La Quinzaine nordique n°125

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

PNGCommerce extérieur. Le Conseil nordique a publié un rapport complet sur le commerce extérieur dans les pays scandinaves qui rappelle l’importance des échanges extérieurs pour les économies de la zone. Le rapport met notamment en évidence la forte poussée des exportations islandaises, du fait de l’envolée des recettes du tourisme, l’importance du commerce intra-zone, surtout pour la Suède (25% de ses exportations) et le Danemark (20%), ainsi que le poids des entreprises étrangères dans les exportations, particulièrement élevé en Suède où elles représentent plus de la moitié des ventes de biens et de services à l’étranger. Le rapport souligne également la perte de 200 000 emplois dans les entreprises exportatrices de la zone nordique entre 2008 et 2014, concentrée en Suède (74 000), en Finlande (68 000) et au Danemark (59 000).

Durée de la vie active. Selon Eurostat, la durée de la vie active au sein de l’UE était de 35,4 ans en moyenne en 2015 (33,5 ans en 2005). Selon cette même étude qui porte également sur les États membres de l’espace économique européen, c’est en Islande que la durée de la vie active est la plus longue avec 46,6 ans en moyenne, suivie par la Suisse (42,5 ans) et la Suède (41,2 ans). Pour les autres pays nordiques la durée moyenne était de 39,8 ans en Norvège, 39,2 ans au Danemark et 37,6 ans en Finlande (34,9 ans en France).

Attractivité. Selon le « World talent report 2016 », publié par l’institut de management suisse IMD, les pays nordiques font partie des pays qui « développent, attirent et conservent » le mieux les talents dans les entreprises basées sur leurs territoires respectifs. Ce classement concerne 61 pays et se fonde sur une vingtaine d’indicateurs. Le Danemark arrive à la 2ème place juste derrière la Suisse et devant la Belgique, tandis que la Suède occupe la 4ème place. La Finlande occupe le 6ème rang et la Norvège le 7ème, tandis que l’Islande ferme la marche des pays de la zone à la 16ème place.

État de droit. Les pays nordiques se classent aux 4 premières places du « Rule of Law Index » réalisé par World Justice Project’s (WJP), qui classe plus de 110 pays en fonction de la façon dont le respect de l’État de droit est perçu dans la vie courante (absence de corruption, ordre et sécurité, respect des droits fondamentaux, degré d’ouverture du gouvernement, application effective de la loi, qualité de la justice civile/pénale, etc.). Le Danemark arrive à la première place, devant la Norvège, la Finlande et la Suède (la France est 21ème). Ce classement repose sur les résultats d’un sondage effectué auprès de 100 000 ménages.

Danemark

Conjoncture. Selon l’Institut des statistiques danois (Danmarks Statistik), le PIB a crû de 0,4% au 3ème trimestre 2016 et de 0,8% depuis le début de l’année. Durant le 3ème trimestre, la croissance a été principalement tirée par la hausse de la consommation publique (+1,4%) et de l’investissement (+2,0%) alors que la consommation privée et les exportations sont restées stables.

Gouvernement Rasmussen III. À la suite du remaniement ministériel du 28 novembre 2016, le nouveau gouvernement a présenté son programme intitulé « pour un Danemark plus libre, plus prospère et plus sûr ». Les mesures économiques, non détaillées à ce jour, reposeraient sur les éléments suivants : (I) limiter la croissance réelle des dépenses publiques à 0,3% du PIB, (II) alléger l’impôt sur le revenu des ménages les moins fortunés et (III) réduire le nombre de contribuables appartenant à la dernière tranche d’imposition. En outre, le ministre des entreprises, Brian Mikkelsen (K), s’est déclaré favorable à la création d’un impôt forfaitaire (flat tax) de 27% sur les revenus du capital.

