La Quinzaine nordique n°18 - 29 février 2012

La Commission européenne a publié le 23 février ses prévisions actualisées de croissance 2012 pour les pays de l’Union. Sans surprise, ces prévisions s’inscrivent en baisse par rapport aux précédentes prévisions de la Commission, faites à l’automne dernier : -0,3 % pour la zone euro (contre +0,5 % anticipés auparavant) ; 0 % pour l’Union dans son ensemble (contre +0,6 %) ; +1,1 % pour le Danemark (+1,4 %) ; +0,8 % pour la Finlande (+1,4 %) ; +0,7 % pour la Suède (+ 1,4 %).

Danemark

Présidence danoise de l’UE. Journée européenne de la concurrence et des consommateurs au Bella Center le 8 mars, en présence du ministre danois des entreprises et du commissaire européen à la concurrence. La conférence portera sur la mise en œuvre des règles de concurrence, la facilitation des passations d’appels d’offres de marchés publics, et les comportements des consommateurs susceptibles de renforcer la concurrence.

FIH Bank. Reprise en 2010 par un consortium composé d’ATP, de PFA et de la compagnie d’assurance suédoise Folksam, la 6ème banque du Danemark négocierait avec l’Etat un plan de restructuration. Elle bénéficierait de l’intervention de Finansiel Stabilitet A/S, l’organisme chargé de liquider les actifs des banques en faillite, qui reprendrait 1/3 des prêts. Finansiel Stabilitet A/S reprendrait ainsi pour la 1ère fois depuis sa création une partie du portefeuille de prêts d’un établissement non-déclaré en faillite. Critiquée par les représentants du secteur bancaire pour distorsion de concurrence, l’intervention de l’Etat vise à éviter une réaction en chaîne. FIH Bank, particulièrement exposée à l’immobilier, est confrontée à l’arrivée à échéance, en 2012 et 2013, de près de 6 Mds€ d’obligations avec garantie d’Etat et à un écart très marqué entre dépôts et prêts (5 Mds€).

Emploi. Selon les statistiques danoises, le taux de chômage a atteint 7,7 % en moyenne en 2011 et le nombre de chômeurs a connu une légère hausse de +1,4 % entre 2010 et 2011.

Confiance. Bien que demeurant négatif, l’indice de confiance des ménages est à nouveau en hausse en février, passant de -7 en janvier à -4,8.

Finlande

Soutien à la Grèce. Les ministres des finances finlandais et grec ont signé le 20 févier, à Bruxelles, l’accord sur les « collatéraux » qui offre une certaine garantie à la Finlande au cas où la Grèce ne pourrait rembourser les prêts qui lui sont accordés. A la demande des banques grecques, le texte de l’accord a été déclaré secret, fait très rare en Finlande.

Politique budgétaire. Les confédérations syndicales ont des vues divergentes sur les augmentations d’impôt qui devraient être décidées en mars : la principale confédération, SAK, d’obédience social-démocrate, préférerait une hausse de l’IR, alors que les autres syndicats (comme le patronat) privilégieraient une augmentation de la TVA ou des droits d’accise sur les alcools et tabac. Par ailleurs, le patronat a indiqué son opposition au projet de la Commission de taxe sur les transactions financières et aux projets finlandais d’augmentation des taxes sur l’énergie.

Inflation. En janvier, l’indice des prix à la consommation a progressé de +3,2 % sur un an (+2,9 % en décembre). L’inflation augmente principalement en raison de la hausse des taxes sur l’alcool et les carburants. L’augmentation des taux d’intérêt (les charges d’intérêts étant prises en compte dans les dépenses des ménages) et des loyers a également contribué à la hausse des prix du logement.

Islande

Levée du contrôle des mouvements de capitaux. Le gouverneur de la Banque centrale d’Islande s’est félicité du succès de l’enchère le 15 février : 173,6 M€ achetés en échange, soit de bons du Trésor à 5 ans (114,5 M€), soit d’investissements bloqués pendant 5 ans en Islande (59,1 M€). Cette enchère a conduit à une augmentation de +4 % des réserves de change. Le vrai succès de la reprise des enchères pourra être jugé le 28 mars, enchère au cours de laquelle la Banque centrale se propose également d’acheter des ISK (offshore).

Adhésion UE et euro. Le ministre des affaires étrangères, Össur Skarphedinsson, a indiqué au Parlement islandais qu’une collaboration avec la BCE pour soutenir la couronne islandaise était « juste au coin de la rue », dans le cadre d’une entrée de l’Islande dans le MCE II.

