La Quinzaine Nordique n°120

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

PNGAttractivité. Selon la dernière étude du think tank canadien Fraser Institute, qui classe les pays sur la base d’indicateurs portant sur « la liberté économique », la Finlande arrive en 20ème position, suivie par le Danemark (21ème), la Norvège (32ème), la Suède (38ème), et l’Islande (76ème). Hong Kong domine le classement réalisé parmi 159 pays. Les principaux critères de ce classement portent notamment sur le poids du secteur public, le niveau d’imposition, le système juridique, la protection de la propriété intellectuelle, la stabilité monétaire, le libre-échange ou encore la législation du crédit et du travail.

Danemark

Emploi. La Banque centrale danoise a indiqué que le chômage devrait atteindre son niveau structurel au terme du 3ème trimestre 2016. Environ 4% de la population active serait aujourd’hui à la recherche d’un emploi dans un marché du travail touché par des pénuries de main d’œuvre, notamment dans les secteurs de la construction et de l’industrie manufacturière.

Plan économie 2025. Le Ministère des finances estime que le plan « économie 2025 » permettrait d’accroître le PIB de 0,21 % et créerait plus de 31 000 emplois. Par ailleurs, le Gouverneur de la Banque centrale a qualifié de « risquée » la décision du gouvernement de repousser à 2025 l’objectif d’équilibre budgétaire structurel. En effet, la production devrait être égale à son niveau potentiel en 2018. Au-delà de cette date, une politique budgétaire expansionniste pourrait donc entrainer une « surchauffe » et créer des déséquilibres.

Nets. La société de paiement électronique Nets fera son entrée en bourse le 27 septembre. L’entreprise danoise espère ainsi lever entre 29 et 32 MdsDKK (soit entre 3,8 et 4,2 Mds€) avec un prix de base par action estimé à 145 DKK (19 €). L’introduction en bourse de Nets pourrait être l’IPO la plus importante de la bourse de Copenhague après celle de DONG Energy en juin dernier.

Commerce extérieur
. Selon l’Institut danois des statistiques (Danmarks Statistik), les exportations de marchandises ont stagné en juillet (+0%). Du point de vue sectoriel, la plus forte hausse concerne les biens d’équipements (+5,7%) tandis que les produits pharmaceutiques et les matériels de transport enregistrent la baisse la plus prononcée (-4,4% et -8,4%). Les importations ont, quant à elles, diminué de 2,2% en juin du fait du recul de 7,9% des achats de matières premières et des hydrocarbures. L’excédent commercial pour le mois de juillet s’élève à 8,2 MdsDKK (1,1 Md€). Les exportations danoises vers le Royaume-Uni ont continué leur baisse au mois de juillet (-5,4%), dans tous les secteurs excepté celui des hydrocarbures.

Échanges bilatéraux. Selon les derniers chiffres des Douanes françaises, les échanges entre la France et le Danemark ont légèrement baissé au mois de juillet pour un total de 399 M€ (-3%). Les exportations françaises vers le Danemark ont diminué de 10,4% tandis que les importations ont progressé de 4,5%. Le solde commercial reste excédentaire pour atteindre 3 M€ (contre 33M€ au mois de juin).

E-commerce.
Selon les derniers chiffres issus du rapport de Dibs Payment Services, le commerce en ligne est en pleine expansion au Danemark. Avec une croissance de 20% pour l’année 2015 ainsi qu’un chiffre d’affaires annuel de 70 MdsDKK (9,5 Mds€) en 2015 contre 41 Mds DKK en 2012 (+70% en 5 ans), le secteur est en plein boom. Plus de la moitié du commerce en ligne concerne le secteur du tourisme, notamment la réservation de voyages, suivie des achats alimentaires (33% du total), des appareils électroniques et de l’habillement.

Finlande

Conjoncture. Le ministère des Finances a révisé à la baisse ses prévisions de croissance du PIB de 1,4% à 1,1% pour 2016 et de 1,0% à 0,9% en 2017 dans les prévisions d’automne. Pour 2016, la croissance sera tirée par la consommation privée (+1,2%) et l’investissement (+4,3%). Avec une hausse des importations (+2%) plus forte que celle des exportations (+1%), le commerce extérieur contribuera négativement à la croissance et les pertes de parts de marché à l’exportation devraient se poursuivre. La production industrielle devrait continuer de diminuer (-2,2% en 2016). Le ministère table sur un taux de chômage moyen de 9% en 2016, en baisse depuis un an malgré la hausse significative du nombre de chômeurs de longue durée. Enfin, le déficit public devrait se réduire légèrement (-2,4% en 2016 après -2,8% en 2015). La dette atteindrait quant à elle 64,3% du PIB et resterait au-dessus du seuil des 60% du PIB sur toute la législature. L’agence de notation Standard & Poor’s a maintenu la note AA+ de la dette à long terme de la Finlande tout en relevant la perspective d’évolution de négative à stable. L’agence justifie sa décision par le redémarrage progressif de la croissance qui devrait être soutenue par les mesures prises pour accroitre la compétitivité et par les allégements fiscaux prévus pour les ménages à partir de 2017.