Finances publiques. Selon Danmarks Statistik, les recettes de l’impôt sur le revenu auraient augmenté de 4,7% en 2015 tandis que la croissance des revenus aurait été de 3,1% durant la même période. S’agissant des autres taxes, on observe une diminution des contributions de santé de 17,3% ainsi qu’une hausse des recettes des impôts communaux (+3,3%), de l’impôt foncier d’État (+1,5%) et surtout de l’impôt sur les revenus du capital (+44,7%) dont les résultats exceptionnels devraient être réitérés en 2016.

Transports maritimes. Le PDG de Mærsk, Søren Skou, a annoncé le rachat de l’entreprise de transport maritime allemande Hamburg Süd. Avec 5 960 employés et 130 navires supplémentaires, cette acquisition ferait passer la part de marché de Mærsk Line de 15,7% à 18,6% et renforcerait sa présence sur le continent américain. Selon la presse, le montant de la transaction s’élèverait à 35 MdsDKK (4,6 Mds€).

Économie collaborative. Selon la presse, la compagnie d’assurance danoise Tryg aurait conclu un contrat avec Happy Helper afin d’assurer les clients et les prestataires de cette startup spécialisée dans les services de ménage. Tryg deviendrait ainsi le premier groupe danois à assurer une entreprise de l’économie collaborative moyennant 5 DKK (0,67 €) par heure à la charge du client. Selon son PDG, Tryg s’apprêterait à proposer des services similaires aux autres exploitants d’applications mobiles telles que GoMore ou Airbnb.

Commerce extérieur. D’après Danmarks Statistik, les exportations de marchandises ont augmenté de 0,9% en octobre, soutenues par la croissance des ventes de produits pharmaceutiques (+4,9%) et agroalimentaires (+1,8%). Sur les trois derniers mois, les exportations ont baissé de 1,7%. Les importations ont progressé de 0,3% en octobre, avec une hausse de 4,5% dans le secteur des biens manufacturés. Sur les trois derniers mois, elles se sont accrues de 1%. L’excédent commercial pour le mois d’octobre s’élève à 5,6 MdsDKK (756 M€). Dans le domaine des échanges de produits biologiques, l’institut national a par ailleurs indiqué que les exportations et les importations ont augmenté respectivement de 15% (35 M€) et 24% (61,5 M€) en 2015, ce qui reflète la part croissante de ces produits sur le marché danois, le volume des ventes de détail ayant crû de 12% l’an dernier.

Finlande

SLUSH 2016. Le salon SLUSH, qui réunissait à Helsinki 1 700 start-ups, 800 investisseurs et 200 intervenants les 30 novembre et 1er décembre derniers, a attiré au total plus de 17 000 personnes. C’est une start-up française, CybelAngel, qui a gagné cette année le concours de pitch. Cette épreuve permet à 100 start-ups, sélectionnées parmi 1 600 candidates, de présenter sur la scène en 3 minutes leur entreprise et leur projet. Le prix du concours est une participation de 500 000 euros au capital de l’entreprise, offerte par la FIBAN (Finnish Business Angels Network) et la banque EVLI. CybelAngel (30 employés, 1,4 M€ de CA en 2016) est présente dans le secteur de la cybersécurité et propose aux entreprises une veille permettant de vérifier si certains de leurs documents confidentiels n’ont pas été diffusés par erreur ou par malveillance sur le web, y compris le deep web ou le dark web. CybelAngel était l’une des 10 start-ups sélectionnées cette année par Business France pour représenter la French Tech à SLUSH.

Conjoncture.
Selon Statistics Finland, le PIB de la Finlande a augmenté de 0,4% au 3ème trimestre par rapport au trimestre précédent (après 0,8% au T1 et -0,1% au T2). En variation annuelle, la hausse est de +1,6%. Cette croissance est essentiellement soutenue par la consommation privée. La contribution du commerce extérieur est quasi nulle, les exportations et les importations ayant baissé dans la même proportion, soit respectivement -3,4% et -3,3% au T3 par rapport au trimestre précédent. La consommation privée est en hausse de 0,5% au T3 par rapport au trimestre précédent et de 2,1% en variation annuelle. Les investissements accusent quant à eux une baisse de 0,3% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, après deux trimestres de hausse (0,2% au T1 et 2,2% au T2).

