La Quinzaine nordique - 6 février 2013

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Danemark

Vestjysk Bank. Les difficultés se poursuivent pour le secteur bancaire danois. Vestjysk Bank, 9ème établissement du pays, prévoit désormais un résultat négatif de l’ordre de 150 M€ pour 2012. L’établissement avait fusionné avec Aarhus Lokalbank en janvier 2012, faisant de l’Etat danois son actionnaire majoritaire (54,3 %). L’Etat pourrait être ainsi contraint de prendre entièrement le contrôle d’un établissement de taille aussi importante qu’Amagerbanken, dont la faillite en février 2011 avait affaibli la confiance dans le secteur bancaire danois.

Politique monétaire. La Banque centrale a décidé de relever son taux directeur de 0,2 à 0,3 % le 25 janvier.

Attractivité. Sur la base d’une étude de Copenhagen Economics concluant sur la stagnation des investissements entrants au Danemark ces dernières années, un groupe de travail interministériel a présenté ses recommandations au gouvernement. Certaines devraient être reprises dans le cadre d’un plan en faveur de la compétitivité annoncé pour mars 2013, qui pourrait couvrir les questions de fiscalité des entreprises et de fiscalité verte. La ministre du commerce extérieur et de l’investissement a également annoncé la création d’un forum de promotion de l’investissement et le renforcement de la coopération entre Invest in Denmark, la région de Copenhague et les communes.

DSB. La proposition de la Commission européenne pour la réforme du paquet ferroviaire a fait réagir au Danemark. L’opérateur danois, DSB, déjà très affecté par la mauvaise gestion de la liaison autour de l’Øresund, a promis à l’Etat danois de parvenir à une économie de 135 M€, en rationalisant en particulier l’utilisation des trains, mais également en renégociant les conventions collectives, aujourd’hui particulièrement favorables aux salariés.

Finlande

Climat des affaires. Les perspectives sont dégradées début 2013, comme en témoigne l’indicateur avancé de production industrielle (source : confédération patronale EK) dont la rechute, sur longue période, ressemble de plus en plus à un « double dip » avec des carnets de commande très en-deçà de leur moyenne de long terme. L’indice de confiance des consommateurs se redresse un peu sur les 3 derniers mois (source : institut de la statistique) mais d’une part il s’agit principalement de la composante épargne (qui traduit peut-être les inquiétudes des ménages qui devraient peser sur leur demande), d’autre part l’indicateur reste très inférieur à sa moyenne de long terme.

Finances publiques. Selon l’institut de la statistique, le ratio des dépenses publiques sur PIB a diminué en 2011, passant à 55 % contre 55,8 % en 2010. Le 1er poste de dépense concerne toujours les dépenses sociales (23,7 % du PIB contre 24 % en 2010), suivi des dépenses de santé (7,8 % du PIB contre 7,9 % en 2010), des services publics généraux (7,3 % du PIB comme en 2010) et de l’éducation (6,4 % du PIB contre 6,6 % en 2010). Cette amélioration du ratio ne traduit pas un effort budgétaire important puisqu’en termes nominaux les dépenses publiques ont progressé en 2011 de +4,6 %, soit une hausse moins forte que la croissance nominale du PIB (+5,9 % dont +2,7 % en volume et +3,2 % en prix).

Islande

Icesave. Le 28 janvier 2013, la Cour de Justice de l’AELE (CJE) a rejeté la plainte de l’autorité de surveillance de l’AELE (ASE) contre l’Islande dans le contentieux Icesave (succursale en ligne de la banque islandaise Landsbanki, présente au Royaume-Uni et aux Pays-Bas). Ainsi, la CJE estime que la directive de 1994 sur la garantie des dépôts ne crée pas d’obligation de résultat et que l’indemnisation des déposants domestiques ne constitue pas une discrimination vis-à-vis des déposants britanniques et néerlandais. Ce verdict implique que le Royaume-Uni et les Pays-Bas ne recevront aucune compensation ou intérêt de retard ; pour autant, ils seront très probablement totalement remboursés au titre du principal par le comité de résolution de l’ancienne Landsbanki.

Visite officielle.
Pour la 1ère fois depuis 1983, le Président d’Islande, Ólafur Ragnar Grímsson, se rendra, du 25 février au 1er mars, en visite officielle à Paris où il devrait rencontrer le Président français et des parlementaires. Il participera à une conférence sur l’Arctique et ouvrira un séminaire économique « Islande : la renaissance » avec la participation du gouverneur de la Banque centrale d’Islande.

Politique structurelle. Les services du Premier ministre ont annoncé le 25 janvier la création d’un forum de 26 personnalités (présidents des partis représentés au Parlement, partenaires sociaux, universitaires), chargé d’établir un rapport à l’automne 2013 sur les mesures favorables à la croissance à long terme et la stabilité économique.

Norvège

Marché du travail. La pénurie d’ingénieurs se confirme pour les principales sociétés norvégiennes, avec un déficit chiffré récemment à 10.000 postes. Un ingénieur sur cinq chez Aker est non-norvégien. Compte tenu des salaires proposés par l’industrie pétrolière, il existe un risque de « brain drain » des autres secteurs vers l’industrie pétrolière.

Birmanie. Le 28 janvier, la Norvège s’est engagée au sein du Club de Paris à une annulation immédiate, exceptionnelle et complète des créances de la Birmanie pour 3 Mds NOK. Le pays intéresse les entreprises norvégiennes : le groupe pétrolier Statoil (détenu à 100 % par l’État) a exprimé fin janvier son intérêt pour le pays et Telenor s’est porté candidat à l’acquisition de l’une des deux licences de téléphonie mobile qui font actuellement l’objet d’un appel d’offres en Birmanie.

Agriculture. Les revenus des agriculteurs norvégiens sont en baisse tendancielle, à 222.600 NOK par an en moyenne, soit -2,2 % (en nominal) en 2 ans et -6 % en 10 ans. Ce revenu moyen des agriculteurs représente un salaire horaire de 120 NOK / heure, soit moins que le salaire minimum légal des employés du secteur.

Suède

Banques. Le 29 janvier, le ministre des marchés financiers, Peter Norman, a estimé que les banques suédoises ne devraient pas accumuler trop de capital. La veille, le ministre des finances, Anders Borg, avait indiqué que les banques suédoises étaient libres de distribuer des dividendes après avoir gonflé leurs fonds propres.

Crédit conso. Face à la forte augmentation (+62 % en un an) du nombre de « crédits rapides » (prêts à la consommation, souvent accordés par SMS, cf. QN n°34), le gouvernement a annoncé le 5 février (dans une tribune des ministres de la justice, de la consommation et des marchés financiers) qu’une loi viendrait davantage encadrer les sociétés de « crédit rapide », développant les capacités de contrôle de l’agence de protection du consommateur (Konsumentverket) et du superviseur financier (FI).

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France en Suède ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 19/02/2013

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