La Quinzaine nordique n°31 - 26 septembre 2012

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Danemark

Compétitivité. Le rapport annuel du ministère des entreprises et de la croissance montre que la compétitivité du Danemark s’est détériorée depuis 10 ans, comparée aux autres pays de l’OCDE. Il conclut sur la nécessité de renforcer la concurrence, d’élever le niveau des compétences professionnelles et d’attirer plus d’investissements étrangers. Ce thème a été au centre des discussions du sommet de la confédération patronale (Dansk Industri) le 25 septembre.

Maersk Oil. L’entreprise danoise annonce la signature d’un contrat de 100 millions de dollars sur deux ans pour un forage au Cameroun avec Addax Petroleum, détenu par le chinois Sinopec.

Conjoncture. Perspective morose pour le 3ème trimestre 2012 : importante baisse du nombre total d’emplois à plein temps (-7.800 emplois, soit -0,4 %), baisse des ventes au détail de -0,4 % de juillet à août, légère baisse de l’indice de confiance des ménages qui atteint -2,2 en septembre.

Finlande

Finances publiques. Les toute dernières prévisions du ministère des finances sont d’un déficit public de -1,7 % du PIB en 2012 (contre une prévision antérieure de -0,8 % du PIB), après -0,9 % en 2011. Une croissance économique plus faible que prévue explique cette révision, tout comme en 2013 où le déficit public serait de -1,2 % du PIB (-0,2 % prévu précédemment). Malgré les efforts de consolidation budgétaire (le déficit était de 2,8 % du PIB en 2010), la dette publique va continuer d’augmenter, passant de 48,6 % du PIB fin 2010 à 53 % fin 2012 et 54,9 % fin 2013. Les autorités finlandaises invoquent la contribution de la Finlande au soutien des pays européens sous programme ainsi qu’au financement de la Facilité et du Mécanisme européens. En réalité, le déficit public toutes administrations publiques confondues masque une évolution plus dégradée de la dette publique car le déficit de l’Etat central (qui vient augmenter la dette publique) est en partie compensé par l’excédent du régime public de retraite (investi en actifs financiers divers et qui ne vient donc pas réduire la dette publique).

Licenciements. Après l’annonce d’un plan de restructuration de l’entreprise de construction mécanique Metso (630 postes supprimés), les groupes OP-Pohjola (banque-assurance) et Kesko (distribution) ont également annoncé des licenciements (750 et 350 postes respectivement). Selon la confédération syndicale SAK, le nombre de personnes licenciées entre janvier et août 2012 (12 000 personnes) dépasse déjà l’ensemble des licenciements de l’année 2011. Ces éléments sont en cohérence avec les dernières prévisions du ministère des finances en termes de chômage, soit 8 ,1 % en moyenne en 2013 après 7,6 % en 2012.

Coût du travail. Dans le secteur privé, le coût du travail a augmenté de +4,8 % au 2ème trimestre 2012 en glissement annuel. Cette augmentation se retrouve dans les différents secteurs : manufacturier (+5,5 %), bâtiment (+5,6 %) et services (+4,3 %). Cette hausse est à resituer dans le contexte de l’entrée en vigueur, en janvier dernier, de l’accord-cadre conclu à l’automne 2011 sur les salaires qui prévoit une hausse de +4,3 % sur 25 mois (+2,4 % pour les 13 premiers puis +1,9 % pour les 12 mois suivants).

Islande

Budget 2013. Le projet de loi de finances pour 2013, présenté le 11 septembre au Parlement, est le premier à présenter l’équilibre budgétaire (en 2014, après un très faible déficit de -0,1 % du PIB en 2013) depuis la crise, sous une hypothèse de croissance de +2,8 % en 2013 (crédible mais fragile au vu de la volatilité, tant statistique que réelle, du PIB islandais), essentiellement soutenue par la consommation privée. Ce budget est en ligne avec l’analyse du FMI. L’opposition et certains observateurs ont critiqué l’absence de mesure en faveur de l’investissement (qui reste à la peine) et l’omission de certains coûts potentiels : intérêts de retard pour le contentieux Icesave (dont le paiement éventuel devrait s’étaler sur plusieurs années) et recapitalisation du fonds de financement de l’immobilier HFF (impact non sur le déficit mais sur la dette).

Icesave. L’audition publique par la Cour de justice de l’AELE du contentieux Icesave (autorité de surveillance de l’AELE contre Islande) a eu lieu le 18 septembre. Les deux parties ont présenté leurs positions, bien connues. L’autorité de surveillance de l’AELE et la Commission européenne (soutenues par le Royaume-Uni et les Pays-Bas) ont argumenté que l’Islande avait 1/ failli à son obligation de résultat d’indemnisation des dépôts au titre de la directive de 1994 et 2/ violé le principe d’égalité de traitement, indemnisant les déposants islandais (en totalité) et non les déposants étrangers (britanniques et néerlandais). L’Islande a rejeté les deux points (soutenue sur le point 1 par la Norvège et le Liechtenstein), arguant notamment de ce que la directive de 1994 n’était pas adaptée à un effondrement bancaire de cette magnitude. Le verdict de la Cour est attendu en fin d’année.

Contrôle des mouvements de capitaux. Le groupe technique ad hoc sur la stratégie de levée du contrôle des mouvements de capitaux a tenu sa 1ère réunion les 20 et 21 septembre. Ce groupe, qui devrait rendre un rapport intérimaire en fin d’année, est présidé par le directeur des affaires économiques du ministère des finances, Björn Rúnar Guðmundsson, et composé de représentants du gouvernement islandais, de la Commission européenne, de la BCE et du FMI.

