La Quinzaine nordique n°104

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays nordiques

PNG Attractivité. Les pays nordiques se situent en haut du classement « World talent report » de l’IMD sur la capacité des pays à attirer, développer et fidéliser les talents pour les entreprises. Sur une liste de 61 pays, le Danemark occupe la 2ème place, derrière la Suisse, la Norvège est au 4ème rang et la Finlande est 5ème ; la Suède est classée 11ème alors qu’elle occupait le 2ème rang encore en 2011. L’Islande est également dans le 1er tiers du classement, au 17ème rang.

Danemark

Budget 2016. Les partis composant la majorité parlementaire ont trouvé un compromis sur le projet de loi de finances pour 2016, qui inscrit une hausse des dépenses sociales (santé, dépendance), la réduction de certaines taxes sur les entreprises (taxe environnementale sur le NOX), des effectifs supplémentaires pour la police, et un gel temporaire de la taxe foncière appliquée aux ménages propriétaires. Dans une logique d’équilibre du budget sur les nouvelles mesures, ces mesures sont financées par une réduction des enveloppes budgétaires pour l’APD, la recherche, l’environnement et l’éducation. L’adoption formelle du budget par le Parlement est attendue vers la mi-décembre.

Plan croissance. Le ministre des Entreprises et de la Croissance et celui de l’Environnement et de l’Agroalimentaire ont présenté, le 23 novembre, un « plan croissance ». Composé d’une centaine d’initiatives organisées en cinq chantiers prioritaires (secteur agroalimentaire, production et investissements, libéralisation du commerce, logement et conditions de vie, et emploi public), ce plan aurait un coût (pas de financement annoncé à ce jour) de l’ordre de 1,2 Md € sur la période 2015-2019, avec un effet positif sur la croissance, à terme, estimé à un peu plus de 0,1 pt % PIB. La presse mentionne comme mesures phares de ce plan : l’assouplissement de la législation encadrant la taille des commerces, l’assouplissement de la taxe PSO (Public Service Obligation, taxe qui sert à financer les subventions aux énergies renouvelables) ou encore la mise en place d’un fonds d’investissement « Dansk Landbrugskapital » alimenté pour moitié, sur une base volontaire, par les fonds de pension, à destination des exploitants agricoles.

Reprise. L’Institut danois des statistiques a revu à la hausse les chiffres de la croissance et de l’investissement au Danemark pour la période 2012-2014. Les nouveaux chiffres font état d’un recul du PIB moins fort qu’initialement annoncé, en 2012 (-0,1 % contre -0,7 %) et en 2013 (-0,2 % contre -0,5 %), et d’une reprise plus vigoureuse en 2014 (+1,7 % contre +1,1 %). En particulier, la reprise de l’investissement a été plus rapide qu’initialement annoncé : +3,9 % en 2012, +1,1 % en 2013 et +3,4 % en 2014.

Finlande

Grève. Les confédérations syndicales de la Poste finlandaise ont appelé à une grève pour dénoncer les mesures qui visent à modifier le rythme de travail et à accroître le nombre de travailleurs intérimaires, dans un contexte où le service des Postes fait face à une forte concurrence des transporteurs DHL et UPS, et connait une baisse de son chiffre d’affaires. Malgré les négociations en cours sous la direction de la médiatrice nationale Minna Helle, plusieurs syndicats ont annoncé leur soutien au mouvement de grève. Le syndicat des transports AKT a appelé à ne plus acheminer les marchandises du transporteur privé DHL dans les ports d’Hamina-Kotka, Helsinki, Hanko, Turku, Naantali et Rauma. Le syndicat de l’aviation (IAU) et des personnels de cabine (SLSY) ont aussi appelé à des actions de solidarité pour soutenir les employés des postes. La confédération syndicale SAK, qui est actuellement en négociation avec les autres partenaires sociaux sur le Pacte Social du gouvernement qui vise à diminuer le coût du travail, a menacé d’interrompre ces négociations si la Poste décidait de recruter des intérimaires pendant la période de grève. Sept autres syndicats envisagent de se joindre au mouvement de protestation dans les jours à venir.

