La Quinzaine nordique n°23 - 25 avril 2012

World Economic Outlook. Le FMI a publié le 17 avril ses prévisions de croissance intitulées « la croissance revient, les dangers demeurent ». Fortement dépendants de leurs exportations, les pays nordiques devraient afficher des croissances modestes cette année (+0,5 % au Danemark, +0,6 % en Finlande, +0,9 % en Suède, +1,8 % en Norvège[1]), du fait du ralentissement de la demande mondiale, notamment en provenance de la zone euro. En 2013, ils retrouveraient une évolution du PIB plus proche de leur croissance de long terme (+1,2 % au Danemark, +1,8 % en Finlande, +2,3 % en Suède, +2,0 % en Norvège).

Finances publiques. Le 23 avril, Eurostat a publié les statistiques officielles de soldes et de dettes publics pour 2011. Comme en 2009 et 2010, le Danemark, la Finlande et la Suède font partie des rares Etats membres (avec l’Estonie et le Luxembourg, rejoints cette année par la Bulgarie) qui respectent les critères du traité de Maastricht (déficit public inférieur à -3 % du PIB et dette publique brute inférieure à 60 % du PIB).

Danemark

Crédit hypothécaire. La menace par Moody’s d’une dégradation de la note du plus grand institut de crédit hypothécaire danois Nykredit. Ce dernier a résilié son contrat au profit de Standard & Poor’s. Les deux autres acteurs importants, Realkredit Danmark (filiale du groupe Danske Bank) et BRF Kredit, avaient pris la même décision il y a quelques mois.

Dette extérieure. Le Danemark n’a plus de dette extérieure nette depuis 2009. Le surplus atteint désormais 24 % du PIB, soit 440 Mds DKK, selon les données fournies par l’Office Danois des Statistiques portant sur l’année 2011. Pour rappel, la dette extérieure nette s’élevait à 25 % du PIB au milieu des années 90.

Conjoncture. L’indice de confiance des ménages redevient positif en avril : +0,6 contre -0,4 le mois précédent. L’inflation a atteint +2,7 % en glissement annuel en mars, un peu en-dessous de la moyenne européenne (+2,9 %).

Finlande

Banques. Selon le superviseur financier, le ratio Core Tier 1 de l’ensemble du secteur bancaire finlandais était de 13,1 % fin 2011 (contre 13,2 % fin 2010).

Chômage. Le taux de chômage s’est établi à 8,0 % au 1er trimestre 2012 (données désaisonnalisées), en baisse de 0,6 point par rapport au trimestre précédent. Le taux d’emploi était de 67,6 %, en hausse de 1,3 point par rapport au 1er trimestre 2011.

IDE. En 2011, le stock d’IDE en Finlande s’élevait à 64,1 Mds€ (dont 1,3 Md€ d’investissements français, en progression de +6 % sur un an), en progression de +0,1 % par rapport à 2010. Le stock d’IDE finlandais à l’étranger a progressé de +5 %, à 107 Mds€ (dont 177 M€ en France).

Islande

Système financier. Le 23 mars, le ministre de l’économie, Steingrímur Sigfússon, a présenté au gouvernement son rapport sur l’avenir du système financier. Ce rapport, dont la traduction en anglais est disponible depuis le 24 avril, conclut de l’expérience de la crise que la taille du système financier doit rester proportionnée à celle de l’Islande (PIB de 10 Mds€), que les activités commerciales et d’investissement doivent être séparées, et que le cadre législatif doit couvrir toutes les activités financières de manière harmonisée.

Procès de Geir Haarde. L’ancien Premier ministre Geir Haarde, au pouvoir durant la surchauffe économique qui a conduit à l’effondrement de 2008, a été jugé coupable par la Haute Cour de Justice d’avoir violé la Constitution sur le fonctionnement de l’institution gouvernementale sur les sujets vitaux. Il n’encourt cependant aucune peine et ses frais d’avocat seront pris en charge par l’Etat. Le jugement n’est pas susceptible d’appel, et M. Haarde a annoncé sa probable intention de saisir la Cour européenne des Droits de l’Homme.

Chine. La visite du Premier ministre chinois (accompagné de 11 ministres et vice-ministres, dont le MAE et le ministre du Commerce) en Islande les 20 et 21 mai a conduit à la signature de six accords (trois entre ministres des deux pays, trois semi-privés), portant sur le renforcement de la coopération dans les domaines de l’Arctique, de la libéralisation des échanges commerciaux et de la géothermie.