Classement PISA. Les tests effectués par l’OCDE dans le cadre du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA 2015) montrent que la Finlande reste parmi les pays en tête en ce qui concerne les acquis des élèves de 15 ans en sciences, compréhension de l’écrit et mathématiques, avec cependant des résultats en baisse par rapport aux précédentes publications. Dans ces trois matières, la Finlande se place respectivement à la 5ème, 4ème et 13ème place de l’ensemble des pays testés, mais les scores atteints reculent. La part des élèves les plus performants dans le total recule également tandis que celle des élèves les moins performants est en hausse. L’incidence de l’origine sociale des élèves sur les résultats reste moins importante que dans la plupart des autres pays mais est orientée à la hausse.

Nouvelle stratégie Énergie et Climat. La Finlande a publié le 24 novembre 2016 un projet de « Stratégie climatique et énergétique nationale ». Ce texte a été présenté au Parlement le 30 novembre 2016 et est actuellement examiné par les commissions parlementaires dont les avis sont attendus pour le 15 mars 2017. Cette stratégie cible à terme une économie neutre en carbone, via (I) l’abandon d’ici 2030 du charbon pour la production d’électricité, (II) la réduction de 50% de la consommation de pétrole importé dans les années 2020 par rapport à 2005, (III) l’utilisation privilégiée des biocarburants avancés et de l’électricité pour les transports, l’objectif fixé pour 2030 étant de porter la part de biocarburants dans la consommation d’énergie du secteur des transports à 40% et de disposer d’un parc de véhicules d’au moins 250 000 voitures électriques, ainsi que (IV) le renforcement de la capacité d’absorption à long terme du carbone par les forêts. Le système de subventions aux énergies renouvelables devrait être réformé : il n’est pas prévu de reconduire le tarif de rachat mis en place depuis 2011, qui devrait être remplacé par des subventions d’investissement ciblées principalement sur la commercialisation de nouvelles technologies, la production de biocarburants avancés et l’utilisation des déchets. Les autres projets de production d’énergie renouvelable devront être rentabilisés aux conditions de marché. Un mécanisme de transition sur la période 2018-2020 serait cependant mis en place avec un appel d’offres portant sur deux térawattheures (TWh). Le paquet « Énergie propre », présenté par la Commission européenne le 30 novembre 2016, a été accueilli plutôt favorablement en Finlande, notamment parce qu’il conforte sur plusieurs points les priorités définies dans cette nouvelle stratégie.

Islande


Conjoncture.
D’après l’institut national Statistic Iceland, le PIB a progressé de 4,7% en Islande au 3ème trimestre 2016, soit une forte accélération de la croissance qui avait atteint 0,9% puis 1,7% aux deux trimestres précédents. Ce montant très élevé reflète une nouvelle fois la contribution des exportations (+2,4 pts) à la croissance du fait de la poursuite de l’accroissement des exportations de services, en particulier de recettes touristiques : les exportations progressent au total de 4,2% sur le trimestre et les importations de 2,2%.

PLF 2017.
Le projet de budget pour 2017 a été présenté au parlement islandais le 6 décembre. Dans un contexte d’incertitude sur la formation du prochain gouvernement après l’échec des premiers rounds de discussions pour définir une majorité, le projet de budget a été construit sur la base de la stratégie budgétaire pluriannuelle adoptée au mois d’août dernier pour les 5 prochaines années. Dans ces conditions, le PLF prévoit un budget excédentaire pour la quatrième année consécutive, à hauteur de 28,4 MdsISK (240 M€) pour un total de 743 MdsISK (6,2 Mds€) de dépenses publiques. Dans l’attente de la formation du prochain gouvernement, c’est l’actuel ministre des Finances, Bjarni Benediktsson, qui a porté le projet devant le parlement. Le cadrage macroéconomique du PLF prévoit que la dette publique serait ramenée à 39% du PIB fin 2017, contre 60% fin 2015.

