connaître une reprise en 2013, mais moindre que prévu antérieurement. Face à ce ralentissement, les pays nordiques ont un peu relâché leur politique budgétaire. Pour plus de détails, suivre le lien.

Danemark

Faillite de Tønder Bank. De taille limitée (18 000 clients), l’établissement a déposé le bilan le 2 novembre suite à une inspection du superviseur financier, qui révélait qu’il ne remplissait plus les critères de solvabilité. Les activités de Tønder Bank ont été intégralement reprises par Sydbank, le 4ème établissement bancaire opérant au Danemark.

Prévisions macroéconomiques. Dans son rapport semestriel sur l’état de santé de l’économie danoise, le Conseil des Sages (autorité indépendante) constate que la croissance est restée atone au cours des deux dernières années en l’absence de redémarrage de la consommation privée (les cotisations préretraites récemment remboursées n’ont eu à cet égard aucun effet tangible). La croissance n’atteindrait que +0,2 % en 2012, soit un niveau sensiblement inférieur aux dernières prévisions du gouvernement (+0,9 %). Selon le Conseil des Sages, la croissance repartirait à partir de 2013 (+1,6 %).

DONG Energy. Les derniers résultats révèlent une dette de plus de 4,5 Mds€ accumulée sur les dernières années, en raison d’investissements massifs dans les infrastructures gazières. En réaction, la direction a annoncé le licenciement d’environ 600 employés, soit 10 % de l’effectif. Le président du conseil d’administration, Fritz Schur, est critiqué de toutes parts pour sa gestion du licenciement d’Anders Eldrup (ancien DG) et ses responsabilités dans l’actuelle crise de la dette. Le DG actuel, Henrik Poulsen, continue de restructurer le management du groupe en licenciant le chef du département Energy Markets, figure de l’ « ère Eldrup ».

Conjoncture. Le chômage a poursuivi sa hausse en septembre, à 8,3 % contre 8,1% en août.

Finlande

Elections municipales. Le parti Conservateur du Premier ministre a conservé sa place de 1er parti du pays en obtenant 21,9 % des suffrages devant les Sociaux-Démocrates (à 19,6 %) et le parti du Centre à 18,7 %. Les Vrais Finlandais (extrême-droite) sont en nette progression, recueillant 12,3 % soit 7,6 points de plus qu’aux dernières élections de 2008. Si les partis traditionnels limitent leur recul face aux Vrais Finlandais, il reste que ce dernier parti s’affirme grâce à son nouvel ancrage local comme une force appelée à durer et non comme un simple épiphénomène.

Immobilier. Au 3ème trimestre 2012, les prix immobiliers ont de nouveau augmenté, atteignant à Helsinki un niveau 25 % supérieur au creux atteint en 2009 (18 % sur l’ensemble du pays). Cette évolution inquiète dans la mesure où elle est nourrie par une progression régulière de l’endettement des ménages. Dans ces conditions, le superviseur finlandais envisage d’imposer un coefficient d’apport personnel de 10 % pour les acquisitions immobilières.

Fennovoima : retrait de E.On. Le groupe allemand a annoncé le 24 octobre sa décision de se retirer de ses investissements en Finlande. Cette décision affecte tout particulièrement le projet du consortium Fennovoima (modèle de financement Mankala qui associe comme actionnaires les producteurs d’électricité et les électro-intensifs) de construire une centrale nucléaire à Pyhäjoki puisque non seulement E.On détient 34 % de Fennovoima mais son expertise en tant qu’opérateur apparaissait essentielle au projet. En l’absence de l’arrivée d’un acteur majeur de l’énergie, le projet de Fennovoima pourrait s’effondrer ce qui compromettrait l’objectif de la Finlande de porter la part du nucléaire de 38 % actuellement à près de 60 % d’ici 2020.

Islande

Dette extérieure et ISK. Suite à l’effondrement du système bancaire islandais en octobre 2008, trois nouvelles banques, purement domestiques, sont nées sur les cendres des trois « anciennes » banques mises en faillite. La nouvelle Landsbanki a alors émis une obligation (d’environ 2 Mds€) au profit de l’ancienne dont le remboursement a dû récemment être étalé pour ne pas fragiliser la couronne islandaise.

Adhésion UE. Le 24 octobre, la Présidence chypriote a tenu sa 1ère conférence intergouvernementale d’adhésion de l’Islande. Trois chapitres ont été ouverts (services financiers, statistiques et union douanière), portant à 21 (sur 33) le nombre de chapitres ouverts. 10 chapitres ont déjà été clos. La prochaine CIG est prévue le 18 décembre. Pour mémoire, la population islandaise reste majoritairement opposée à l’adhésion mais souhaite la poursuite des négociations.

Norvège

Banque. Les 7 plus grandes banques du pays ont gagné 24,1 Mds NOK avant impôts sur les trois 1ers trimestres de l’année 2012, soit une hausse de +22 % par rapport à 2011 grâce à un bénéfice d’exploitation en hausse de +12 % et des pertes en baisse de -23 %. Pour autant, les conditions d’emprunts ne devraient pas être assouplies, les banques norvégiennes mettant surtout l’accent sur la consolidation de leurs marges et le renforcement des fonds propres.

Politique monétaire. La Banque de Norvège a annoncé mercredi 31 octobre 2012 le maintien de son taux directeur à 1,5 % du fait de la faible inflation et du faible niveau des taux directeurs à l’étranger. Il est cependant possible que le taux directeur norvégien soit modifié au printemps 2013.

Energie. Des représentants de partis d’opposition se déclarent favorables à une privatisation partielle de Statkraft et militent également en faveur de la suppression de la « priorité nationale » pour les centrales hydrauliques. Ce régime, qui a fait l’objet de procédures contentieuses avec l’autorité de supervision de l’AELE à plusieurs reprises, prévoit que toute centrale dont plus d’un tiers est la propriété d’une entreprise privée ou étrangère soit remise gracieusement à l’Etat au bout de 60 ans et limite les investissements importants privés dans les centrales.

Fonds pétrolier. Le fonds a enregistré un rendement de +4,7 % au cours du 3ème trimestre 2012 et dépasse désormais 500 Mds€ en valeur. Le fonds, qui souhaite investir d’avantage dans les BRICS, serait ainsi devenu le 1er fonds souverain au monde, devant celui d’Abou Dhabi.

Suède

Crédit. Le 2 novembre, l’agence de protection du consommateur (Konsumentverket) a de nouveau adressé une mise en garde à des sociétés de « crédit rapide » (prêts à la consommation, souvent accordés par SMS), non pas pour les taux d’intérêt pratiqués (autour de 30 % en taux nominal mensuel et jusqu’à 1500 % en taux effectif) mais au titre de la faiblesse des évaluations de la capacité des emprunteurs à rembourser. En absence d’amélioration, l’agence pourrait suspendre leur licence.

Budget UE. Le 31 octobre, le Premier ministre, Frederik Reinfeldt, a critiqué la proposition de la Commission pour le budget de l’UE, jugée irréaliste, mais a indiqué ne pas se positionner sur la question d’un veto suédois à ce stade. La veille, la ministre pour les affaires européennes, Birgitta Ohlsson, avait qualifié cette proposition d’inacceptable, rétrograde et inadaptée. La Suède souhaiterait notamment une réduction du budget de la PAC.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 07/11/2012

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