Pétrole offshore. Les entreprises britannique TGS et norvégienne Volcanic Basin Petroleum Research annoncent avoir découvert du pétrole dans la « zone du Dragon », qui fera prochainement l’objet d’un appel d’offre pour attribuer les lots de prospection.

Introduction en bourse. Sept entreprises islandaises (d’une capitalisation totale estimée à 100 Mds ISK, soit environ 600 M€), totalement ou en partie détenues aujourd’hui par (la « nouvelle » banque) Landsbankinn (elle-même détenue à 81 % par l’Etat islandais), ont indiqué leur intention d’entrer en bourse sur l’OMX Islande. Ceci constituerait la plus grande vente de participations de l’histoire de l’Etat islandais.

Notation de l’Islande. L’agence de notation Fitch, seule des 3 grandes qui avait abaissé l’Islande en-dessous de la catégorie investissement, a relevé la note du Trésor islandais de BB+ (junk) à BBB- (investment). Dans son communiqué, Fitch estime que le verdict de la CJE sur le contentieux Icesave pourrait entraîner un coût de 6 à 13 % du PIB (soit 0,6 à 1,2 Md€) pour l’Islande.

Norvège

Politique monétaire. Le directeur de la Banque de Norvège, Øystein Olsen, a surpris lors de son discours annuel le 16 février en adoptant un ton nouveau et une position plus stricte concernant les intérêts bancaires, le change et la compétitivité. Il a aussi plaidé pour une restriction de l’utilisation des revenus pétroliers en ramenant la règle budgétaire de 4 % à 3 %. Malgré le faible niveau d’inflation, Olsen a affirmé qu’il ne procèderait pas à une baisse agressive des taux d’intérêts pour des raisons de compétitivité et de niveau élevé des prix immobiliers.

Chômage. Avec 16.000 créations nettes d’emplois, le taux de chômage reste stable au 4ème trimestre 2011, à 3,3 %, en raison de l’augmentation de la population active. Le nombre de chômeurs s’élève ainsi à 87.000 personnes. Le taux de chômage devrait augmenter un peu dans les mois à venir.

NOK. La couronne norvégienne a atteint mercredi 23 février son niveau le plus fort par rapport à l’euro depuis février 2003, à 7,492 NOK pour un euro. Selon Handelsbanken, dans le futur proche, la couronne devrait non seulement se maintenir à ce niveau mais aussi se renforcer encore par rapport à l’euro. Cette progression est due aux mauvaises perspectives de croissance en Europe et à la hausse des prix des hydrocarbures (exportés par la Norvège).

Suède

Politique monétaire. Le 16 février, le comité de politique monétaire de la Riksbank a décidé d’abaisser son taux directeur de 25 pdb à 1,50 % et annoncé qu’elle anticipait le maintenir à ce niveau jusqu’à mi-2013. Dans son rapport, la Banque centrale suédoise pointe la faiblesse des pressions inflationnistes et la détérioration des perspectives économiques (croissance de +0,7 % anticipée en 2012).

R&D. Le directeur de la prestigieuse université de Karolinska (Stockholm), Rune Fransson, a annoncé la création d’un cluster de recherche sur les sciences de la vie au nord de Stockholm (28.000 emplois créés et investissement de 7,5 Mds€ d’ici 2025) qui devrait reprendre certaines activités du département de recherche en neurosciences récemment fermé par le groupe pharmaceutique AstraZeneca.

Immobilier. Partant du phénomène bien identifié de manque d’offre de logements en Suède (et plus particulièrement dans les 3 grandes agglomérations), un professeur de KTH spécialisé sur ce sujet accuse les grands groupes du BTP de limiter délibérément leur activité pour entretenir le haut niveau des prix. Le ministre du logement, Stefan Attefall, partage cet avis et a invité les communes (dont l’autonomie est très importante en Suède) à taxer les grands propriétaires de terrains constructibles.

Chômage des jeunes. Les présidents des sections jeunes des 4 partis de l’alliance gouvernementale estiment, dans une tribune du 22 février, que les partenaires sociaux ne prennent pas assez à cœur le problème du chômage des jeunes (22,4 % en janvier 2012, un niveau élevé relativement au chômage total de 7,6 %) et appellent à une abolition de la loi LAS (« first in last out ») qui protège les salariés en fonction de leur ancienneté.

Dernière modification : 11/09/2012

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