La Quinzaine Nordique n°110

La Quinzaine nordique est réalisée par le Service économique régional deux fois par mois. Elle rassemble des brèves économiques et financières sur les cinq pays nordiques.

Pays Nordiques

PNG L’indice du « bonheur ». Le dernier rapport de l’ONU et de l’Université de Columbia sur les conditions de vie dans 157 pays, fondé sur près de 40 indicateurs (système politique, corruption, qualité de l’éducation, accès aux soins/santé…), présente le Danemark comme le pays avec les habitants les plus « heureux au monde », ou tout du moins les plus satisfaits de leurs conditions de vie, devant la Suisse qui figure à la deuxième place. Les autres pays nordiques sont tous particulièrement bien placés avec l’Islande au 3ème rang, la Norvège au 4ème rang, la Finlande au 5ème rang puis la Suède à la 10ème place.

Danemark

Commerce. Les exportations danoises ont progressé de 2% sur les trois derniers mois, tirées par les ventes de produits pharmaceutiques et de turbines éoliennes. Les importations sont, quant à elles, stables (+0,2%), gonflées par d’importants achats de voitures électriques en décembre mais ralenties par une baisse des importations de matières premières. La croissance des exportations hors de l’Union européenne reste dynamique (+4%).

Femern. Vinci est qualifié pour la construction du tunnel du Femern, entre le Danemark et l’Allemagne, sur les contrats suivants : construction et pose des éléments du tunnel (2,7 Mds€), et construction des portails et des rampes d’accès au tunnel (pour 510 M€). Le dernier lot, dragage des tunnels et terre-pleins, a été attribué au consortium mené par le néerlandais Boskalis. La signature officielle des contrats devrait avoir lieu en mai. La construction ne pourra cependant débuter qu’au terme de la procédure administrative en cours en Allemagne, qui devrait se conclure au plus tôt en 2019.

Finlande

Notation. L’agence de notation Fitch Ratings a dégradé d’un cran la note de la dette souveraine à long terme de la Finlande de « AAA » à « AA+ ». L’agence justifie cette révision en invoquant la faiblesse économique du pays, qui a connu trois années de récession (2012-2014) et qui présente le deuxième taux de croissance le plus faible de la zone euro en 2015 (0,5%) après la Grèce. Dans son communiqué, l’agence signale qu’il n’y a aucun signe clair de réalignement de la croissance sur les 1,0 à 1,2% à moyen terme. La tendance à l’augmentation de la dette publique devrait donc se poursuivre. Fitch est la deuxième agence à retirer la note maximale à la Finlande après Standard& Poor’s en octobre 2014, qui avait par la suite ajouté une perspective négative. Pour sa part Moody’s accorde toujours la note maximale « AAA » au pays assortie d’une perspective négative.

Plan social. L’institut national de la santé THL entame des négociations sur un plan social qui pourrait aboutir à la suppression de 200 postes, soit 20% des effectifs. L’institut devrait ainsi économiser 10 M€ d’ici 2017-2018. Ce plan social fait suite à trois plans de licenciement en 2013 et 2014 qui avaient conduit à la suppression de 200 à 300 postes dans un contexte de baisse du budget alloué à l’institut.

Pacte de Stabilité et de Croissance. La Commission européenne a averti la Finlande sur un possible non-respect de ses obligations au titre du Pacte de Stabilité et de Croissance. Dans la lettre rendue publique par le ministère des Finances finlandais, la Commission fait part de ses inquiétudes quant à la croissance de la dette. La Commission exhorte la Finlande à poursuivre ses réformes structurelles.