Norvège

Salaires. Les négociations salariales annuelles sont en cours en Norvège. Pour le moment, dans les secteurs qui ont conclu leurs discussions (une partie du secteur secondaire et hôtellerie et restauration), des augmentations importantes ont été accordées (environ 4 %), les pères vont pouvoir profiter de 2 semaines de congés payés suite à la naissance d’un enfant et les intérimaires jouiront des mêmes conditions de travail que les autres employés.

Transport. La proposition de Plan national de transport 2013-2023 a été remise au gouvernement norvégien. Elle doit permettre d’orienter la politique des transports dans les dix années à venir et met l’accent sur les investissements pour l’entretien et la rénovation du réseau. Ce plan ne porte pas une politique ambitieuse des transports pour la Norvège : peu de grands projets sont envisagés et la question du financement sur le long terme n’est pas évoquée, alors que les réseaux de transport norvégiens sont vieillissants et nécessitent des investissements très importants. Aucun projet ambitieux de type lignes à grande vitesse n’est prévu dans ce plan pour les 10 ans à venir.

Suède

Politique monétaire. Le 18 avril 2012, le Conseil de la Riksbank a décidé de laisser son taux directeur inchangé (à 1,50 %) et a confirmé sa trajectoire indicative (stabilisation du taux directeur à ce niveau durant environ un an puis relèvements progressifs, à 2 % fin 2013 et 3 % fin 2014). Même si elle a revu ses prévisions de croissance à la baisse pour 2012 (désormais en ligne avec l’institut de la conjoncture et le gouvernement, à +0,4 %) et 2013 (à +1,9 %) et qu’elle note que l’inflation devrait rester faible, la Riksbank estime que la politique monétaire est accommodante. Sans surprise, le « clan des académiques » (les sous-gouverneurs Karolina Ekholm et Lars E. O. Svensson) ne partagent pas cette analyse et souhaiteraient un taux directeur inférieur.

Politique budgétaire. Le 15 avril 2012, le ministre des finances, Anders Borg, a déposé le projet de loi de finances « de printemps » (homologue de la LPFP) pour 2013-2016 devant le Parlement suédois. Ce projet comporte très peu de mesures nouvelles et confirme avant tout l’ajustement à la baisse du cadrage macroéconomique pour 2012. Les réactions à ce nouveau projet de loi de finances sont principalement critiques, non seulement de la part de l’opposition mais aussi des économistes de banque, des milieux académiques ou du Medef suédois, dénonçant une politique budgétaire pro-cyclique (avec un excédent structurel de +1,2 % du PIB cette année), un sous-investissement public et un manque d’initiatives pour lutter contre le chômage qui reste élevé (7,8 % aujourd’hui et prévu en 2013-2014), notamment parmi les jeunes (23 %) et les immigrés nés hors d’Europe (21,5 %).

Chine. La visite du Premier ministre chinois, Wen Jiabao, en Suède (une première depuis 28 ans) a conduit à de nombreux accords, notamment pour Volvo Cars (racheté par le chinois Geely en 2010 ; la China Development Bank contribuerait au financement de l’ambitieux programme de R&D d’un montant total de 8,5 Mds€ à horizon 2015), Ericsson (qui fournira des équipements 2G et 3G à China Mobile et China Unicom) et l’équipementier Sandvik (avec Minmetals). Sur le plan régalien, la Suède et la Chine souhaitent coopérer en matière de protection de l’environnement et d’économies d’énergie (avec l’espoir du côté suédois d’exporter le savoir-faire environnemental en Chine), d’efficacité et de durabilité dans le secteur ferroviaire, de sécurité routière et de supervision financière.

Banques. 3 des 4 grandes banques suédoises (Nordea, SEB et Swedbank) ont publié leurs résultats trimestriels qui sont tous très bons (respectivement 9,2, 3,7 et 4,5 Mds SEK, soit 5 à 15 % au-delà des anticipations de l’enquête SME Direkt). Les provisions pour pertes de crédit sont restées à un niveau élevé sur le Danemark et le shipping, tandis que les portefeuilles baltes font l’objet de reprises de provisions.

Salaires. Le 17 avril, les négociations salariales dans le commerce ont finalement abouti avec un accord sur un an (contre trois ans habituellement), permettant de repousser les menaces de grèves.

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Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 25/10/2012

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