La Quinzaine nordique n°29 - 29 août 2012

Sondage sur la QN. Un peu plus d’un an après sa création, nous aimerions avoir votre retour sur cette quinzaine nordique. Nous vous proposons de répondre en ligne à un sondage qui ne devrait pas vous prendre plus d’une minute. Merci d’avance !

Taux de change. La couronne suédoise (SEK) a atteint mi-août un niveau record contre l’euro, brièvement sous la barre des 8,20 SEK/€, inédit depuis mai 2000. Cette appréciation de la SEK contre l’euro, qui s’explique bien par les écarts de fondamentaux (taux d’intérêt, croissance, soldes extérieurs…), pourrait se poursuivre à court terme mais devrait rester limitée à plus long terme. La couronne norvégienne a suivi une évolution similaire, passant sous 7,30 NOK/€ pour la 1ère fois depuis janvier 2003. Pour la couronne danoise, fermement ancrée à l’euro (avec un corridor théorique de +/-2,25 % mais des fluctuations observées inférieures à +/-0,5 %), la pression se traduit par un gonflement des réserves de change de la Banque centrale danoise qui atteignent un nouveau record (27,5 % du PIB).

Danemark

Budget 2013. Le gouvernement a présenté le 27 août son projet de loi de finances 2013. Il repose sur une hypothèse de croissance de +1,7 % en 2013, après +0,9 % en 2012. Le déficit public serait réduit de moitié (1,9 % contre 4 % en 2012). Poursuivant la stratégie de consolidation des finances publiques (la croissance de la consommation publique est anticipée à +0,1 %), le PLF 2013 comporte des initiatives en faveur de la formation des demandeurs d’emploi, de l’enseignement supérieur et de la R&D. Certains analystes jugent l’hypothèse de croissance retenue trop optimiste.

Nouveau gouverneur de la Banque Centrale. Un comité composé de membres du gouvernement danois vient de désigner Lars Rohde, directeur du fonds de pension ATP depuis 1998, comme nouveau gouverneur de la Banque Centrale en remplacement de Nils Bernstein, qui a atteint la limite d’âge (70 ans). Lars Rohde prendra officiellement ses fonctions le 1er février 2013.

PIB. Après une faible progression au 1er trimestre 2012 (+0,3 %), l’activité a reculé au 2ème trimestre ( 0,5 %), du fait notamment de la contraction de l’investissement (-4,2 % en variation trimestrielle sur données désaisonnalisées) et de la consommation privée (-0,9 %).

Conjoncture. La conjoncture danoise reste déprimée. Certes les indicateurs de confiance sont repartis à la hausse en juillet (en données désaisonnalisées) dans l’industrie manufacturière comme dans les services, mais ils restent à des niveaux bas ; même signal du côté de la consommation, avec un très faible rebond des ventes de détail (+0,2 % en juillet) comme de la confiance des ménages (à 0 en juillet-août contre -2,6 en juin).

Finlande

PIB. La 1ère estimation « flash » des comptes nationaux finlandais indique un net recul du PIB au 2ème trimestre 2012, à -1,0 % en variation trimestrielle (données désaisonnalisées), soit une des plus mauvaises performances de la zone euro. Dans le même temps, la croissance du 1er trimestre a été revue à la baisse, à +0,8 % contre +1,3 % antérieurement.

Conjoncture. Les 1ères enquêtes disponibles font état d’une dégradation conjoncturelle dans tous les secteurs, avec notamment un niveau de l’indicateur inférieur à la moyenne de long terme dans le commerce de détail, augurant d’une baisse des ventes.

Accord–cadre. L’organisation patronale de la fédération des industries technologiques souhaite revenir sur l’accord général sur les salaires d’octobre 2011. Son vice-président Risto Alanko estime que les augmentations de salaires de +4,3 % sur une période de 25 mois sont excessives compte tenu de la dégradation du climat économique. A l’heure actuelle, ni les syndicats, ni le ministre du travail ne souhaitent revenir sur ces accords.

Islande

Conjoncture. Les statistiques mensuelles donnent des signaux favorables concernant la pêche et le tourisme, tandis que la baisse du chômage se poursuit, à 5,8 % en juillet (données désaisonnalisées). En revanche, l’inflation reste élevée, à +4,6 % en août.

Politique monétaire. Le 23 août, la Banque centrale d’Islande a décidé de laisser son taux directeur inchangé, à 6,75 % pour le taux de prêt overnight. Les perspectives d’activité sont plus favorables mais les aléas, notamment du côté de l’environnement international, restent plutôt négatifs. Le retour à la cible d’inflation (+2,5 %) n’est prévu qu’en 2014.