Conjoncture. La croissance de l’année 2015 s’élève à +0,5% selon l’office finlandais des statistiques (Tilastokeskus). Elle a été tirée essentiellement par la consommation privée (+1,4%) et l’amélioration du solde de la balance commerciale (exportations en hausse de +0,6% et importations en baisse de 0,4%), alors que l’investissement (-1,1%) et la consommation de l’Etat (-0,9%) sont en baisse. Le déficit public se serait sensiblement réduit passant sous le seuil des 3% du PSC : de 6,5 Mds€ soit -3,2% du PIB en 2014 à 5,7 Mds€ soit -2,7% en 2015. Tilastokeskus estime que la contraction du déficit est pour l’essentiel liée à la hausse des recettes fiscales (+1,7% en 2015). La dette aurait quant à elle augmenté de 9 Mds€ pour atteindre 130,7 Mds€ en 2015 soit 63,1% du PIB en 2015 contre 59,3% du PIB en 2014.

Islande

Croissance. L’Islande a connu une accélération de la croissance en 2015, à 4,0% selon l’institut national des statistiques islandais (Hagstofa Island). Selon la presse, cette reprise serait tirée par la consommation des ménages, et par l’investissement (respectivement +4,8%, et +18,6% depuis 2006). La banque centrale prévoit une croissance de 4,2% pour 2016.

WOW.
La compagnie islandaise low cost WOW Air développe son activité et propose désormais des stop-overs en Islande, de durée illimitée et sans supplément pour ses long-courriers entre l’Europe et l’Amérique du Nord. La compagnie multiplie également les destinations desservies. À compter de l’été 2016, la compagnie desservira ainsi vingt-sept destinations à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Cette stratégie de la compagnie devrait participer à la croissance du tourisme islandais, en forte augmentation depuis quelques années.

Norvège

Fonds de pension global norvégien. Le fonds de pension global norvégien a enregistré l’an dernier sa moins bonne performance en quatre ans, avec un rendement de 2,7%. En soustrayant l’inflation et les coûts de gestion du Fonds, le rendement net réel total est de 1,8% (6,31% en 2014). L’ensemble des placements a rapporté 334 MdsNok (37,3 Mds€). Le Fonds valait 7.475 MdsNok (835 Mds€) fin décembre, soit 220% du PIB. La France représente 5% de la valeur du portefeuille. Au-delà des chiffres, le Fonds cherche à promouvoir une démarche d’exemplarité qu’il souhaite traduire dans ses investissements et son mode de gestion. Il a ainsi revendu ses parts dans 73 sociétés après avoir jugé leur modèle de développement incompatible avec ses priorités éthiques.

Taux directeur. La Banque Centrale de Norvège a abaissé son taux directeur d’un quart de point, à 0,50%. Il s’agit un niveau historiquement bas destiné à faire face à une faible croissance qui découle de la chute du prix des hydrocarbures. Hors production d’hydrocarbures et transport maritime (« PIB continental »), l’économie norvégienne a connu en 2015 son taux de croissance le plus faible depuis 2009, à 1,0%. Le chômage (4,6% en novembre 2015) devrait augmenter mais rester au niveau de 5% en 2016, soit proche du niveau de chômage structurel. Selon la banque centrale, l’inflation (3,1% en février en glissement annuel), portée par la dépréciation de la couronne, devrait ralentir sous l’effet d’un raffermissement de la devise et de hausses salariales plus modérées qu’en 2015.

Inflation. L’inflation sous-jacente (CPI AE- hors prix des hydrocarbures) est de 3,4% sur douze mois pour le mois de février, la plus élevée depuis décembre 2003. La hausse a été particulièrement forte pour l’alimentation, l’habillement, et le transport aérien. La hausse des prix des biens importés (hors produits agricoles) est, quant à elle, de 4,7%.

Produits de la mer. Le conseil national des produits de la mer a annoncé début mars une hausse de 24% des ventes norvégiennes sur la dernière année écoulée. Le saumon vaut pour 64% des produits de la mer exportés. Cette hausse est imputée à la hausse du prix du saumon, fruit de la baisse du cours de la couronne norvégienne et de l’accroissement de la demande mondiale. Le kilo est ainsi passé de 42 NOK (février 2015) à 55 NOK (février 2016), quand les volumes exportés baissaient légèrement. Les exportations de saumon ont donc essentiellement augmenté en valeur. L’ensemble des autres produits de la mer a également vu ses exportations augmenter, confortant la bonne santé du secteur.

