La Quinzaine nordique n° - 30 septembre 2012

Compétitivité. Selon le dernier rapport du Forum économique mondial, la Finlande est en 3ème position du classement des pays les plus compétitifs, gagnant une place, après la Suisse et Singapour. La Suède est au 4ème rang, le Danemark au 12ème et la Norvège au 15ème. Au-delà des disparités nationales (relativement faibles), les forces des pays nordiques tiennent à la capacité d’innovation et d’absorption des nouvelles technologies, au bon fonctionnement, à l’éthique et à la transparence des institutions publiques comme des acteurs privés. A l’inverse, les pays nordiques perdent des points au classement pour leurs infrastructures et pour la petite taille de leur marché domestique.

Danemark

Conjoncture. Hausse de +4,4 % de la production industrielle de juin à juillet, mais de seulement +0,1 % de mai à juillet comparé au trimestre précédent. Les défaillances d’entreprises ont augmenté de +12 % de juin à août par rapport aux trois mois précédents.

Dong. Alors que Dong Energy a publié ses plus mauvais comptes depuis sa création en 2006, le nouveau directeur, Henrik Poulsen, a annoncé un plan stratégique consistant à recentrer l’entreprise publique sur son cœur de métier : énergies éoliennes, mais également hydrocarbures.

Vestas. Après le plan de licenciement pour 2012 (2 335 postes supprimés, dont 1 300 au Danemark), le directeur, Ditlev Engell, prévoit une année 2013 difficile et a annoncé 1 400 licenciements supplémentaires. L’entreprise envisage aussi de faire rentrer Mitsubishi à son capital.

Finlande

Prévisions macroéconomiques. La prévision de croissance 2013 du gouvernement, sous-jacente au PLF 2013, est de +1 % (après +1 % en 2012). Le déficit atteindrait 7 Mds€, soit 1,0 % du PIB avec un déficit de l’Etat central de 3 % du PIB (compensé, au niveau de l’ensemble des administrations publiques, par un excédent tendanciel du régime de retraite). Le chômage devrait augmenter en 2013, à 8,1 % contre 7,6 % en moyenne cette année. De son côté, la banque Nordea anticipe une croissance similaire dans son récent rapport de conjoncture (+0,8 % en 2012 et +1,2 % en 2013), avec un profil un peu différent, estimant que la reprise des exportations n’interviendra qu’en 2013.

Secteur financier. Le superviseur financier vient de recommander aux fonds de pension de publier tous les marchés ou accords conclus avec des initiés. Cette recommandation fait suite au rachat en 2011, par Ilmarinen, d’un appartement du directeur de Finnair.

Islande

PIB. Selon une 1ère estimation des comptes nationaux trimestriels, le PIB aurait fortement reculé au 2ème trimestre 2012, à -6,5 % en variation trimestrielle sur données désaisonnalisées. Comme le précise l’institut de la statistique, la correction des effets saisonniers est particulièrement difficile dans une conjoncture très volatile (pour mémoire, le PIB islandais a diminué de plus de 13 % en volume durant la crise) et pour une toute petite économie (PIB d’environ 10 Mds€). Plusieurs économistes confirment tout de même leur prévision de croissance autour de +3% en 2012, même si l’économie islandaise, dont les exportations représentent près de 60 % du PIB, ne devrait pas échapper au ralentissement international et notamment européen.

ISK. Depuis le 24 août, la couronne islandaise s’est fortement dépréciée contre le dollar et l’euro ( 3,5 %, à environ 155 ISK/€). Ce mouvement correspond aux fluctuations saisonnières normales en Islande, liées à l’afflux de devises étrangères apportées par les touristes pendant l’été, et vient corriger environ la moitié de l’appréciation observée durant l’été.

Norvège

Pétro-services. La Norvège a dégagé un confortable excédent du compte courant (90 Mds NOK) au 2ème trimestre, en retrait cependant par rapport au 1er trimestre en raison de la baisse de -15 % (en valeur) des exportations d’hydrocarbures. Les exportations de services (128 Mds NOK) affichent une forte croissance (+15 % sur 3 ans) et pourraient bientôt contribuer davantage au solde de la balance des paiements que les exportations de produits traditionnels, stables (métallurgie, minerais, produits de la pêche, bois…). Traditionnellement, le transport maritime est le point fort de la Norvège en matière de services, mais les services pétroliers connaissent aujourd’hui une forte croissance.

Conjoncture. Selon l’organisation patronale NHO, les entreprises exportatrices risquent d’être confrontées à des difficultés dans l’avenir, du fait du ralentissement européen, et réévaluent significativement à la baisse leurs prévisions de ventes et de résultats. Seuls le secteur pétrolier et la consommation ont permis jusqu’à présent à l’économie norvégienne de croître. En revanche, les investissements hors pétrole, à leur plus bas niveau depuis les années 1970, ne devraient pas progresser, pointant un risque pour la croissance « continentale » (hors sphère pétrolière).

Salaires et compétitivité. Les salaires réels devraient fortement augmenter en 2012, grâce à des augmentations nominales importantes (+4,2 % comme en 2011) et à une inflation faible (environ +1 %) du fait de l’appréciation du change et sous l’hypothèse d’une baisse des prix de l’électricité (observée jusqu’à présent). Certains industriels et le Medef norvégien (NHO) s’inquiètent de ce dérapage salarial qui menace la compétitivité norvégienne et pourrait alimenter l’inflation à moyen terme. En 2015, l’institut statistique norvégien (SSB) attend une inflation de +2,5 %.

Suède

Politique monétaire. La Banque centrale a décidé le 6 septembre de baisser son taux directeur de 0,25 %, le ramenant à 1,25 %. Pourtant, la Riksbank a revu à la hausse ses prévisions de croissance 2012 (à +1,5 %, cf. les excellents chiffres du 1er semestre) et, moins attendu, 2013 (à +1,9 %). De même, la prévision de taux de chômage a été revue à la baisse pour 2013 (à 7,6 % en moyenne annuelle), tandis que l’inflation anticipée a été marginalement revue à la hausse en 2012. Ainsi, les arguments pouvant justifier cette baisse (inflation faible, chômage encore élevé et net ralentissement de l’activité en perspective) étaient déjà présents (et même plus importants) lors des réunions précédentes du Conseil de politique monétaire. Stefan Ingves a également indiqué un changement de diagnostic sur le risque de bulle immobilière (moindre aujourd’hui selon la Banque centrale). Certains commentateurs pointent également l’appréciation de la couronne, inquiétante pour les exportateurs suédois qui n’ont pas manqué d’appeler à cette baisse de taux.

Energie. Grâce à un record de production d’hydroélectricité (lié à un été pluvieux), la Suède devrait atteindre son objectif de 49 % d’énergie renouvelable dans la consommation finale (objectif UE2020) dès 2012. La Suède affiche ainsi le niveau le plus élevé de l’UE (mais reste derrière la Norvège). En 2009, la France affichait un taux de 12,3 % d’énergie renouvelable pour un objectif de 23 % en 2020.

Les éléments contenus dans cette quinzaine nordique ne sauraient d’aucune manière engager la responsabilité de l’Ambassade de France ou de la Direction Générale du Trésor.

Dernière modification : 25/10/2012

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