Politique monétaire. La Banque d’Islande a annoncé le 14 décembre la réduction de son principal taux directeur de 0,25 pt à 5%. La banque centrale justifie cette intervention par l’appréciation de la couronne de 1,5% depuis le mois dernier et une composition de la croissance plus favorable que les dernières prévisions ne le suggéraient, avec une accélération de l’investissement, notamment dans le secteur exportateur, et un ralentissement de la consommation, dans un contexte qui reste marqué par l’incertitude politique et les étapes à venir de la libéralisation du compte de capital.

Norvège

Inflation. Les chiffres publiés par la Banque de Norvège début décembre font état d’un ralentissement de l’inflation dans le pays en novembre. Celle-ci est désormais estimée à 3,5% sur un an, contre 3,7% en octobre. L’inflation sous-jacente (hors énergie et variations fiscales), indicateur retenu par la Banque de Norvège pour sa politique monétaire, passe à 2,6%, contre 2,9% en octobre. Ces chiffres devraient conforter la banque centrale dans sa décision de laisser ses taux directeurs à 0,5%, un niveau historiquement bas. Les analystes tablent actuellement sur des taux inchangés dans les prochains mois, afin de favoriser les investissements malgré un cours du baril qui reste faible.

Norwegian. La compagnie low-cost Norwegian poursuit son offensive sur les liaisons transatlantiques en s’attaquant désormais aux vols long-courriers depuis des villes américaines de taille moyenne. L’entreprise dirigée par le Norvégien Bjørn Kjos a obtenu une licence aux États-Unis via sa filiale irlandaise. Cela doit lui permettre de s’implanter véritablement en Amérique du Nord où la compagnie effectue déjà des vols long-courriers depuis la Norvège, Londres ou Paris vers les aéroports de Miami, Fort Lauderdale ou encore JFK. Si l’entreprise s’est félicitée de cet accord, « vital » pour son développement, les compagnies aériennes et les syndicats américains se sont élevés contre cette décision. Norwegian poursuit ainsi son expansion grâce à des tarifs très attractifs, reposant en grande partie sur la faiblesse de ses coûts salariaux du fait de l’établissement de filiales dans des pays dont la réglementation est moins stricte qu’en Norvège et grâce aux économies de carburant liées à l’exploitation d’une flotte relativement récente.

Parc automobile.
L’association norvégienne des voitures électriques, Elbilforeningen, a annoncé le 12 décembre le dépassement de la barre symbolique des 100 000 véhicules électriques en circulation. Un total de 2 millions de véhicules sont actuellement en circulation en Norvège pour un milliard au niveau mondial, mais la Norvège représente près de 10% du parc automobile électrique mondial. Les voitures électriques y bénéficient d’un régime fiscal avantageux (exemptions de péages et de taxes à l’importation), dans un environnement favorable compte-tenu de l’appétence pour les technologies vertes et des ambitions nationales en termes de réduction des émissions du secteur des transports. Une économie de 200 000 tonnes d’émissions annuelles de CO² est évoquée du fait de l’importance du nombre de véhicules électriques. La ville d’Oslo prévoit cependant de mettre fin en 2018 à certains de ces avantages, notamment la gratuité des péages urbains, ce qui ne devrait pas freiner la croissance des ventes, dont Elbilforeningen estime qu’elles devraient quadrupler d’ici à 2020.

Hydrocarbures
. 87 nouveaux blocs ont été ouverts à l’exploitation mardi 13 décembre par le Ministre du pétrole et de l’énergie, Tord Lien : 53 en mer de Barents, 24 en mer du Nord et 10 en mer de Norvège. Cette annonce a été saluée par l’organisation des producteurs Norsk Olje og Gas, qui a évoqué la création potentielle de nouveaux emplois et une décision qui contribue à renouveler l’attractivité du plateau continental norvégien. Le Ministre a quant à lui tenu à rappeler le soutien politique du Parlement pour l’ouverture de nouvelles zones d’exploitation, qui pourrait toutefois faire polémique auprès des associations de défense de l’environnement dans le contexte post-COP22.