Production. Le bureau norvégien des statistiques (SSB) a annoncé que la production manufacturière de la Norvège avait à nouveau reculé en janvier 2016 (-1% par rapport à décembre 2015). Cet indicateur est en baisse depuis l’été 2014, et subit les répercussions de la conjoncture du secteur des hydrocarbures. Le repli est de 6,3% depuis un an, et de 1% sur les trois derniers mois (novembre-janvier) par rapport à la période aout-octobre.

Suède

Echanges extérieurs. Selon l’Agence du commerce (Kommerskollegium), les exportations suédoises (biens et services) ont progressé de 7,4% en 2015 pour atteindre 1 883 MdsSEK en 2015 (1 754 MdsSEK en 2014), soit plus de 45% du PIB. Cette hausse remarquable dans le contexte mondial actuel repose sur la bonne tenue des exportations de services (+15,3% en 2015) qui représentent désormais, en valeur, 605 MdsSEK, contre 1 278 MdsSEK pour les exportations de biens (+4%). Les exportations de services ont augmenté de près de 40% depuis 2012, alors que les exportations de biens sont restées stables durant cette même période (+2%). Les importations suivent la même tendance (biens et services) et ont atteint au total 1 655 MdsSEK en 2015, dont 1 158 MdsSEK pour les biens (+5,3%) et 498 MdsSEK pour les services (+9,9%). Les importations de services ont progressé de près de 35% depuis 2012, alors que la progression des importations de biens reste beaucoup moins significative (+4%).

Capital investissement public. Mikael Damberg, ministre de l’Economie, a présenté son projet de loi visant à créer une nouvelle structure plus centralisée du capital investissement public. Cette structure, intitulée Fondinvest AB, réunira sous une même enseigne un certain nombre d’acteurs tels que Fouriertransform et Inlandsinnovation, et bénéficiera de moyens substantiels (5 MdsSEK sous gestion, soit plus de 530 M€). Fondinvest AB sera opérationnel à compter du 1er janvier 2017 et n’investira pas directement dans les entreprises, mais appliquera une logique de « fonds de fonds » (fund of funds, FoF) dans le but de faciliter les alliances avec des capitaux privés. Si le ministre ne souhaite pas à ce stade dévoiler les axes stratégiques de ce fonds public de capital investissement, il ressort néanmoins de la conférence de presse que les secteurs de la sylviculture et du life-science seraient des cibles prioritaires ; le développement de bancs d’essai (test beds) publics est également envisagé pour faciliter la réalisation de tests de performance d’appareils, d’interfaces et de matériaux dans des environnements scientifiques.

Régions. Un comité mis en place par le Gouvernement suédois et chargé de réfléchir à une nouvelle organisation territoriale du pays a présenté le 8 mars une nouvelle carte des régions ; il ne s’agit pas à ce stade d’une proposition officielle reprise par le Gouvernement. Selon cette carte, la Suède, actuellement composée de 21 régions, ne comprendrait plus que 6 grandes régions. Cette réforme pourrait être présentée en août 2017 et entrer officiellement en vigueur en 2019.