Concurrence. Kesko, la seconde enseigne de grande distribution en Finlande, va acquérir le groupe Suomen Lähikauppa qui détient 643 magasins de proximité Siwa et Valintatalo pour 60M€. Cette opération renforcerait encore la concentration du marché de la grande distribution alimentaire : à la suite de cette acquisition, la part de marché de Kesko dans la grande distribution en Finlande devrait atteindre 40 %, contre 34 % aujourd’hui, derrière S-Group qui détient 46 % de part de marché ; le troisième acteur du secteur est Lidl, avec près de 8 % de part de marché. L’opération doit au préalable recevoir l’approbation de l’Autorité de la concurrence et de la protection des consommateurs (KKV), mais Kesko se dit confiant dans la décision du régulateur et annonce la réalisation de l’opération avant la fin du 1er semestre 2016.

Mines. La compagnie minière Outotec, détenue à 14 % par la société d’investissement de l’Etat finlandais Solidium, a annoncé son intention de supprimer 650 emplois. Outotec compte réaliser 70 M€ d’économies annuellement pour améliorer sa profitabilité dans un contexte de ralentissement de la demande sur le marché.

Euro. Une pétition citoyenne sur la sortie de la Finlande de la zone euro a obtenu les 50 000 signatures nécessaires pour être débattue au parlement dans les mois qui viennent. Le député européen Paavo Väyrynen, qui est à l’initiative de cette pétition, souhaitaient que les finlandais soient appelés à se prononcer par référendum sur une sortie de l’euro.

Conjoncture. La Finlande s’apprête à connaître une quatrième année de récession ou de croissance nulle. Selon les résultats préliminaires publiés par l’Institut des statistiques finlandais, le PIB est en recul de -0,6 % au 3ème trimestre par rapport au trimestre précédent. Pour mémoire, les taux de croissance au 1er et au 2ème trimestres de l’année 2015 étaient respectivement de 0 % et +0,2 %. Selon l’Institut des statistiques finlandais, le taux de chômage s’est stabilisé ces trois derniers mois (9,3 % en octobre).

Islande

Privatisations. La presse islandaise se fait l’écho de déclarations du Président de Business Iceland, M. Bjorgolfur Johannsson, en faveur d’une cession de participations de l’Etat dans plusieurs entreprises publiques dont l’électricien national Landsvirkjun, le gestionnaire du réseau d’électricité Landsnet, les banques nationalisées au moment de la crise de 2008 et l’aéroport international de Keflavik. Selon M. Bjorgolfur Johannsson, le produit de ces cessions pourrait servir à financer les projets d’infrastructures dont l’Islande a besoin. Dans ses déclarations à la presse, M. Johannsson se disait également favorable à des mesures d’attractivité pour les entreprises, notamment au niveau de la fiscalité.

Norvège

Conjoncture. Le PIB de la Norvège a crû de 1,8 % au cours du 3ème trimestre 2015, bien au-delà des anticipations (+0,2 %), en raison notamment d’une reprise ponctuelle de la production de gaz. Le PIB continental (hors revenus du pétrole et transport maritime) a augmenté de +0,2 %, contre +0,1 % attendu. La croissance a été également révisée à la hausse du 2ème trimestre 2015 (+0,3 % contre +0,2 % initialement). La presse se fait l’écho d’analyses tablant sur une croissance en ligne avec la prévision de +1,25 % de la banque centrale, qui serait dans ce contexte moins encline à réduire son taux directeur le 17 décembre.