Pêche. Le TTIP est revenu sur le devant de la scène médiatique en Norvège ces dernières semaines, après la publication d’un rapport commandé par le Ministère de l’économie à l’institut des relations internationales NUPI, et à la suite des déclarations du futur Président américain. L’association Norges Fiskarslag, qui regroupe les associations de défense des intérêts des pêcheurs norvégiens, s’est prononcée pour une adhésion de la Norvège à l’accord si celui-ci devait voir le jour. À l’inverse, les acteurs du monde agricole seraient plus hostiles à ce que la Norvège soit partie prenante d’un éventuel accord compte-tenu de la concurrence accrue qu’il induirait pour les producteurs norvégiens.

Suède

Conjoncture. La croissance trimestrielle de la Suède atteint 0,5% au T3 2016 en variation trimestrielle (2,8% en glissement annuel). Les exportations, soutenues par une couronne faible, et la consommation privée ont été les deux principaux moteurs de la croissance au cours du 3ème trimestre 2016. Ces chiffres sont en ligne avec les prévisions des économistes et confirment le ralentissement de l’économie suédoise, qui sort d’une période particulièrement dynamique (croissance de 4,2% en 2015). A la mi-novembre, le FMI prévoyait que la croissance du PIB suédois s’élèverait à 3,4% en 2016 et 2,4% en 2017, à des niveaux qui restent nettement supérieurs à la moyenne de l’Union européenne.

Démographie. La population suédoise est passée de 8 millions d’habitants en 1969 à 9 millions en 2004 (+1 million en 35 ans) et franchira la barre des 10 millions d’habitants au 1er trimestre 2017 (+1 million en 13 ans).Selon les projections de l’Office suédois de la statistique (SCB), le rythme de la croissance démographique devrait continuer de s’accélérer à l’avenir puisque la Suède devrait atteindre les 11 millions d’habitants en 2024.

Investissements directs étrangers. Le stock d’IDE étrangers en Suède a progressé de 80 MdsSEK (8,2 Md€) en 2015 pour atteindre un total de 2 473 MdsSEK (environ 250 Mds€), dont 1 988 MdsSEK (200 Mds€) d’investissements en capital. En stock, la France est le 10ème investisseur en Suède (et le 14ème pays de destination des IDE suédois) avec 45 MdsSEK (4,6 Mds€) selon les données de SCB, qui n’applique pas de correction géographique (comptabilisation dite « par pays de provenance ultime ») aux investissements transitant par des centres financiers, ce qui explique que le Luxembourg soit le 2ème investisseur étranger en Suède derrière les Pays-Bas, et Chypre le 9ème.

Pays baltes. Selon Business Sweden, la Suède est le premier investisseur dans les pays baltes. 26% des IDE (44 MdsSEK) réalisés en Estonie proviennent de Suède, 23% de Finlande et 9% des Pays-Bas. En Lituanie, 23,1% des IDE émanent de Suède (31 MdsSEK), 12,5% des Pays-Bas et 9,2% d’Allemagne. En Lettonie, 15,5% des investissements étrangers proviennent de Suède (20 MdsSEK) et 10,2% de Russie. Au total la Suède a investi environ 10 Mds€ dans les Pays-baltes (près de 100 MdsSEK), soit 22% des IDE entrants dans la zone. Les quatre grandes banques suédoises, plus particulièrement SEB et Swedbank, figurent parmi les premiers investisseurs étrangers dans la zone où elles emploient 13 000 personnes. Le distributeur ICA figure également parmi les groupes suédois qui montrent un grand intérêt pour les pays baltes.

Appartenance à l’UE vs Zone Euro. Selon un récent sondage conduit par SCB, seulement 16% des suédois sont aujourd’hui favorables à une adhésion de la Suède à la zone Euro, alors que 72% sont défavorables et 12% indécis. Lors du référendum de 2003, 42% des suédois avaient voté en faveur de l’adoption de l’euro et 56% s’y étaient opposés. En revanche, l’adhésion de la Suède à l’UE, effective depuis 1995, est positivement perçue puisque 50% des personnes interrogées y restent favorables contre 21% des suédois qui y opposés (29% d’indécis).