Haut débit. Selon le régulateur des postes et des télécommunications (PTS), le réseau haut débit connait une expansion rapide en Suède. En octobre 2015, 67% des ménages et des entreprises du pays avaient accès à une capacité de 100 Mbit/s (61% en octobre 2014). L’objectif que s’était fixé le pays de desservir 90% des ménages et entreprises à l’horizon 2020 devrait donc être tenu. L’accès au réseau (100Mbit/s) contraste toutefois d’une collectivité locale à l’autre : 88,3% des entreprises et ménages dans la région de Stockholm (avec des pointes à 97,6% dans la commune de Sundbyberg, 97,5% à Solna et 96% à Stockholm), 89,5% à Göteborg et 88,8% à Malmö, alors que la commune de Malung (Dalécarlie) ferme la marche avec un taux de couverture limité à seulement 3,5%. A noter enfin que l’objectif officiel de l’UE de permettre à 30% des habitants de l’UE d’avoir accès à un réseau haut débit de 30Mbit/s d’ici 2020 est déjà largement atteint dans ce pays (87% en octobre 2015).

Climat/suivi COP21. Le Comité parlementaire sur les objectifs environnementaux propose d’avancer l’objectif suédois de neutralité carbone à 2045 (réduction de 85% des émissions GES par rapport 1990 et 15% de réduction par mécanismes internationaux de flexibilité CDM/JI) et dépose une proposition de loi visant un suivi plus strict des objectifs climatiques par le Gouvernement (obligations d’un « compte-rendu annuel climat » dans le projet de loi de finances, de plans d’actions quadriennaux du Gouvernement, etc.). Cette proposition a été présentée dans le sillage de la visite en Suède du Commissaire européen au climat et à l’énergie, M. Cañete, centrée sur la taxe carbone suédoise (question des aides d’État pour les biocarburants) et les bioénergies.

Agroalimentaire. Le gouvernement a demandé à l’Agence suédoise de l’Agriculture (SJV) de piloter et de mettre en place de nouvelles mesures dans le cadre d’une stratégie du gouvernement suédois pour la digitalisation de la filière agroalimentaire entre 2016 et 2018. En coopération avec l’Agence suédoise des produits alimentaires, SJV conduira un dialogue entre les acteurs industriels, les communes et les régions pour permettre aux consommateurs, aux entreprises et aux Autorités « d’être informés de manière plus claire, simple et efficace sur le contenu des produits agroalimentaires ». L’Agence favorisera, par ailleurs, le développement d’outils digitaux innovants pour renforcer la compétitivité de la chaîne agroalimentaire suédoise.

Boliden. La compagnie minière suédoise Boliden a racheté Kevitsa, la plus importante mine finlandaise produisant avant tout du nickel et du cuivre, au canadien First Quantum pour plus de 700 MUSD. Les synergies sont importantes pour Boliden qui cherche à développer ses gisements en zone nordique et limiter les coûts de transport.

BRA. La société Braathens Aviation a annoncé la fusion des compagnies aériennes Malmö Aviation, Sverigeflyg et Braathens Regional AB et la création de la nouvelle marque BRA (signifiant « bien » en suédois). Cette compagnie dessert 14 destinations, toutes sur le territoire suédois depuis son hub de l’aéroport de Stockholm Bromma : Stockholm, Göteborg, Malmö, Sundsvall, Visby, Ängelholm, Mora, Trollhättan, Umeå, Östersund, Halmstad, Kalmar, Ronneby et Växjö. En mai 2015, la société Braathens Aviation a conclu un contrat avec ATR, constructeur français d’avions régionaux, pour l’achat de 6 ATR72-600 qui seront livrés entre avril 2016 et janvier 2017.

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Revu par : Pierre-Alexandre Miquel (Chef du SER)
Service Economique Régional (SER) de Stockholm
Ambassade de France en Suède
Adresse : Storgatan 11 // 114 44 Stockholm

Avec les contributions des Services Economiques de Copenhague (Clothilde Bauduin, Simone Le Ray, Michel Lallemand, Philippe Martinez), Helsinki (Nadine Mouy, Alexis Stevenson), Oslo (Christian Fatras, Adrien Labaune), et du Service Economique Régional de Stockholm (Frédéric Lemaitre, Julien Grosjean, Thomas Charrier, Coline Serra).

Dernière modification : 11/04/2016

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