Statnett. Le gouvernement norvégien a déclaré le lundi 9 novembre souhaiter que des groupes privés puissent désormais concurrencer Statnett pour la construction de câbles électriques reliant la Norvège à des pays tiers. Cette proposition, qui mettrait de facto fin au monopole du gestionnaire de réseau, est en ligne avec l’objectif du gouvernement conservateur, d’accroître le rôle des entreprises privées dans le secteur, où les entreprises d’État conservent une place importante. Le gouvernement souhaite aussi ouvrir le capital des entreprises publiques de production d’énergie hydraulique à des investisseurs étrangers. Ces mesures, qui pourraient être présentées au Parlement au 1er trimestre 2016, s’inscrivent dans un contexte de niveau historiquement bas des prix de l’énergie en Norvège, dû à l’abondance de l’offre d’énergie renouvelable couplée à une stagnation de la demande.

Secteur pétrolier. Le rapport sur la conjoncture norvégienne publié par le syndicat patronal norvégien NHO le 18 novembre fait état d’une faiblesse des investissements dans le secteur des hydrocarbures norvégiens jusqu’en 2017. Selon NHO, les investissements pourraient baisser de 185 Mds NOK en 2015, à 132 Mds NOK en 2016. L’organisation prévoit cependant un rebond de ces investissements à partir de 2018.

Prix immobiliers. Au 3ème trimestre 2015, les prix de l’immobilier dans la capitale Oslo ont augmenté de +10,3 % en comparaison du même trimestre pour l’année 2014. La hausse des prix est très prononcée pour les appartements (+12,4 %) mais est également forte sur les logements individuels (respectivement de +8,9 % et de +7,2 % pour les logements individuels de grande et petite taille). Les prix de l’immobilier ont augmenté en moyenne de +6,1 % dans l’ensemble du pays sur la même période, et seule la ville de Stavanger, touchée par la crise du secteur des hydrocarbures (qui s’est accompagnée de plus de 30 000 licenciements dans le secteur en Norvège), a connu une baisse des prix de l’immobilier, à hauteur de -5,3 %.

Suède

Crise migratoire. L’Institut suédois de la statistique (SCB) a révisé ses prévisions de croissance de la population fortement à la hausse pour tenir compte des flux importants de demandeurs d’asile vers la Suède ces derniers mois. Le rythme de progression de la population atteint des niveaux historiquement élevés et portera la population du pays de 9,8 millions d’habitants aujourd’hui à près de 10,9 millions dès 2020, alors que, selon les prévisions antérieures datant de mai 2015, la population suédoise devait atteindre 10,5 millions en 2020. À titre de comparaison, la presse indique que le rythme de progression de la population suédoise au cours de prochaines années dépasserait celui de pays comme l’Inde. Pour mémoire, le passage de 8 millions d’habitants à 9 millions a pris 35 ans (de 1969 à 2004) et il a fallu 11 ans pour passer de 9 à 10 millions d’habitants (de 2005 à 2016).

COP21. La délégation suédoise pour la COP21 compte plus de 7 ministres qui participeront aux diverses réunions et aux négociations à Paris. Il s’agit de M. Stefan Löfven (Parti Social-démocrate, PSD), Premier Ministre, Mme Åsa Romson (Parti Ecologique), Vice-Première ministre et Ministre du Climat et de l’Environnement, M. Per Bolund (Parti Eco.), Ministres des Marchés financiers et de la Consommation, M. Ibrahim Baylan (PSD), Ministre de l’Energie, Mme Isabella Lövin (Parti. Eco.), Ministre de la Coopération internationale, M. Mehmet Kaplan (Parti Eco.), Ministre du Logement et du Développement Urbain et Mme Kristina Persson (PSD), Ministre de la Stratégie, de l’Avenir et de la Coopération Nordique.

Industrivärden. Fredrik Lundberg continue de monter dans le capital de la holding financière Industrivärden, principal actionnaire de groupes tels que Volvo AB, SCA, Handelsbanken et Skanska. M. Lundberg contrôle désormais 22,1 % des droits de vote d’Industrivärden via sa holding Lundbergföretagen et ses placements privés.