Budget des ménages. Le logement (incluant électricité, chauffage et eau) représente désormais 26% des dépenses d’un ménage suédois (24,4% dans l’UE), contre 13% pour les transports et 12% pour l’alimentaire et les boissons non alcoolisées. Le budget dédié aux activités culturelles représente 8,5%, soit autant que les moyens alloués à la restauration et l’hôtellerie. Enfin, le budget pour les biens à usage durable (meubles, produits blancs, etc.) représente 5,4%, les vêtements 5%, les boissons alcoolisées ainsi que le tabac 4% et la santé 3,9%.

Banques.
Selon les statistiques de la Banque mondiale et la Federal Reserve Economic Data (FRED) les banques suédoises seraient depuis plusieurs années parmi les plus rentables au monde. Leur taux de rentabilité sur fonds propres a atteint 12,5% en moyenne entre 2008 et 2014 (contre 4,1% pour les banques de la zone Euro) et jusqu’à 20,8% avant la crise financière entre 1997 et 2007 (11,3% pour les banques de la zone Euro).

Biocarburants.
Les acteurs industriels (constructeurs de véhicules, raffineries, producteurs, etc.) s’opposent à l’objectif proposé par la Commission européenne de ramener la part des biocarburants de 1ère génération dans la consommation totale de carburants dans les transports de 7% à 3,8% entre 2020 et 2030. Ils ont écrit une lettre ouverte au gouvernement pour s’opposer à cette proposition. La Suède affiche la part d’EnR dans les transports la plus élevée de l’UE (23 % en 2015). Les biocarburants y représentent 15% du total des ventes et sont considérés comme l’outil clé pour atteindre l’objectif national d’une réduction de 70 % des émissions GES dans les transports entre 2010 et 2030.

Numérisation de l’administration.
Le Ministre suédois de l’Administration publique, Ardalan Shekarabi, a présenté un ensemble de réformes visant à renforcer le processus de numérisation de l’administration publique suédoise. Ce paquet de mesures s’articule autour de 5 propositions : généraliser l’usage du service en ligne « Mes messages » (« Mina meddelanden ») à toutes les administrations suédoises, rationaliser les dépenses et améliorer les compétences en matière numérique, généraliser le principe d’open data, supprimer les barrières juridiques qui limitent aujourd’hui la numérisation des services publics, et lancer une étude sur la possible création d’une agence nationale unique en charge des questions de numérisation de la société suédoise, sur le modèle existant au Danemark, en Finlande et en Norvège.

Mall of Scandinavia. Un an après son ouverture en novembre 2015, le Mall of Scandinavia, deuxième plus grand centre commercial d’Europe et propriété du groupe immobilier français Unibail-Rodamco, a enregistré un chiffre d’affaires de 4 MdsSEK (410 M€) et accueilli 13,8 millions de clients en un an. Les centres commerciaux situés à proximité ont été directement impactés par son ouverture, comme Solna Centrum (également propriété d’Unibail-Rodamco) qui a enregistré un chiffre d’affaires de 13 à 15% inférieur à celui de l’année précédente. Selon une récente étude publiée par HUI (Handelnsutredningsinstitut), la création de 630 000 m² de zones commerciales supplémentaires serait prévue dans la région de Stockholm d’ici 2020. Pour mémoire, Unibail-Rodamco a investi environ 658 M€ dans la construction du Mall of Scandinavia assurée par l’entreprise suédoise de BTP Peab. Son patrimoine foncier dans la zone nordique est estimé à 40 MdsSEK (soit environ 4,1 Mds€).

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Revu par : Romain Saudrais (Conseiller financier)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (C. Bauduin, R. Fournier, M. Lallemand), Helsinki (N. Mouy, A. Stevenson), Oslo (E. Gabla, A. Labaune) et du Service Economique Régional de Stockholm (F. Lemaitre, J. Grosjean, T. Charrier, R. Saudrais).

Dernière modification : 17/01/2017

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