Quelle monnaie ? Le 17 septembre, la Banque centrale a publié un rapport sur les options de change de l’Islande. Le rapport pointe que l’Islande est de loin le plus petit pays avec un régime de change flottant (le 2ème par ordre de taille est la Nouvelle-Zélande dont la population comme le PIB sont 13 fois plus importants) et conclut que les seules options valables sont l’adoption de l’euro dans le cadre d’une adhésion à l’UE ou le maintien de la couronne islandaise. D’autres options (adoption unilatérale de l’euro, adoption unilatérale ou bilatérale d’une autre devise comme le dollar canadien) sont analysées et rejetées.

Norvège

IDE. 2,3 % des entreprises en Norvège étaient sous contrôle étranger fin 2010, ce chiffre montant à 40 % pour les grandes entreprises (100 employés ou plus). Elles représentaient 290 000 emplois fin 2010, soit 20 % de l’emploi total, et 25 % de la valeur ajoutée. Les pays de l’UE contrôlent 81 % de ces 6 114 entreprises, la Suède étant le 1er pays avec 1 809 entreprises, suivie par le Danemark (780) et le Royaume-Uni (724). En termes de secteurs, le commerce de gros et de détail était le plus grand récipiendaire d’IDE. L’extraction pétrolière et gazière (43 % de la VA créée par des entreprises étrangères), la fabrication (16 %) et la vente (14 %) sont les secteurs dominants.

Banque. DNB, la plus grande banque de Norvège, augmente ses fonds propres pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires. Elle a ainsi réduit son dividende plus tôt cette année et a récemment confirmé qu’elle poursuivrait cette politique jusqu’en 2014 afin de conserver des liquidités et renforcer ses fonds propres. DNB prévoit de verser entre 25 % et 50 % de ses bénéfices aux actionnaires d’ici à 2014, contre un objectif de 50 % alors qu’elle cherche à faire passer son ratio Core tier 1, de 9,6 % actuellement, à 10 % en fin d’année et 12,5 % en 2015.

Tarification douanière. Dans le budget 2013, le gouvernement norvégien devrait annoncer le passage à des droits de douane ad-valorem sur les importations de fromage à pâte dure (avec des exceptions et le maintien d’un quota libre de droits) et de la viande de bœuf et d’agneau. Les fromages seront désormais taxés à 227 % de la valeur déclarée, contre 27,15 NOK par kg précédemment. Ce changement a été obtenu par le parti agrarien Senterparti, membre de la majorité gouvernementale mais en perte de vitesse au niveau national, suite à une revendication des agriculteurs norvégiens qui souhaitent être mieux protégés de la concurrence étrangère et obtenir des prix plus élevés pour leur viande et leur lait. János Herman, ambassadeur de l’UE en Norvège, a exprimé l’incompréhension de l’UE sur le sujet et souligné que cette décision ne va pas dans le sens de l’accord sur l’Espace économique européen dont la Norvège est partie.

Norwegian et SAS. Norwegian a annoncé une hausse de son trafic passager de +18 % en août, avec 1,7 millions de passagers au cours du mois et une distance moyenne parcourue par passager en augmentation de +6 %. En marge de ces bons résultats, Norwegian devra cependant probablement s’acquitter d’une participation de 12 M DKK à titre de participation au fonctionnement de l’agence de supervision du trafic aérien. Jusqu’à présent seules SAS et les compagnies aériennes danoises y participaient. Par ailleurs, Eivind Roald, le seul directeur exécutif norvégien de SAS, a déclaré le 23/09 à Dagens Næringsliv que Norwegian était coupable de donner au consommateur norvégien une idée erronée des coûts des trajets en avion, insistant notamment sur le coût du trajet vers l’aéroport, parfois plus cher que le vol lui-même. Suite à la commande de 222 appareils Boeing et Airbus par Norwegian en janvier, Eivind Roald se défend que SAS possède une flotte vieillissante, indiquant que les moteurs des appareils sont changés en permanence.

Suède

Budget 2013. Le 20 septembre 2012, le ministre des finances, Anders Borg, a déposé le projet de loi de finances « d’automne » (PLF 2013) devant le Parlement suédois. Ce projet marque une inflexion notable dans la politique budgétaire menée par le gouvernement de centre-droit depuis 2006, avec un effort de relance de 0,7 % de PIB en 2013, principalement via une baisse de l’IS. Pour autant, cette relance reste mesurée et ne remet pas en cause la prudence budgétaire suédoise.

Baisse de l’IS. La Suède compte baisser son taux d’imposition des sociétés de 26,3 % à 22 % dès le 1er janvier 2013, tout en respectant l’équilibre de ses finances publiques cette même année. Une partie du coût brut (1,9 Md€) devrait être compensée par un durcissement du cadre fiscal des transferts intra-groupe. Les principaux bénéficiaires de cette mesure pourraient être les grandes banques suédoises. Cette mesure permettra à la Suède d’afficher un taux de l’IS inférieur à la moyenne de l’Union européenne (23,4 %) et de l’OCDE (25,5 %), et devrait déclencher une série de nouvelles baisses de l’IS dans les autres pays nordiques.

Transition écologique. Accélérant sa transition écologique, la Suède dépassera dès 2012 ses objectifs fixés dans le cadre du paquet Énergie- Climat pour 2020 (part de 50 % d’énergies renouvelable dans la consommation finale et de 10 % dans les transports). Début 2012, la Suède a maintenu son rôle moteur en lançant l’initiative internationale contre les forceurs climatiques CCAC, puis la conférence ministérielle « Stockholm+40 ». Sur le plan bilatéral, nos positions restent très proches dans le cadre des négociations climatiques ; de nombreuses coopérations émergent dans le secteur de l’énergie.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 25/10/2012

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