Centre d’innovation.
L’agence finlandaise pour le financement de l’innovation (Tekes) et IBM ont annoncé un partenariat dans le domaine de la santé numérique. La Finlande pourra ainsi utiliser les services du système d’intelligence artificielle Watson développé par IBM pour assister les médecins. La collaboration prévoit également la création en Finlande de trois centres d’expertise et d’innovation Watson Health qui devraient employer 150 personnes.

Garanties de Finnvera. Le gouvernement a annoncé que les garanties publiques pour soutenir les exportations de l’agence de crédit à l’export Finnvera passeront de 19 à 27 Mds€. Il espère que cette décision permettra d’accroitre les exportations, notamment dans les secteurs de la construction navale, des télécommunications et de l’industrie forestière.

Balticonnector. L’Etat finlandais financera à hauteur de 28 M€ la construction du gazoduc « Balticconnector » entre l’Estonie et la Finlande. Le financement se fera sous la forme d’une recapitalisation de l’entreprise publique finlandaise Baltic Connector Oy. Ce montant s’ajoute à l’aide de 187,5 M€ accordée par la Commission européenne (voir QN°119). Le coût total du projet est estimé à 250 M€ et sa mise en service est prévue pour décembre 2019.

Islande

Conjoncture. La croissance atteint 4,1% sur les 6 premiers mois de l’année en glissement annuel. Statistics Iceland a en outre révisé à la hausse la croissance de l’année 2015, de 4,0% à 4,2%, confirmant ainsi la vigueur de la reprise islandaise. L’institut a également fortement revu à la hausse l’ampleur de la récession subie en 2009, de -4,7% à -6,9.

Climat – Accord de Paris. En marge de l’assemblée générale des Nations unies à New York cette semaine, la ministre des Affaires étrangères, Lilja Alfreðsdóttir, annoncé que l’Islande avait ratifié officiellement l’Accord de Paris le 21 septembre dernier.

Norvège

Hydrocarbures. Le salon de l’ONS (Offshore Northern Seas), qui se tient tous les deux ans, s’est déroulé du 29 août au 1er septembre à Stavanger, capitale norvégienne des hydrocarbures. Consacré à l’origine à l’exploitation des énergies fossiles en milieu marin, il connaît désormais une focalisation croissante sur les technologies d’avenir, type « subsea » ou robotisation, mais également un élargissement sur les thématiques liées à l’énergie et l’environnement. Cet événement était l’occasion pour l’industrie de se rassurer quant à la conjoncture actuelle et à l’avenir de l’exploitation, notamment en Norvège grâce aux efforts déployés depuis 2014 pour la rationalisation des méthodes de travail. La sécurité sur les plateformes (cf. QN 119, Goliat), l’exploration de nouvelles zones, ou bien sûr la décarbonisation de l’industrie ont été autant de sujets largement traités.

Fonds pétrolier. À l’approche des discussions sur la loi de finances 2017, les avis divergent sur les limites et l’utilisation de l’argent prélevé dans le Fonds pétrolier. Le Parti chrétien populaire ne souhaite pas ralentir les prélèvements pour le moment. L’organisation patronale NHO estime au contraire que les perspectives de reprise de la croissance en 2017 et le ralentissement du chômage créent les conditions d’une baisse des prélèvements. En effet, le patronat redoute que des ponctions trop élevées pénalisent le secteur privé, la transition économique et la compétitivité, en favorisant trop le secteur public. Les directeurs de plusieurs musées d’art demandent quant à eux la création d’une fondation pour l’achat d’œuvres d’art, financée par le Fonds pétrolier. Ce mode de financement permettrait de compléter les mécanismes actuels (partenariats avec des partenaires privés et des fondations, et subventions publiques). Pour Tone Hansen, directrice du Henie Onstad Kunstsenter, la Norvège a les moyens de devenir un pays de culture grâce à ses revenus pétroliers. En 2016, le gouvernement a prélevé 206 milliards de pétro-NOK, soit 70 milliards de plus qu’en 2013. L’argent prélevé dans le fonds finance actuellement un huitième des dépenses publiques.

Emploi. L’institut national de statistique (Statistisk Sentralbyrå, SSB) a indiqué que le nombre de demandeurs d’emploi enregistrés en juillet 2016 s’élevait à 139 000 personnes, soit une hausse de 11 000 chômeurs depuis avril. Le taux de chômage est désormais de 5%, soit la moyenne la plus haute enregistrée depuis l’adoption en 2006 du mode de calcul actuel. Ce chiffre est selon toute vraisemblance dévoilé trop tard pour qu’il influe sur les taux directeurs de la banque centrale norvégienne, qui devraient restent inchangés (0,5%).