Lucara Diamond. L’entreprise minière suédo-canadienne Lucara Diamond vient d’extraire de sa mine Karowe au Botswana le deuxième diamant le plus gros de l’histoire (1111 carats), dont la taille serait similaire à une balle de tennis. À cette même occasion le groupe a également trouvé un autre diamant de 813 carats. Selon la presse locale, la valeur de ces diamants est difficile de déterminer avec exactitude dans la mesure où un diamant de cette taille n’a jamais été vendu aux enchères à ce jour, mais le prix de vente pourrait se situer aux alentours de 400 à 500 MSEK (43 à 53 M€) pour le plus grand d’entre eux, certains observateurs locaux parlent même d’une valeur de près de 65M€ ; la vente serait prévue dès 2016. Lucara Diamond, côté à la Bourse de Toronto et à celle de Stockholm, a pour principal actionnaire la famille suédoise Lundin (19 % des droits de vote).

Ericsson / Cisco. La presse suédoise relaye depuis quelques jours la rumeur d’un possible rachat d’Ericsson par Cisco System. Pour mémoire, un accord de partenariat stratégique avait été annoncé entre le géant américain et Ericsson le 9 novembre (cf. QN n°103). Si le projet de Cisco se concrétise, il s’agira de la plus grosse affaire jamais conclue en Suède jusqu’à ce jour. De nombreux observateurs locaux manifestent leur inquiétude concernant l’avenir du groupe en Suède, car selon eux, le rachat d’Ericsson par Cisco pourrait entrainer le départ du siège social d’Ericsson et de ses activités de R&D du cluster de Kista, au nord de Stockholm. Ceci aurait un impact considérable sur la R&D privée en Suède, qu’Ericsson finance aujourd’hui à hauteur de 40 %. En outre, la presse note que ce rachat interviendrait à un moment où le groupe suédois a lancé un programme d’économies de 970 M € d’euros jusqu’à 2017 et a transformé son activité, passant d’une production de biens à celle de services, lui ouvrant des perspectives de croissance de chiffre d’affaires de l’ordre de +30 % d’ici 2017, alors que dans le même temps, celui de Cisco enregistrerait une croissance de seulement +3 %.

Politique industrielle. Le ministre suédois des entreprises et de l’innovation, Mikael Damberg, a signé une tribune dans le journal Arbetet, présentant les 4 grands enjeux auxquels doit répondre la politique de nouvelle industrialisation de la Suède :

  • 1/ La digitalisation et la robotisation, dans un contexte où une partie de l’industrie suédoise ne parvient pas à s’approprier le mouvement de digitalisation en cours dans un bon nombre de secteurs de l’économie et où le taux de robotisation reste encore faible par rapport à celui de l’Allemagne (même si la Suède fait partie des leaders européens) ;
  • 2/ L’économie circulaire, qui n’est aujourd’hui pas suffisamment soutenue en Suède alors qu’elle peut être source d’innovation et d’emploi ;
  • 3/ Le recrutement de personnel qualifié, l’industrie suédoise ne parvenant pas à recruter les compétences dont elle a besoin ; le ministre évoque sur ce point une simplification de la législation encadrant le recrutement de main d’œuvre étrangère ;
  • 4/ Le dispositif public de soutien à l’innovation, qui ne correspond plus aux besoins de l’industrie ; le Conseil national pour l’innovation a un rôle à jouer.

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Directeur de la publication : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Revu par : Olivier Redoulès (SER Stockholm)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (Clothilde Bauduin, Jasmine Crozier, Michel Lallemand, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Alexis Stevenson), Oslo (Christian Fatras, Adrien Labaune), et du Service Economique Régional de Stockholm (Thomas Charrier, Frédéric Lemaitre, Olivier Redoulès).

Dernière modification : 30/11/2015

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