La Quinzaine nordique n°25 - 23 mai 2012

Prévisions macroéconomiques. La Commission européenne a revu ses prévisions de croissance pour 2012 à la baisse pour la Norvège et la Suède (resp. +1,7 % et +0,3 %), à la hausse pour l’Islande (+2,1 %) et inchangées pour le Danemark et la Finlande (resp. +1,1 % et +0,8 %). Pour 2013, la Commission anticipe une moindre reprise dans tous les pays nordiques (+1,4 % au DK, +1,6 % en FI, +2,0 % en NW, +2,1 % en SW), sauf en Islande (+2,4 %). Dans ses perspectives économiques de mai, l’OCDE a également actualisé ses prévisions, globalement dans le même sens (cf. annexe 1).

Danemark

Présidence de l’UE. La réunion informelle des ministres de l’agriculture se tiendra du 3 au 5 juin au Jutland. La présidence saisira cette occasion pour présenter son modèle agricole et en particulier son agriculture biologique aux ministres présents. Le thème de la session de travail sera la transition verte de l’agriculture européenne.

Conjoncture. Forte baisse du nombre de ventes forcées au mois d’avril (-18% par rapport à mars).
Le nombre de défaillances d’entreprises continue de baisser entre mars et avril et revient quasiment au niveau d’avant-crise. L’indicateur de confiance des ménages reste quant à lui stable sur un moins.

Secteur bancaire. Publication d’une étude de Niro Invest suggérant que 20% des 91 établissements bancaires danois étudiés luttent pour leur survie. La plupart sont des établissements de petite taille. Deux établissements de taille intermédiaire sont néanmoins concernés : Alm. Brand Bank (activités bancaires de la compagnie d’assurance du même nom) et Vestjysk Bank.

Secteur pharmaceutique. La société danoise Dako, spécialisée dans les produits de diagnostics du cancer, a été rachetée par l’américain Agilent Technologies pour 12,8 Mds DKK auprès du fonds d’investissement suédois EQT.

Finlande

Financement de l’Etat. La Finlande a adjugé le 14 mai, 1 Md€ d’obligations à 5 ans, à un rendement de 0,872 % (contre 1,58 % en mars pour un emprunt du même type). L’offre a été souscrite 2,2 fois. La Finlande ne prévoit aucune adjudication supplémentaire au 1er semestre et pourrait lancer une ou deux adjudications au 2nd semestre.

Inflation. En avril 2012, l’indice des prix à la consommation a progressé de +3,1 % sur un an et de +0,3 % par rapport au mois précédent, principalement en raison d’une hausse de la taxation des voitures.

Islande

Icesave. Dans le contentieux Icesave, l’autorité de surveillance (ASE) s’est portée en recours devant la Cour de Justice de l’AELE contre l’Islande, d’une part pour manquement à l’obligation de résultat de la directive européenne sur la garantie des dépôts, d’autre part pour discrimination envers les déposants non-résidents (en pratique britanniques et néerlandais) qui n’ont pas été indemnisés (alors que les déposants islandais l’ont été en totalité). Dans leur avis sur ce contentieux, la Norvège et le Lichtenstein, membres de l’AELE, s’opposent au 1er point de l’ASE, estimant que la directive n’appelle pas la garantie implicite de l’Etat et soulignant qu’une telle interprétation de la directive aurait eu un impact considérable sur les finances publiques de nombreux Etats-membres durant la crise. Par ailleurs, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, dont les fonds de garantie des dépôts ont dû se substituer au fonds islandais pour indemniser les déposants Icesave, ont soutenu la position de l’ASE uniquement concernant le 2nd point (non-discrimination).

Politique monétaire. Arguant du retour de la croissance et de la forte inflation (+6,4 % en avril 2012), la Banque centrale a décidé le 16 mai d’augmenter de 50 pdb ses taux directeurs, portant le taux des prêts à 7 jours contre collatéral à 5,5 %. Le gouverneur, Mar Gudmundsson, a indiqué que les relèvements de taux se poursuivraient.

Stratégie de levée du contrôle des changes. La Banque centrale a publié le 9 mai le résultat de l’enchère lancée le 17 avril et qui combinait la vente d’obligations du Trésor (221 M€, achetés à 91 % par les fonds de pension islandais) et le nouveau programme d’investissement (107 M€). Celui-ci a été essentiellement souscrit par les entreprises-mères pour les actions et obligations de leurs filiales islandaises et par des particuliers islandais résidant à l’étranger pour l’immobilier.

Norvège

PIB. Le PIB hors pétrole a augmenté de +1,1 % au 1er trimestre 2012 (en variation trimestrielle sur données désaisonnalisées), tiré par la consommation des ménages (+1,3 %) et les exportations hors pétrole (+3,8 %). Cette publication confirme la spectaculaire performance de l’économie norvégienne, après deux trimestres à +0,8 %. En tenant compte du secteur pétrolier et de la très bonne valeur des exportations de pétrole et gaz (+6,5 % par rapport au 1er trimestre 2011), le PIB total de la Norvège a crû de +1,4 % ce trimestre.