Échanges commerciaux. L’excédent commercial de la Norvège a fondu des deux tiers en août en glissement annuel sous l’effet combiné d’une baisse des exportations de gaz naturel et d’une hausse des importations, a indiqué jeudi SSB. L’excédent s’est élevé à 6,8 MdsNOK (729 M€), en baisse de 67,5% par rapport à août 2015. C’est l’une de ses pires performances depuis 1999. Les exportations ont reculé de 13,1%, avec une chute de 42,2% des ventes de gaz naturel, et les importations ont augmenté de 10,9%. Les ventes de pétrole, un des moteurs de la balance commerciale norvégienne, sont quant à elles restées à peu près stables (-0,3%), une hausse des volumes ayant compensé la diminution des prix. Hors hydrocarbures et construction navale, la balance commerciale norvégienne accuse un déficit de 19,4 MdsNOK. Depuis le début de l’année, l’excédent global recule de 48,3% par rapport à la même période de l’an dernier, à 80,8 MdsNOK. Hors hydrocarbures et construction navale, le déficit atteint 131,2 MdsNOK.

Suède

Conjoncture. L’office suédois des statistiques (SCB) vient de réviser à la hausse les chiffres de croissance provisoires enregistrés au 2ème trimestre 2016 de +0,3 à +0,5% en variation trimestrielle et de +3,1% à 3,4% en glissement annuel (T2 2015 - T2 2016).

Budget. Le gouvernement suédois a présenté au Parlement son projet de budget pour 2017 le 20 septembre. Sur un total de 972 Mds SEK de dépenses (101 Mds€, soit 21,5% du PIB), il comprend une enveloppe de 24 MdsSEK (2,5 Mds€) destinée aux réformes, majoritairement consacrée à l’accroissement des dépenses à caractère social, visant notamment à absorber le choc lié à l’afflux de réfugiés. Les finances publiques présentent un excédent budgétaire de 0,2 point de PIB mais un déficit public (incluant les dépenses du régime de retraite par répartition et celles des collectivités) de 0,3 point de PIB. Cette situation devrait continuer de s’améliorer dans les années à venir et pourrait contribuer à faire repasser la dette publique en dessous de 40% du PIB dès 2018.

Stockholm
. Selon le cabinet de conseil PwC, Stockholm est la 7ème ville la plus attractive au monde, sur les 30 métropoles internationales analysées, derrière Londres, Singapour, Toronto, Paris, Amsterdam et New York. Les atouts identifiés (10 catégories au total à l’étude avec près de 70 critères) pour la capitale suédoise concernent surtout le volet environnement naturel/durabilité (1ère place), transports/infrastructures (3ème), santé/sécurité (4ème), maturité technologique (5ème). En revanche, Stockholm est moins bien classée dans les domaines suivants : capital intellectuel/innovation (10ème), puissance/poids économique (11ème), coût de la vie (17ème), d’autant plus prégnant que l’offre de logement est faible dans la capitale suédoise.

Numérique. Début septembre, la Ministre suédoise des Affaires européennes et du Commerce Ann Linde (S) a créé un groupe appelé « Digital9 » rassemblant la Suède, la Finlande, le Danemark, le Benelux et les pays baltes et dont l’objectif est de promouvoir la digitalisation et la création d’un véritable marché unique numérique. Cette annonce fait écho à la publication d’une étude commandée par Google qui signale que les pays nordiques, les pays baltes et le Benelux sont les pays qui ont le plus à gagner avec la numérisation en Europe.

Urbanisation. Entre 2000 et 2030, la campagne suédoise aura perdu un tiers de sa population en âge de travailler selon une nouvelle étude réalisée par le Pôle emploi suédois (Arbetsförmedlingen). Cette étude faisait partie d’un rapport sur les conséquences de la mondialisation en Suède, rendu public à la mi-septembre.

Investissements. Le Premier Ministre suédois, Stefan Löfven, et le Ministre de l’Economie et de l’Innovation, Mikael Damberg, ont reçu une délégation de 30 investisseurs chinois, membres du groupe China Green Companies Alliance au Rosenbad. Le Premier Ministre et le Ministre de l’Economie et de l’Innovation se sont entretenus une heure en privé avec le CEO de Geely (Volvo Cars), afin d’évoquer la question de la possible implantation des bureaux « Europe » du groupe à Göteborg (un investissement de l’ordre de 300M€) et les innovations dans le domaine des transports, notamment les voitures électriques et les voitures autonomes.

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Revu par : Romain Saudrais (Conseiller financier)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (Clothilde Bauduin, Robin Fournier, Michel Lallemand), Helsinki (Nadine Mouy, Alexis Stevenson), Oslo (Emmanuel Gabla, Adrien Labaune), et du Service Economique Régional de Stockholm (Frédéric Lemaitre, Thomas Charrier, Romain Saudrais).

Dernière modification : 28/09/2016

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