Norvège

PIB. Après un très bon 1er trimestre (+1,5 %), la croissance du PIB reste excellente au 2ème trimestre (+1,2 % et +1 % hors exportations de pétrole). Si les activités pétrolières marquent un léger ralentissement (+2 % après +3,1 %), les moteurs restent les mêmes : consommation des ménages (+1,1 %), exportations hors pétrole (+1,3 %) , diminution des importations (-0,1 %) et, surtout, dynamisme de l’investissement (+2,7 %). Les investissements pétroliers continuent leur croissance importante (+3,4 %) mais ce trimestre voit également une reprise de l’investissement dans les autres industries (+2,6 %, en particulier dans la chimie et les mines +13,6 %). Les exportations hors pétrole croissent toujours malgré le ralentissement mondial, notamment pour l’électricité (+40 %).

Politique monétaire. La Banque de Norvège a laissé son taux directeur inchangé aujourd’hui, à 1,5 %. Certes l’économie norvégienne se porte très bien mais l’inflation reste très faible et, pour limiter l’appréciation du change, la Banque centrale doit tenir compte du contexte international de taux d’intérêt très faibles.

Aide à l’exportation. Le 25 juin 2012, Eksportkreditt a remplacé Eksportfinans dans l’octroi des prêts de soutien à l’exportation, suite à l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation prudentielle et à l’échec du refinancement d’Eksportfinans sur les marchés. Eksportkreditt est désormais possédé entièrement par l’Etat norvégien et n’accorde que des prêts au taux d’intérêt commercial de référence (TICR) de l’OCDE ou des prêts en accord avec les règles fixées par l’autorité de surveillance de l’AELE. Les crédits accordés peuvent couvrir jusqu’à 85 % de la valeur du contrat et doivent être garantis par le GIEK ou par des établissements financiers autres. Les prêts accordés, à plus de 80 % en US$, sont fondamentaux pour la construction navale et l’exportation de matériels offshore.

Fonds pétrolier. Au 2ème trimestre 2012, la valeur du fonds pétrolier a augmenté de 65 Mds de NOK (le portant à 490 Mds€) grâce à une baisse de la couronne norvégienne face à certaines devises et un abondement de 72 Mds de NOK de la part du gouvernement et malgré un retour négatif de -2,2 %. Cette perte est essentiellement liée à un retour de -4,6 % sur les actions (comptant pour 59,6 % du total), notamment à cause des pertes sur les bourses européennes et dans les secteurs des matériaux de base et des hydrocarbures (Shell, Exxon et BP figurent parmi les dix plus importantes participations du fonds). Le fonds norvégien est devenu ce trimestre le 1er investisseur institutionnel étranger au monde à se voir accorder le quota individuel maximum d’ 1 Md US$ en Chine.

Suède

PIB. Le PIB suédois a de nouveau fortement progressé au 2ème trimestre 2012 (+1,4 % après +0,9 %), bien au-delà de la prévision du consensus (+0,2 %) et grâce essentiellement au commerce extérieur. Cette bonne nouvelle conduit le gouvernement à lâcher du lest sur la politique budgétaire tandis que la baisse des taux, jusqu’ici anticipée, devient moins probable.

Conjoncture. Les enquêtes de conjoncture sont reparties à la hausse en août, compensant l’essentiel de la baisse de juillet, mais restent à un niveau bas, inférieur à la moyenne de long terme. Ceci confirme que la résilience de l’économie suédoise ne devrait pas durer et que la perspective d’un ralentissement, d’ampleur moindre qu’anticipé antérieurement, reste d’actualité.

PLF 2013. En amont de la publication du PLF 2013 (prévue fin septembre), le ministre des finances, Anders Borg, a annoncé que les prévisions de croissance seraient revues à la hausse, offrant une marge de manœuvre (50 Mds SEK sur deux ans) pour des mesures nouvelles longtemps promises en faveur des infrastructures de transport (ferroviaire et routier), de la R&D et de l’emploi des jeunes. Le taux de l’IS devrait également être baissé.

Retraite. La commission de réflexion sur l’avenir des fonds de réserve des retraites (AP-fonds) a rendu un rapport qui critique le fonctionnement actuel et recommande de diminuer leur nombre, de réformer leur gouvernance et d’assouplir les règles de placement. La tradition séculaire du compromis suédois devrait conduire à retenir une réforme consensuelle corrigeant les dysfonctionnements les plus évidents (mutualisation des fonctions support pour retrouver certaines économies d’échelle, assouplissement des règles de placement, fermeture progressive de l’AP-6). Le véritable enjeu d’une nouvelle réforme suédoise des retraites concerne davantage les bornes d’âge du régime de base et l’éventuelle réforme des régimes complémentaires dont certains offrent encore la possibilité d’un départ en retraite à 55 ans.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 25/10/2012

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