La Quinzaine nordique n°32 - 10 octobre 2012

Prévisions macroéconomiques. Dans son actualisation semestrielle d’octobre (World Economic Outlook), le FMI a revu ses prévisions de croissance pour 2012-2013, notamment à la baisse pour la Finlande (à +0,2 % puis +1,3 %) et à la hausse pour la Norvège (à +3,1 % puis +2,4 %). A noter également que le FMI ne croit pas au respect de la trajectoire de finances publiques islandaises et anticipe un déficit encore important en 2013. Le 24 septembre, le FMI avait déjà appelé l’Islande à réfréner les tentations (à sept mois des élections législatives) de dépenses budgétaires et à présenter un excédent budgétaire dès 2013.

Danemark

Fiscalité. La réforme fiscale, qui avait fait l’objet d’un accord politique en juin, a été adoptée. Entièrement financée à terme, cette réforme prévoit un abaissement de l’imposition sur les revenus du travail à hauteur d’1,9 Md€ d’ici 2022 (dont les deux tiers dès 2013). La mesure phare est l’élévation du seuil minimum de revenu relatif à la tranche supérieur d’imposition. Ce seuil sera progressivement porté à 62.500€ en 2022, soit 7.750€ de plus qu’aujourd’hui. Ainsi 275.000 contribuables ne devraient plus être concernés par la tranche d’imposition supérieure et verraient leur taux d’imposition marginal baisser de 14 points.

Conjoncture. Le contexte demeure morose : taux de chômage stable à 8 % en août (mais anticipations à la hausse d’ici la fin de l’année), hausse de +8 % du nombre de défaillances d’entreprises sur la période juillet-septembre, baisse de -2,3 % de la production industrielle entre juillet et août.

Innovation. Le gouvernement vient d’annoncer une nouvelle stratégie sur l’innovation. Il s’agira de simplifier le système de soutien à l’innovation et de le réorienter vers l’environnement, l’énergie, la santé et le bien-être. Cette stratégie comportera aussi une dimension internationale pour relancer les exportations.

Finlande

Conjoncture. L’indicateur de confiance des consommateurs reste faible, seules 21 % des personnes interrogées pensent que la situation devrait s’améliorer dans les 12 mois prochains et 42 % estiment que la conjoncture risque de se détériorer. 58 % des consommateurs considèrent que le chômage devrait augmenter en Finlande et seulement 12 % jugent qu’il pourrait diminuer au cours des 12 prochains mois.

Finances publiques. La situation financière des administrations publiques s’est détériorée de 0,5 Md€ au 2ème trimestre 2012. En effet, les recettes des administrations publiques n’ont progressé que de +0,3 Md€ par rapport au trimestre correspondant de l’année précédente, tandis que les dépenses ont augmenté de +0,8 Md€. Les postes de recettes qui ont fortement diminué sont ceux générés par la taxe foncière et les impôts sur la production.

Commerce extérieur. Selon les douanes finlandaises, sur les 8 premiers mois de 2012, les exportations ont atteint 38 Mds€, en hausse de seulement +1 % sur un an. Les importations ont quant à elles diminué de -1 % sur un an, à 39,3 Mds€. Le déficit de la balance des biens a atteint -1,3 Md€ contre -2 Mds€ sur la période correspondante en 2011.

Islande

Stabilité financière. Dans un rapport publié le 8 octobre, la Banque centrale estime que la stabilité du secteur financier islandais s’améliore : le dynamisme des salaires réels et la bonne tenue de l’emploi, ainsi que le bas niveau des taux d’intérêt et la mise en œuvre des accords passés visant à restructurer les dettes, sont venus consolider la solvabilité des ménages et entreprises. Par ailleurs, l’Etat a confirmé son accès aux marchés financiers étrangers. Le risque principal concerne la levée du contrôle des mouvements de capitaux qui, si elle est trop rapide, entraînerait une chute de la couronne.

Politique monétaire. Le 4 octobre, la Banque centrale a décidé de laisser son taux directeur inchangé, à 5,75 %. Même si l’inflation s’infléchit (à 4,3 % en septembre 2012, contre plus de 6 % de janvier à avril), la dépréciation et, surtout, l’instabilité de la couronne constituent un risque.

Remaniement. Le 2 octobre, Mme Katrin Juliusdottir a retrouvé sa place au gouvernement, après son congé de maternité, en tant que ministre de l’économie et des finances. Sans surprise, elle a indiqué que la levée du contrôle des mouvements de capitaux serait sa mission la plus importante.

Adhésion UE. Un groupe de 75 femmes et hommes politiques, de chefs d’entreprises et d’universitaires a signé le 2 octobre un manifeste appelant, au nom du redressement économique de l’Islande, à ne pas abandonner les négociations d’adhésion.

Norvège

Budget 2013. Le PLF 2013, présenté le 8 octobre, reflète l’excellente santé économique du pays avec une croissance de +2,9 % et un chômage très faible à 3,2 %. Le déficit « hors pétrole » est comblé par l’utilisation de 3,3 % des revenus du fonds pétrolier (qui devrait atteindre 157 % du PIB fin 2013), soit moins que les 4 % autorisés. Les priorités vont aux dépenses sociales (34,4 % des dépenses), aux transports (dont le budget augmente fortement), à l’éducation, aux forces de sécurité et de justice et à la préservation du climat.

Conjoncture. La production industrielle a augmenté de +7,6 % sur un an en juillet 2012 (contre -2,3 % en zone euro), essentiellement du fait de la production de machines et la construction de navires et plates-formes pétrolières. Pour faire face au dynamisme de l’activité, la Norvège importe la main d’œuvre : 35 000 des 50 000 emplois créés en 2011 (tous secteurs confondus) sont occupés par des travailleurs immigrés.

Santé. En 2011 comme tendanciellement depuis 30 ans, les femmes norvégiennes ont un taux de congés maladie supérieur de 60 % à celui des hommes, alors même que l’espérance de vie des femmes est plus élevée. La mise en œuvre de mesures visant à remédier spécifiquement aux absences des salariées femmes semble difficile mais une concertation entre syndicats et employeurs est prévue pour tenter de réduire le chiffre des congés maladie.

Suède

Conjoncture. L’indice PMI (publié par Silf et Swedbank) a fortement chuté en septembre 2012, atteignant son plus bas niveau depuis mai 2009 et indiquant un repli important de l’activité. En revanche, les autres enquêtes de conjoncture (institut de la conjoncture et Commission européenne) restent en terrain modérément défavorable (comme fin 2011 et début 2012), indiquant un ralentissement limité. Au-delà des faibles perspectives de demande extérieure (qui étaient déjà connues), c’est surtout le niveau cumulé des variations de stock (66 Mds SEK sur 9 trimestres d’affilée, soit près de 2 % du PIB annuel) qui inquiète.

Budget 2013. Les partis d’opposition ont chacun présenté leur shadow budget. Les sociaux-démocrates et les Verts se rejoignent sur une estimation moindre que le gouvernement de la marge budgétaire et sur leurs priorités en dépenses (soutien à l’emploi des jeunes, investissements ferroviaires, plafond des allocations chômage) financées en partie par le retour à un taux normal de TVA dans la restauration et une moindre baisse du taux de l’IS. L’Alliance gouvernementale de centre-droit dénonce un budget tax and spend défavorable à la croissance et à l’emploi.

Fredrik Reinfeldt à Paris. Le Premier ministre suédois s’est rendu à Paris le 1er octobre et a rencontré le Président de la République et le Premier ministre français. Leurs entretiens ont porté sur les questions internationales, la crise de la zone euro et la relation bilatérale franco-suédoise.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 25/10/2012

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