Finances publiques. Grâce à des rentrées supérieures et des dépenses inférieures à celles attendues, le gouvernement a revu à la baisse de 6 Mds NOK son déficit hors pétrole, prévu à 116 Mds NOK. Grâce à l’importante augmentation de la valeur du fonds pétrolier, seuls 3,1 % seront prélevés pour financer ce déficit, en-dessous des 4 % maximum que prévoit la règle budgétaire. La croissance 2012 hors pétrole est revue à la hausse à +2,75 %.

Politique monétaire. Alors que la politique monétaire norvégienne était jusqu’ici confrontée à des objectifs contradictoires (refroidir le marché immobilier versus limiter l’appréciation de la couronne pour favoriser les exportations hors pétrole), l’augmentation des marges de taux d’intérêt des banques sur les prêts hypothécaires a permis à la Banque de Norvège de laisser son taux directeur inchangé le 15 mai, à un niveau bas de 1,5 %. L’inflation sous-jacente reste faible (+1,2 % pour un objectif de +2,5 %) mais la Banque de Norvège a toutefois averti de la remontée à terme de ce taux.

Banques. Les banques norvégiennes doivent augmenter rapidement leur ratio de liquidité à long terme. Si les résultats du 1er trimestre 2012 sont bons, les incertitudes internationales et les conséquences sur le secteur de l’armement naval et les craintes d’emballement immobilier font recommander d’augmenter rapidement ces ratios de liquidité et de mettre en place le coussin contra-cyclique prévu par les accords de Bâle III. L’exigence de 9 % en Core Tier 1 sera respectée par les banques norvégiennes fin juin 2012, mais la Banque de Norvège demande une augmentation importante des capitaux propres de la banque « systémique » DNB.

Suède

Perspectives macroéconomiques. A l’issue de sa mission article IV en Suède, le FMI a estimé le 15 mai que l’économie suédoise devrait nettement ralentir en 2012 (croissance de 0 à +1 %). Le FMI soutient le caractère peu expansif de la politique budgétaire et il soutient la position suédoise d’exigences prudentielles sur les banques supérieures aux recommandations de Bâle III, du fait de la taille du secteur bancaire par rapport au PIB. Le FMI souligne comme risques l’endettement des ménages et le taux de chômage important des jeunes et des immigrés.

SEK. Durant la 1ère quinzaine de mai, la couronne suédoise (SEK) s’est dépréciée chaque jour (à l’exception du 8 mai) contre l’US$, soit la plus longue période de baisse en 40 ans. Au total, la SEK a perdu plus de 7 % contre le US$ et a ainsi atteint le 16 mai son plus bas niveau depuis septembre 2010. La SEK a même cédé plus de 3 % contre l’euro. Cette dépréciation, alors que l’économie et les banques suédoises affichent des fondamentaux solides et que le taux des obligations d’Etat à 10 ans a atteint un niveau historiquement bas, tient probablement à la pro-cyclicité de la SEK et au comportement classique des investisseurs (notamment étrangers) face au risque de liquidité sur un petit marché lors de turbulences (mondiales) des marchés financiers. Sur la même période, la NOK s’est également dépréciée contre l’US$, mais dans une moindre mesure (4 %).

Arla et Lactalis. Le 22 mai, la coopérative dano-suédoise Arla Foods a annoncé son projet de fusion avec ses homologues britannique Milk Link (4ème coopérative laitière au Royaume-Uni) et allemande Milch-Union Hocheifel (1er producteur européen de lait UHT). Si l’objectif affiché par Arla Foods est de stabiliser les prix pour les éleveurs à l’approche de la suppression des quotas laitiers en 2015, ce projet de fusion reflète aussi une certaine inquiétude de la coopérative nordique face à l’arrivée en Suède du numéro un mondial, Lactalis, grâce à l’acquisition de Skånemejerier AB, approuvée par la Commission européenne le 11 mai dernier.

SAS. A l’instar de son principal concurrent nordique low-cost Norwegian, qui a récemment passé une gigantesque commande de 222 Boeing et Airbus, la compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé sa volonté de renouveler sa flotte en passant commande de 60 appareils au cours des prochaines années. Alors que la compagnie aérienne rencontre des difficultés depuis plusieurs années, l’annonce de cet achat s’inscrit dans la continuité du salon du Bourget en juin dernier, au cours duquel SAS avait signé une commande ferme de 30 appareils de la famille A320neo.

Ferroviaire. Les partis d’opposition se sont alliés pour voter en commission des transports une motion pour que le gouvernement soumette rapidement une proposition pour renationaliser les services de maintenance du réseau ferroviaire suédois. Les partis de l’alliance gouvernementale estiment qu’un retour à moins de concurrence sur ce secteur entraînerait une augmentation des coûts.

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Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 25/10/2012

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